‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 91 sur 236 · Bnick, I, p. m · texte numérisé non relu

Bnick, I, p. m

2. Sur les né?;ociations de Braun et d'Elvenich avec le .Saint-Siège (7 juin 18:57-0 avril 1838), tous les textes sont rassemblés dans Martens- Murhaid. /{rrurii ,!,■ r-nii/.,, nouvelle série, VI, p. ir)7-181.

leur attachement naturel aux droits de la science théologique. L'Allemand fait à la théologie, lorsqu'il la cultive, la politesse de la considérer comme une science; il la défend, à ce titre, contre les libertins de la société laïque, mais inversement, parfois, contre certains représentants de la hiérarchie. Une science doit être libre; de quel droit cet administrateur qu'était Droste venaitil se mêler de science? Et que pesait une mitre, conférée par le Pape, en face d'une toge de professeur, conférée par un cénacle de savants? La notion môme de l'évêque gardien de la foi était oblitérée dans les esprits universitaires. Braun et Elvenich quittèrent la Ville éternelle en 1838, hermésiens comme ils étaient venus.

« Le bref de Grégoire XVI est là », répondait simplement Droste à ceux qui voulaient plaider auprès de lui la cause des hcrmésiens. « Le bref de Pie VIII est là », reprenait-il à l'adresse de ceux qui, dans la question des mariages mixtes, souhaitaient de lui quelque lléchissement i. Puis il signiiiait qu'il n'avait plus rien à dire, et se retranchait dans sa vie de prières, dont le Gouvernement avait auguré qu'il ne serait jamais distrait'^'.

1. Voir dans Affaires de Cologne, p. 23-26, le dernier et décisif échange de lettres (24 et 31 octobre 1837) entre Altenstein et l'archevêque.

2. Rien de provocateur, d'ailleurs, en son attitude: dans une circulaire à son clergé sur les relevai lies des femmes en couches, il avait affecté de se référer à la convention de 1834, parce que, sur ce point, celte convention ne contenait rien de contraire au bref; et à la suite de cet épisode, le Journal historique et littéraire de Liège, en avril 1837, avait à peu près accusé l'archevêque de trahir l'Eglise au profit de l'Etat. Le futur évêque Laurent remit les choses au point, dans un numéro suivant du même journal (Karl Mœller, op. cit., L p. 28.V291).

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Au soir du 20 novembre 1837, les fonctionnaires supérieurs de la Prusse rhénane Vy vinrent solennellement troubler. Une décision tranchante avait été prise par le roi ; siégeant en son conseil, avec Bunsen à ses côtes, il avait résolu de sévir. (( Il n'y a rien à attendre de Rome », avaitdit Bunsen • : et l'on avait résolu d'obtenir parla force, à Cologne, ce que Rome, sourde à toute persuasion, refusait d'accorder. L'archevêque, depuis sou avènement, sortait peu de son palais; il ne se montrait presque jamais, ni à son clergé ni à ses lidèles ; il évitait les cérémonies solennelles; ses visites aux diverses villes du diocèse avaient été des plus rares-; et rien en lui ne décelait un parti pris de se rendre populaire, ni le lointain dessein d'ameuter le peuple contre le souverain. On décida cependant, à Berlin, de le faire passer pour un séditieux, et de présenter sa résistance comme un début de complot, dont les Jésuites belges auraient été les complices'^ L'exemple de

1. Sur la délilx'ration du conseil qui décida rarrestation do Diosto, voir, dans Nippold, Itunscn, I, p. 48()-4«2, le récit même de Bunsen. La veuve de Bunsen, I, p. ih'MdO, essaie — ce qui s'accorde mal avec ce récit — de montrer que l'arrestation était décidée avant l'arrivée de Bunsen. Cf. Jansseu, Zrit und Lehensbilder, II, p. 2H7.

2. Sur l'attitude de l'archevêque depuis son avènement, le futur évèque Jean Laurent, dans le mémoire justificatif qu'il publia en sa faveur, donne de très intéressants détails (Karl Mœller, op. cit., 1, p. 3lti-323).

3. On écrivit officiellement à Rome, de Berlin, que l'archevêque se

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la Belgique, qui s'était, quelques années auparavant, au nom de la liberté religieuse, victorieusement affranchie du roi des Pays-Bas, obsédait le cerveau des hommes d'Etat berlinois i; et quelques rigueurs préventives leur paraissaient indispensables pour assurer la fidélité des Rhénans. « Ce que les Belges sont vis-à-vis des Hollandais, écrira bientôt Heine, les Rhénans le sont vis-à-vis des Prussiens^ ». Sous le coup d'une telle suspicion, l'on traitait rarchevêque comme un cheT d'émeutiers. La place Saint-Géréon, sur laquelle s'élève le palais archiépiscopal de Cologne, fut, en un clin d'œil, occupée par la troupe; et l'Etat prussien, sous la protection des baïonnettes, fit son entrée dans l'archevêché. Le président Bodelschwingh, au nom de son roi, invita l'homme d'Eglise à retirer l'écrit qu'il avait expédié au ministre; l'homme d'Eglise refusa. Alors l'Etat prussien fit évacuer cet archevêché où le roi ne pouvait être le maître : on empaqueta le vieillard dans une voiture"^; un gendarme lui tenait compagnie, un autre veillait sur le siège ; et les diocésains de Cologne, le lendemain matin, apprirent avec stu-

lai?:sait mener par des Jésuites belges (Kavl Mœller, op. cit., I, p. 347). — " Toute la conduite de l'archevêque, écrivait Altenstein au chapitre de Cologne, se lie intimement aux manœuvres et à l'influence hostile de deux partis révolutionnaires, qui cherchent à exciter les esprits et à égarer les consciences, i)our réaliser leurs vastes projets destructeurs. >• {A/faire.^ de Coloqne, p. 117.)

1. Voir dans Gœrres, l'olitische Schriften, V, p. 448-449, les impressions laissées en Allemagne par la révolution de Belgique. Le futur évèque Jean Laurent, dans l'écrit justificatif qu'il publia peu après en faveur de Droste, s'explique sur les soupçons qu'inspiraient au gouvernement prussien la conduite et l'exemple du clergé belge (Karl Mœller, op. cit., I, p. 31;')).

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