‹ L'alliance autrichienneChapitre 47 sur 52 · DEVELOPPEMENT DE LA CINQUIEME SOLUTION · texte numérisé non relu

DEVELOPPEMENT DE LA CINQUIEME SOLUTION

Il est exact que la Prusse doit être très abattue, si l'on veut que la Très Auguste Maison d'Autriche reste debout. Autrement nous sommes inutiles à nous et à nos alliés.

Le danger est là, permanent; nous avons moins d'influence et de crédit dans toutes les affaires européennes. Dans l'Empire, la Prusse s'oppose ouvertement à l'Autorité Impériale, et nous savons avec certitude qu'elle n'attend que notre perte et qu'elle y arriverait d'après les prévisions humaines, si nous ne la prévenions pas.

11 est exact que nous ne pouvons point l'attaquer sans le plus grand danger, si nous n'avons aucune aide et si nous ne sommes pas assurés du côté de nos autres voisins.

Il est exact que nos propres alliés ne nous aideront jamais en cette circonstance, et surtout pas maintenant; au contraire, il y a tout lieu de supposer qu'ils sont d'accord avec la Prusse, au moins pour son inaction.

Il est exact qu'en outre du danger permanent du côté de la Prusse, nous nous trouvons encore présentement dans un grand embarras, causé spécialement par l'imminence de la guerre, et que chacune des quatre voies dans lesquelles nous pouvons entrer conduirait aux plus fâcheuses conséquences.

11 est exact que la Hollande ne veut rien faire du tout, et que l'A-ngleterre veut faire trop peu, on nous imposant à nous la plus grande partie du fardeau de la guerre contre la B^-ance.

11 est exact que, seuls, nous ne sommes pas de force à lutter contre cette puissance, que nous perdrions les Pays-Bas, et que dans le cas le plus heureux, il nous faudrait ruiner nos États, nos forces militaires et nos finances, sans avoir à espérer le plus léger avantage, tandis que notre plus dangereux voisin jouirait du repos, ménagerait ses forces et attendrait l'occasion de nous attaquer dans toute sa puissance.

Il est exact qu'il serait impardonnable de s'exposer à de pareils événements, et de courir de gaieté de cœur à sa perte. !Mais, si nous voulons éviter cela, il est également exact qu'en abandonnant au hasard les Pays-Bas et le Hanovre, nous dégoûterions nos alliés, si nous ne les perdions pas complètement, que nous ruinerions notre crédit et notre prestige et que nous courions le risque que la paix se fit à nos dépens.

Comme il est d'ailleurs exact qu'il faut choisir une de ces deux extrémités, mais que l'un comme l'autre parti est très dommageable et plein de dangers, on se demande s'il ne serait pas possible de trouver un autre moyen, non seulement d'éviter le dommage, mais encore, sans doute, de tirer d'une situation dangereuse un grand avantage.

Ce moyen serait trouvé à la condition que :

1*^ Nous pourrions déterminer la France par des motifs suffisants à abandonner l'alliance prussienne, et que :

2° On pourrait amener la Russie à attaquer en même temps la Prusse avec une armée de plus de quatre-vingt mille hommes.

Il est exact que la France a les raisons politiques les plus sérieuses pour ne pas laisser tomber la Prusse, et tenir, au contraire, notre puissance en échec par la sienne; il est donc exact que si l'on veut qu'il soit possible de gagner la France à une telle idée, il faut qu'il se rencontre en même temps une situation et des avantages, sinon plus grands, au moins égaux.

Or cette situation semble présentement exister :

1° Car l'idée ci-dessus indiquée ne peut être réalisée que dans le temps d'une guerre. En paix, la France, aussi bien que l'Angleterre, s'opposerait à nos vues. Mais, présentement, la guerre a déjà commencé entre les deux puissances qui pourraient les contrarier, sans que nous soyons encore engagés, et la France ne peut pas, quand même elle le voudrait bien, rester honorablement en repos.

2** Elle a bien rabattu de la première idée d'une guerre générale, et cherche, si c'est possible, à no pas augmenter le nombre de ses ennemis. Une occa-

sion lui serait donc très agréable que lui procurerait un avantage en nous arrêtant.

3'' 11 est certain que la France n'a pas confiance dans le Roi de Prusse, et qu'elle a conçu de grands soupçons à son égard, ce qui est d'autant plus naturel présentement que la véritable politique de la Prusse et son intérêt lui commandent l'inaction, de quoi doivent naître nécessairement le mécontentement et le soupçon. S'il fallait maintenant y ajouter la supposition qu'il a même été établi entre la Prusse et l'Angleterre un accord secret, cet accord ne saurait demeurer caché à la France; les faits, tout au moins le révéleront et la France a ainsi d'autant moins de raisons de s'opposer à nos vues.

