‹ L'Allemagne sous Napoléon IerChapitre 45 sur 51 · VoïP ci-dessus, page · texte numérisé non relu

VoïP ci-dessus, page

désavouer, mais qui n'avait pu encore trouver moyen d'acquitter quelque quatre-vingt-six millions qu'elle nous devait depuis 1807. Il n'y a pas de bassesses qu'elle n'ait faites, de supplications et d'intercessions qu'elle n'ait mises en œuvre, d'humiliations qu'elle n'ait dévorées pour ne pas s'acquitter envers Napoléon. Voilà pourquoi il y avait encore des garnisons françaises à Stettin, à Ctistrin et â Glogau, pourquoi Berlin se trouvait en quelque sorte bloqué entre ces trois forteresses, et pourquoi le roi ne pouvait se décider à rentrer dans une capitale, si dangereusement hypothéquée. Napoléon avait fini par s'habituer à cette situation. Fort désireux d'évacuer l'Allemagne du centre et du sud, il n'était pas fâché d'avoir un corps d'armée dans l'Allemagne du nord pour l'exécution du blocus continental. En Westphalie, en Hanovre, dans les républiques maritimes, dans les trois forteresses prussiennes, enfin à Dantzig, dont Napoléon avait fait une sorte de ville hanséatique, il laissa un corps de i 8 à 20,000 hommes, qui servait à la fois à surveiller la Prusse, la Russie, et la contrebande anglaise. Gudin à Hanovre, Morand dans les villes hanséatiques. Priant à Magdeburg, Rapp à Dantzig, étaient soumis au commandement supérieur de Davoust, qui résidait à Hambourg.

Mais ce fameux blocus continental devint la source de nouvelles et plus terribles complications. Ce qui en sortit, ce ne fut pas la paix maritime, mais la rupture avec la Russie, le désastre de Moscou, le soulèvement de l'Allemagne, la chute de l'empire et aussi la ruine de la grandeur française.

Page 1