‹ L'Allergie TyphiqueChapitre 35 sur 50 · Vaccinothérapie par voie intraveineuse · texte numérisé non relu

Vaccinothérapie par voie intraveineuse

On se souvient que, dès 1913, Ch. Nicolle, Connor et Conseil avaient préconisé, comme procédé de vaccination particulièrement actif, linjection intra-veineuse de bacille d'Eberth vivants et simplement atténués par chauffage à 46°. Cette pratique devait inciter à traiter les typhiques par injections de vaccin dans les veines.

Ichikawa [87}, le premier, persuadé que le peu d’efficacité de la vaccinothérapie au cours de la fièvre typhoïde tenait à l'emploi de la voie sous-cutanée, préconise l’inoculation intraveineuse. [l est suivi par Sladek et Kotlowski [88], Fr. Gay {89}, Torday [90], Petzetakis [91], Fr. Gay et Tchickering [92}, Galambos [93], Florand et Nicaud [94], etc. Tous les auteurs qui ont employé une telle technique ont, il va sans dire, déterminé chez leurs malades de fortes réactions générales.

Nuln'ignore que l'injection de particules microbiennes : dans les veines entraîne la production d’un syndrome de choc dû au brusque déséquilibre physique qui résulte de leur introduction. Les réactions obtenues chez les typhiques revêtent la même intensité que chez les sujets sains. Il s’agit là d’un phénomène d'ordre banal, et que l’inoculation de tout autre germe, au même degré de concentration, eut également engendré. Le fait avait été mis en évidence par Sladek et Kotlowski qui, dès 1915, insistent sur l’absence* de toute spécificité de la réaction obtenue. Aussi est-ce par un véritable abus de langage que certains auteurs font rentrer ces obser-

5 Vations dans le cadre d’une vaccinothérapie spécifique. Il eut été infiniment plus rationnel de les rapporter comme des exemples de vaccinothérapie homologue, appellation qui a l’avantage de ne préjuger en rien du mécanisme qui-préside à la guérison.

Or, en dépouillant les observations, on constate que l'unanimité des auteurs insiste sur le caractère très rapide de la guérison, quand elle fut obtenue. Dans la moitié des cas, écrit Gay, la maladie tourne court, et 4 cet auteur ajoute que la disparition des phénomènes infectieux est d'autant plus rapide que les réactions obtenues ont été plus fortes. Même observation de Florand et Nicaud qui remarquent qu'en employant des doses moyennes de vaccin, on provoque l'apparition d’un véritable stade amphibole avec grandes oscillations thermiques, alors que linjection de fortes doses amène la chute brutale de la température.

A vrai dire, une méthode susceptible de faire avorter la maladie à la suite d’une seule ou au maximum de =. deux injections de vaccin, ne va pas sans quelque danger. Nous ne partagerions pas l’optimisme de Gay qui affirme qu’elle ne comporte « aucun inconvénient sérieux », et cela, d'autant moins que cet auteur avoue lui-même avoir constaté dans 4 cas sur 53, un état alarmant dans les heures qui suivirent l'injection, mais qui

fut heureusement de courte durée. D'ailleurs Mauté avait antérieurement signalé la possibilité d'accidents graves, collapsus, perforation intestinale, alors que la dose injectée ne dépassait pas 75 millions.”

Page 1