II
l'Eglise '. L'existence des concordats et des déclarations organiques exposait les deux pouvoirs «i de perpétuels conflits ;le clergé ne connaissait que les concordats, et les fonctionnaires civils ne connaissaient que les articles organiques: c'était un chaos de mésententes et de contradictions, oii la force seule mettait une apparence d'ordre ''^. La force était à l'œuvre; appliquant au bref de 1830 (( la méthode d'exégèse que le protestantisme emploie pour les livres saints ^ », le roi de Prusse voulait dompter Tarcheveque qui résistait à cette méthode, et se flattait d'avoir raison de lui par la prison. Des prêtres surviendraient, peut-être, pour étayer les maximes royales ; « puisqu'une postérité immortelle a été donnée aux onze apôtres, le douzième aussi, qui était un voleur, a dû avoir la sienne^ ». Mais qu'importeraient ces prêtres^
L'Eglise s'est de nouveau émancipée clans la foi des peuples. L'Etat, peut-être, aurait quelque temps pour lui les apparences de la victoire ; mais il en serait de cet échafaudage d'usurpations comme de la tour napoléonienne qui jadis dominait l'Europe; il sufiit, pour certaines destructions, d'un léger battement d'ailes de Tesprit de Dieu, cet esprit qui dirige les cœurs des peuples comme l'eau des ruisseaux... Le grand mouvement de pensée auquel a donné lieu cet acte de violence et l'allocution du chef suprême de l'Eglise nous ont apporté la première rumeur de l'approche d'une nouvelle époque et d'un esprit nouveau... Minuit