Sepp, Ludwig Augustus Kônîg von fiayern, p
3. Sepp, Ludung Augustus Kônig von Bayern, p. 422. — Raess, qui s'occupait en Allemagne de l'œuvre de la Propagation de la foi, écrivait de Strasbourg, en 1839, au Conseil central de l'œuvre : « Le roi de Bavière, qui a une idée fixe contre la France, a défendu d'envoyer le produit de l'association à Paris ou à Lyon ; il veut que l'œuvre adresse ses recettes à la Propagande à Rome ou directement aux Missions étrangères. » De 1840 à 1S44, la Bavière continua d'envoyer de fortes sommes à Lyon; en 1840, « en portant ses chift'res à 207.368 fr. HO pour une population de quatre millions d'àmes, elle dépassait les autres nations dans la proportion des recettes au nombre des habitants ». Mais, à partir de 1844, la séparation du Ludivig-Verein et de l'œuvre lyonnaise fut, de par la volonté du roi, un fait accompli (J/s'' André Itaess el VUiuKve de la Propagation de la foi, p. 94-99 (Rixheim, Sutter, 1902).
4. Sepp, Ludwig Augustua Kônig von Bayern, p. 424. — L'appel pour les Franciscains de Jérusalem, publié en 1838 par les Feuilles sous la signature de Pierre l'Ermite, était l'œuvre du jeune Lasaulx, professeur à Wurzbourg et plus tard à Munich, qui revenait d'un voyage en Orient (Stùlzle, Ernst von Lasaulx, p. 96-97).
no PENSÉE CATHOLIQUE ET PENSÉE ALLEMANDE
par les services mêmes qu'elle rendrait à Rome; et il semblait que le geste de Gœrres, en indiquant à Louis V\ dès 1825, sa vocation de roi catholique, ent à l'avance tracé ses voies à l'histoire, et que, dans la Bavière autrefois joséphiste, l'Eglise s'acheminât vers la puissance, à l'instant memeoù, danslaPrussede Frédéric-Guillaume IV, elle allait s'acheminer vers la liberté.
L'avenir révélera que la bienveillance du roi de Bavière devait être pour le catholicisme bavarois un appui moins sur et moins solide que ne le devait être, pour le catholicisme rhénan, l'ardent dévouement des classes populaires. Aussi messiérait-il d'attacher trop d'importance à l'action du cercle de Gœrres sur la cour de Bavière et sur la politique du roi Louis; c'est surtout sur l'intelligence allemande et sur le catholicisme universel que ce groupement d'élite prit une influence profonde et durable. La pensée catholique allemande, émancipée de cette étroite tyrannie sous laquelle les Etats d'ancien régime se complaisaient à l'étouffer, commençait à rayonner hors d'Allemagne; la (( nation germanique », qui jadis, vis-àvis de Rome, se retranchait dans une sorte de réserve à demi-hostile et qui se ramassait sur elle-même avec l'apparence de vouloir faire front, acquérait, à l'école de Gœrres, des habitudes d'esprit toutes nouvelles. La Réforme avait détruit l'idée de chrétienté : la religion s'était, si l'on peut ainsi dire, provincialisée, dans l'enceinte rétrécie des territoires, petits ou grands; et le catholicisme lui-môme n'avait pas complètement échappé à cette médiocre destinée. Gœrres et son écol^e re-
trouvaient dans un passé lointain, et développaient à l'Allemagne et à leurs auditeurs étrangers la conception universelle d'une Eglise vibrante et vivante dans laquelle les Montalembert et les O'Gonnell donneraient à la voix des Gœrres et des Dœllinger l'écho de leurs propres patries : l'autonomie de l'action catholique dans les divers pays n'en serait point diminuée, mais tout au contraire encouragée et fortifiée. C'est ainsi que la même génération catholique qui, dans sa jeunesse, avait couru le risque d'être à jamais courbée sous le joug d'une primatie allemande, s'essayait en son âge mûr à provoquer une sorte de ligue internationale des consciences froissées; c'est ainsi qu'à leur façon, Gœrres et ses amis, par leurs actives relations avec tous les pays catholiques, traduisaient et ratifiaient la vaste unité spirituelle de l'Eglise romaine ^ Sur les ruines du Saint-Empire ils rêvaient de reconstituer une sorte de Corpus catholicorum^ acheminement audacieux vers la réalisation de l'idée de chrétienté : car le Saint-Empire avait pu mourir, mais Gœrres ne permettait pas que l'idée de chrétienté mourût.
1. A cette époque, Raess, qui avait longtemps été, avec Gœrres, la cheville ouvrière de la revue le Catholique, devenait coadjuteur de Strasbourg; et le nonce Yiale Prela écrivait à Weis : « Je considère M. Raess connue l'anneau de la chaîne qui devra unir l'Alleniagne catholique à la France catholique. Les deux pays ne pourront que gagner en resserrant encore les liens sous le rapi)ort religieux. •> {Revue Catholique d'Alsace, l'J04, p. 3GÎ).)