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II. — BAR MOUVANT, TROIS EVECUES, LORRAINE ET BARROIS

la souveraineté royale, en même temps que les diocèses étaient placés, d'accord avec Rome, sous le régime du Concordat français. Il en résulta un accroissement considérable, immédiat, du royaume1; une nouvelle province, les Trois Evêchés, était créée dans l'enchevêtrement des duchés de Lorraine et de Bar. Déjà s'esquissait en outre la politique de l'avenir : l'acte du 14 octobre 1G13, relatif à l'évêché de Metz, réservait au Roi « les appartenances et dépendances », c'est-àdire les droits du nouveau souverain sur les terres aliénées.

Dès le 13 octobre 15G4, sous le règne de Charles IX, Catherine de Médicis (Lettres, II. 229) se plaignait des « démembrements, nouvelles infeudations et changements » que faisaient le cardinal de Lorraine et les évêques des « terres dépendantes » des evêchés, « au grand préjudice de la protection royale et dommage des villes que nous y tenons ». En novembre 1624, quelques mois après son entrée au Conseil, Richelieu « donna commission » à Lcbret, conseiller d'Etat, et à Delorme, trésorier, « pour informer des usurpations faites sur les terres de la protection du Roi en les évêchés de Metz, Toul et Verdun »; il mandait en même temps à tous les officiers du Roi « d'assister les commissaires et de leur fournir des titres nécessaires pour la justification de nos droits sans difficulté ». Ce fut, a dit M. Chr. Pfister, comme une première ébauche de la Chambre des réunions de Metz.

La « main puissante de Richelieu se fait sentir » encore2 dans une série d'actes d'importance capitale : en 1630 création d'un intendant de justice, police et finances dans la province des Trois Evêchés; en 1633 création du Parlement de Metz, par édit royal du 15 janvier, avec mission d'affermir la souveraineté royale non seulement dans les Evêchés, mais « dans toutes les autres terres et seigneuries comprises dans l'étendue des dites provinces et anciens ressorts, souverainetés et enclaves de celles 3 ». Et dans son discours d'inauguration, le Président Antoine de Bretagne rappela « les droits qui appartenaient si légitimement à Sa Majesté en les dits pays, qui étaient notoirement des anciennes appartenances de son royaume ». Le travail ébauché par la Commission de 1624 se poursuivit donc4.

Le Roi cependant n'exerçait toujours qu'un droit de protection. Par le traité de Munster du 24 octobre 1648 (art. 72. II. Vast, I. 38), l'Empereur reconnut solennellement la souveraineté de la couronne de France sur les Trois Evêchés, sur les villes et sur les districts épis-

1. L'acquisition du Pays messin se trouva complétée par la prise de possession des quatre mairies du temporel do l'évêque : Ancy, Ars-sur-Moselle, Chùtel-Saint- Germain et Scy.

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