‹ L'Amâerique moderneChapitre 9 sur 50 · ARTICLES DE FOI · texte numérisé non relu

ARTICLES DE FOI

de l'Église des Saints des Derniers Jours.

1. Nous croyons en Dieu, le Père Éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit.

2. Nous croyons que les hommes seront punis pour leurs propres péchés, et non pour la transgression d'Adam.

3. Nous croyons que, par le sacrifice expiatoire de Christ, tout le genre humain peut être sauvé, en obéissant aux lois et aux ordonnances de l'Évangile.

4. Nous croyons que ces ordonnances sont : 1° la Foi au Seigneur Jésus-Christ ; 2° la Repentance ; 3° le Baptême par immersion pour la rémission des péchés ; 4° l'Imposition des mains pour le don du Saint-Esprit

5. Nous croyons que, pour prêcher l'Évangile et en administrer les ordonnances, un homme doit être appelé de Dieu par « révélation et par l'imposition des mains », par ceux qui sont en autorité.

6. Nous croyons à la même organisation qui existait dans l'Église primitive, savoir : apôtres, prophètes, pasteurs, prédicateurs, évangélistes, etc.

7. Nous croyons au don des langues, de prophétie, de révélation, de vision, de guérison, d'interprétation des langues, etc.

8. Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu, autant qu'elle est traduite correctement ; nous croyons aussi que le Livre de Mormon est la parole de Dieu.

9. Nous croyons tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu'il révèle maintenant, et nous croyons qu'il révélera' encore beaucoup de grandes et importantes choses touchant le royaume de Dieu.

10. Nous croyons au rassemblement littéral d'Israël et à la restauration des Dix Tribus. Nous croyons que Sion sera bâtie sur ce continent (l'Amérique) ; que Jésus-Christ régnera en personne sur la terre et que la terre sera renouvelée et recevra sa gloire du paradis.

11. Nous réclamons le privilège d'adorer le Dieu tout-puissant selon les inspirations de notre conscience, et nous concédons à tous les hommes le même privilège qu'ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu'ils veulent.

12. Nous croyons que nous devons nous soumettre aux rois, aux présidents, aux gouverneurs et aux magistrats, obéir aux lois, les honorer et les soutenir.

13. Nous croyons que nous devons être honnêtes, fidèles, chastes, bienfaisants et vertueux et faire du bien à tous les hommes ; en effet, nous pouvons dire que nous suivons l'exhortation de

Paul : « Nous croyons tout, nous espérons tout » ; nous avons enduré beaucoup de choses, et nous espérons être capables d'endurer toutes choses. Nous aspirons à tout ce qui est vertueux, aimable ou de bonne réputation ou digne de louanges.

Mais ces Mormons croient aussi que Dieu est un être parfait ayant un corps de chair et d'os, car Jésus- Christ a dit qu'il était l'image de son père.

Ils croient que la femme a droit aux mêmes droits et privilèges que l'homme, « sa sphère étant aussi noble que celle de l'homme ».

Ils croient que toute personne apte au mariage devrait se marier, et que tout homme qui évite les obligations du mariage est un élément dangereux pour la société.

Enfin on n'est un bon Mormon que si l'on paye à l'Église la dîme, c'est-à-dire la dixième partie de ses revenus.

Les Mormons se vantent d'avoir subi pour leur foi autant de persécutions que les religions passées, et ils comparent le martyre de leur prophète à celui des grands fondateurs d'Églises. Ils racontent qu'à peine formée leur Église fut en butte à la haine des sectes rivales, celle des méthodistes surtout, qui dominait déjà dans la Nouvelle- Angleterre. Le jour même de sa fondation, le 6 avril 1830, à Fayette, dans l'État de New- York, son prophète Joseph Smith fut traité d'imposteur venu pour troubler la paix du monde. Toujours traqué, il se réfugia en Pensylvanie avec sa femme. Là, son beau- père se mit à la tête des méthodistes, qui le poursuivaient impitoyablement. Accompagné de quelques centaines de fidèles disciples, il s'en alla vers l'Ouest, dans l'Ohio, où il espérait trouver enfin la

Nouvelle Jérusalem que Dieu lui avait promise dans une révélation.

Ils arrivèrent dans le comté de Jackson, achetèrent des fermes, des terrains et se soumirent tous à la loi parfaite du Seigneur, laquelle ordonnait à chaque individu d'abandonner la totalité de ses biens à l'évêque et de renoncer complètement à toute propriété. L'Église faisait de lui une sorte d'intendant de ses biens et échappait ainsi aux dangers du communisme des premiers chrétiens.

