‹ L'Alsace, La Lorraine et Les Trois EvêchésChapitre 11 sur 28 · Chr. Pfister, Comité d'Études, I · texte numérisé non relu

Chr. Pfister, Comité d'Études, I

même jour] et Louis XIV y fit une entrée solennelle le 24 octobre. Clausa Germants Gallia, Adserta urbis tranquillitas, telles furent les devises des deux médailles frappées à cette occasion, Tune par le roi, l'autre par la ville. Centre politique, commercial et industriel de toute la région, elle remplaça désormais Brisach et devint le siège de l'administration générale de la province, la résidence par conséquent de l'intendant.

Par la trêve de Ratisbonne (L5 août 1684), l'Empereur Léopold, en son nom et au nom de l'Empire, reconnut au Roi de France, pour une durée de vingt ans, la possession de la ville de Strasbourg, de la forteresse de Kehl, de toutes les redoutes entre Strasbourg et le Rhin, de tous les lieux enfin occupés dans l'Empire, avant le 1er août 1681, en vertu des sentences des tribunaux de Metz, Brisach et Besançon. Or toutes les réunions, opérées en Alsace, l'avaient été avant cette date (H. Vast, II. 137).

La trêve fut rompue au bout de quatre années ; ce fut le traité de Ryswyk, signé après la guerre de la Ligue d'Augsbourg, par l'Empereur Léopold, le 30 octobre 1697, qui régla la question d'Alsace (H. Vast, II. 231, et suiv.). Le Roi restituait à l'Empereur et aux princes d'Empire tous les lieux situés en dehors de l'Alsace, loca et jura, quœ extra Alsatiam sita, occupés soit pendant la guerre soit par arrêts des chambres de Metz, de Besançon et du conseil de Brisach. L'énumération était loin d'être complète; de là des contestations qui remplirent le xvme siècle et dont on verra plus loin le détail. Le Roi rendait sur la rive droite du Rhin, Kehl, possession de Strasbourg, et Brisach avec ses travaux fortifiés; les têtes de pont de Huningue et de Fort-Louis seraient rasées; les terres ainsi abandonnées revinrent au margrave de Bade. La forteresse construite par Vauban en face de Brisach, sur la rive gauche, et appelée la Yille-de-Paille, serait détruite : c'est à distance du fleuve qu'allait se bâtir Neuf-Brisach. L'Empereur et l'Empire renonçaient à perpétuité à la ville de Strasbourg et à ses dépendances sur la rive gauche du Rhin. C'est le Rhin, qui formait la limite entre la France et l'Allemagne, comme, au temps de César, entre la Gaule et la Germanie.

Le traité de Rastadt signé le 6 mars 1714 avec l'Empereur Charles VI, confirma les clauses du traité de Ryswyk, sans y rien changer (H. Vast, III. 162). Il apporta cependant une précision au sujet de Landau, désigné spécialement comme demeurant à la France avec ses dépendances, les villages de Nussdorf, Damheim et Queichheim (H. Vast, III. 170). L'un et l'aulre avaient pour base les traités de Munster et de Nimègue.

L'Alsace tout entière, moins Mulhouse, appartenait donc à la France en toute souveraineté. Mais quelles étaient ses limites au Nord?

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