‹ L'Allemagne sous Napoléon IerChapitre 14 sur 51 · p. von Millier. Erinnerunçjen aiÂS Kriegszeden · texte numérisé non relu

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LES PETITS ÉTATS DE VBSfT ET DU NORD. 9t

fin la duchesse Louise avait gagné l'estime de Napoléon, et, mîeox inspiré cette fois que dams sa conduite à l'égard de Taotre Louise, reine de Prusse, TEmpereur répondait à ses prières : « J'ai accordé toutes les demandes que vous avez faites. Je désire cependant que cela serve de leçon au duc de Weimar. Il m'a fait la guerre sans rais(m ; il pouvait imiter la conduite du duc de Saxe-Gotha; il pouvait imiter celle du.duc de Brunswick, qui n'a point fourni de contingent et que j'ai cependant privé de ses états. Tout ce que j'ai fait pour le duc est uniquement à votre considération. » (Nov. 1806.) Enfin une chose qui aida puissamment le duc à rentrer en faveur, c'est que Napolf.on, plu» désireux de la paix après Eylau, crut avoir besoin de lui pour faire des ouvertures à l'empereur Alexandre. Or, le duc de Weimar était non-seulement cousin du tsar, mais son fils avait épousé Maria Paulovna, scBur d'Alexandre. Toutefois la réconciliation ne fut jamais cordiale entre Napoléon et la maison de Veimar. Après l'attentat de Staps en 1809, le premier mot de l'Empereur fut celui-ci : « Rapp ! . . . on ne m'ôtera jamais de l'idée que les menées de Berlin et de Weimar n'y sont point étrangères... Je te dis qu'il y a des femmes là-dedans: des furies avides de vengeance. Si je le croyais, je les ferais enlever au milieu de leur cour... Je sais quelle est la fureur de toutes ces femmes, mais patience ^ !... )>

On ne doit pas oublier qu'en 1806 les nobles esprits que Charles-Auguste avaient aimés et protégés plai-

i. Mémoire* de Bourfienoe, t VIII, p. 226.

dèrent sa cause auprès d'un homme qui faisait quelque cas du suffrage des lettres. Gœthe s'indignait des exigences du vainqueur. Il ne pouvait comprendre qu'on fît un crime à son ami d'avoir servi la Prusse.

(( Supposez qu'aujourd'hui ou demain, disait-il aux Français, votre armée éprouve un revers ; que penserait l'Empereur d'un général ou d'un feld-maréchal qui ne ferait pas exactement ce qu'a fait notre dua?» Il menaçait de suivre son maître détrôné, un bâton à la main, sur les routes de l'Allemagne :

Les femmes et les enfants qui nous rencontreront dans les villages diront^ en versant des larmes : « C'est le vieux Gœthe et l'ancien duc de Weimar que l'empereur des Français a dépouillé de son trône parce qu'il était resté fidèle à ses amis dans le malheur; parce qu'il a visité, au lit de mort, le duc de Brunswick, son oncle; parce qu'il n'a pas voulu laisser mourir de faim, faute de quelques milliers d'écus, son compagnon d'armes Blûcher, vaincu à Lûbeck... Je chanterai pour lui gagner du pain... Je chanterai l'opprobre des Allemands, et les petits enfants apprendront par cœur mon chant d'opprobre jusqu'à ce qu'ils soient devenus des hommes, et qu'en chantant ils rétablissent mon maître sur son trône et qu'ils vous renversent du vôtre •»

Napoléon se résolut, donc, à conserver en bloc tous les princes saxons. Il leur fit présenter par Talleyrand un acte collectif d'adhésion à la Confédération du Rhin , qu'ils avaient à signer, non à discuter. En vertu du traité de Posen (15 décembre 1806)

le duc de Saxe-Weimar * dut fournir un contingent de 800 hommes, Gotha 1,100, Meîningen 300, Hildeburghausen 200, Coburg 400 : ensemble 2,800 hommes pour les cinq maisons ernestines. En vertu du traité de Varsovie (18 avril 1807), le duc d'Anhalt-Dessau fut taxé à 3S0 hommes, Bernburg à 240, Cœthen à 210, Lippe -Detmold à 800, Lippe-Schaumburg à 150, les princes de Reuss à 450, ceux de Schwartzburg à 650, Waldeck à 400 : ensemble 2,930 pour les petites dynasties.

La Saxe électorale et les autres petits états de rAUemagne étant passés de Talliance prussienne à l'alliance française, leurs journaux et les produits de leur librairie subirent désormais la surveillance attentive de Napoléon. Il n'y eut pas jusqu'à l'aima* nach de Gotha qui n'eût à compter avec sa censure. Le 20 octobre 1807 il écrivait & Ghampagny, ministre des affaires étrangères :

Monsieur de Ghampagny, le dernier almanach de Gotha est mal fait. D'abord il y est question du comte de Lille, et puis de tous les princes de la Gonfédération, comme s'il ne s'était fait aucun changement dans la constitution de l'Allemagne; les noms de la famille de France y sont en termes inconvenants. Faites venir le ministre de Gotha et faites-lui comprendre qu'il faut qu'au prochain almanach tout cela soit changé.

