Bericht, p. vu
fort, François-Joseph Buss inscrivit une bien curieuse définition de sa propre personnalité. Nous ne pouvons mieux conclure ce livre qu'en la reproduisant tout entière, parce qu'elle nous éclaire, d'une lueur un peu papillotante mais d'autant plus attirante, le catholicisme allemand de l'époque.
Un catholique (vulgairement appelé ultramontain) est incompris au Parlement, incompris comme son Eglise et parce que son Eglise est incomprise. Aussi je m'explique.
Pour moi, la race humaine est plus qu'un peuple ; donc, l'Eglise est plus que l'Etat, puisque l'Eglise comprend la race humaine, et que l'Etat ne comprend qu'un peuple.
Je suis démocrate, Dieu a créé et racheté toutes les âmes pour la liberté. Appuyé sur la large poitrine du peuple, j'appelle à Faide mon expérience, mes joies et mes peines, ma vocation, mon énergie, mon courage, pour le pauvre peuple.
Je suis aristocrate. Beaucoup sont appelés, peu sont élus.
Je suis monarchiste. Un maître au ciel, un maître sur terre, dans le peuple.
Je suis légitimiste. Toute puissance vient de Dieu.
Je suis républicain — dans le détail : dans l'Eglise, dans la commune, le district, l'empire, — mais pas dans la famille ni à la cime de l'empire.
Je hais ce qui est contre nature, donc je hais la bureaucratie.
Mais si je suis démocrate, aristocrate, monarchiste, légitimiste, républicain, c'est seulement comme chrétien avec humilité et renoncement à moi-même.
Je veux être complètement peuple [durch und durch Volk); je ne veux rien admettre, rien ressentir, rien vouloir, rien faire, rien souhaiter dans mes prières, que ce que le peuple admet, ressent, veut, fait et souhaite. Il n'est qu'un cas où je veuille une avance sur lui : c'est pour souffrir pour lui, c'est pour lutter pour lui <.
1. Wichmann, DenkwUrdiykeiten aus deni ersten deutschen Parlament,
Ainsi s'exprimait, en Tannée 1848, le président lu premier congrès catholique allemand. Il avait e sentiment que, toute puissance étant passée dans es masses, c'était de plus en plus dans les masses [ue la religion devait trouver protection. De fait, sitôt victorieuses, ne les voyait-on pas, à Vienne, ichever ce balayage du joséphisme, auquel Metternich n'avait pu procéder? 11 semblait que s'inaugurât une alliance entre l'Eglise et une importante fraction de la foule ; et de cette alliance, pour laquelle l'Eglise n'allait marchander ni ses dons ni sa peine, devaient résulter le rôle social d'un Ketteler, la multiplicité des œuvres sociales lH, plus tard, des projets de loi sociaux, et le souci constant du clergé allemand de ne point aviser seulement à la défense de ses libertés, œuvre toute négative, mais aussi et surtout au règne de l'idée chrétienne dans tous les détails des rapports économiques, et à la pénétration des exigences chrétiennes dans toutes les applications de la justice sociale.