4" Elle devrait bien plutôt reconnaître que l'avantage qu'elle se figure recueillir de l'alliance de la Prusse tombe complètement; car si celle-ci reste inactive et permet que nous employions contre la France la plus grande partie de nos forces, il est bien certain que le bénéfice consistant à nous tenir en échec n'existe plus. Il est vrai que Votre Majesté a déjà résolu de rester inactive si, de son côté, la Prusse demeure en repos. Mais la France ne peut pas savoir cela et doit plutôt croire le contraire, puisque même nos propres alliés se sont attendus à ce que nous nous tournerions contre la France si, par l'intervention des Russes, ils nous garantissaient contre la Prusse. A cela, il faut encore ajouter :

5° Que la conduite de nos alliés, extraordinaire et contraire aux traités, nous autorise pleinement à cette entreprise. Le traité des Barrières défend, à la vérité, d'aliéner une partie quelconque des Pays-Bas, mais les puissances maritimes ne peuvent pas l'invo-

quer, puisqu'elles-mêmes, toutes les premières, ont agi contrairement à ce traité, et, les autres à leur tour. Car, sans parler des anciennes contraventions au traité de commerce, la Hollande, au lieu de porter ses troupes dans les Pays-Bas à 16 000 hommes, le danger de guerre étant apparent, les a, pour la plus grande partie, retirées, et prendrait très volontiers le parti de rester neutre, pourvu que la France acceptât cette neutralité; conséquemment, elle agirait contre le fondement le plus essentiel de tout le traité des Barrières. L'Angleterre en a fait autant depuis qu'elle a refusé son assistance totis viribus sur le continent. Gomment donc Votre Majesté pourraitelle être strictement liée par les traités dans un temps où les alliés agissent ouvertement à leur encontre?

Une telle complication de circonstances ne se reproduira sans doute pas de sitôt, peut-être jamais. Si donc, nous savions bien en profiter, et si nous offrions en même temps à la France de ces avantages essentiels qui lui tiennent fort au cœur, il y a beaucoup de probabilité qu'elle entrerait dans nos vues plus qu'elle ne l'a jamais fait et qu'elle nous aiderait à atteindre ce que nous souhaiterons le plus, ce à quoi est attachée la prospérité delà Monarchie tout entière, mais que nous ne pourrions jamais espérer de l'aide de nos propres alliés.

Les avantages à offrir à la France seraient les suivants :

1° Nous concéderions à Don Philippe, à la place de ses trois duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, un autre établissement d'un meilleur rapport dans les Pays-Bas;

2° Nous ne nous opposerions pas à ce que le Prince

de Gonli arrivât au trône de Pologne; au contraire, nous l'y aiderions ;

3° A cette fin, nous travaillerions, en y contribuant de notre part de la manière la plus loyale, à ce qu'une entente étroite fût établie entre la France, l'Espagne, Naples et la Russie, et à ce que les voies fussent préparées en temps opportun aux projets susindiqués;

4^ D'un autre côté, pour que la France soit d'autant plus assurée à l'avance que nous accomplirons religieusement nos promesses, nous consentirions à ce qu'elle se mît en possession de Nieuport et d'Ostende, en déclarant toutefois formellement et publiquement qu'elle n'agit pas ainsi par hostilité contre nous, mais seulement par nécessité, pour pouvoir faire la guerre contre l'Angleterre et la déterminer à donner une satisfaction équitable pour l'offense faite à la France; que, dans ce but, l'occupation des ports sus-désignés est inévitable; que, toutefois la France n'a pas l'intention de les conserver, mais de les évacuer et de nous les rendre à la paix, et que, d'ici là, elle ne nous en enlèvera pas les revenus qui, après comme avant, continueront d'être perçus par nos receveurs ;

5" Il faudrait se concerter sur les moyens de procurer à ([uelques alliés et amis de la France, comme la Siîède, la Saxe, le Palatinat, des avantages réels;

6° Pour toutes ces conditions, extrêmement avantageuses à la France, on ne demanderait pas autre chose que la renonciation complète à l'alliance avec le Roi de Prusse, et une entente avec nous pour faire face aux frais nécessaires à l'exécution du plan tout entier.

Avant d'en étudier point par point les détails, il faut poser quelques principes :

1° Il est certain qu'il y a dans ce plan de nombreuses et grandes difficultés, des dangers qui donnent à réfléchir; mais il ne les faut pas examiner isolément et d'une manière abstraite; il les faut, en même temps, mettre en balance avec toutes les difficultés qui existent dans les autres solutions possibles et choisir le parti où il y a le moins de difficultés et le plus grand bénéfice.

2» Si donc l'on veut porter sur la présente proposition un jugement fondé, il faut constamment avoir égard, d'une part, au danger, à l'embarras et à toutes les situations fâcheuses où nous nous trouverions, non seulement pour le présent, mais aussi pour l'avenir, et, d'autre part, aux grands avantages de la proposition, et considérer le tout dans son ensemble.

