Briick, II. p. .^^S et suiv
2. Bnick, II, j). 250 et suiv. — De inènie, dans rErinclan.l, le gouvernement de Frédéric-Guillaume III faisait beaucoup plus de dépenses pour le culte protestant que pour le culte catholique (Briick, II, p. 247); et lévèque Joseph de Hohenzollern écrivait à Schniedding en 1827: « Si je devais vous dire ce quont à souffrir en Prusse l'Eglise catholique et ses membres, je remplirais des feuilles de papier. « (Bnick, I, p. 231.) — Comparer, dans Bnick, I, p. 19y, le récit de la suppression en 1817 du cloître cistercien de Neuzelie-en-Basse-Lusace, qui pourvoyait à lévangelisation de deux villes et de quarante villages.
... Sur le rêve d'uniHcation des confessions poursuivi par la Prusse, Minier, en \m, donnait dintéres.santes appréciations dans l'article qu'il consacrait a 1 affaire de Cologne. {Gesammelte Sckrifien, II, j). 235-236.)
i. uc la l russe cl de sa domination, p. 327 (Paris, Guilbert, 1842).
Moyennant un ordre de cabinet et quelques Iragonnades, la dynastie prussienne, luthérienne lu XVI' siècle, calviniste au xvn% avait inauguré me troisième façon de protestantisme : Frédéricjuillaume III, de gré ou de force, rassemblait tous es protestants de son royaume dans une église ivangélique oflicielle, disciplinée, bien encadrée, luthentiquement royale, et qui, parfois, plaçait iur ses autels, à côté du crucitix, le buste du roi ^ ( J'ai été baptisé, enfant, dans la communion luthérienne, écrivaitun contemporain; cependant ce lom de luthérien, on me défend de le porter, et ici e me résigne sans trop de })eine. Dans les nobles umées delajeunesse, j'étais fier d'être un protes- :ant; eh bien î ce nom de protestant a été aussi frappé d'interdit ; il a fallu me soumettre, mais cette fois 3n grondant. A présent Ton me donne (jusquesà quand ? je T ignore) le nom de chrétien évangéiique. Je suis donc un chrétien évangélique jusqu'à nouvel ordre^. » Il sufhsait ainsi d'un acte de la volonté souveraine pour faire taire toutes divergences entre les confessions issues de la Réforme et, du jour au lendemain, imposer à leurs adhérents irespectifs vm nouvel état civil.
Un second succès restait à poursuivre ; c'était irabolition de toutes difhcultés entre les diverses confessions chrétiennes ^. Il n'y avait plus, en
1. Voir, dans Gloiuens-Theodor Perthes, Friedrich Ferthes Lehen, H, p. 338 et suiv., rinquiétude de beaucoup de correspondants du libraire
iPerthes au sujet de cette union factice.
2. Kônig, iJie neueste Zeit in der evanç/elischen Kirche des preussisclwn Staals, ]). 119 (cité par Saint-René Taillandier, Etudes sur la réoohUion en AllotdKjne. L P- 196).
3. On songea un instant, dans la Prusse de 1815, à subordruiner les évèques catholiques aux consistoires protestants; mais on y renonva, sur les représentations de Joseph de Hoheuzollern, évèque dErnieland
Prusse, qu'une Eglise protestante royale, il ne devait plus y avoir, tôt ou tard, qu'une Eglise chrétienne royale. Des gymnases protestants se fondaient en région catholique, pour commencer la conquête des âmes; et l'on se flattait d'achever cette conquête en accordant, en fait, d'immenses privilèges aux protestants pour l'accessibilité aux carrières publiques ^ Lentement la future Eglise s'édifiait, danslecerveau desfonctionnaires: puisque la nouvelle liturgie évangélique officielle comportait, le dimanche, une sorte de messe où l'on récitait et où l'on chantait alternativement des frag-ments tirés pour la plupart du missel romain, quelle raison restait aux catholiques de ne point opter pour TEvangélisme? Elle comportait, aussi, chaque année, un jour de prière et de pénitence; le Gouvernement de Berlin, par une pieuse fraude, faisait inscrire ce jour dans la liste des fêtes catholiques soumises à l'agrément du Saint-Siège ; Rome approuvait l'ensemble, sans apercevoir l'interpolation, et l'archevêque Spiegel acceptait sans mot dire que cette solennité protestante fût introduite dans la liturgie diocésaine-. De vastes espoirs illuminaient l'horizon du fonctionnarisme prussien : la cathédrale de Cologne, qui commençait à s'achever, s'ouvrirait, peut-être, à Texercice
(Bnick, I, p. 139-140). — En Siiôsie, toulcs les alïairos ecclésia.slicinos et scolaires étaient traitées en commun par les conseillers des deux confessions, sous la présidence du président supérieur de la province {Selh-sl/no- Ijrapidc des Grafen Leopold Sedlnilzky von Choltilz, p. 58-.VJ. Berlin, Hertz, 1872).
1. Sur la fondation de gymnases protestants à Clève et à Ratil)or. et sur le parti pris de naccorder aucunes fonctions publiques aux Westi)haliens catholiques, voir Bislorisch Politischc Blatter, 189B, II, p. 102-112.
'^. Vou' tout le récit de Tincidenl dans le livre: De la Prusse et dr sa auminaliuH, p 448-451
simultané des deux cultes, en attendant qu'ils n'en fissent plus qu'un seul'.
« Qu'une fois pour toutes les sujets fussent instruits, qu'ils se rendissent compte de la ressemblance des liturgies et du léger sacrifice qu'ils avaient à consentir pour être agréables au roi, et i'évangélisme ferait des conquêtes parmi les fidèles le Rome. Or il y avait, dans toutes les villes de Prusse, un endroit propice pour donner aux catholiques cette leçon : c'était la caserne. Les lommes des différents cultes s'y coudoyaient et 5'y mêlaient : l'ordonnance du 12 février 1832, renouvelant et complétant un premier acte royal de 1810, édicta une sorte de dressage religieux )our les soldats de Sa Majesté. Tous, une fois par iiois, ils devaient participer à un service divin •ommun ; ainsi l'exigeait, suivant les propres l;ermes de Tordre de cabinet de 1810, « le respect lécessairement dû à la religion principale du pays ït la nécessité d'en finir avec les préjugés nuisibles qui se trouvent encore chez le bas peuple à 'égard de la différence des religions » ; et le roi le doutait pas qu'en écoutant le prêche, les caholiques y trouvassent « l'avantage que chaque lommc raisonnable saura toujours tirer d'un serrée divin quelconque convenablement établi' ». ^a discipline militaire, avec sa rigueur de fer, se nettait au service de Tévangélisme national ; le itoyen prussien qai portait l'uniforme était par à môme contraint de prendre contact avec la reigion de son souverain ; et la caserne devenait