‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 63 sur 236 · iinick. II, p · texte numérisé non relu

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••{. y lU^dvich, Jfjnaz von Dœllinger, II, p. U2-144; le livre avait pour ameur Richter, directeur du gymuase de Quedlinburg. Il est piquant d observer que Richter n'avait d'ailleurs aucune hostilité spéciale contre le catholicisme, comme en témoigne la cordialité qui l'unit toujours à /^tln!"?' /f ^'- '"'^ f"^ fïymnase d'IIeiligenstadt, lévèque Conrad Martin Mamm Dr. Conrad Martin, Bischof von Paderborn, p. H). Dans un gvninase f.nfnnt f" ^'^^'^^''^ncment religieux se distribuait en même temps aux nu In confessions, d'après un manuel spécialement élaboré

m leur comniune édification. (Schumann, Zur Gcschichlc des Itcal- TtlZT ^" ,:^^-^«''«"». 1842-1848, cité dans le MonatsUall fur den Jiatliohschen liehfjtonsmterridU an hôheren Lehransialten, 1900, p. 247.)

LA SUJÉTION DES ÉGLISES i25

ce n'était point au protestantisme, mais bien au catholicisme, que l'Etat laïque, rédacteur autoritaire du contrat, demanderait et imposerait des concessions ; et le pronostic était justifié, d'une façon décisive, par l'exemple de la Prusse.

Spiegel, archevêque de Cologne, écrit sans ambages dans une de ses lettres : « Intolérance, rage contre ce qui est catholique, voilà les mobiles de l'administration, dans les pays rhénans^ », et, dès 1834, il signalait avec tristesse l'effort du Gouvernement prussien pour accroître sur le Rhin, par un afflux de fonctionnaires, la force numérique de l'élément protestant -. Il en était en Silésie comme en Prusse rhénane : le président Merckel, qui pourvoyait en 1827 aux destinées de cette pro-

1. Reusch, liriefe an Bunsen von rômischen Kardinûlen und Prâlalen, deutschen Bischôfen und anderen Katholiken aus den Jahren 1818 bis 1837, mit Erlàuterunfjen herausi/egeben, p. 126 (Leipzig, Jansa, 1897). La lettre, adressée par Spiegel à son frère, est du 15 mai 1831.

2. Reusch, oj). cit., p. 130. « Tu peux dire au nonce, écrit Spiegel à son frère, le 28 mars 1834, que je m'oppose de toutes mes forces à la décatholicisation des provinces du Rhin. » — Comparer, dès 1816, une lettre du président supérieur Vincke, écrivant de Munster à Hardenberg qu'on se plaint dans les provinces rhénanes du petit nombre de fonctionnaires catholiques, et qu'on y voit la preuve des mauvaises dispositions du Gouvernement (Briick, I, \). 229) ; et un article des H istorich-Politische Blâtter, 1896, II, p. 102-112, sur la protestantisation de la Silésie au xviii" siècle et des provinces rhénanes au XIX^ Très rares étaient les fonctionnaires comme Eichendorff, le littérateur romantique et catholique, préposé en 1820 aux affaires religieuses et scolaires dans la Prusse occidentale, et associé, ensuite, à la direction centrale des cultes, à. Berlin; et comme le président supérieur de la Prusse occidentale, le baron Henri-Théodore de Schœn, qui écrivait à Eichendorff : « Avec la haute homogénéité de l'Eglise catholique, il n'y a rien de plus facile que de se bien entendre avec le clergé catholique. Là où des malentendus éclatent entre l'Etat et l'Eglise, l'erreur, régulièrenu^nt, est i)lutôt venue de l'Etat. Les fonctionnaires, dans les Etats i)rotestants, ne connaissent régulièrement pas l'Eglise catholique. » (Keiter, Joseph von Eichendorff', j). 53.) — Mais Eichendorff se sentait si dépaysé dans l'atmosphère du fonctionnarisme prussien, que longtemps il rêva de faire carrière en Autriche (Keiter, op. cil. ,[). 28, 32, 35, 44), et qu'eu 1828, dans un accès d'humeur contre l'Etat prussien {die preussische Wirlschafl), il réclamait formellement le concours de Gœrres pour obtenir quelque poste en Bavière (Keiter, op. cit.., p. 58-59).

vince, adressait à Frédéric-Guillaume III, sur les prérogatives religieuses de l'Etat, une lettre qui est un bréviaire de joséphisme', et la politique dont elle élait le programme se traduisit, pendant près de vingt années, par la suppression systématique et successive d'un certain nombre de paroisses catholiques '". Ainsi la bureaucratie prussienne, par un seul et même labeur, infiltrait le protestantisme en terre rhénane et tarissait le catholicisme en terre silésienne. La crudité de nuances qui, sur les cartes confessionnelles de l'Allemagne, distinguait certaines régions exclusivement catholiques, était comme un affront pour le roi de Prusse : on essayait de délayer les couleurs, en attendant qu'on les pût noyer dans la pacifique uniformité d'une teinte homogène ■^. Fixer cette teinte, et puis la faire adopter, telle quelle, par toutes les âmes sujettes, c'eut été le rêve des bureaucrates prussiens. Un Français de l'époque, qui les connaissait bien, le vicomte de Failly, discernait finement leur arrière-pensée lorsqu'il écrivait : « Pour cette monarchie maladive, efflanquée, coupée, 'contournée, subdivisée, c'était un lien, donc une force immense, qu'une religion exclusivement prussienne ^. »

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