‹ L'Alsace, La Lorraine et Les Trois EvêchésChapitre 18 sur 28 · A. — BAR MOUVANT · texte numérisé non relu

A. — BAR MOUVANT

vert foncé I Bar mouvant de la couronne de France depuis

1301. — L'avènement de Philippe-le-Bel avait valu déjà au royaume Gondrecourt, Ligny, Bourmont, la Motlie', puis le traité de Bruges en 1301 lui donna les chàtellenies comtales de Bar, Souilly, la Marche, Châtillon-sur-Saône, Conflans-sur-Lanterne et le fief de Louppy-le- Châteaw, enfin dans le duché même de Lorraine, Neufchdteau, Châtenois, Montfort, Grand et Frouard aux portes de Nancy. La partie du Barrois de suzeraineté française s'appela désormais le Barrois mouvant1.

La politique capétienne, qui tendait vers le Bhin, favorisée par un concours de circonstances2, fut contrariée et interrompue par la guerre de Cent Ans (acquisition cependant de Mouzon en 1879 par Charles V), compromise par la création de l'apanage bourguignon, sacrifiée enfin aux guerres d'Italie, justement qualifiées guerres de magnificence. Le péril de la maison d'Autriche et la nécessité de défendre l'indépendance du royaume amenèrent Henri II à regarder de nouveau vers le Rhin et à compléter de ce côté la frontière; mais depuis deux siècles et demi les conditions avaient bien changé.

B. — TROIS ÉVECHÉS

1 violet 1 Les trois villes et évêchés de Metz (M.),.TouI (T.) et Verdun (V.) occupés en avril et en juin 1552 par Henri II, vicaire du Saint- Empire germanique, en vertu du traité de Friedwald

1. En 1466, Louis XI renonça en faveur du duc de Lorraine Jean II à la suzeraineté de Neufchâteau, Chàtenois, Montfort et Frouard, pour lui et pour ses successeurs (Dom Calmet, Hist. eccl. et civile de la Lorraine, II. 869).

2. Chr. Pfister, op. cit. (Revue de synthèse historique), p. 91, puis 96-97. « En juillet 1315 Louis X le Hutin signa avec Verdun un traité de sauvegarde, qui fut souvent renouvelé ; les rois de France et les ducs de Lorraine se disputèrent à la même époque la garde de Toul: Charles VII vint, en \kkk, mettre le siège devant la ville de Metz, à l'appel de son beau-frère, le duc de Lorraine René d'Anjou. La réunion de ces trois i-illes à la France fut préparée par plus de deux siècles et demi de politique patiente et de pénétration diplomatique. »

(5 octobre 1551), que confirma le traité de Chambord, et reconnus à la France par la paix de Westphalie (traité de Munster, octobre 1648), avec tous leurs districts et nommément Moyenvic l.

I. Domaines de l'évèché de Metz. — Avec la ville de Metz, Henri II occupa les villages épiscopaux qui en dépendaient et auxquels Tévêque renonça : c'était le Pays messin. Il comprenait :

1° le Val de Metz, sur la rive gauche de la Moselle : 20 villages parmi lesquels Longeville, Plappevilie, Gravelotte, Rezonville en partie, Vernéville, etc. ;

2° Ylsle ou Entre- Deux-Eaux , entre la Moselle et la Seille : 13 villages, dont Montigny, Augny, Jouy-aux-Arches, Marieulles;

3° le Saulnois, entre la Seille et la Nied : une quarantaine de villages, dont Borny, Ars-Laquenexy, Peltre, Courcelles, Yerny, Vigny ;

4° le Haut-Chemin, entre la Moselle et la Nied, côté Nord : une quarantaine de villages dont Noisseville, Antilly, Vrémy, Vry;

5° le Franc Aleuf { Franc- Alleu), dont le nom disparut au xvme siècle, et fut remplacé par l'appellation de « Villages régis par la coutume de Metz », à l'Est de la Seille, avec Baudrecourt, Chénois, Morville-sur- Nied, etc.

En dehors du Pays messin, les châtellenies de : Rémilly, Haboudange, Vie, avec Vie et Moyenvic, Lagarde, Fribourg, Albestroff\ la mairie de Réméréville, acquise par Tévêque au traité du 24 décembre 1595, contre l'abandon de Marsal au duc de Lorraine; beaucoup plus loin vers le Sud, sur les bords de la Meurthe et de la Mortagne, les châtellenies de Moyen, Baccarat et Rambervillers. Nous négligeons un grand nombre de fiefs dispersés en Lorraine, en Alsace et dans l'Empire.

II. Domaines de l'évèché de Toul. — La ville, la prévôté de Liverdun et les 3 châtellenies de Blénod, Maizicres et Brixey, la plus considérable.

III. Domaines de l'évèché de Verdun. — La ville, les prévôtés de Charny, Mangiennes, Fresnes-en-Woëvre, 1 illy , Dieulouard, sur la Moselle, en amont de Pont-à-Mousson, et, dans le Bar non mouvant, le fief de Audun-le-Roman.

— De 1601 à 1614 les domaines des Trois Évêchés furent rangés sous

1. Texte français du traité de Friedwald dans Du Mont, IV. m, p. 31 : « On trouverait bon que le seigneur Roy s'impatronisût, le plus tôt qu'il pourrait, des villes qui appartiennent d'ancienneté à l'Empire et qui ne sont de la langue germanique, savoir de Cambrai, Toul en Lorraine, Metz et Verdun , et autres semblables, et qu'il les gardât, comme vicaire du Saint-Empire, auquel titre nous sommes prêts de le promouvoir à l'avenir.... »

Serment solennel, « lequel ils ont promis de garder et entretenir inviolablement », prêté le 21 avril 1552 par les maîtres échevins..., jurés... de Metz « sur nos bonneurs et part que nous prétendons en paradis » ; clans Du Mont, IV. in, p. 31 ; voir aussi Id., V. i.

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