Pfulf, liischol Ketteler, I, j
3. Sur Emilie Linder (1797-18(i7), voir Binder, Emilie Linder {Hislorich. Pohtische Blàiier. mai 1867). Cf. au sujet de sa conversion, Kingseis, Ermneranfien, III, p. 234 ; - et III, p. 44U. la lettre d'Emilie à Steinle sur 1 impression de recul quelle éprouvait après les entretiens, pourtant très efhcaces, de Brentano. Cf. Edward v. Steinle s firiefweclisel, II, p. 152 fFribouig, llcrder, 1899). — Brentano se faisait peur à lui-même : « Je n'ai jamais su verser de l'eau dans un verre, disait-il, sans le faire déborder. Je ne comprends rien à la modération, à la mesure. Chacun m'emporte un lambeau de moi-même. Je m'épouvante dès que je sens qu'un individu va m intéresser. » (Blaze de Bury, Jievue des Deux Mondes, lô mars 1845, p. 1124.)
l'école de MUNICH 91
lie lui rendait odieux de se voir imprimé^. Ainsi semblait-il prédestiné a n'être qu un délicieux mutile ; il le sentait et en souffrait.
Fatigué de ses libertinages, « né pour lalumière :ïiais mille fois mort », il invoquait en 1816 « une :^outte de sang du Christ^ », lorsque survint à ui r (( ange du désert-^ » sous les traits d'une fille de pasteur, Luisa Ilensel. 11 voulut se confesser Il elle et l'épouser, dût-il se faire protestant. ( Vous êtes assez heureux, lui dit Luisa, pour avoir la confession ; voyez un de vos prêtres » ; et quant au mariage, elle voulait rester « une colombe, qui s'enfuit dans le bleu du ciel ». Et Brentano gémissait à l'idée de mourir solitaire, « comme un mendiant dans les broussailles, comme le jour dans le gris du soir^ ». Alors les deux influences de Luisa, qui bientôt allait se faire catholique, et du prêtre Sailer^ amenèrent cet amant de la solitude a se fixer, sept années durant, près d'une nonne malade, stigmatisée, sans cesse emportée loin d'elle-même par des extases, qui couronnaient ses rédemptrices souffrances. On fut stupéfait, en Allemagne, lorsqu'on apprit que Brentano recueil-
1. Voir Blaze de Burv, Jievue des Deux Mondes, 15 mars 1845, p. 1120. - Cf. Lecanuet, Monl'alemhert, I, p. 384 : « Ce ne sont que des ombres qui ne sauraient satisfaire la faim et la soif de l'âme, disait Brentano de ses
1 premières poésies. Il y a longtemps que je me suis repenti et confessé de
lies avoir composées. »
■1. Diel-Kreiten, Clemens Brentano, II. p. 44-i6. — Ringseis raconte, d'ailleurs, que déjà durant son séjour à Vienne, en 1813 et 1814, Brentano se déplaisait dans la société des « philistins de lincroyance joséphiste » et s'attardait auprès de Frédéric Schlegel et d'Adam Muller (Ringseis, Erinnerunyen, I, p. 147).