Il doit être fait mention de la maison de France comme dans l'almanach Impérial; il ne doit plus y être question du comte de Lille ni d'aucuns princes d'Allemagne autres que ceux qui sont conservés par les statuts de la Gonfédération du Rhin.

S.' Cf. Corresp. de Napoléon /", t. XIV. 29 janvier 1807 : la lettre de réconciliation que lui adresse l'Empereur,

Vous demanderez que eet article voub sent eommiuniqué avant il'étre imprimé.

S'il est d'autrejs almanaehs qui s'impriment chez hds alliés où il soit question des Bourbons et de la maison de France en termes inconvenants, écrivez à mes ministres pour qu'ils fassent connaître que tous vous en apercevez et pour que cela soit changé l'amiée pvochaine.

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Le Mecklembourg cpi, par «a oonstituticm géologique, ses sables et ses lacs, sa jimckerheit innombrable et pauvre, semble une portiOB détachée du Brandebourg et de la Poméranie, avait conservé, sous^ne dynasi;ie double, une sorte d'unité nationale. Il n'y avait pour tout le pays qu'une seule diète composée des représentants de la noblesse et des députés des villes. Toutefois les deux familles ducales suivirent dans le grand conflit une conduite un peu différente. Frédéric-François I", de Mecklembourg-Schwérin (1783- 1837), et Charles-Louis-Frédéric, de Mecklembourg- Strélitz ((794-1816), en leur qualité de clients et de protégés de la Russie, présentaient une certaine résistance à l'attraction de la Prusse. Cette dernière, qui en 180i2 avait un moment espéré s'annexer les deux duchés, se serait contentée en 1806 d'obtenir leur accession à sa confédération de TAllemagne du Nord. Le Mecklembourg-Strélitz s'était montré assez disposé à entrer dans ses vues ; le duc de Schwérin., au contraire, avait répondu avec hauteur qu'il prétendait rester neutre : il serait reconnaissant à la Prusse du secours qu'elle lui donnerait s'il se trouvait en

danger ; mais il ne pouvait contribuer à l'entretien de Tannée prussienne. Pourtant les négociations continuèreni. La guerre survint sur ces entrefaites. Les Français arrivèrent sans qu'on eût eu le temps de s'entendre sur -un traité avec la Prusse, ni de se se mettre en défense contre Napoléon.

Les dernières convulsions du grand duel de i 806 ébranlèrent ce pays. Blucher et ses vingt mille hommes traversèrent d'abord le Mecklembourg de Test à l'ouest, depuis Waren jusqu*à Lûbeck, poursuivis par Bernadotte, Souit et Murât, et c'est à Ratkau, sur la frontière du Mecklembourg qu^ils posèrent les armes. Le 29* bulletin faisait donc un tableau aussi sombre que vrai de la situation des duchés : a Le Mecklembourg a été également ravagé par (es armées françaises et prussiennes. Un grand nombre ^iC troupes, se croisant en tous sens et à marches forcées sur ce territoire n'a pu trouver sa subsistance qu'aux dépens de cette contrée. » L'impérial rédacteur ajoutait à son récit une sorte de morale ou d'avertissement- A bon entendeur, salut, a Ce pays est intimement lié avec la Russie; son sort servira d'exemple aux princes d'Allemagne qui cherchent des relations éloignées avec une puissance à l'abri des malheurs qu'elle attire sur eux et qui ne fait rien pour secourir ceux qui lui sont attachés par les liens les plus étroits du sang et par les rapports les plus intimes » . C'était une invitation à se choisir des relations moins éloignées Les misères de la guerre n'étaient qu'une sorte de c^mpelle intrare, au profit du Rheinbtmd.

Napoléon iie songea pas un instant h changer la constitution des Mecklembourg ou à détrôner leurs dynasties ; pourtant il y aurait eu à faire une large application des principes égalitaires ou libéraux dans ce pays qui avait conservé toute l'organisation sociale et politique du moyen âge et où la féodalité et le servage devaient se maintenir encore près de vingt années. Seulement, comme il était impossible de laisser le Mecklembourg ouvert à un débarquement russe, anglais ou suédois, Napoléon résolut d'occuper ces deux duchés. Bien que Frédéric-François et Charies-Louis -Frédéric n'eussent pas fourni de contingent à la Prusse , il ne pouvait oublier les négociations commencées; il se souvenait aussi qu'en 1805 un corps russe, sous les ordres du prince Tolstoï, avait traversé les duchés ^ Bourrienne fut chargé de remettre au gouvernement de Schwérin une note énumérant les griefs de la France. Mortier devait, aussitôt après avoir occupé les villes hanséatiques avec une de ses divisions, en envoyer une autre à Schwérin, désarmer les troupes, faire passer les armes en Hollande, Tartillerie à Magdeburg ou en Hanovre, confisquer à Rostock toutes les marchandises anglaises, s'emparer de toutes les caisses publiques, faire administrer le pays au nom de l'empereur, publier le décret de Berlin sur le blocus continental. Toutes ces mesures durent être accomplies dans les premiers jours de décembre 1806. Les ressources du Meoklembourg-Schwérin furent largement exploitées. Plus

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