‹ L'Alsace, La Lorraine et Les Trois EvêchésChapitre 13 sur 28 · I. — ALSACE · texte numérisé non relu

I. — ALSACE

d'une frontière militaire distincte, poussée en avant : l'Electeur palatin et les ducs de Deux-Ponts l'avaient reconnue : les lignes de la Queich, qui flanquaient la ville de Landau en amont jusqu'à l'issue du vallon, en aval dans la plaine, jusqu'au Rhin.

Queicha limes Alsatiœ borealis... vallum provinciale... quo hostiles incursiones retardantur : c'est avec un rare bonheur d'expression que Schœpflin définissait ainsi en 1761 dans son Alsatia illustrata (Colmariae), la double fonction de la Queich : limite Nord de l'Alsace et tranchée d'Alsace.

Toutes les cessions futures, reconnues et confirmées à Louis XV et à Louis XVI par une série de traités secrets signés de 1766 à 1786, payées en outre d'avance par l'abandon immédiat, en échange, de territoires lorrains sur la Sarre, auraient régularisé la frontière et soudé au royaume les enclaves en Terre d'Empire. Mais l'Electeur palatin mourut seulement le 16 février 1799. Elles se réalisèrent alors autrement que ne l'avaient prévu et les princes allemands et les rois de France, non pas suivant les traditions de l'ancien droit monarchique, mais selon le droit nouveau des peuples à disposer librement d'eux-mêmes : ce furent les habitants qui se donnèrent à la République française en 1793 et la Convention ratifia leur vote.

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