Si l'on veut que le plan ne soit pas chimérique, mais réalisable et bon, il faut qu'il serve, non seulement notre intérêt, mais encore l'intérêt français; sans quoi, on se flatterait vainement de faire entrer la France dans nos idées. Il est vrai que tous les avantages qui sont attribués à d'autres puissances, et, en particulier, à la France, donnent à réfléchir et nous sont, daiis une certaine mesure, préjudiciables; mais, «i on ne peut obtenir soi-même un beaucoup plus grand avantage, sans favoriser ses ennemis, on peut bien s'y résigner.

4*' Ce que Ton veut faire, il faut le faire bientôt; car les circonstances favorables ci- dessus indiquées peuvent changer en peu de temps. Si nous attendons jusqu'à ce que la France réclame une déclaration et nous menace, nus offres perdent tout leur mérite, et

ressemblent à un effet de la crainte ou à un acte de dissimulation, inspirant moins de confiance que des propositions libres et spontanées. De plus, il faut se préoccuper tous les jours de ce que l'Angleterre nous menacera de ne pas ratifier la convention russe si nous ne prenons pas part à la guerre contre la France, et alors nous nous trouverions « entre la porte et le gond »; mais une fois que nous saurons si les choses peuvent marcher avec la France, il ne sera pas difficile de se déterminer dans un sens ou dans un autre.

De plus, la France ne s'est pas encore fait un système bien arrêté pour ses opérations futures: il n'en serait donc que plus facile de faire concorder le sien avec notre plan. Mais une fois que la France aura fixé son plan d'opération, il ne restera que peu ou plus d'espoir de pouvoir le changer.

En ce qui concerne le premier point du plan, à savoir l'établissement de Don Philippe dans les Pays-Bas, on a été conduit h cette idée parce qu'elle semble la plus avantageuse à nous d'abord, puis ensuite à la France, à l'Espagne et à Naples. Nous recevrions les trois Duchés, à l'exception de la partie du Plaisantin qu'il y aurait lieu, en tout cas, de restituer au Roi de Sardaigne; nous consoliderions les possessions que nous avons là-bas, nous les protégerions, ainsi que la Toscane, nous éloignerions du cœur de l'Italie une branche dangereuse de la maison de Bourbon; et, s'il est vrai que nous céderions, en échange, des revenus plus considérables dans les Pays-Bas, on doit aussi considérer que nous recouvrerions toute la Silésie, et que, peut-être nous pourrions faire tourner les choses de façon à obtenir, en outre, la Gueldre prussienne.

Quand la Lorraine n'était pas encore dans les mains de la France et que l'Empire était autrement constitué, nous avons dû jadis y regarder de plus près lorsqu'il s'est agi du Luxembourg. Mais à présent que cette contrée est trop éloignée de nous, dans une certaine mesure, elle nous est une charge. Les alliés ne prennent pas à sa conservation un intérêt particulier, et nous ne pourrons jamais enlever la Lorraine des mains de la France si nous n'avons pas préalablement écrasé la Prusse.

Dans une autre direction, toutes les acquisitions dans les Pays-Bas sont pour la France d'un prix inestimable; les causes n'ont pas besoin d'en être démontrées; elles sont connues.

Lors du congrès pour la paix d'Aix-la-Chapelle, et surtout à l'occasion de la négociation relative à l'affaire de Kauderbach, Saint-Séverin et du Theil se sont plusieurs fois exprimés dans ce sens que leur Cour, dans la crainte d'exciter la jalousie, et à cause de l'étroite union de la plupart des puissances européennes, n'avait aucunement en vue de se rendre maîtresse tout d'un seul coup de tous les Pays-Bas, ni même seulement de s'étendre trop loin du côté de la mer; qu'au contraire les acquisitions successives dans rintérioiir du pays et en particulier celles qui avaient été déjà reconnues à la France par des traités de paix, ne produiraient pas une si grande impression et seraient plus facilement agréées lors de la future paix.

C'est notamment aussi par cette considération que l'on a été amené à la proposition de donner à Don Philippe un équivalent dans les Pays-Bas. Ce serait pour la France presque autant que si les pays cédés

se trouvaient entre ses mains; Don Philippe devrait obéir à ses indications, et l'impression serait moins grande, ce prince étant espagnol.

Il ne s'agit pas seulement pour la France de quelques revenus de plus : on serait, en tout cas, forcé de se décider à lui assurer à l'avance, et, par un article secret, la réversion des pays cédés, pour le cas d'extinction de la descendance masculine de Don Philippe; ou encore il faudrait, dès à présent, céder à Don Philippe le Luxembourg, et à la France le pays rétrocédé avec Chimay et Beaumont.

