‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 226 sur 236 · Walter, Aus meinem Lebefi, p · texte numérisé non relu

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peine l'Eglise avait-elle des ennemis, mais bien plutôt des spectateurs indifférents de ce qu'on croyait être son agonie. En 1848, elle avait retrouvé des ennemis; elle était redevenue assez imposante pour être un « signe de contradiction » ; et un opuscule de jeunesse du futur historien Otto Meier, intitulé : la Liberté ecclésiastique allemande et le futur parti catholique^, désignait d'avance le catholicisme allemand aux suspicions des « nationaux-libéraux » du lendemain.

La période où nous avons enfermé notre étude est donc, dans toute la force du terme, une période de renaissance catholique.

La littérature et l'art intervinrent comme des auxiliaires : les œuvres romantiques, signées en général par des plumes protestantes, donnèrent à l'Allemagne, sous la forme d'une leçon de choses, un enseignement analogue à celui qu'offrait à la France le livre de Chateaubriand ; elles révélèrent aux âmes éprises de beauté le (( génie» du christianisme, et spécialement le « génie » du catholicisme. Sur les bords du Rhin subsiste un témoignage de cette amicale rencontre entre l'antique esprit catholique et la jeune admiration romantique : c'est la cathédrale de Cologne, définitivement achevée. « Elle est l'œuvre de la prétraille, écrivait Strauss d'une plume fiévreuse : ce que l'histoire n'avait pas achevé, il ne fallait pas l'achever; on a fortifié ce poids mort qu'était

1. Die deutsche Kirchenfrethuit und die Kûnftige Katholische Pnrtei, mit Hinblick auf Belgien, den deutschen Yolksvertretcrn im Parlament und in len Standekammern r/ewidniet (Leipzig, Tauchiiitz, 1848). C'est un opuscule sur lequel nous aurons à revenir lorsque nous étudierons l'attitude les catholiques en 1849.

le catholicisme dans les pays rhénans K « Et Strauss ne s'égarait pas en ses colères ; archéologues, peintres et poètes, avaient en effet fortifié le catholicisme.

Mais l'Eglise aspire à plus et à mieux qu'à une certaine déférence platonique de l'opinion : au delà de ces courtoisies tout intellectuelles, précieuses mais insuffisantes, elle réclame des âmes qui se donnent, et sur lesquelles l'état social lui permette d'agir. Or, entre l'Eglise d'Allemagne et les âmes qui lui appartenaient, de pesants obstacles s'interposaient ; le spectacle qui se déroule entre 1800 et 1848 nous montre l'Eglise aux prises avec ces obstacles, et les contraignant au recul.

Ce n'est pas auprès des rois qu'elle trouva le salut. Les bienfaits de Louis de Bavière survinrent comme une sorte de superflu ; et lorsque, dans le cœur du souverain, Lola Montés eut prévalu sur l'Eglise, le catholicisme allemand ne fut pas désorienté. (( Il me semble presque, expliquait l'historien Hurler, que Dieu s'est servi de ce roi comme échalas,pour que le raisin mûrit; et puis il a fait prouver, par une courtisane, que l'échalas est de bois, que dans l'échalas rien n'est passé de la vie du raisin, et que le raisin peut durer sans lui-. » Onaimeàlire derrière ces paroles l'adieu du catholicisme germanique à la protection des rois.

Ce n'est pas, non plus, aux destinées d'une certaine

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