‹ L'Amâerique moderneChapitre 20 sur 50 · CHOSES OUVRIERES · texte numérisé non relu

CHOSES OUVRIERES

Les accidents du travail. — Frappante injustice. ■ — L'indignation des consuls étrangers. — Massacres industriels. — C'est la faute des ouvriers ! — Le trust de l'acier paie les funérailles. — Indemnité ridicule. Théories syndicales. — M. Moffett, du Syndicat de la maçonnerie, discute. — Les Syndicats locaux s'inclinent devant la Fédération du Travail. — Comment on mate les employeurs. — ■ Les entrepreneurs menacés d'un exode des ouvriers. — La fortune d'un Syndicat. — 5 millions en caisse. — Tarifs de salaires. — La crise prochaine de l'industrie. — Acheminement vers le collectivisme. — Quietly, Quietly ! — Tyrannie syndicale et liberté du travail. — Le bon despotisme. — Les patrons s'unissent. — C'est la guerre.

l existe une décision de la Cour suprême de Pennsylvanie établissant que, en cas d'accident survenu à un ouvrier étranger dans les usines de l'État, la famille de cet ouvrier, si elle n'est installée en Amérique, ne pourra revendiquer des dommages- intérêts. De sorte qu'un ouvrier français, italien, ou slave, travaillant à Pittsburg en attendant l'installation de sa famille, qui doit le rejoindre bientôt, est blessé ou meurt dans un accident, laisse ses enfants orphelins à sa femme veuve sans qu'ils puissent demander compte à l'usine de ses responsabilités.

J'ai causé de ces mœurs avec les consuls d'Autriche et d'Italie à Pittsburg.

Ces fonctionnaires sont outrés des faits qui se passent presque chaque jour dans les usines de Pittsburg et de la région,

faits auxquels ils se trouvent naturellement mêlés par leurs fonctions.

« Ce sont de continuels massacres, me disent- ils. Aucune précaution n'est prise pour sauvegarder la vie des ouvriers, et comme les compagnies sont toutespuissantes, que les tribunaux leur sont acquis, et qu'en outre la loi elle-même est en leur faveur, elles ne se gênent pas... Elles répondent toujours : « C'est « la faute des ouvriers, ils connaissaient « le danger. »

— Mais enfin, si ces malheureux lais, sent une famille dans le besoin, que font les Compagnies, quel recours avez- vous contre elles ?

— - Les Compagnies donnent, en cas de mort d'un de leurs ouvriers, de 1.700 à 2.000 francs à la famille, quelquefois 5.000 francs si l'affaire est par trop grave, et cela à condition que cette famille habite la ville, car, autrement, rien ! Les pouvoirs que les héritiers naturels enverraient de l'étranger pour plaider contre

la Compagnie seraient nuls. Telle est la loi.

— Est-ce possible ?

— C'est ainsi. Pensez donc que nous sommes payés pour la connaître, cette loi barbare ! Nos chancelleries ont chaque jour à s'occuper des successions, des accidents de leurs nationaux, et nous nous heurtons toujours à l'égoïsme féroce des Compagnies et à une légalité plus féroce encore peut-être. Que feraient-ils, sans nous, ces pauvres Italiens, ces Slaves, ces Croates, qui arrivent ici ignorant jusqu'à la langue du pays, et qui ont contre eux la loi et les juges?

« Un accident, entre autres, est courant. Les Italiens sont employés aux mines. Il arrive que des charges de dynamite posées souterrainement n'éclatent pas. Si elles restent là, elles constituent un danger permanent pour les ouvriers. Il faut donc décharger ces mines. Les Américains, habitués à ce travail et prudents de leur nature, ne s'y risquent pas et même s'y refusent. Mais il y a toujours là des Italiens nouveaux venus, habitués seulement à la poudre ordinaire, ignorants du danger qu'ils courent, et qui, sous l'œil des autres et des contremaîtres, se dévouent. Il n'est pas rare de voir cinq ou six hommes tués dans l'accident. Leurs misérables familles réclament. La Compagnie répond : « C'est leur faute. » Elle offre, comme je vous l'ai dit, 1.700 francs ou 2.000 francs, et les malheureux doivent s'en contenter. Nous n'essayons même pas de faire un procès.

