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POUR RENDRE LE SUICIDE FACILE

Salon où ceux qui sont fatigués de la vie n'ont qu'à toucher un bouton.

Le Dr Charles Jacobs est un spécialiste des maladies nerveuses. Pendant plusieurs années, il a fait une étude du suicide. Il le considère comme une maladie incurable.

Je suis venu à Chicago, dit-il, pour rendre le suicide facile sinon attrayant. Nous sommes constamment choqués parla découverte de noyés dans les lacs ou de corps mutilés dans les parcs. Il y a actuellement des centaines de personnes dans cette ville et ses environs qui sont décidées à se tuer. Elles sont amenées à l'effrayante extrémité de la corde, du revolver, des poisons les plus violents. Leur refuser un moyen moins horrible ne serait pas humain. C'est pourquoi je m'occupe de fonder un établissement où la mort serait plus rapide et moins pénible. L'homme qui est décidé à mourir, qui ne voit aucun remède, peut venir à mon établissement, s'asseoir dans un fauteuil confortable, toucher un bouton et laisser partir son âme dans l'autre monde.

NOBLESSE D'AMERIQUE. — Bien des points de contact existent aujourd'hui entre l'aristocratie de l'argent et la noblesse d'Europe : beaucoup déjeunes Américaines parent leur beauté d'une couronne de marquise ou de duchesse.

Planche m.

MARIAGES TRANSATLANTIQUES. - Miss Gould, qui vient d'épouser récomment M. Drexel, un Anglais de noble race, prouve que la campagne menée en Amérique contre les mariages exotiques a peu de chances d'aboutir.

Planche 112.

Un homme d'affaires, un commissairepriseur, en Californie, a une propriété à vendre, ou un mobilier, ou quoi que ce soit dans une ville ou une campagne voisine, et il craint que les gens ne reculent devant le voyage à faire. Il fait afficher sur les murs et dans les journaux qu'un train spécial gratuit conduira les amateurs au lieu de la vente et qu'ils trouveront là-bas un lunch également gratuit, tout préparé !

Les ouvriers agricoles sont rares en Amérique, car ce sont les moins payés de tous les artisans. Mais on manque toujours de personnel. Alors les propriétaires tâchent, par tous les moyens possibles, de s'enlever les ouvriers les uns aux autres. L'un d'eux fit annoncer dans les journaux franciscains qu'il demandait des ouvriers pour sa récolte à San José, qu'une voiture attendrait les travailleurs à la gare et qu'un orchestre jouerait toute la journée dans les champs !

A l'église baptiste du Calvaire, à New- York, on fait savoir qu'on payera les enfants présents aux services religieux. Ils reçoivent cinq sous pour un service, dix sous pour deux services, en sorte que les plus patients ou les plus dévots peuvent, le dimanche, gagner leurs vingt sous.

J'aurais encore bien des choses de ce genre à vous raconter, mais la place me manque !

L'une des choses les plus surprenantes pour l'Européen qui voyage en Amérique, c'est le magasin des pharmaciens !

Ils s'intitulent droguistes, à part les Allemands, qui conservent leur nom d'Apothecary, mais, en réalité, les pharmacies sont des bazars. Sur la porte, on voit bien

écrit en toutes petites lettres : Drogs, mais sur une large enseigne qui s'avance audessus du trottoir s'étale en lettres immenses : Ice cream soda. C'est la gourmandise américaine par excellence; c'est elle qui fait briller de concupiscence les yeux des plus chastes jeunes filles, qui remplace pour elles la pomme du péché originel.

Le comptoir le plus en vue après celui des crèmes est le comptoir du tabac. A côté, la confiserie. Sans transition, l'on passe aux brosses, peignes, éponges, articles de toilette, parfumerie. La papeterie tient une place importante. Plus loin, on trouve des rasoirs, des blaireaux, des cartes à jouer et des attirails de sports.

Moyennant cinq ou dix sous, le téléphone est au service du public dans toutes les pharmacies. Chacune représente une ou plusieurs compagnies d'express, c'est-àdire de commissionnaires. Vous laissez vos ordres à la caisse, et quelques minutes plus tard une voiture de commissionnaire vient prendre vos malles et les porte à la gare ou ailleurs ; il en est de même pour les déménagements.

Il est toujours facile de se procurer des timbres- poste et des cartes postales à la caisse, ainsi que des mandats- poste, car souvent le pharmacien tient une soussuccursale de la poste ; sinon il distribue des moneys-orders, mandats émis et payés par les Express Compagnies aux mêmes conditions que la poste. Enfin, la Compagnie du gaz n'encaissant pas à domicile, c'est chez le pharmacien que l'on paye la note mensuelle de son éclairage, ce qui évite une course aux bureaux des Compagnies.