La plus grande difficulté consiste en ce que cet équivalent paraîtra peut-être trop avantageux pour Votre Majesté. Car si nous pouvions abattre le Roi de Prusse et recouvrer toute la Silésie, cela serait infiniment avantageux pour la Très Auguste Maison d'Autriche, quand même nous devrions perdre autant et même plus de revenus dans les provinces éloignées. Mais, d'après la proposition actuelle, nous atteindrions les résultats les plus importants et nous augmenterions encore nos revenus.

Maintenant, il est, à la vérité, aussi naturel, que juste de penser surtout à l'avantage de Votre Majesté, et de chercher à aller aussi bien que possible à cet égard. Mais un zèle exagéré pourrait gâter toute l'affaire, et faire, à la fin, manquer le but principal. S'il arrivait donc que la France insistât en vue de faire consentir à elle où à Don Philippe d'autres avantages encore, il faudrait, à la vérité, se défendre de son mieux, mais cependant, dans le cas le plus défavorable, mettre les avantages en balance et se demander jusqu'où on pourrait céder.

On n'est pas non plus d'avis d'ouvrir à la France

la perspective de l'équivalent projeté avant d'être assuré de ses bonnes dispositions à l'égard du plan tout entier; au contraire le comte Starhemberg devrait faire tous ses efforts pour l'amener d'abord à s'expliquer sur les conditions.

L'Espagne et Naples seraient très satisfaites de la translation de Don Philippe dans les Pays-Bas; il y a d'autant moins lieu d'en douter que, comme on le sait, il prétend tirer de la paix d'Aix-la-Chapelle un droit de succession au trône de Naples pour le cas où son frère Don Carlos arriverait à la couronne d'Espagne.

Mais, comme celui-ci n'a jamais été partie contractante à la paix d'Aix-la-Chapelle, et qu'il n'y est même pas nettement exprimé qu'au dit cas Don Philippe devrait recevoir Naples et la Sicile, on sait par avance que Don Carlos, même dans le cas où il succéderait en Espagne entend, ou conserver pour lui Naples et la Sicile, ou les transmettre à son second fils et aux descendants de celui-ci au titre de secondogéniture. De là naîtraient nécessairement les plus grandes difficultés entre ces princes de la Maison de Bourbon, et comme on en a déjà recueilli divers indices par des informations secrètes, il pourrait bien arriver ensuite, sur la proposition de la France, que celle-ci et les deux frères s'entendissent aux dépens de Leurs Majestés l'Empereur et l'Impératrice Reine, ol procurassent à Don Philippe, pour le dédommager, un meilleur établissement en Italie, auquel cas Votre Majesté perdrait, 8ans aucune compensation, non seulement son droit de réversion sur Parme, Plaisance et Guastalla, mais encore une partie de ses pays italiens.

Mais si Don Philippe était transféré dans les Pays- Bas, toute contestation serait très facilement écartée; et l'Espagne, ainsi que Naples, auraient le très grand avantage de fixer sans danger leur ordre de succession. On aurait ainsi la plus belle occasion de faire entrer complètement dans nos vues ces deux cours. Quant à Don Philippe, il pourrait d'autant mieux se consoler de la perte du droit du succession qu'il se figure avoir sur Naples que, par le fait, il n'a aucun droit de ce genre, qu'il aurait de plus grands revenus et que même sans cela, il lui faudrait obéir à la direction de la France et de l'Espagne.

Le second point de la proposition, à savoir que Votre Majesté ne s'opposerait pas à ce que le Prince de Conti arrivât aux trône de Pologne, et, au contraire l'y aiderait, doit faire le contrepoids de l'intérêt politique que la France trouve dans l'alliance prussienne et le ressort le plus puissant pour l'heureux succès du plan tout entier.

Comme on le sait, ce prince est très bien noté auprès du roi, et est arrivé à le faire complètement entrer dans ses vues au sujet du trône de Pologne : le Roi dépense déjà d'assez fortes sommes pour tout préparer en avance en Pologne, et a jusqu'ici tenu cachée à tout son ministère cette négociation secrète.

Si donc le Roi et le Prince apercevaient un moyen aussi sûr et aussi facile de mener à fin un projet qui, en lui-même, va si loin, et qui est si plein de difficultés, et cela non seulement sans aucune résistance de votre part, mais, au contraire avec la coopération de Votre Majeslé, on n'en pourrait qu'espérer davantage un bon accueil pour notre proposition, et le Pricne serait l'agent le meilleur et le plus zélé pour

écarter tous les obstacles, préparer les esprits à les maintenir dans les dispositions voulues, si des circonstances fortuites ou une plus mûre réflexion venaient à les faire chanceler.

Le plus grand danger dans tout le plan consisterait sans aucun doute en ceci : il se pourrait que la France entrât bien au commencement dans nos vues, mais que, lorsqu'elle y verrait son avantage, elle ne tînt pas sa parole, qu'elle contrecarrât même dans sa complète exécution notre projet de mettre le roi de Prusse au pied du mur, et qu'elle se réconciliât avec l'Angleterre à notre préjudice.

