‹ L'allongement vertical de l'Estomac (Ptose gastrique) dans ses rapports avec l'Hyperchlorhydrie et l'Ulcère de l'EstomacChapitre 25 sur 74 · LES DOULEURS TARDIVES DANS L’'ALLONGEMENT VERTICAL DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

LES DOULEURS TARDIVES DANS L’'ALLONGEMENT VERTICAL DE L'ESTOMAC

Nous avons vu, dans la première partie, combien fréquente étaient les douleurs tardives au cours de l'allongement vertical de l’estomac.

La lecture de nos observations en montre d'assez nombreux exemples.

Nous avons cherché si nous trouvions un rapport, et lequel, entre ces douleurs tardives, l’hyperchlorhydrie et l’hypersécrétion dont nous venons d'’indiquer l'importance.

Cela nous amène à rappeler que l’hyperchlorhydrie, mais également l'ulcus, comptent au nombre de leurs symptômes les douleurs tardives. Si, en effet, certaines aflections hépatiques, vésiculaires et intestinales suffisent parfois à leur donner naissance, des douleurs gastriques tardives, calmées ou non par les aliments ou les alcalins, apparaissant par crises de durée variable, doivent faire penser, — bien que non pathognomoniques, — à l’ulcus, ou tout au moins à l’hyperchlorhydrie, génératrice” d’ulcus. |

Au cours de l’examen de nos 50 observations,

nous avons trouvé 19 cas où il est légitime de parler de douleurs tardives.

Classant les allongements dans l’ordre des chlo-

rhydries croissantes, nous avons obtenu le tableau

suivant :

Chlorhydrie Nombre des Douleurs tard. Pourcent. par allongements catégorie <L13,790 14 3 21,4% 1,70 à 2,30 14 5 99,71% > 2,30 22 II bo %

Il est frappant de voir avec quelle netteté le nombre des douleurs tardives croît avec le nombre des ptoses et l'hyperchlorhydrie,

Il nous semble que, compte tenu de l’interprétation du terme « douleur tardive » qui à ces chiffres donne une valeur non absolue, 1il est - possible dans un certain nombre de cas, de lier par un rapport étroit l’hyperchlorhydrie et les douleurs tardives dans l'allongement vertical de l’estomac.

Il est évident que, cliniquement, certaines de nos observations sont des observations d’ulcus de la petite courbure où d’ulcus prépylorique ; la radiographie nous ayant permis de le vérifier dans 6 cas. Sur ces 6 cas, 1 s'accompagne d’hypochlorhydrie, 1 de chlorhydrie, mais les 4 autres cas s’accompagnent d'hyperchlorhydrie.

Il est à remarquer que dans ces 6 cas l’allonge-

ment de l'estomac est de 8 centimètre au moins,

ESSAI PATHOGÉENIQUE

Des faits qui précèdent, qu’il s'agisse des sympômes cliniques ou qu'il s'agisse du chimisme gastrique, ce que nous énoncions dans la première partie de ce travail semble se confirmer : à savoir que lhyperchlorhydrie et l’ulcus peuvent, dans certains cas, résulter de l allongement de l'estomac. È

Nous avons vu que l’allongement vertical de l’estomac était, le plus souvent, la conséquence d’une prédisposition (abdomen trop long, etc...) et nous avons signalé l'opinion de M. Faroy, concernant la possibilité d’un allongement vertical congénital.

Nous avons vu que la paroi abdominale ne rem-. plissant plus son rôle de sangle de soutien, — chez les femmes ayant eu des grossesses, chez les « désanglés » ayant subi une intervention sur l’abdomen, Où un amaigrissement marqué, — l'allongement de l'estomac à musculature atonique se trouvait favorisé par la chute des viscères abdominaux.

Le bas-fond gastrique descend peu à peu au-dessous de son niveau normal: c'est la première étape de l’évolution de cette affection, mais la

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différence de niveau entre le pylore et le bas-fond gastrique ou, mieux encore, la coudure à angle aigu du genu superius (lorsque le pylore ptosé a entrainé la première partie du duodénum) sont à l'origine d’une mauvaise évacuation de l’estomac : __une seconde étape commence.

Au cours de cette seconde étape, parfois sensiblement confondue avec la première, l'estomac présente un certain retard d'évacuation, du reste plus ou moins marqué, entraînant du clapotage lors de l'examen clinique, et des signes radioscopiques. Ce fait a été signalé par MM. Faroy, De Luna, Knud Faber et Timbal.

Or, le séjour plus ou moins prolongé des aliments, au contact de la muqueuse gastrique, entraîne peu à peu son irritation ; c’est là, à n’en pas douter, l’origine de la gastrite hyperplasique hypergénétique (M. Loeper) qui, nous l’avons vu, est relativement fréquente, se révélant par une hyperchlorhydrie d'intensité variable et par de l’hypersécrétion à jeun, pouvant s'accompagner de spasme pylorique et parfois de stase alimentaire microscopique. Répétons que l’hypersécrétion accompagnant l’atonie gastrique est fréquente : leur coexistence a été signalée par Strauss (1). En résumé une troisième étape de l’évolution est caractérisée par une gastrite hypergénétique.

Il y a peu à faire pour que cette évolution entre-

1. Strauss, Atonie et hypersécrétion digestive. Deutsche Med. Wochenschrifft, 1907.

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