VI. — Note de la Bulgarie à la Turquie
(5/18 octobre 1912.)
« Le soussigné, ministre de Sa ^lajesté le Roi des Bulgares, d'ordre de son gouvernement, a riionneur de faire la communication suivante à Son Excellence le ministre des Affaires étrangères de Sa Majesté Impériale le Sultan :
« La Sublime Porte n'ayant pas répondu à la note identique que les gouvernements de la Bulgarie, de la Grèce et de la Serbie ont eu l'honneur de lui remettre le 30 septembre dernier et la situation, qui était déjà très grave à cause de la saisie des munitions serbes et des bateaux grecs faite par la Turquie au mépris du droit des gens, étant devenue encore plus menaçante par suite des attaques des avantpostes bulgares et serbes par des troupes ottomanes en violation des principes internationaux et par la rupture des relations diplomatiques, provoquée par la Sublime Porte, le gouvernement de Sa Majesté le Roi
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des Bulgares se voit obligé, à son grand regret, de recourir à la force des armes, laissant au gouvernement ottoman toute la responsabilité de la rupture des relations entre la Bulgarie et TEmpire ottoman. Le soussigné a Thonneur d'informer le gouvernement impérial que, dès ce moment, la Bulgarie se considère en état de guerre avec la Tur<iuie et que tenant ma mission comme terminée, je quitterai Constantinople dans le plus bref délai. Les sujets ottomans résidant en Bulgarie qui voudraient quitter le pays sont libres de le faire; mais ceux qui préfèrent y rester, peuvent compter sur la protection des lois. »
VII. — Circulaire bulgare relative à l'ouverture des hostilités.
(5/18 octobre 1012.)
« La légation royale de Bulgarie est chargée par son gouvernement de communiquer au gouvernement impérial (royal) de *** ce qui suit :
IMtKLIMI.NAIUES DE LA GUEUKE CONÏKE LA TUUQUIE. 101
« L'anarchie qui règne en Turquie et (jui trouble si profondément le repos et la sécurité des pays voisins s'étant aggravée depuis quelque temps, les grandes puissances ont jugé nécessaire de prendre en mains la réalisation des réformes prévues par Tarticle 23 du traité de Berlin. En réponse à cette dernière expression de la volonté collective de l'Europe, la Sublime Porte a eu recours à un procédé qui lui a servi plus d'une fois. Elle a déclaré qu'elle appliquera des réformes sérieuses aussi bien en Turquie d'Europe que dans ses provinces d'Asie, mais qu'elle ne croit pas qu'une ingérence étrangère dans l'application sera profitable à l'œuvre des réformes. Cette promesse du gouvernement ottoman d'appliquer seul des réformes sérieuses a rencontré auprès de tout le monde la méliance dont parlait le comte Andrassy dans sa Note du 30 décembre 1875. « Une des causes principales de cette méfiance « profondément enracinée, disait avec raison « l'ancien chancelier d'vVutriche-Ilongrie, doit
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« être recherchée clans le fait que plus d'une « mesure annoncée clans les derniers rescrits ce du sullan a déjà été proclamée sans que « le sort des chrétiens en ait éprouvé une « amélioration sensible. » Depuis trente-sept ans les événements ont surabondamment démontré la justesse de ce jugement. Aussi les gouvernements royaux de la Bulgarie, de la Grèce et de la Serbie, ne pouvant plus tolérer les souffrances de leurs congénères en Turquie et une situation grosse de dangers pour leur avenir, avaient décidé de demander un contrôle efficace pour l'élaboration et la réalisation des seules réformes radicales capables d'améliorer le sort misérable des chrétiens et la pacification de la péninsule des Balkans.
ce Cette dernière tentative, dont la modération contrastait avec l'attitude provocatrice de la Turquie, qui avait mobilisé sans motif sérieux contre les États balkaniques, ayant échoué, et la rupture des relations diplomatiques ayant été ordonnée par la Sublime
PnÉLIMINATRES DE LA GUEURE CONTRE LA TURQUIE. 103
Porte, les gouvernemenls royaux de la Bulgarie, de la Grèce et de la Serbie se sont vus, à leur grand regret, dans l'obligation de recourir à la force des armes. La Bulgarie se trouvant dès lors en état de guerre avec la Turquie, vient de lui adresser une déclation formelle, conformément à l'article premier de la Convention relative à l'ouverture des hostilités du 17 octobre 1907.
c< Le gouvernement royal de Bulgarie espère que le but qu'il poursuit en déclarant la guerre coïncide avec les intérêts de tous les peuples civilisés. Les étrangers résidant dans les provinces dont la pacification permanente est l'objet de la guerre, ne pourront que profiter de cette pacification. Sous un régime d'ordre, de liberté et de progrès, les intérêts des nationaux de tous les pays sont surs d'être protégés, la prospérité matérielle et le développement intellectuel sont certains d'être l'objet d'une sollicitude aussi constante qu'éclairée. Aussi, le gouvernement royal croit-il pouvoir compter sur les sympathies
104 l'allia>xe balkanique.
(les nations amies et fait-il un appel pressant au gouvernement impérial (royal) de *** de ne pas lai refuser sa neutralité bienveillante dans la lourde tâche qu'il vient d'assumer. »