‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 78 sur 236 · II · texte numérisé non relu

II

Il semblait que la voix du Saint-Siège fit autou d'elle le désert; et les hermésiens frappés, mai non vaincus, pouvaient applaudir ironiquement i l'autre défaite qu'infligeait à Grégoire XVI l'épis copat riiénan, et dont la question des mariage mixtes était la cruelle occasion ^

Lorsque la Prusse, en 1814, prit possession des provinces rhénanes, elle s'abstint d'y mettre er vigueur l'acte royal du 21 novembre 1803, d'après lequel les enfants issus de mariages mixtes devaient toujours être élevés dans la religion di père'-. Le catholicisme rhénan, cerné d'abord puis lentement envahi par des fonctionnaires protestants immigrés de la vieille Prusse, avait de^ susceptibilités et des suspicions dont Berlin devaii tenir compte. Imposer à l'enfant la foi paternelle c'était, dans les provinces du Rhin, accroître l'élément protestant; caria plupart des mariages

1. La bibliographie la plus complète concernant 1 affaire 'de Cologne tant au point de vue de Iherniésianisnie quau point de vue des mariage, mixtes, est donnée par Maurenbrecher, Dw preussischc KirchenpolilU undder Aœlner Airchenslreit, p. 125-140 (Stuttgart, Cotta, 1881). - U nm,?"!'"; '' ^""■"^llJ" ('oloync, que nous citerons fréquemment, eu >our auteur, en 1838, Ihistorien Jean Mœller, professeur à lUniver Mte de Louvain.

2 On en trouvera le texte dans : AfTaire^ de Cologne, p. 56-57. - I eta « iormellement interdit à tout époux, désormais, de contraindre C^ulLlTl\ l ?°"]'^*' ^ ^'"^ déviation de cette disposition légale » S de nt"'*'''',^^ '''^' ^' ^'^«' ^^^' lequel ! personne n'a h r n n.rtTnn ""r^' ''^^ ^^'•«"ts, aussi longtemps qu'ils sont d'accord suj linstiuction religieuse a donner à leurs enfants .,, restait en vigueur.

mixtes unissaient une indigène riiénane, catholique, avec un immigré prussien, évangélique ; et si l'on eût appliqué la déclaration de 1803, les fils et les filles de ces Rhénanes eussent été perdus pour TEglise. La Prusse redou a le mécontentement de ses nouveaux sujets; et, dix ans durant, elle permit au clergé du Rhin d'appliquer le droit canon, d'après lequel, en cas de mariage mixte, l'assistance ecclésiastique n'est accordée aux fiancés que s'ils promettent d'élever tous leurs enfants dans la foi romaine. Mais, à la dale du 17 août 1825, le roi, d'un trait de plume, stipula que la déclaration de 1803 serait désormais en vigueur dans les provinces rhénanes. Ainsi, désormais, les fiancés ne pourraient, avant le mariage, prendre aucun accord au sujet de l'éducation des futurs enfants, et, à moins que, devenus père et mère, ils n'en décidassent autrement par une commune entente, tous les enfants seraient réputés appartenir à la confession paternelle'.

Le siège archiépiscopal de Cologne avait alors pour titulaire Ferdinand-Auguste SpiegeL-, personnage très complexe, que des correspondances inédites, récemment publiées par M. Reusch^, nous

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