Nous le perdrions à coup sûr. Les juges, élus au suffrage universel, changent tous les cinq ans. Ils sont donc dans la main

de la Compagnie qui peut assurer ou empêcher leur réélection. Pas moyen de lutter. Il faut s'incliner. C'est lamentable, je vous assure.

« Les pauvres gens qui arrivent d'Europe avec leurs femmes et leurs enfants, attirés par les gros salaires, ne savent pas à quoi ils s'exposent. Naïvement, ils croient trouver le Pactole. Et que vienne la maladie (la pneumonie les frappe par centaines) ou l'accident, et les voilà plongés dans la misère la plus noire. Car, à Pittsburg, où la vanité ignorante de M. Carnegie a installé comme partout une bibliothèque publique, d'ailleurs toujours vide, il n'y a pas d'hôpital gratuit.

— Et vos compatriotes sont nombreux ici ?

— Je compte plus de 60.000 Italiens à Pittsburg et aux environs et 300.000 Slaves, Slovaques, Croates, Hongrois, etc. Chaque jour, on constate des disparitions. Où passent ces gens ? Morts, tués, partis, on n'en sait rien. L'état civil est tenu n'importe comment. Il n'existe pas d'organisation administrative sérieuse pour les immigrants : c'est le fumier des États-Unis, c'est avec leur sang et leur chair que s'édifie la fortune de l'Amérique ! »

Ces paroles graves, émues, convaincues, me sont entrées dans la mémoire et y demeurent avec le mot que m'avait dit le superintendant de Homestead, actuellement président du Trust de l'acier :

« On prétend que la Compagnie agit mal avec ses ouvriers victimes des accidents. Eh bien ! je vais vous dire ceci : c'est nous qui payons toujours les frais des funérailles ! »

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TREMPE DE L'ACIER. — Dans une coutellerie américaine : l'atelier de trempe. Ces cuves, dont la forme et la place furent étudiées, attendent l'acier des lames auxquelles le bain donnera la résistance et la souplesse voulues.

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UNE FABRIQUE DE BALAIS. — Les Américains se soucient peu de faire exécuter les travaux de brosserie par des aveugles. Là-bas le choix de brindilles, leur assemblage et leur ajustage au manche de bois se l'ont mécaniquement.

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théorie Je ne suis pas venu en Amésyndicale rique pour étudier la question sociale : mon but était de parcourir les États-Unis d'un bout à l'autre et de prendre des croquis et des impressions les plus variées possible des hommes et des choses. J'avais donc écarté de parti pris les questions politique, économique, judiciaire, sociale, qui eussent exigé, pour être étudiées consciencieusement, chacune au moins un an d'études sérieuses et patientes.

Mais, cela rentrant dans mon programme, j'ai voulu voir un de ces puissants syndiqués à qui toute une corporation obéit, et dont le pouvoir ne subit pas, comme chez nous, le contrepoids des hommes politiques et de l'opinion. Ici les syndicats savent bien ce qu'ils veulent, et le public est toujours avec eux. Quant aux politiciens, ce sont les valets du suffrage universel, avilis à un point ignoré chez nous, même aux plus mauvaises heures des luttes électorales.

Je suis donc allé voir à New- York M. Moffett, ancien poseur de briques, rédacteur en chef de l'organe du syndicat des maçons, grand diable joyeux, avec une longue barbe noire en désordre et une tête hirsute, à la voix profonde et bonne enfant.

Une menace de grève des ouvriers du bâtiment courait la ville, et ce n'était pas une mince affaire. Une fièvre de bâtisse emplit en ce moment l'Amérique entière ; ce ne sont que chantiers de constructions, échafaudages, tranchées, sur toute la surface du pays. Un arrêt dans cette fièvre peut être cause de

grands désordres et des catastrophes financières les plus graves, sans compter le trouble apporté dans la vie intime de la population. Car l'une des corporations du bâtiment se mettant en grève, toutes les autres peuvent la suivre, sur un signe. « C'est vrai, me dit M. Moffett, et les patrons le savent. Aussi, soyez tranquilles, ils hésiteront avant de nous pousser à bout. Il y a 85,000 maçons dans les Unions, qui sont au nombre de 700 pour tous les États. Rien que dans l'État de New- York, je compte 86 Unions de maçons et poseurs de briques. Et notre discipline est admirable. Jugez- en. Une de nos Unions de l'État de New- Jersey avait déclaré la grève. Les patrons refusaient l'arbitrage. Notre Union centrale approuva l'Union locale : les patrons s'inclinèrent aussitôt. Mais, à leur tour, les ouvriers refusèrent l'arbitrage, prétendant imposer toutes leurs revendications sans discussion. Alors le bureau de notre Fédération, à Washington, menaça l'Union du New- Jersey de lui retirer sa charte, c'est-à-dire de la mettre en dehors de la Fédération, et l'Union s'inclina comme un petit garçon.

— D'où vient le différend actuel entre les patrons et les maçons de New- York ?

— C'est un coup monté par les patrons qui essaient de se syndiquer aussi entre eux pour lutter contre nous. Voici l'histoire. Les charretiers de bois n'étaient pas encore syndiqués, aussi leurs patrons faisaient d'eux ce qu'ils voulaient. Or les charretiers sont en train de créer enfin une Union. Les patrons, pour les en empêcher, leur refusent l'ouvrage.

Ce qui fait que les entrepreneurs de bâti-

ment, manquant de bois, invoquent le cas de force majeure pour ne pas donner d'ouvrage aux maçons. La vérité, nous le savons bien, c'est que les patrons essaient de se solidariser. Mais ils doivent prendre garde. Car, s'ils continuent à refuser de l'ouvrage aux maçons pour cette raison, nous télégraphierons immédiatement à toutes les Unions des autres États pour leur demander s'ils n'ont pas besoin de maçons chez eux. Et nous enverrons en très peu de temps, les 12.000 maçons de New- York dans les États voisins. Et il n'y aura plus un maçon à New- York. Alors aucun entrepreneur ne pourra travailler. Ils seront bien avancés, hé ?

— Pourtant, est-il juste de rendre responsables les entrepreneurs de maçonnerie des fautes — s'il y en a — des entrepreneurs de charrois ?

— Qu'ils s'arrangent entre eux. Qu'il fassent comme nous !

— Croyez-vous donc que les grèves soient bonnes en elles-mêmes pour la classe ouvrière ?

— Très bonnes. Il faut de l'excitation, du bruit, pour donner à l'ouvrier le goût de la lutte, l'habitude de défendre ses intérêts, de s'occuper à autre chose qu'à^boire et à manger. C'est très bon, la grève.

— Mais, en attendant, ils pâtissent?

— Non. En cas de grève, l'Union donne à chaque syndiqué 25 francs par semaine, et 35 francs s'il est marié. Ceux qui distribuent l'argent aux camarades gagnent 12 dollars (60 francs) par semaine.

— Et quand vos fonds sont épuisés ?

Car ils doivent vite se tarir à ce taux-là ? »

M. Moffett sourit dans sa grande barbe broussailleuse :

« Nous avons 1 million de dollars en réserve (5 millions de francs).

— Où avez- vous pris cette fortune ?

— Pour entrer dans l'Union, il faut verser de 5 à 10 dollars, plus une souscription de 6 dollars par an en moyenne. Et les amendes viennent s'ajouter à ces recettes. »

Que pense le prolétariat organisé de la situation actuelle des États-Unis, de cette prospérité inouïe ?