Ayant besoin d'une carte géographique

des États-Unis, je vais chez un libraire qui n'en avait pas. Je lui demande où je pourrais bien m'en procurer une. Il m'envoie chez le pharmacien du coin. A ma demande, le pharmacien hoche la tête en disant : « Je ne sais si j'en ai, attendez une minute. » — Il ouvre un placard, espèce de capharnaum où il y avait de tout. Il en retire en effet la carte dont j'avais besoin.

Il est vrai qu'ils vendent aussi des brosses et du cirage.

A Chicago, l'on peut, en laissant une carte ad hoc, chez certains pharmaciens, obtenir en prêt des livres de la Bibliothèque publique, et cela gratuitement.

Au centre de la pharmacie, sur une petite table, l'annuaire de la ville, plus gros à Chicago que le Bottin de Paris, est à la disposition de tout venant, généralement gratis. Cependant, il y a deux ou trois ans l'on a inventé une slot- machine, laquelle, moyennant un sou, permet d'ouvrir l'annuaire et le referme automatiquement dès que l'on a fini de s'en servir.

Avant de quitter la pharmacie, il y a un petit coin cependant que nous allions oublier et qui passe généralement inaperçu, c'est celui des drogues, car on y vend aussi des médicaments ! Souvent, d'ailleurs, le Département des prescriptions est situé dans l'arrière- boutique. Mais ce qui s'y débite surtout, ce sont des toniques : bière, vin, whiskies. Dans les États où la vente des alcools n'est pas tolérée, il n'y a que chez les pharmaciens que l'on puisse en trouver sous ce nom hypocrite de toniques.

Dernièrement les journaux de New- York racontaient le cas d'un richard de cette ville. Cet homme se vantait de n'avoir jamais mis les pieds dans un

salon ; il ne fréquentait que les pharmacies, et cependant était toujours intoxicated, expression américaine correspondant à l'expression anglaise drunk as a lord et que tout Français traduirait par ivre comme un Polonais. Le bonhomme aimait trop les toniques : il est mort où il avait vécu, dans une pharmacie.

Les annonces des journaux et des magasins sont une mine où il suffit de jeter les yeux pour en tirer des trésors.

Un marchand d'horloges vous demande:

« Que peut être une maison sans un enfant et un coucou? »

M. Douglas, marchand de chaussures, vous assure ceci sans plus de façon :

« M. Douglas est le plus grand cordonnier du monde. »

Un fabricant de whisky, plus modeste, imprime :

« Wisky Wilson : Pas un mot de plus ! »

Les annonces les plus courantes et les plus constantes sont celles des femmes masseuses et manucures, sur lesquelles nous ne nous étendrons pas, et celles des clairvoyants. Comme je vous l'ai déjà montré par différents exemples, le peuple américain est un des plus crédules qui existent. Aussi l'industrie des gypsies, des astrologues, des médiums, bat- elle son plein dans toutes les grandes villes des États-Unis, dans l'Ouest surtout. Les journaux fourmillent d'annonces dans ce goût :

« Mme Graham, gypsie, célèbre dans le monde entier, apprenant qu'il y a beaucoup de gens sceptiques à Denver, a décidé de leur donner l'occasion de vérifier son pouvoir extraordinaire au prix spécial d' un dollar.

« Positivement, elle n'a pas d'égale sur

la terre dans sa profession comme prophète et interprète des choses cachées. Avis sur affaires, spéculations, troubles d'amours et domestiques, règlement de querelles amoureuses, réunion de gens séparés ; vous dit avec qui vous vous marierez, comment gagner l'homme ou la femme que vous aimez, comment vaincre vos ennemis, vous donner le moyen de diriger et d'influencer qui que ce soit que vous aimez ou que vous rencontrez. Vous ne la payerez pas si vous ne la trouvez pas supérieure à toutes les autres. »

annonces Les commerçants ont inalléchantes venté un système de collaboration du public assez original. Ils intéressent tout le monde à leur trafic. Et dans ce pays où chacun a la bosse du commerce, les résultats ne se font pas attendre. Voici des échantillons de leurs réclames :

Envoyez votre nom et votre adresse. Vous recevrez dix-huit épingles à cravate de 10 cents pièce. — Lorsque vous nous enverrez l'argent, vous recevrez en échange une très jolie presse imprimant les cartes et autres fantaisies aussi parfaitement que le ferait une presse de 100 dollars.

