Karl Mœllcr, op. cit., I, p. 2!»:)-29B
2. Voii- le texte de ces thèses dans : Affairât </<• Cohf/i'e, j). V,>-Û6.
gie, se firent remettre par les hermésiens une consultation en bonne et due forme, se déclarèrent satisfaits, eux, de l'orthodoxie du défunt Hermès, et défendirent qu'à l'Université de Bonn on polémiquât sur cette question •. L'on voulait, à Berlin, que riiermésianisme continuât à vivre, d'une vie discrète, occulte, et qu'il en fût de ce mariage mixte entre la foi et le rationalisme, prohibé par Grégoire XVI, comme il en avait été de la législation officielle sur les mariages mixtes, désapprouvée par Pie VIII et cependant toujours appliquée. Dans le domaine de la science théologique comme dans le domaine du droit canon, Berlin et Rome entraient en conflit.
Deux professeurs hermésiens, Elvenich et Braun, s'en furent à Rome : ils virent Roothan, général des Jésuites; Lambruschini, secrétaire d'Etat; Grégoire XVI lui-môme. <( Vous venez pour enseigner le Saint-Siège, leur dit le Pape, alors que c'est vous qui devez être enseignés » ; et ce mot définissait la portée du débat'-. L'hermésianisme, comme jadis le jansénisme, dessinait un mouvement tournant : on se mettait à distinguer entre la question de droit et la question de fait, entre ce qu'Hermès avait dit et ce que Rome avait condamné comme se trouvant dans Hermès; elles susceptibilités tenaces dont les disciples de Saint- Gyran donnèrent l'exemple étaient accentuées et fortifiées, dans les cerveaux hermésiens, par