Mais tout cela pourrait tout aussi facilement arriver si Votre Majesté persévérait dans la résolution déjà prise, — et nécessaire en elle-même — de rester inactive, au moment où la guerre éclaterait et où les Pays-Bas seraient envahis, et de ne pas diviser ses forces; par contre, il y aurait cette ditîérencc dans la proposition actuelle, que celle-ci contient, pour la France, deux espèces d'avantages, dont quelques-uns peuvent être bientôt réalisés et servir provisoirement à sa sécurité, tandis que d'autres ne pourraient venir à accomplissement que dans l'avenir.

Or, c'est de celte dernière espèce qu'est notre promesse en faveur du Prince de Conti. La France voudrait la voir remplir; dès lors un brusque revirement de sa part serait moins à craindre, et, dût-il avoir lieu, contre notre espérance. Votre Majesté alors, ne pourrait pareillement pas être liée par sa promesse, et nous ne serions pas dans une situation pire que celle où nous trouvons déjà sans cela.

Il n'y a, il est vrai, pas k contester à ce sujet, qu'un

roi de Pologne, prince français, et soutenu par l'argent étranger, soit pour la très auguste Maison d'Autriche, un mauvais et dangereux voisin, surtout s'il s'entendait avec les Turcs. Mais il faut considérer, d'autre part, que ce danger éloigné n'est pas, à beaucoup près, à comparer avec celui qui est effectif et imminent du côté du roi de Prusse; que le prince de Conti peut arriver au trône de Pologne, même sans notre coopération et que, tant que le roi de Prusse sera debout, il serait beaucoup plus dangereux, vu que, tout au moins il y a à craindre, à l'occasion de la future élection au trône de Pologne, une guerre pouvant aller fort loin, qui pourrait, au contraire, être évitée par notre proposition. Il semble, dès lors, que ce doute se résout de lui-même.

Quant au troisième point de la proposition, à savoir qu'il faudrait travailler à une entente étroite la France, l'Kspagne, Naples et la Russie, il est une suite nécessaire des deux précédents, lesquels ne pourraient pas être réalisés sans le troisième ; et celui-ci serait nécessairement un puissant motif pour détacher la France de l'alliance prussienne; car la France serait d'autant plus portée à la sacrifier qu'elle serait, d'autre part, fortifiée par tant d'autres alliances utiles et bien plus sûres. A la vérité, cela parait d'autant plus digne de réflexion que notre intérêt d'État s'accorde moins avec l'augmentation des amis de la France. Mais cette difficulté peut naître, même sans notre coopération et sans aucune compensation pour nous; et, si l'on veut réaliser le but le plus important, à savoir la séparation de la France d'avec la Prusse, il faut vouloir aussi les moyens à ce nécessaires, pas trop agréables assuré-

ment, mais qui n'auront, d'ailleurs, qu'un temps, et ajourner le surplus.

C'est sans doute sur l'entente avec l'Espagne et Naples qu'il y aura le moins de difficultés; ici les voies sont frayées par la proposition relative à la translation de Don Philippe dans les Pays-Bas, par le zèle de l'Espagne pour la religion et par la véritable amitié de cette cour pour Votre Majesté : dernière circonstance dont il y aurait à tirer un très bon parti pour déterminer la France par son entremise à accomplir loyalement ses promesses, pour empêcher la négociation d'une paix desavantageuse , et même pour diminuer, de la part de l'Angleterre, l'hostilité aux mesures par nous prises.

Pour la Russie, il paraît beaucoup plus difficile d'agir sur elle : mais cela est pourtant possible en lui payant un fort subside, en lui représentant quel est son véritable intérêt d'État, et en gagnant entièrement cinq à six personnes des plus capables de favoriser nos vues. On la déterminerait ainsi à attaquer le roi de Prusse au printemps prochain avec une armée de plus de 80 000 hommes, dans le même temps que Votre Majesté en ferait autant de l'autre côté; on déterminerait également la Russie à se rapprocher de la France et, tout au moins, en apparence, à entrer dans les vues du Prince de Conti en ce qui touche sa future élévation au trône de Pologne. Mais, comme pour le moment la discussion de cette question prendrait trop de développement, elle demeure ajournée pour être jointe à d'autres, et l'on se borne à faire remarquer que la proposition comprend non seulement des pensions considérables h. distribuer dès à présent en proportion de leur situation, au Grand

4iO APPENDICES.

Chancelier et au Yice-Chancelier, à Pierre Schubalow, à Olsufief et à Wolicow, mais encore à promettre aux trois premiers d'importantes seigneuries dans la Silésie à reccmquérir avec l'aide de la Russie : de la sorte, on pourrait être plus assuré de l'activité et de la persistance de leur zèle et tout conduire d'après nos vues.