Mais cette prospérité fut de courte durée. De nouveau, les persécutions reprirent. Impuissants à lutter contre leurs adversaires, les Mormons assistèrent à l'incendie de trois cents fermes ; ils virent leurs granges et leurs étables pillées, leurs chefs fouettés ; quelques-uns plongés dans du goudron, puis roulés dans la plume, étaient ensuite livrés aux moqueries et aux injures de la foule ; ils furent accusés de blasphèmes, de sorcellerie, de prétentions aux miracles, à la guérison des malades. « Il faut que les Mormons partent ! » devint bientôt le cri général. La contrée entière se mit en armes; les Mormons furent battus. Douze à quinze cents personnes furent expulsées ; la plupart des exilés trouvèrent refuge dans le comté de Clay, dans l'Ohio, où ils vécurent tranquilles de 1833 à 1836.

Pendant trois ans, ils prospérèrent.

Mais bientôt on leur reprocha leurs manières, leurs mœurs. Cette fois, les Mormons quittèrent d'eux-mêmes Clay pour aller s'installer plus au nord, dans la région de Shoal Creek. D'autres se dirigèrent vers les comtés de Caldwell et de Daviess, pays encore peu habités, où

ils comptaient pouvoir enfin vivre en paix. Mais, en 1838, un ordre d'extermination du gouverneur Boggs permit au banditisme organisé de voler, d'assassiner, d'incendier impunément. En dépit des actes qui garantissaient leur propriété, douze à quinze mille Mormons furent chassés de leurs demeures.

Hommes, femmes, enfants, poursuivis par des oppresseurs sans pitié, s'enfuirent vers le Missouri. Ils traversèrent les glaces du Mississipi et arrivèrent, dépouillés de tout, sur les bords hospitaliers de P Illinois. Les habitants se cotisèrent pour leur donner un millier de dollars, des vêtements et des provisions. Les Mormons achetèrent des terres à Kiokuk, à Iowa, à Nashville, à Montrose, et, sous la direction de Joseph Smith, fondèrent sur les bords du fleuve un petit village de six maisons, qu'ils baptisèrent du nom de Nauvoo. La population du village s'éleva bien vite à 3.000 puis à 20.000 habitants. Les missions étaient prospères. Alors les Mormons commencèrent à s'intéresser aux affaires politiques. Cette idée ne leur réussit pas. Leurs votes furent d'abord recherchés par les politiciens. C'est ainsi qu'ils aidèrent à l'élection de William Henry Harrison, le candidat whig à la présidence contre Martin Van Buren, non pour défendre des principes whigs, mais parce que Van Buren était leur ennemi.

Le spectre de la persécution se leva de nouveau devant eux. Arrêté et emprisonné à plusieurs reprises pour satisfaire la rancune de ses ennemis, Joseph Smith avait réussi jusque-là à se disculper.

Trente- neuf fois il comparut devant les tribunaux et trente-neuf fois il fut acquitté.

« Si les lois ne peuvent l'atteindre, déclarèrent alors ses adversaires, la poudre et les balles s'en chargeront. » Et, dès lors, ce fut contre le chef de l'Église que les plus odieuses accusations s'amassèrent.

La guerre acharnée que lui faisaient les apostats de son parti aggravait d'autre part sa situation.

Ceux-ci fondèrent une nouvelle église sous la direction de William Law et déclarèrent que Joseph était un prophète déchu.

La doctrine de la pluralité des femmes et de l'éternité du mariage, établie en juin 1843, n'était pratiquée que par les chefs de l'Église et tenue encore secrète. William Law, un renégat, en profita pour faire arrêter Joseph Smith comme polygame. Le prophète, son frère Hyrum et seize autres de ses amis furent conduits le 24 juin à Carthage, ville des environs, et livrés à la fureur d'une foule de deux cents personnes, qui les tua.

Il n'y avait plus, pour les Mormons, d'autre alternative que l'exil ou le massacre. Le 8 août 1844, Brigham Young avait été élu à la présidence de l'Église. C'était un des douze Apôtres mormons, celui qui avait le plus ardemment secondé le prophète Smith dans sa lutte contre les apostats et tous les ennemis de sa foi. Son habileté et son énergie faisaient de lui un conducteur de peuple. On décida que les terres seraient vendues ou échangées pour des animaux ou des chariots. Des centaines de fermes, 2.000 maisons furent mises en vente ; à la fin, pressés par leurs ennemis, les Saints se réunirent en grand nombre au bord de la rivière, et, le 4 février 1846, ils commençaient leur

exode vers l'Ouest. Le sol était couvert de neige, le vent âpre et froid; ils dormaient sous des tentes, dans des chariots, n'ayant d'autres perspectives, au milieu de l'hiver, que la neige, les tempêtes, les attaques des sauvages et la solitude inexplorée. Équipe par équipe, ils quittèrent Nauvoo, laissant derrière eux les invalides et les malades incapables de supporter les fatigues d'une marche périlleuse à travers le désert. Ils avaient obtenu de leurs ennemis qu'on laissât tranquilles les vieillards et les infirmes. Mais, traîtres à leur promesse, les baptistes assiégèrent la ville, la bombardèrent, exigèrent le départ de ces malheureux, qui presque tous moururent. En même temps, les Mormons étaient obligés de fournir un bataillon de 500 hommes au gouvernement des États-Unis, alors en guerre avec le Mexique. L'enrôlement de ce bataillon les priva de l'élite de leur troupe et mit fin à leur exode pour cette année (1844).