Les maçons poseurs de briques gagnent 5 dollars 30 par jour (26 fr. 50), c'est-àdire 3 fr. 25 par heure, pour 8 heures de travail. Et ils demandent 3 fr. 50 de l'heure. Les manœuvres gagnent de 10 à 15 francs par jour. Ils veulent gagner 15 francs minimum. Les Italiens nouvellement immigrés ne gagnent que 1 dollar et demi à 2 dollars (7 fr. 75 à 10 fr. 25) par jour, parce qu'ils ne parlent pas l'anglais et qu'ils sont moins prompts à comprendre les ordres et à les exécuter. Les typographes gagnent 27 dollars par semaine (535 francs par mois environ), pour six journées de travail de 7 heures par jour) ce qui revient à 25 francs par jour). Les forgerons gagnent 21 francs par jour. Les employés des tramways et de VElevated (chemin de fer aérien) gagnent 15 francs par jour. Ceux qui reçoivent les billets aux portes des gares, généralement de vieux retraités, gagnent de 7 fr. 50 à 10 francs par jour.

Ces salaires fantastiques ne pourront pas croître toujours. Qu' arrivera- 1- il quand les patrons, ayant atteint leur maximum, refuseront d'aller plus loin ?

« Je crois, me dit M. Moffett, que nous sommes, en effet, près d'une grande crise. Au dernier Congrès des quatorze cents fabriques qui s'est tenu à la Nouvelle-Orléans, on entendit à cet égard de terribles discours. Les patrons américains sentent bien qu'ils vont bientôt être débordés.

— Qu' arrivera- 1- il, alors ?

— Qu'on se battra de plus en plus, fait M. Moffett sans s'émouvoir, jusqu'au moment où les patrons fatigués (car vous pensez bien que les ouvriers ne seront jamais fatigués, eux) s'en iront. Et alors, le public innocent, se refusant à souffrir de ces querelles, s'adressera directement aux Unions pour ses travaux.

— Et ce sera le collectivisme ?

— Et ce sera le collectivisme, parfaitement. Mais cela se fera tout doucement, tout doucement (quietly, quietly...), par la force des choses. C'est si simple, si naturel!... Ne pensez- vous pas?

— Auparavant, ne prévoyez-vous pas d'autres étapes intermédiaires ?

— Certainement, certainement. Comme en Nouvelle-Zélande, nous en arriverons bientôt à l'arbitrage obligatoire et perpétuel. Mais les ouvriers n'en veulent pas, ils disent que les juges sont corrompus. Ils ont raison, on le voit très bien pour les petites choses. Que serait-ce pour les grandes ? »

J'objecte que, si les juges sont corrompus, c'est que les électeurs qui les nommèrent étaient achetés.

« Oui, mais il y a tant de façons de tromper les gens simples » , me répond-il.

Je discute alors la théorie de la liberté de l'individu.

« Pourquoi les ouvriers des Unions se croient- ils le droit d'empêcher les autres de travailler s'ils ne font pas partie de leurs syndicats ?

— Ils les empêchent dans leur intérêt ! Ils leur expliquent d'abord qu'il vaut mieux qu'ils travaillent aux prix fixés par les Unions, toujours plus élevés que les autres. Les autres répondent qu'ils sont libres. A quoi les unionistes ripostent que, s'ils ne sont pas unis, ils ne sont pas forts ; que si les patrons diminuent un jour le salaire de 10 sous, ils peuvent le diminuer ainsi indéfiniment.

