AVANT-PROPOS
Voilàplus d'un tiers de siècle que l'Alsace-Lor* raine brutalement arraohée à la France vaincue est associée Je force, manu miîitari, aux destinées de l'empire d'Allemagne dont elle subit la domina* liun oppressive. Restée pendant longtemps l'objet des rêves de conquête de nos capitaines' et> des Français. ardents qui crurent en la « Revanche », elle devient peu à pou la préoccupation dominante des chercheura d'accord, des faiseurs d'arbitrage et absorbe presque complètement les pensées de ceux qui croient possible le triomphe pacifique du Droit, dans un avenir plus ou moins rapproché.
La question d'Alsace-Lorraine reste ainsi toujours posée eti q^oi qu'on dise et quoi qu'on fasse, laintieiiiti. antnc notic pays et l'Allemagne, uni fossé profond qu'il sera sans doute bien difficile de combler.
Aussi dans un conflit récent qui faillit devenir sanglant et qui- n'est point encore terminé, nos provinces ravies qui n'en avaient été cependant, ni le prétexte invoquéi ni le but cherché, n'en
seraient pas moins devenues l'enjeu unique pour la France, dès l'entrée en campagne.
C'est donc encore pour elles que doivent battre nos cœurs et toujours vers elles que doivent se tourner nos regards.
On ne décrète pas plus l'oubK, en effet, qu'on ne proscrit la pensée et la terrible et profonde phrase de Guizot : « Le temps ne console pas... il efface » ne semble pas devoir heureusement s'appliquer bientôt à l' Alsace-Lorraine.
L'heure n'est plus certes, où le souvenir ne vivait qu'avec l'espérance et où la jeune génération ne songeait qu'à reprendre par les armes ce que nous avions perdu par les armes. Une autre s'est levée, une autre se lève encore, qui semblent plutôt vouloir prêter une oreille bienveillante au.x refrains humanitaires et aux déclamations paciflques des prophètes de la concorde universelle et des apôtres de la paix.
Néanmoins le souvenir subsiste et pèse do toute s:i force sur la conscience française.
L'Alsace-Lorraine elle aussi, après avoir longtemps compté sur nous, espère maintenant en elle. Elle soulève le voile de deuil qui l'aveuglait, secoue sa douleur cl rcirouve son énergie et son sang froid. Sans rien oublier ni renier du Passé, elle s'organise pour lutter, pour se maintenir cl pour vivre.
Des Français auxquels on ne saurait Irop