Le quatrième point de la proposition, à savoir quel genre de déclaration la France devra faire en se mettant en possession de Nieuport et d'Ostende, repose sur ces trois idées principales :

1° Donner provisoirement à la France quelque garantie de l'accomplissement de nos promesses et faire ainsi grandement avancer la question principale;

2° Réserver à Votre Majesté les revenus des Pays- Bas, qui se montent bien à cinq millions de florins, comme aussi les moyens de trouver par le crédit des ressources plus considérables , ce qui serait très nécessaire pour faire face aux dépenses de la guerre;

S° Trouver un honnête prétexte pour pouvoir dissimuler, non seulement nos préparatifs de guerre contre la Prusse, mais encore le secret de toute l'affaire, jusqu'en moment où elle éclatera en réalité.

A ce sujet, il semble, au premier abord, il est vrai que l'idée de donner soi-même à la France l'occasion de se mettre en possession de ces deux villes, et les risques à courir quand il s'agira de leur évacuation, méritent qu'on y réQéchisse beaucoup.

Mais comme il dépend déjà sans cela, du bon plaisir de la France de s'emparer de ces deux viiles des Pays-Bas et de s'en approprier tous les revenus, cette offre de notre part serait un moyen très avan-

tageux de convertir un mal plus grand, inévitable et imminent en un moindre, et si plus tard la France ne voulait pas tenir la parole par elle donnée, si elle voulait faire des diflicultés pour l'évacuation de ces deux villes, cela n'en serait que plus facile dans le cas où rien absolument ne serait prévu de notre part en vue d'un accord à cet égard.

Le cinquième point de la proposition, à savoir que les alliés de la France devraient être favorisés par des acquisitions de territoire, a son fondement dans le grand projet qui consiste non seulement à reprendre au roi de Prusse toute la Silésie et le pays de Glatz, mais encore à le resserrer avec l'agrément et la coopération de la France, dans des limites étroites, de façon à le replacer dans la situation où il se trouvait avant la guerre de Trente Ans et à lui enlever la possibilité d'exercer dans l'avenir une vengeance quelconque.

Si Sa Majesté l'Impératrice Reine attaquait la Prusse au printemps prochain avec 100 000 hommes et la Russie avec une armée presque aussi forte, la Suède, la Saxe, le Palatinat, une portion du cercle de Franconie, et peut-être le Hanovre lui-même, ne se feraient sans doute pas longtemps prier pour employer tout ce qu'ils ont de forces en vue de l'absention des avantages à espérer pour les satisfaire : on donnerait à la Suède, Stellin et toute la la Poméranie antérieure, à la Saxe le pays de Magdebourg; le pays de Clèves, avec le comté delaMarck à l'électeur Palatin, ou peut-être au duc des Deux- Ponts, s'il épousait une « Madame de France » pour le cercle de Franconie, on écarterait le danger du cOté de Bavreuth ; on donnerait au Hanovre le pays de

Halberstadt OU d'autres territoires à sa convenance; on pourrait, sans doute aussi, faire avoir à l'électeur un accroissement de ses possessions dans le Holstein.

De cette façon, plus de 150 000 hommes pourraient, dès l'année prochaine, entrer en campagne contre la Prusse. Votre Majesté aurait les mains libres pour employer à la môme fin, non seulement toutes les forces de l'Archiduché, mais encore une partie considérable des troupes italiennes, et peut-être toutes les troupes des Pays-Bas, qui pourraient opérer contre lui en Prusse, dans la Gueldre, et aussi dans le pays de Clèves et le comté de la Marck.

Les avantages importants que la Saxe, et peut-être l'Électeur de Hanovre obtiendraient par l'exécution du plan actuel ouvriraient une nouvelle voie pour déterminer les deux cours à seconder loyalement les vues du Prince de Gonti, soit en renonçant aux leurs sur le même objet, soit en agréant les siennes; en même temps, on ferait clairement voir à la France comment nos propositions sont rattachées les unes aux autres par le lien le plus étroit, et donnent les moyens d'accomplir les promesses faites de part et d'autre, pourvu que l'on procède avec l'entente la plus loyale, la discrétion la plus absolue, et le zèle le plus prudent.

Le sixième point de la proposition résume en peu de mots nos désirs. On ne demande de la France rien absolument qui la touche essentiellement, l'abandon seulement d'un allié auquel, d'ailleurs, on ne saurait se fier, et qui a déjà donné des sujets suffisants de soupçon. Dans quelle dangereuse situation ne se trouverait donc pas la France au cas, possible, où Votre Majesté entrerait dans les vues de rAngleterre,

se mettrait complètement du côté du Roi de Prusse, et le déterminerait, en faisant valoir auprès de lui de grands avantages d'une autre nature, à attaquer la France, contre laquelle toutes les forces seraient unies, et à lui porter ainsi un coup au cœur!

