‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 50 sur 236 · Gœrres, Gesnmmeltc IJriefc, III, p · texte numérisé non relu

Gœrres, Gesnmmeltc IJriefc, III, p

dans la vie politique, parlementaire et sociale. En un coin de la table, les juristes avaient leur thé. L'un d'eux, George Phillips, était l'intime de la maison^ : en 1828, au moment où les universités prussiennes mettaient en lui leur espoir, la faveur (du ministre Altenstein s'était retirée de lui, parce qu'il s'était fait catholique ; Munich le recueillit^, et lentement il y préparait son grand ouvrage de droit canon, dont le premier volume iparaîtra en 1845 et dans lequel, dès cette époque, lia doctrine de l'infaillibilité papale sera énergiquement soutenue^.

Jarcke, son ami, s'échappait souvent de Vienne, où il avait un poste, pour venir causer à Munich. «C'était aussi un converti. Prussien d'origine, il avait acquis à Berlin une grande réputation de criminaliste'*, et s'était classé comme écrivain poli-

1. George Phillips (1804-1872) était fils d'un Anglais et d'une Écossaise établis à Konigsberg ; disciple de Savigny et d'Eichhorn, il était devenu, dès 1827, professeur extraordinaire à la faculté de droit de Berlin : deux Hudes sur le droit anglais, publiées en 1825 et 1827, un ouvrage en deux volumes sur le droit privé allemand, publié en 1828, avaient procuré à Phillij)s une réputation scientifique très étendue. Sa conversion au cathoicisme, en 1828, lui valut une complète disgrâce ; à une démarche de sa 'ennne, le ministre Altenstein répondait : « Si seulement votre mari l'avait pas agi par conviction ! » Phillips, en 1834, devint professeur à l'Université de Munich. Voir Schulte, Geschichte der Quellen und Lile- •atur des canonischen Itechts, III, i, p. 378-383 ; et, sur sa conversion, Rosenthal, op. cit., I, i, p. 50H-d07.

2. L'accueil fait à Munich à certains disgraciés de la Prusse, comme Phillips, induisait le romantique EichendorfF, fonctionnaire prussien, à souhaiter, lui aussi, un poste en Bavière. Il écrivait à Gœrres en 1828 : < Je me meus en Prusse comme dans des chaînes, sans espoir d'un succès rénuinérateur, et je prévois avec certitude que cela ne peut plus durer ongtemps. » (Gœrres, Gesammelte Briefe, III, p. 342.)

3. Sur l'importance immense de ce livre pour le développement des dées romaines en Allemagne, voir Schulte, op. cil., III, i, p. 380; la preiiière i>artie en fut traduite en français par l'abbé Crouzet sous le titre : Ou droit ecclésiastique dans ses principes généraux, 3 vol. (Paris, LecofFre, i85j).

4. Siu' Charles-Ernest .Jarcke (180|-18r>2\ voir MohI. Geschichte und Lite-

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