Chr. Pfister, op. cit. (Synthèse historique), p
26 août 1542 avec le duc Antoine, Charles-Quint avait reconnu sa pleine indépendance et sa souveraineté : liber et non incorporabilis ducatus.
A l'origine, on y distinguait trois grandes divisions administratives et judiciaires : 1° le bailliage de Nancy |T] qui débordait, on Ta vu, sur la Haute-Alsace; 2° le bailliage de Vosge |T] (Mirecourt); 3° le bailliage d'Allemagne |a| appelé couramment Lorraine allemande : cheflieu Vaudrevange depuis le xvie siècle; puis, Sarreguemines en 1698, après que le traité de Ryswyk eut reconnu Vaudrevange à la France; enfin Dieuze depuis 1772.
Au cours du xvne siècle, la France occupa le duché à deux reprises de 1633 à 1661 et de 1670 à 1697.
Le duc Charles IV (1624-1675), qui n'avait cessé de combattre la France, refusa d'accepter les clauses du traité des Pyrénées (art. LX1I- LXXVIII. H. Vast, I. 130-136) : abandon de tout le duché de Bar, de Stenay, Dun, Jametz, du comté de Clermont et liberté de passage aux troupes du Roi pour se rendre en Alsace, à Brisach ou à Philippsbourg.
Le traité de Paris rétablit l'accord, le 28 février 1661 (Du Mont, VI. ii. 348). Il confirma les cessions inscrites dans le traité des Pyrénées, sauf que le duc recouvra le duché de Bar; mais en échange il abandonnait : 1° la place de Sierck avec 30 villages à désigner; 2° Sarrebourg et Phalsbourg \ 3° la prévôté de Marville, pour la portion appartenant au duc de Lorraine, comme duc de Bar, l'autre, qui appartenait au Roi Catholique, comme duc de Luxembourg, ayant été déjà cédée à la France par le traité des Pyrénées; 4° l'abbaye de Gorze\ 5° la route de Verdun à Metz : Marchéville, Maizera}', Marville, Labeuville et Mars-la-Tour; 6° la route de Metz en Alsace, depuis le dernier village du Pays messin jusqu'à Phalsbourg : Soigne, Moncheux et la côte de Delme, Gremecey, Chambrey et Burthecourt, en deçà de Vie; puis Lezey, Donnelay, Azoudange, Gondrexange, Heming, près Sarrebourg; enfin Niderviller, Saint-Jean-de-Courtzerode et Garrebourg, près Phalsbourg; 7° le droit de propriété sur la saline de Vic\ 8° enfin au Nord-Est de Bouzonville, Siersdorf1 sur la Nied, Fremestroff (Fremersdorf) sur la Sarre, en aval du confluent de la Nied, et plus bas encore, commandant l'entrée des gorges, le château de Moniclair, démoli d'ailleurs en 1669, à la prière de l'archevêque électeur de Trêves : c'était la première fois que le Roi de France prenait pied sur cette partie de la rivière.
L'année suivante, nouveau traité, signé également à Paris (6 février 1662) : il stipulait la cession des duchés de Lorraine et de Bar à la France, après le décès de Charles III, et par l'article IV le Roi mettrait dès à présent garnison dans la ville et place de Marsal.