Au lieu de tout cela, on lui présente la perspective des avantages les plus agréables et les plus sûrs. La France pourrait, sans guerre, et sans s'affaiblir à l'intérieur, obtenir sur le continent tout ce qu'elle pourrait espérer de la paix la plus heureuse. Il est vrai, qu'en attendant, sa marine et son commerce pourraient être complètement ruinés; mais ceci ne serait pas moins à craindre si notre proposition n'eût jamais existé; et, au contraire, cette proposition prouve une grande facilité pour continuer énergiquement la guerre maritime.

De l'autre côté, les immenses avantages résultant pour Votre Majesté de la proposition, apparaissent par eux-mêmes, surtout si on les compare à la situation présente et future, extrêmement dangereuse et forcée.

11 semble donc que le plan actuel est l'application complète de ce principe essentiel, d'après lequel il faut mettre d'accord les intérêts politiques des deux parties. En ce qui concerne la prétention qu'aurait la France de ne pas entrer dans les dépenses nécessaires, l'avenir seul dira comment on doit régler ce point, quant à la quotité aussi bien que quant au mode d'exécution, et, également si dans le cas le plus défavorable, on ne pourrait pas obtenir satisfaction avec quelques fortes avances.

Il se comprend, d'ailleurs, de soi, que tout cela demande à être étudié d'une manière complète, et

que, lorsqu'on se mettrait à l'œuvre, il y aurait tel ou tel détail à changer, à développer et à régler suivant les vues des deux parties. Mais tout cela ne pourrait avoir lieu qu'une fois nettement résolue du côté de la France la question principale, et lorsque la France aurait exactement indiqué quel est le but essentiel vers lequel tendent ses désirs.

Il faut maintenant toucher aussi, en quelques mots, à la manière de présenter la chose à la France, et de la conduire le plus utilement et le plus exactement possible. A cet égard, on conclut à instruire d'abord complètement de tout l'ensemble de la proposition, le comte Starhemberg, qui possède une habileté et une prudence suffisantes pour la traiter, et à lui envoyer une déclaration de la main des deux Majestés Impériales, ou tout au moins de celle de Sa Majesté l'Impératrice Reine.

Le comte Starhemberg devrait alors amener, par un billet, ou une autre manière, un entretien secret avec le Prince de Gonti et confier à celui-ci qu'il a, lui, comte de Starhemberg, à révéler au roi des secrets très importants et tels qu'ils ne pourraient être autrement que très agréables au Prince, pourvu que le Roi donnât à Sa Majesté une déclaration pareille et désignât la personne de confiance à laquelle tout pourrait être confié.

Gela fait, il faudrait lire plusieurs fois à celte personne le premier projet de la proposition, lequel est également, et doit d'abord être examiné avec le plus grand soin; mais il ne faudrait absolument pas le communiquer par écrit sans avoir reçu préalablement l'ordre souverain de Votre Majesté. La réponse du Roi, seule devra montrer si, et sous quelle forme

la France serait disposée à entrer dans nos vues.

L'intention dans laquelle on songe à faire cette première ouverture confidentielle n'est pas difficile à deviner. Gomme néanmoins tous les obstacles ne peuvent être prévus et que le comte Starhemberg peut juger sur place mieux que personne de la meilleure voie à suivre, il ne faudrait pas à cet égard lui lier trop étroitement les mains, et on pourrait bien lui envoyer, en outre, une lettre pour la Madame Pompadour, pour, au besoin, se servir d'elle, au lieu du Prince de Conti, en vue de la première ouverture à faire au Roi.

Aussitôt qu'on serait arrivé avec la France à quelque chose de positif, à ce moment, mais pas plus tôt, on pourrait nouer la négociation avec la Russie et la pousser aussi activement que possible; toutefois, on ne lui confierait pas au commencement tout le secret; on lui dirait seulement que la Prusse a plusieurs fois agi ouvertement contre les traités de paix et, qu'avec la guerre actuelle entre la France et l'Angleterre, la meilleure occasion apparaissait d'humilier le Roi de Prusse; que Votre Majesté était donc bien décidée à l'attaquer au printemps prochain avec toutes ses forces, si la Russie voulait, en vertu du 4® article secret du Traité de 1746 entrer en campagne avec une armée d'au moins 80 000 hommes, et donner à cet égard les assurances convenables. Mais l'exécution ne serait possible qu'à la condition du secret le plus étroitement gardé, et il y aurait d'autant moins lieu de s'ouvrir de quoi que ce soit à l'Angleterre sur ce sujet, que celle-ci n'est aucunement disposée à faire du mal à la Prusse et à payer à la Russie le subside de guerre de 500 000 livres

sterling. Il faudrait ici se servir de tous les autres moyens de persuasion, et n'aller plus loin dans les ouvertures relatives à l'entente à établir avec la France et la Suède que lorsque tout aurait été suffisamment préparé dans cette voie, et qu'il n'y aurait à redouter de ce côté aucunes conséquences fâcheuses.