Orient Supply G0.

East Boston (Mass.).

Envoyez votre nom et votre adresse, vous recevrez vingt bijoux de 10 cents chacun. Vendez-les et envoyez-nous l'argent. Vous recevrez gratis une jolie montre en or, garantie 20 ans. Vous devenez aussi actionnaire de notre Compagnie et prenez part aux bénéfices.

Mille dollars seront envoyés à toute personne qui démontrera que nous ne tenons pas notre promesse.

Union Watch Company.

29 Roy. St.

Attleboro (Mass.).

On obtient ainsi des bagues, des bicyclettes, machines à écrire, coffres- forts, fusils, revolvers, phonographes, appareils de photographie, etc.

Les maîtresses de pensions ne veulent pas être en reste avec leurs élèves.

La fille d'un des financiers les plus connus et les plus riches de New- York, Miss Béryl Whitney, dont la dot était de 5 millions de dollars (25 millions de francs) malgré une surveillance sévère, avait réussi à introduire au pensionnat son « flirt », le jeune « Blondy » Graydon, champion du football d'Harvard. Les parents ont la main forcée et consentent au mariage. Les journaux commentent ce petit scandale, publient les photographies des jeunes fiancés. Et Miss Ely profite de l'occasion pour faire faire l'apologie de son établissement où avait étudié Miss Béryl Whitney, le plus « fashionable »

de New- York, clientèle riche et distinguée, confortable de l'installation, beauté du parc, promenades et surtout excellence de l'éducation !

Un médecin de Chicago, le Dr George W. Fannecy, morphinomane invétéré, se fait enfermer dans une cellule et se soumet pendant cinq jours à un traitement de son invention, grâce auquel il se déclare libéré de sa terrible habitude. Il se fait photographier dans les différentes phases de sa « lutte héroïque », fait le récit détaillé de ses accès d'hallucination et de lucidité, de ses souffrances passées alors qu'il errait dans les « sentiers affreux des drogues humaines » et parle avec enthousiasme de sa résurrection.

Et voici le langage qu'il tient dans les annonces :

« Maintenant, dit- il, j'ai décidé de consacrer ma vie à guérir mes anciens compagnons d'infortune. Je le ferai en pensant à ma sainte mère, qui mourut il y a deux ans, après avoir longtemps prié pour la guérison de son fils. Je donnerai gratis mes remèdes. Je traiterai au People's Hospital, 2184, Archer Avenue. Je ne puis divulguer le secret de mon remède parce que les ignorants pourraient en mésuser. Je veux

protéger les hommes et les femmes contre les dangers de la morphine qui s'insinue dans leur cerveau comme un serpent. Modeste, mais confiant dans ma découverte, je veux aider mes compagnons d'infortune, et je sais que les Américains me soutiendront. »

Arrêtons- nous là. Nous ne trouverons plus rien de mieux que ce banquiste, qui, pour attirer les badauds, invoque la mémoire de sa « sainte mère », morte en priant pour son fils !

L'INTELLECTUALITE AUX ÉTATS-UNIS. — La femme américaine n'est pas exclusivement occupée de sports ou de toilette ; certaines, comme Mrs. Clarence Mackay, se sont taillé une véritable réputation d'écrivain.

LA BRUNE ET LA BLONDE. — L'Américaine du Nord est plus généralement blonde ; dans les Ltats du Suc longtemps soumis à la domination espagnole, prédominent au cuntraire les beautés brunes et les yeux noirs.

Planche i i3.

BEAUTES AMERICAINES. — Le type de la beauté féminine américaine, popularisé par les dessins de Gibbson, se distia ,^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^___ esl le fruil d'une éducation moins fermée q

LAMÉRIQUE MODERNE

• un harmonieux mélange de grâce délicate eL d'assurance aisée : la vivacité d'allures de la jolie Américaine, qui la rend si attirante, lotie où les sports occupent une importante place.

Planches i 14- i t5.

GIRLS AMÉRICAINES. — La mièvrerie est inconnue des jeunes Américaines. Accoutumées dès L'enfance aux exercices de plein air, elles acquièrent une beauté vigoureuse qui n'enlève rien à leur charme.

CUISINE DE MILLIONNAIRES. — Les jeunes et riches Américaines des Étals-Unis prétendent ne rien ignorer de leur rôle futur de maîtresses de maison, et elles s'y préparent en suivant assidûment des cours de cuisine.

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