LA GUERRE ET LA TERREUR
« patriotes. » Habile org'anisateur, il embrig-ada ensemble vieux rrgnments et bataillons de volontaires, appliquant ainsi dès 1792 l'idée qui devait être réalisée dans toute l'armée française par l'amalg-ame. Les volontaires manquaient parfois de discipline, mais se montraient toujours prêts à combattre. Kléber, commandant d'un des bataillons du Haut-Rhin, écrit à un ami, le 15 novembre 1792, que « ses Sung-auyens » ont accueilli avec joie l'ordre de départ : « Aucun d'eux ne pense plus à quitter son drapeau ; des malades même, oui, des malades m'ont demandé en g'râce de les laisser avec le bataillon, s'offrant de le suivre à pied, si seulement je voulais me charg^er de leur sort. »
Ce g'rand élan de patriotisme était malheureusement accompag-né de luttes intestines de plus en plus violentes. Il ne s'ag'it pas ici de la g*uerre contre les prêtres réfractaires et les partisans de l'ancien rég-ime, devenus depuis le 20 avril 1792 les alliés de l'étrang-er. Mais la discorde s'était mise parmi les adhérents des idées nouvelles : depuis la fin de 1791 la bataille faisait rag-e entre feuillants et jacobins. Les premiers avaient certainement pour eux la majeure partie dé la bourg'eoisie alsacienne ; mais la forte org'anisation et l'audace des g*roupes jacobins, les encourag-ements quleur venaient de Paris, la colère croissante des patriotes contre les menées des ag-entsclelennemi favorisaient les
progrès du parti exalté. Aussi fut-il vainqueur lorsqu'il s'ag"it d'élire les représentants à la Convention : des hommes tels queReubell et PHieg-er dans le Haut-Rhin, Ruhl et Arbog'ast dans le Bas-Rhin, allaient suivre la politi(jue de la Montag-ne, sans fig-urer parmi les plus violents des terroristes.
C'est à Strasbourg* surtout que la g-uerre était devenue vive entre modérés et avancés. Dietrich y avait g*ardé son autorité jusqu'au début de 1792. Presque toute la bourg-eoisie libérale strasbourg-eoise était pour lui ; des nég'ociants comme Levrault et Pasquay, des professeurs de l'Université protestante comme Blessig" et Schweig'hauseï", le soutenaient de leur mieux. Mais un blâme de Roland au nom du ministère g*irondin,en juin 1792, allait commencera l'ébranler; après le 10 août, comme les feuillants de la commune strabourg'eoise mettaient quelque hésitation à reconnaître les faits accomplis, Roland redevenu ministre destitua le maire ami de La Fayette, et quelques mois plus tard des conventionnels en mission révoquèrent une nouvelle municipalité modérée, pour confier le pouvoir aux jacobins en janvier 1793. Dietrich s'était enfui un instant : revenu en France pour ne pas être inscrit sur la liste des émig'rés, il fut renvoyé devant le tribunal de Besançon qui l'acquitta ; on le g-arda néanmoins en prison, puis on le transféra dans la capitale où il fut condamné à mort et g'uillotiné le même jour. Avant