Guerber, op. cii.^ p
LES INITIATIVES THÉOLOGIQUES ir>
comme une science doxii le domaine offre encore des terres vierges à défricher; pour ces Strasbourgeois, médiocrement soucieux d'originalité, elle était surtout un dépôt, qu'ils recueillaient et transmettaient. Ils menaient de front avec leur enseignement les occupations d'un ministère actil'; prédicateurs en même temps que professeurs, ils étaient prêtres avant d'être des savants.
Lorsqu'enl784 le jeune Bruno-François Lieberiiiann s'essayait comme sermonnaire à la cathédrale de Strasbourg ', on pouvait augurer, pour lui, les plus hautes dignités de l'Eglise d'Alsace; et les augures ne se fussent qu'à demi trompés, puisqu'il mourra sous Louis-Philippe vicaire général du diocèse-. Mais ce qu'ils n'eussent pu prévoir, c'étaient les années de tourmente, au cours desquelles Liebermann se vittour à tour exilé par la Révolution, ramené dans les chaires d'Alsace par le Concordat, arrêté sur un ordre de Paris comme conspirateur royaliste, et relAché enlin, à la prière de Golmar, mais avec défense de reparaître à Strasbourg'^. Son zèle ainsi déraciné choisit Mayence comme champ d'action, et le grand séminaire, ouvert en 1805 par l'évêque Golmar, devint un coin d'Alsace. On y transporta méthodes et doctrines strasbourgeoises; on y fut « ultramontain, » alors qu'ailleurs on était fébronien; par réaction contre le système joséphiste des « séminaires généraux », on vit l'autorité épiscopale s'y épanouir en toute