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Le beurre canadien est exporté dans des chambres frigorifiques, qui ont une capacité totale de 100.000 boîtes. Les transports se font hiver et été des ports de Montréal, Halifax, Saint- Jean à ceux de Grande-Bretagne, Londres, Bristol, Liverpool, Manchester, Glasgow.
Quant au fromage, le Canada en exporte annuellement pour 90 millions. Le seul port de Montréal, en 1900, expédiait en Angleterre 1.896.000 boîtes de fromage, d'une valeur de 74 millions.
Les œufs mêmes s'exportent en Angleterre par millions de douzaines; le lard fumé (bacon) atteignait ces dernières années une exportation de 30 millions de kilogrammes.
exploitation L' exploitation forestière forestière oo au Canada commença à l'époque du Blocus continental, par suite de la nécessité où se trouvait l'Angleterre de chercher dans ses colonies des sources d'approvisionnement.
La valeur totale des forêts canadiennes, d'après le recensement de 1891, est de 400 millions de francs, dont 335 millions pour les quatre provinces d'Ontario, Québec, Nouveau- Brunswick et Nouvelle- Ecosse.
La superficie des forêts exploitées dans la province de Québec est approximativement de 60 millions d'hectares. Or la Russie en possède 200 millions, l'Allemagne 20 millions, la Suède 18 millions, l'Autriche 10 millions, la France 9.600.000, la Norvège 8 millions, la Hongrie 7 millions et les États-Unis 200 millions. Tous ces pays réunis ne possèdent pas en forêts une moyenne de plus de
35 p. 100. A elle seule, la province de Québec en possède 8 dixièmes.
Deux bois sont surtout exploités' dans ces forêts: le sapin et l'épinette grise, rouge ou noire. Mais ils possèdent une grande variété d'essences: le pin blanc, jaune et rouge, qui fournit une pulpe très fine et très forte ; la pruche, qui fournit quantité de dormants de chemins de fer à la Grande-Bretagne et aux États-Unis ; l'érable, dont la feuille est l'emblème national du Canada et dont une variété fournit un sucre excellent ; le frêne, le noyer, l'orme blanc employés pour les charpentes, les moyeux, les jantes de roues et les carènes de navires; le bouleau blanc, le tremble, le cyprès, le hêtre, employés surtout pour le fabrication de la pulpe et du papier.
L'exploitation des forêts canadiennes se fait par lots appelés « limites » et affermés au plus haut enchérisseur. Longtemps cette exploitation se fit sans règles et sans méthode. Les incendies allumés par l'imprévoyance des passants, les étincelles des locomotives, l'imprudence des bûcherons, étaient fréquents et ravageaient d'immenses espaces désignés par les Canadiens sous le nom de « brûlés ». L'exploitation actuelle est réglementée par la législature.
L'exploitation des bois s'opère facilement grâce aux rivières gelées. Les bois équarris sont réunis sur les rives du Saint- Laurent pour former au printemps, lors de la débâcle, des radeaux de bois qui arrivent aux immenses chantiers de Québec pour être de là exportés en Europe.
Plusieurs centaines de navires, montés par 15.000 à 20.000 matelots, sont employés chaque année pour le transport en Europe. Les trois quarts des bois exportés
vont en Angleterre, presque tout le reste aux États-Unis.
Mais, depuis un demi- siècle, une industrie nouvelle s'est développée au Canada, qui utilise une grande partie du produit de l'exploitation forestière. C'est l'industrie de la pulpe, qui fut introduite au Canada et aux États-Unis après la découverte faite en Allemagne en 1848. Cette pulpe est employée pour la fabrication du papier, à la place des chiffons et des fibres de certaines plantes herbacées.
L'industrie de la pulpe a fait des progrès énormes au Canada. On évalue approximativement à 150.000 tonnes la production annuelle. Trente fabriques, dont trois travaillent pour l'exportation, sont occupées à cette fabrication.
Elles trouvent dans les ressources naturelles du pays des conditions tout à fait favorables à leur développement.
A l'exception de la Sibérie, le Canada possède les forêts d'épinette les plus vastes du monde. Dans la seule région du lac Saint- Jean, d'immenses territoires peuvent fournir une matière première à peu près inépuisable à l'industrie de la pulpe et du papier. L'étendue des forêts est évaluée à 7.808.000 hectares, qui fournissent 390.400.000 mètres cubes de bois à pulpe, ce qui permet de fabriquer 65.666.666 tonnes de pulpe ou 1 million de tonnes pendant soixante- cinq ans, c'est-àdire que le territoire du lac Saint- Jean suffirait à la production annuelle du papier aux États-Unis pendant soixantecinq ans.
