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diminue considérablement au fur et à mesure que la maladie entre dans la période d'état. C’est au début du .second septénaire, écrivent les auteurs, que les succès les plus nets sont enregistrés. Comment interpréter cette constatation ? L’explication en serait bien délicate à fournir si l’on s’en tenait aux données classiques, car on concevrait difficilement pourquoi l'effet immunisant des vaccins cesserait de se manifester à un moment plus avancé d’une évolution naturelle, qui va conduire le malade vers la guérison. Mais si l’on veut bien reconnaître avec nous que le mode d'action de la vaccinothérapie, constamment identique dans toutes les in-
fections auxquelles elle s'adresse, se borne à une surac-
tivité des phénomènes inflammatoires qui assureront la résorption des foyers, il suffit de rechercher quelles sont les conditions généralesauxquellesdoivent répondre ceux-ci pour en subir l'influence.
L'expérience montre, et C'était là une éventualité fa= cile à prévoir (qu'il s'agisse d’une infection staphylococcique, méningococcique, mélilococcique,elc.), que c’est à leur phase phlegmasique que les foyers se laissent le plus facilement résorber. Dès qu’ils ont pris une certaine importance, dès que des réactions anatomiques se sont accomplies à leur pourtour, entravant sans doute l’afflux leucocytaire (foyers ecphylactiques de Wright), dès qu'ici une vaste ulcération, là une collection suppurée se sont constituées, l’organisme sollicité par les injections de vaccin devient incapable d’en assurer la résorption. La situalion des foyers a elle-même une importance de premier ordre sur laquelle insistait ré-
cemment Wright (104). Il est patent en effet que les foyers en connexion intime avec le système circula-, toire, tel que la rate, subissent le plus aisément les perturbations humorales déterminées par le choc vaccinal, et que l’afflux leucocytaire peut, à leur niveau se faire au maximum. Aussiles verra-t-on céder très aisément à la vaccinothérapie. Le meilleur exemple en est fourni par la fièvre de Malle, où cette méthode, convenablement maniée, assure dans un délai de temps très court la stérilisation des foyers spléniques d’où émigraient constamment les germes dans le sang, si bien que la maladie prend brusquement-fin (Cäambessédès et Garnier). =
Le rappel de ces notions nous paraît susceptible d'expliquer pourquoi c’est au début de la fièvre typhoïde. que l'injection de vaccin offre le plus brillant pourcen-
tage de succès. À cette période en effet, comme on Pa vu dans un chapitre précédent on se trouve en présence d’ane infection surtout lymphatique, constituée par des foyers multiples, mais limités, sources dela septicémie. Les lésions intestinales sont encore à la phase
de tuméfaction : aussi est-on en présence de conditions
parfaitement favorables parce que ces lésions limitées,
évoluant chez un sujet dont l’état réactionnel est encore
suffisant, ne dépassent pas la faculté de résorption de l’économie. Il en va tout autrement lorsqu’à une phase plus avancée et dans les formes d’une certaine gravité,
de nombreuses plaques de Peyer ont subi l’ulcération. La désintégration des formations lymphoïdes montre ici le rôle joué par les poisons toxiques émanés
du bacille d'Eberth qui entravent l'acte phagocytaire et permettent la multiplication des germes in situ. On ne saurait dès lors s'étonner que de telles lésions, danslesquelles les phénomènes toxiques ont une part si évidente, ne puissent être utilement combattues par la vaccinothérapie. De plus, siégeant au niveau des muqueuses et n’offrant pas avec le milieu humoral la même intimité que les foyers spléniques ou ganglionnaires par exemple, elles ne subissent vraisemblablement pas les mêmes modifications d'équilibre (variations de l'équilibre ionique) susceptibles de favoriser la tâche des leucocytes et de permettre la résorption. A supposer même que la stérilisation des loyers infectieux puisse être obtenue, leur cicatrisation demanderait un délai tout autre que celui de la résorption de foyers seulement phléegmasiques et de caractère limité.
Si pour ces différentes raisons on ne peut guère chez un typhique parvenu à la période d’état attendre de la vaccinothérapie un effet curatif rapide, la méthode reprend ses droits à la convalescence, même apres la guérison, lorsque surviennent des déterminations lointainés. Nous voulons parler ici des complications ostéopériostiques : leur limitation les rend très accessibles à la méthode ; encore faut-il noter que lorsqu'elles aboutissent à la formation d’abcès, les succès obtenus sont plus aléatoires. Cette thérapeutique ne peut être ici qu'un adjuvant utile : combinée par contre à l'acte opératoire elle permettra,une fois le pus évacué au dehors, d'amener une prompte résorption.
Et l’on comprend ainsi pourquoi les opinions diffèrent
sur la valeur de la vaccinothérapie au cours de la fièvre typhoïde. Ses indications restent limitées à un nombre réduit de cas et son emploi doit être juaicieusement surveillé. Sans parler de réactions générales violentes qu'il serait souvent imprudent d'imposer aux malades, il faut toujours avoir présent à l'esprit la possibilité de réactions inflammatoires trop vives au ni veau des foyers infectieux, et particulièrement dangereuses lorsque ceux-ci siègent sur le tractus intestinal.On sait que. la méthode, empiriquement employée, a pu être accusée parfois de favoriser les hémorragies et les BR | forations intestinales.
Ne s'appliquant qu'à une catégorie restreinte de malades elle doit éviter un double écueil : la provocation de phénomènes inflammatoires exagérément violents,
La
l'absence de toute réaction consécutive à l'emploi de doses insuffisantes de vaccin. Pour le premier motif, nous rejetterions la voie intraveineuse et pour le second, nous donnerions l'avantage à l'emploi sous-cutané du vaccin homologue. Seule en effet et c’est son unique intérêt, l'adoption de la vaccinothérapie spécifique permet d'adapter le traitement à chaque malade et de lui injecter la dose de « vaccin » nécessaire et suffisante. En pratiquant la veille de la piqûre une intradermo-réaction avec l’antigène choisi, on mesurera le degré d’intolérance du sugel à son égard. Il sera possible, après la lecture du résullat oblenu, de déterminer la quantité de vaccin qui, inoculé dans les muscles, amènera la réaction générale convenable. La dose injectée sera, il va sans dire, d'autant plus faible que l’état allergique du sujet sera plus ac-
ce
centué. D’autres considérations tirées de l'examen clinique du malade interviendront encore pour modifier, dans un sens ou dans l’autre, l’étendue des réactions provoquées. E |
Nous ne voulons pas nous appesantir sur ce sujet qui - ressort immédiatement de l’acte médical, et pour lequel il n’est rien tant que l’expérience acquise. Le seul point que nous avons voulu mettre en lumière, c’est qu’une appréciation plus exacte du mode d'action de la vaccinothérapie spécifique est susceptible de conduire à un emploi plus judicieux d’une méthode dont les limites sont d’ailleurs bornées et dont le perfectionnement n’est malheureusement pas indéfini.
: DELALANDE : y