Alors Brigham Young s'arrêta dans le désert, au milieu d'Indiens sauvages qu'il se concilia par son humanité. Il avait pour maxime : « Il coûte moins de nourrir les Indiens que de les combattre. » Il établit ses quartiers d'hiver à Florence (Nébraska) pour permettre aux membres épars de son troupeau de se réunir et se préparer à la marche finale. Brigham Young était un guide aussi sagace que résolu. Avant de commencer cette marche périlleuse, prévoyant les désespoirs et les misères, il s'était procuré des instruments de musique, et chaque soir, après leur marche fatigante, une gaie fanfare invitait les pauvres pèlerins à la danse, aux jeux, à d'innocentes distractions. Le camp fut organisé,

des rues percées, des magasins, des boutiques établis. L'Église continuait à prospérer ; les meetings religieux subsistaient ; des écoles étaient créées et des missionnaires envoyés au loin. Ainsi organisés, les Mormons suivirent la rive nord du Platte. Affaiblis par la faim, les privations, les maladies, beaucoup d'entre eux moururent prématurément. D'autres, plus robustes, soutenus par leur foi et les exhortations des chefs, traversèrent le grand désert américain et arrivèrent après tant d'épreuves dans la vallée du lac Salé.

Durant leur exode, les Israélites avaient fait une marche de 750 kilomètres environ. Les Mormons avaient parcouru dans leur exil plus de 2.400 kilomètres : toute la distance de Nauvoo, sur le Mississipi, d'où ils partirent en février 1846, jusqu'à l'Utah, où ils arrivèrent le 24 juillet 1847. Sans perdre de temps, les Mormons explorèrent le pays, labourèrent le sol, construisirent des « adobés » pour les frères qui allaient venir. Attirés par la découverte des mines d'or en Californie, quelques-uns s'enfuirent de ce désert inhospitalier. En vain ils conseillèrent aux Mormons d'abandonner leur projet, leur répétant que le sol aride de l'Utah, resté sans culture pendant des siècles, brûlé durant l'été par une chaleur torride, couvert de neige durant l'hiver, était incapable de rien produire. Brigham Young répondit à ces sollicitations en conseillant à son peuple de rester en Utah, de cultiver le sol, lui promettant qu'à la fin il serait plus riche que les chercheurs d'or. « Ici, dit-il, ici nous allons bâtir le temple de notre Dieu. » Et il bâtit ce temple. Un demi- siècle suffit, en effet, pour

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Planche 2j

transformer le désert aride en une région fertile, l'une des plus prospères de l'Union. Le désert se peupla par l'émigration des États de l'Est, grâce à l'établissement du chemin de fer de New- York à San Francisco

Le pays fut irrigué, des puits artésiens creusés dans toute l'étendue du territoire, les mines d'or et d'argent exploitées.

Malgré ces efforts, les Mormons restaient en hostilité avec le reste des habitants de l'Union. On les accusait faussement d'être étrangers, de refuser le serment de fidélité au gouvernement des États-Unis. D'horribles serments et de terribles pénalités les forçaient, disait- on, à reconnaître la seule autorité de Brigham Young et à considérer le « gouvernement dont il était le chef comme supérieur à celui des États-Unis dans les affaires civiles et religieuses ». On les accusait également de s'allier avec les tribus indiennes et d'organiser des bandes qui, sous le nom de Danites ou « Anges

destructeurs », appliquaient un système de vol et de meurtre. De nombreux fonctionnaires des États-Unis dans le territoire de l'Utah racontèrent un jour que les Mormons avaient détruit toutes les archives des tribunaux, menacé les fonctionnaires des États et que le territoire était en rébellion. Le gouvernement de Washington envoya une division dans l'Utah, sous la conduite du général Johnston, pour apaiser la révolte qui n'existait que dans l'imagination des anti- Mormons. Brigham Young eut le courage d'interdire l'entrée de l'armée dans le territoire et en envoya une pour la recevoir. Puis il prépara de nouveau son peuple à la nécessité de l'exil. Mais une « Commission de Paix », déléguée par le gouvernement des États-Unis, reconnut l'inexactitude de ces accusations, et désormais la polygamie demeura le seul grief officiel contre le mormonisme

Il nous reste donc à étudier la question de la polygamie.

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