Voici, d'une manière générale, la règle à laquelle nous conformerions notre conduite vis-à-vis de toutes les autres puissances de l'Europe :

1° La discrétion la plus absolue sera observée sur tout ce qui pourrait trahir le secret et nous ne nous découvririons en aucune façon avant le temps; aussi, en vue de la rédaction des mémoires relatifs au plan actuel, on ne devra employer que le lléférendairo d'État avec l'official de Dorn et l'archiviste Rochstetter pour les expéditions;

2» On tiendra vis-à-vis des cours qui ne sont pas encore dans le secret le même langage que si Votre Majesté en restait purement et simplement à la quatrième solution, déjà très gracieusement agréée, c'està-dire l'inaction.

S'il arrivait que la France donnât son approbation à la proposition, il faudrait que, d'un côté comme de l'autre, il ne fut rien fait sans entente et examen préalables, pour éviter des mesures qui se contrarieraient et gâteraient toute l'affaire. Loin de là il faudrait, des deux côtés, apporter la plus grande attention à ce que la proposition produisît un éclat soudain comme un coup de tonnerre.

Une fois que la France se sera mise en possession de Nieuport et d'Ostende, personne ne pourra trouver étonnant que Votre Majesté mette ses troupes sur le pied de guerre et les concentre.

La Russie est autorisée à des préparatifs semblables en vertu de la convention à conclure avec l'Angleterre; et, quoique les soupçons de l'Angleterre, de la Prusse et d'autres cours encore puissent aller jusqu'à supposer que Votre Majesté travaillerait à établir une attitude de neutralité vis-àvis de la France ou une étroite entente avec elle, il ne sera cependant facile pour personne de deviner le plan tout entier et son véritable enchaînement, ni d'attendre de la Maison d'Autriche d'aussi énergiques résolutions qui, dans une certaine mesure entraînent une séparation d'avec ses anciens alliés et une réconciliation avec son plus puissant ennemi.

Mais, si l'on considère la proposition tout entière dans ses conséquences sans idée préconçue, on voit qu'elle tourne, par le fait, au plus grand avantage de l'alliance, de l'intérêt commun, qu'elle réalise ce à quoi les puissances maritimes auraient di\ en vue de leur propre intérêt, contribuer de tout leur pouvoir.

Car, comme Votre Majesté ne peut, sans danger évident, employer contre la France la plus grande partie de ses forces, aussi longtemps qu'il y a à craindre une irruption du roi de Prusse, violant la paix, au cœur de la Monarchie autrichienne, l'allié, le plus utile et le mieux armé, devient ainsi inutile pour lui-même et pour l'intérêt commun, et chaque jour, le système tout entier peut s'écouler.

Si, au contraire, notre plan arrivait à sa réalisation, l'alliance se retrouverait dans la même situation qu'avant la dernière guerre, et les puissances maritimes auraient à attendre de la très auguste

Maison d'Autriche une assistance d'autant plus complète que sa puissance devrait être moins partagée.

C'est donc la propre faute des puissances maritimes si, par leur conduite extraordinaire, elles ont, poui* ainsi dire, contraint Votre Majesté à employer des moyens qui, pour elle aussi, doivent être onéreux, et au commencement désagréables; sur quoi cependant il pourrait d'autant moins y avoir lieu à un reproche fondé, que les représentations les plus vives ne leur ont certainement pas manqué, et que les sentiments invariables de Votre Majesté leur ont été exprimés dans plusieurs Mémoires, et spécialement dans la dernière réponse verbale.

On s'est efforcé, dans la rédaction des présentes explications, non pas tant d'embellir ^affaire et d'épuiser complètement le sujet que de résumer, aussi brièvement et aussi clairement que possible, les points essentiels de la proposition. Elle semble d'ailleurs appuyée par cette considération qu'une ouverture faite à la France, de la manière indiquée, entraînerait bien difficilement la moindre conséquence fâcheuse et aurait, au contraire, l'effet le plus avantageux. Car, dût la France donner une réponse négative, son propre honneur et son intérêt lui commanderaient un silence absolu, comme c'a été le cas pour la négociation secrète d'Aix-la-Chapelle, et elle serait du moins pleinement convaincue de nos bonnes dispositions, ce qui pourrait avoir un résultat avantageux pour la suite. Si elle voulait, au contraire, prendre loyalement sa part sans la propositions, il y aurait à espérer avec autant de vraisemblance qu'en permet l'appréciation de l'avenir, que le plus dangereux ennemi de la très auguste Maison d'Au-

triche tomberait dans ses propres pièges, qu'il serait par conséquent bientôt abaissé, et qu'on préviendrait en même temps deux causes de guerres très dangereuses qui pourraient avoir lieu si les rois d'Espagne et de Pologne venaient à mourir.

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