Et alors que deviendront-ils ? Ne regretteront-ils pas leur erreur passée ? Souvent, ils comprennent et suivent leurs camarades. S'ils ne veulent pas comprendre, on les secoue quelquefois un peu, c'est vrai, dit en riant M. Moffett ; mais cela ne peut pas leur faire grand mal, et, en tout cas, c'est dans leur intérêt. On donne bien quelquefois des petites tapes aux enfants qui veulent jouer avec le feu, n'est-ce pas, pour leur éviter une plus grande douleur ? Pour nous, l'intérêt individuel passe après l'intérêt collectif ; s'il plaît à cent ouvriers, par bêtise, par ignorance, ou par intérêt, de compromettre la vie de cent mille de leurs camarades, va-t-on, au nom de la liberté individuelle, les laisser faire ? Il ne faut donc pas parler de liberté à propos de ces choses, il faut parler de l'intérêt public, de la masse.

« Pour revenir à notre cas à nous, dans notre guerre contre le patronat, conclut M. Moffett, nous n'avons aucun ménagement de cet ordre à garder ! Les patrons se moquent bien des théories

de liberté; ils se gardent de les invoquer, et pour cause, car ils font exactement la même chose que nous ; ils ont formé des Unions sur le modèle des Unions ouvrières, et ils refusent de vendre des briques, du bois, du ciment, aux patrons ne faisant pas partie de leur syndicat. De ville en ville, d'État en État, les réfractaires sont traqués; ils ne trouvent plus de matériaux pour réaliser les commandes qu'ils ont assumées. C'est une guerre absolue et sans ménagement.

« Ils ne peuvent donc pas trouver mauvais que nous employions contre eux les procédés dont ils se servent les uns contre les autres. Aussi ne vous étonnez pas trop quand vous entendez dire que telle ou telle ville des États-Unis se trouve sans ouvriers. Ce sont nos Unions qui sont en train de mater un entrepreneur. »

En Amérique les machines, avant d'être usées, sont mises à la ferraille; il n'y a pas ou presque pas de raccommodeurs d'habillements, et du haut en bas de l'échelle

sociale, ce pays en pleine prospérité gâche des richesses qui feraient le bonheur de vieilles contrées de notre vieux monde.

Il est amusant d'observer les preuves plus menues de ce gâchage général.

Sur chaque chemise blanchie (1 fr. 25 pièce) vous trouvez trois épingles à tête et un bouton de corne.

On ne mange pas de bœuf bouilli. Les domestiques le refusent. Il n'y en a pas dans les restaurants. Le bouillon, fait, on jette la viande !

Dans la plupart des villes, il est impossible d'acheter une boîte d'allumettes.

Je me suis entêté à entrer chez dix marchands de tabac, épiciers et droguistes pour en trouver une. Impossible : on m'en offrait un paquet de douze boîtes. Et comme j'expliquais que je n'en aurais que faire, on souriait en haussant les épaules.

Aussi, dans presque tous les vestibules d'hôtels et dans les bars, vous voyez de grandes boîtes ouvertes où chacun va puiser une poignée d'allumettes qu'il met en vrac, dans sa poche, sans plus de façons.

INSTITUT TECHNOLOGIQUE DE PITTSBURG. -- La grande cité industrielle est pourvue de tous les derniers perfectionnements techniques. Une machine spéciale y fonctionne pour expérimenter la résistance des matériaux.

CHAUDIÈRE A VAPEUR. — Cette série de chaudières à vapeur — les plus formidables peut-être qui existent — ont, ensemble, un pouvoir de 11000 chevaux. La force motrice totale employée par l'usine n'est que de 8000 chevaux.

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UNE PERFORATRICE. — Cette machine extrêmement ingénieuse est pourvue de 21 forets qui permettent d'exécuter simultanément 21 Irons dans une planche. Deux planches peuvent être travaillées en même temps.

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LES PONTS EN AMÉRIQUE. — Les Américains sont passés maîtres dans Tari de l'ingénieur, notamment en ce qui concerne la construction des ponts métalliques, dont plusieurs sont des ouvrages extrêmement remarquables.

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SCHMIT-BRIDGE. -- Ce ponl métallique, jeté entre deux montagnes, esl d'une hardiesse et d'une légèreté admirables. Les pylônes, porteurs du tablier, sont également d'une extrême finesse.

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