Ro.southal, ofi. cit., I, i, p
2. Sur la coiivorsioii de Moy, duc ù la lecture de Saint-Martin, voir Kiiifîseis, Erinnei-wifjen, II, p. 106.
3. Le mot est de Brentano (Friedrich, Lpiaz von Do-llingcr, I, p. 197).
4. Quant a M»« Gœrres, qui, lors de lexil de son mari, avait, au lunoiffnage de Lasaulx, « écrit au roi de Prusse une des plus belles lettres que lenmic ait jamais écrites .., son portrait est tracé dans Ringseis,
f'i'rr""^'"' ^ ^'- ^'^'^■2™' "''"""« ^«'ui d'une personne flegmatique, mais non insignifiante. e ^ »
n -?"o«^ï'^'' ?*""•'' (•80r.-1852), voir Phillips, Vermischte Schriften, II, i\nJn A tx'moins saccordent pour noter limpression d'enfan-
ne candeur que laissait Guido Gœrres ; voir Karl Mœller, op. cit., II, nrononr 'p''""' /^o/t'»er'. Leben und Bricfc, III, p. 64, et l'oraison funèbre piononcee par Ilaneberg, dans Phillips, op. c//., II, p. 589.
b. Le Bienheureux Nicolas de Flûe et les Confédérés à rassemblée de Stan:
l'école de MUNICH 103
s'en fut en France en 1839, se mettant à la piste de rhéroïne, faisant copier, partout, les manuscrits la concernant; avant Quicherat, il songeait à donner une édition complète du procès de réhabilitations eL la méthode sans doute en eût été bonne. Car Guido revenait à la science dès qu il y retrouvait un coin de poésie, dès quil y percevait un rayon d'en haut ; et la haine du vieux Gœrres contre la France semblait désarmer, lorsqu'il s'agissait d'honorer Jeanne d'Arc.
Une autre France, d'ailleurs, que cette France jacobine à jamais abhorrée par l'ancien clubiste de Goblentz, faisait à Munich des apparitions fréquentes ; et nous avons sur la Table Ronde l'écho de cette autre France, dans une page du comte de Falloux.
Quels nobles et ardents entretiens î écrivait-il plus tard. Quelle passion pour TEglise et pour sa cause ! Rien n'a plus ressemblé aux discours d'un Portique chrétien, que les apo-
(Paris, Fulgence, 1840). — La première édition de la Jeaiwc d Arc parut à Ratisbonne en 1834 : l'ouvra{,'0 fut traduit en français par Léon Bore (Paris, Périsse, 1843, et Lecoffrc, 1883).
1. De très intéressantes lettres sur le voyage d'études de Guido en France sont publiées dans Gœrres, Gesammelte Briefe, I, p. 387-412. Les documents recueillis ne furent jamais utilisés par Guido, faute de loisirs. — Le tome xxxi des Mémoires de In société archcolof/ique et historique de l'Orléanais (Orléans, llerluison) contiendra une étude sur Jeanne d'Arc devant l'opinion allemande, dans laquelle nous reviendrons longuement sur cette épisode de la vie de Guido Gœrres.
logies enflammées du vieux Gœrres, les savantes déductions de Dœllinger, la verve originale de Rrentano, la candeur naïve de Guido Gœrres, endoctrinant de jeunes professeurs ecclésiastiques, tels que labbé Windischmann, et tant d'auditeurs bénévoles, de disciples de toutes nations, qui emportaient de là chez eux une ineffaçable empreinte, et d'immuables convictions ^
Ce fut l'attrait toujours nouveau du cercle de Gœrres, de recevoir, sans cesse, des « disciples de toutes nations ». Le catholicisme des divers pays regardait vers Munich : par-dessus le morcellement des Eglises d'Etal, par-dessus l'esprit exclusivement national des théologies d'Etat, gallicane ou joséphiste, une sorte de conscience catholique internationale commençait à s'éveiller ; Paris et Munich étaient les deux centres où elle faisait son éducation, et ces deux centres correspondaient sans cesse entre eux.
Lamennais-, Montalemhert, Lacordaire, se rencontraient à Munich en 1832; Lamennais discutait avec Schelling, et Rio recueillait leurs propos '^. II semhlait que Gœrres voulût élargir l'horizon de l'Allemagne protestante en présentant aux hommes à qui des liens scientifiques Funissaient
1. Falloux, Méniuives d'an ruijali.sie, I, p. 17:2-173 (Paris, l'cirin 1880).
2. L'aclivilé de Laiaennais ii'(Hait pas deiiuiurée inaperçue eu Bavière; en 1831, les élèves du séminaire de Freising lui envoyèrent une adressa le remerciant « du bonheur et des encouragements » qu'ils lui devaient. C'est le moment où, de son côté, Lamennais songeait à fonder une Œurre des Etudes allemandes, qui aurait facilité à de jeunes catholiques de talent linstructif séjour de Munich (Friedrich, Jynaz von iJo'llinyer, l, p. 29Uj. Dès 182y, Lauiennais envoyait en Allemagne deux jeunes étudiants français, Jourdain, plus lard connu comme écrivain religieux sous le i)seudonyme de Sainte-Foi, et Bore : ce dernier épousa la sœur de Moy. (Jocham, Memoiren eines Obskuranten, p. lU'J-110. — Cf. Lacordaire, Corresjiundaïue avec M'"* Swelchine, p. lU.)
3. Rio, EpUoi/ue à l'arl chrétien, ïi, j). Ifô et suiv. : lentretien ne laisse pas dctre curieux, tant pour la connaissance de Schelling que pour celle de Lamennais.
les messagers du renouveau catholique français : il expédiait aux frères Grimm,àGœttingue, le jeune Montalembert et le jeune Rio^. On se rappela toujours, à Munich et à la Ghesnaie, cette journée d'août de l'année 1832, où les trois fondateurs de VAveîiir causaient avec Gœrres, Schelling et Baader, et parlaient sans doute de FEglise, lorsqu'un courrier de la nonciature survint, apportant à Lamennais l'encyclique Mirari vos ^. Montalembert meurtri ne quitta Munich que pour y revenir bientôt, et pour s'y attarder : « Chaque mois, écrivait-il, voit éclore des ouvrages capitaux et inappréciables sur l'histoire de la chrétienté et de la littérature au moyen âge '^ » En cette même année 1833, par la bouche de Wiseman, l'Angleterre catholique faisait écho : il s'enflammait pour « la science et le talent » des catholiques allemands, rêvait avec Dœllinger de créer une étroite union entre les clergés d'outre-Manche et d'outre- Rhin, et demandait, pour la Dublin Revieiv, des collaborations à Munich^. Dœllinger, voyageant