Outre la richesse des forêts, le Canada possède d'admirables forces hydrauliques naturelles. Pour mettre en marche une
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LE CAPITOLE. — Ce magnifique monument, siège du Parlement américain, est construit sur une hauteur de 30 mètres au-dessus du Potomac ; son dôme s'élève à 82 mètres ; sa masse imposante domine la ville entière.
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LA MAISON BLANCHE. — La résidence du Président de la République est d'une exlrème simplicité d'architecture que relève seul le grand portique à fronton grec, qui sert d'entrée.
M. ROOSEVELT. — L'ancien Président des Étals-Unis est un homme politique aux vues larges en même temps qu'un écrivain de talent : son administration fut particulièrement brillante et il s'y acquit l'estime générale.
Planche 160.
usine capable de produire de 25 à 30 tonnes de pulpe moulue par vint- quatre heures, il faut une force motrice de 2.500 à 3.000 chevaux- vapeur. Si l'on additionne tous les pouvoirs moteurs de la région du lac Saint - Jean (fleuves Mitassi, Chamouchouane, Ouitchouane, Métabetchouane, etc.), on arrive au chiffre formidable de 650.000 chevaux- vapeur, chiffre qui dépasse de beaucoup celui des rivières de Suède et de Norvège réunies.
Quant à la main-d'œuvre, elle est d'un bas prix relatif, condition essentielle au succès de cette industrie. On estime que chaque tonne de pulpe, depuis l'abatage de l'arbre jusqu'à la livraison en gare, représente en main-d'œuvre la journée de six hommes au prix de 1 dollar 25 ou 2 dollars par jour.
L'emploi de plus en plus étendu de la pulpe à une foule d'usages laisse prévoir le grand avenir de cette industrie. 75 p. 100 des papiers fabriqués en Amérique et en Europe sont faits avec des pâtes de bois; 25.000 journaux, tant aux États-Unis qu'au Canada, s'impriment sur papier de pulpe de bois. Le New- York World consomme pour son tirage 75 à 100 tonnes de papier, 270 environ pour le numéro de Noël. Or, 270 tonnes de papier nécessitent 230 tonnes de pulpe moulue, ce qui représente 200.000 pieds d'épinette. Le Globe de Boston, 60.000 cordes d'épinette par an, c'est-à-dire 200 arbres par jour. Le Petit Parisien de Paris, 120.000 arbres par an, c'est-à-dire la production de 25.000 acres de forêts.
La pulpe est de plus employée pour une foule d'autres usages : seaux, récipients, charpies pour pansements, imitation de
coton et de soie, boîtes de cigares, cadres, corniches et panneaux d'architecture, roues de wagons, pignons, poulies, conduites de vapeur et d'eau, poteaux pour fils électriques, cercueils, canots, tapis, matelas, crayons de plomb, paille artificielle, fers à cheval, conserves de fruits, chapeaux, tuiles, etc., etc.
Une roue de wagon en papier peut parcourir 3.300.000 kilomètres sans éprouver aucune détérioration ; elle est plus forte que Celles faites en acier et en fer et coûte beaucoup moins cher. On a même essayé de construire des machines à vapeur en papier, et l'on prétend que la pulpe sera aussi utile dans l'avenir que le fer et le bois. Les principales usines appartiennent à des compagnies américaines. Celles de Sault- Sainte- Marie, Grand' Mère, Shawenegan, etc., comptent parmi les plus importantes ; mais la Compagnie canadienne-française de Chicoutimi lutte avec succès contre la concurrence américaine.
L'exportation se fait surtout en Angleterre, en Belgique, en Espagne et en Italie. La France a cessé tout à coup d'importer et se fournit en Suède et en Norvège. Les traités de commerce entre elle et le Dominion admettent pourtant un minimum de tarif pour l'entrée de la pulpe. Quant au marché des États-Unis, il est actuellement frappé pratiquement par un droit de 27 fr. 50 à 32 fr. 50 par tonne. Néanmoins l'industrie de la pulpe ne redoute aucune concurrence sérieuse (si ce n'est celle de la Russie), à cause des conditions exceptionnelles qu'elle rencontre au Canada.
C'est pourquoi cette industrie mérite l'attention sérieuse de la papeterie française.