LA CALIFORNIE
Un pays de grand avenir. — L'œil américain ouvert sur le Pacifique. — La bataille de demain. — Une proie facile. — Conflits à prévoir avec l'Europe. — La contrée des fruits. — Un verger colossal. — Statistique des exportations. — Les prunes d'Agen. — Fruits falsifiés. — Vins californiens et vins français. — Guerre à mort. — Infériorité des vins du cru. — Incompétence des palais américains. — Le trust du raisin. — Un comble. — Navires français alimentés de vins étrangers. — Le pétrole. — Sources inépuisables. — L'huile en pleine mer. — La mer en feu. — Le charbon anglais et les voiliers français. — Multiples emplois du pétrole. — Usines. — Chemins de fer, bateaux, fourneaux de cuisine. — La fin de l'or. — Deux villes nouvelles : Seattle et Tacoma. — Pas de navires français. — A quoi pensent
nos armateurs ?
e ne puis quitter cette contrée sans vous donner une idée de ses étonnantes richesses et de l'avenir qui lui est réservé. L'un des sols les plus fertiles de l'univers, un climat toujours égal, joints à la situation idéale de ses côtes en feront, à n'en pas douter, avant peu d'années, un des États les plus riches des États-Unis.
C'est par la Golden Gâte (Porte d'Or), qui s'ouvre toute grande sur le Pacifique, que l'Américain guette la Chine. C'est par là que passeront les énormes cuirassés des chantiers de l' Union Iron Works, que l'Europe et le Japon trouveront dans vingt ans, devant les leurs, du Pacifique à l'océan Indien. Je ne parle pas de ceux de New- York et de Cramps à Philadelphie, qui se promèneront dans l'Atlantique
et sur les rives de la Colombie. Car, une fois le canal percé et entre les mains des États-Unis, ne pourront- ils pas faire, et cette fois efficacement, le trust universel de l'eau salée ?
Vous le savez, l'Amérique se prépare à la grande lutte économique qui doit un jour ou l'autre éclater entre l'ancien et le nouveau continent. Elle se dit que, dans vingt ans, sa force industrielle aura décuplé, qu'elle aura déjà inondé l'Europe de ses produits] et qu'alors il faudra leur trouver de nouveaux débouchés. Où?
Évidemment vers cette Asie grouillante de 400 millions d'êtres qui s'offre comme le déversoir naturel de son expansion.
Mais l'Europe l'y aura devancée. Qu' arrivera-1- il? Et l'Amérique s'arme, construit des cuirassés, en construira encore, sans fin. En effet, le Yankee n'est pas homme à se soucier d'un obstacle. Pour lui comme pour l'Anglais, il n'y a que la
Pliot . Harris Daytona.
EN CALIFORNIE. — Dans la zone californienne prospèrent également les arbres du nord et les essences intertropicales. De même, dans les allées des jardins publics, les spécimens les plus différents de la race humaine se rencontrent.
UN CHAMP D'ANANAS. — Une des cultures les plus actives, aux environs de San-Francisco, est celle Ce fruit exquis, originaire des tropiques, n'a rien perdu de son arôme, en remontant vers 1rs plaines de
Daytona
tic l'Ananas.
Californie.
Flanche q.
wsr* *s*«^o^iï&®!&
:àM&^&Ê*£ÊÊm
ai *.j
EN CALIFORNIE. — La culture. — Pour l'exploitation de leurs vastes domaines, les Américains ont dû faire appel au concours de l'industrie, et de formidables machines ont été construites pour défoncer et labourer les terres.
VK*#i
■""* ■ -^ ' .-rfii | ■
Photo. Pierce & C°, Los Angeles.
EN CALIFORNIE. — La culture. — C'est aussi la machine qui joue le principal rôle dans les différentes phases de la moisson : c'est elle qui abat les vagues blondes du blé mûr, qui bat et ensache le grain et qui roule les gerbes.
Planche io.
force qui vaille. Et l'on assistera alors au plus formidable duel qu'ait jamais vu la terre. Car la planète a des bornes. L'Afrique n'étant pour ainsi dire pas peuplée, il ne restera aux puissances conquérantes que l'Asie à s'assimiler. La position de San Francisco, à quinze jours de mer de Yokohama et à vingt jours de Pékin, donne aux États-Unis une avance énorme sur l'Europe. Et quand l'Atlantique d'un côté et le Pacifique de l'autre seront devenus des lacs américains sillonnés de steamers bourrés de marchandises bon marché et de navires de guerre gavés d'obus, que deviendra l'Europe désunie devant cet ogre réaliste?
En attendant, la Californie reste un paradis fait de vergers immenses qu'exploite le génie organisateur de l'Américain.
Il n'y a nulle part au monde autant de fruits que dans ce coin du Far- West/ Je vous ai parlé des champs infinis d'orangers, de citronniers et de fraisiers qui entourent Los Angeles. Je suis allé aussi me promener près d'ici, dans la vallée de Santa Clara, à San José. C'était justement la saison où les pruniers, les cerisiers et les abricotiers fleurissent. Jamais je n'avais vu de jardins aussi blancs, aussi roses! A l'infini une neige lumineuse s'étendait à 2 mètres du sol et semblait, par la perspective, continue. Le vert du gazon lui-même disparaissait sous le rideau des arbustes candides.
Ce sont ces fruits qu'on exporte dans toute l'Europe, en Suisse, en Angleterre, en Allemagne, en France même. Voulezvous connaître quelques-uns des chiffres fabuleux de ces exportations?
L'État de la Californie a exporté 6.900.000 caisses d'oranges dans l'année 1901-1902, à raison de 50 oranges par caisses.
Plus: