Mém, et Corresp,f p
qu'ils maltraitent encore. J'avais ordonné aux officiers de faire des appels de nuit pour prévenir ces désordres ; mais ils me disent que malgré cette mesure ils ne peuvent les arrêter *. »
Ces troupes, si pillardes et si mal disciplinées, ne manquaient pas d'une certaine bravoure. Seulement le courage allemand avait à cette' époque un caractère que Ton a pu constater encore dans la guerre récente. Les Bavarois et les Wiirtembergeois, assez résolus en rase campagne, ne pouvaient se décider à monter à l'assaut ou à tenter une escalade. Plusieurs fois * Jérôme avait voulu essayer, sur des places silésiennes, une attaque de vive force : Deroy et ses collègues allemands avaient toujours hésité, puis finalement refusé. Le prince généralissime s'impatientait à l'excès de ces résistances : « Je crois. Sire, écrivait-il à l'Empereur, que les alliés auraient besoin de quelques régiments français pour leur donner l'exemple. » Le même jour, il constatait que quatrevingts Bavarois, « croyant qu'il voulait donner Ua^saut y avaient déserté. » Parfois il se dépitait de commander à ces soldats si différents des Corses ou des méridionaux, et il écrivait, avec une pointe d'outrecuidance : (( J'avoue, tout en leur rendant la justice qu'ils méritent, que ce ne sont pas les troupes que
1. Mém. et Coi^esp. Jérôme à Berthier, 191 .Voy. aussi 182, 192, 194.