‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 46 sur 236 · Friedrich, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

Friedrich, op. cit., I, p

4. Le livre des Orii/ine.s du christianisme, publié en 1833 et 1835, fut traduit en français par Horé (Paris, Hachette, 1842, 2 v(d.); le tome premier de YHisloirc de l'Et/lise, qui est de 183G, fut traduit en français i)ar Bernard (Bruxelles, De Mat, 1842).

0. En 1890, Dœllinjicr, dans son travail sur les sectes gnostiques et manichéennes, tirera j)arti des matériaux jadis recueillis pour cette pventu.'lle hisU.iro .1.-; hérésies (Friedrich, op. cit., II, p. 125-130).

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désormais de bons rudiments et une bonne méthode d'histoire ecclésiastique : Dœllingerfut, dans toute la force du terme, un créateur; et c'est avec cette auréole qu'aux alentours de 1848, il deviendra le consulteur et le tribun de FEglise d'Allemagne.

Munich, qui devenait, grâce à Dœllinger, un centre de sciences ecclésiastiques, était, grâce à Gœrres, un véritable foyer d'oii la vie catholique rayonnait sur l'Allemagne : la Table Ronde (ainsi l'on appelait le cercle de Gœrres) avait la vertu d'une institution; littérateurs, artistes, juristes, théologiens, romantiques de la veille et parlementaires du lendemain, s'y coudoyèrent et s'y mêlèrent, pendant plus de vingt ans^

Après le coup d'œil d'admiration respectueuse donné au maître du logis, les regards s'y portaient tout de suite vers un) étrange original, qui tantôt causait pour lui tout^ seul comme s'il détaillait un rêve, et tantôt s'absorbait comme s'il en élaborait un nouveau. C'était Clément Brentano'^, et

1. La description la i)lus coiuplète de coite << Table Ronde » a été donnée par le converti Guillannie Volk (cité par Galland, Joseph v. Gœrres, p. 41:^-415). — Voir aussi : Nuurenux Souvenirs d'Allejuat/ne, pèlerinage à Munich, par le baron de ReilTenberg, II, p. '204 et suiv. ; — le ténioif,'nage de "Walter dans Aus meinem Lehen, p. 318 ; — et celui de Ketteler dans Raich, Briefe von und an Ketteler, p. 13 (Mayencc, Kirchheini, 187!)).

2. Le jeune Montalenibert, qui se promenait beaucoup avec Brentano, le trouvait « éblouissant desprit, tout à la fois religieux et plaisant »

par sa seule présence, il évoquait le souvenir des jours d'Heidelberg,deces années 1806 et 1807 où, sous les auspices de Gœrres, TAllemagne à demi morte avait ressuscité sa vieille littérature ^

Brentano était né romantique ; Tironie, chez lui, n'était ni un prétexte à sensations, ni le déguisement d'une impuissance artistique, mais Tessence et le tourment de son être ; elle était dans son âme avant d'être dans son art. L'impression de charme qu'il laissait se nuançait d'une certaine peur : « Il pourrait me rendre fou, disait le jeune Ketteler, si je causais beaucoup avec lui 2 » ; et Emilie Linder, l'artiste bâloise fixée à Munich, ne fit son entrée dans FEglise qu'après la mort de Brentano, comme si elle eût craint de ne se point assez posséder elle-même si, déférant à ses instances, elle se fût convertie, lui vivante A la môme minute où Brentano exerçait une action, il provoquait une réaction; du même geste dont il conquérait un interlocuteur, il le mettait en recul. D'autre part, son indolente iro-

(Lfcaniiet, Monlalembert, I, p. 38'i). -~ « An milieu dos caprices de son esprit, écrivait-il plus tard à Gœrres, Brentano m'aura ]ieut-ètre déjà oublié ou renié ; pour moi je n'oublierai jamais les jouissinices que je lui dois. ). (Gœrres, Gesammclle lirief,;, III, p. 452.)

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