L'AHAHT DI GEHEVlfiVE
<i;ms les esprits les moins disposes a souvrir, |i.'s moins bien dou^s, les plus rebelles. J'ai LiiDt rcloum^ ces principes, jeme suis tellemeiit i^lforce de les rendre simples et attrayaots, qu'a t.-e point de vue je serais difTiciiement d^pass^. Voulez-vousjoepermettrede !es placer sous les yeiix de mademoiselle Genevieve. II me semble (|iie je parviendraisa leslui faire trouver presque aiinables. Pour moi, ce serait une tache bien douce, dontia pens^e m'inspire une sorted'en- [liousiasme. Restaat sous votre direction, vous cuusultant sans cesse, ayant compns vos vues, aiiim^ de vos intentions, je ne pourrais pas ciitraver votre ceuvre, ui d^tourner cette jeune intelligence de la voie que vous d^sirez lui voir suivre.
M. de Peyralfes prit la main du jeune homme cL la serra d'une chaude ^treinte.
— Ah! je vous remercie, dit-il, j'accepte.
Vous commencerez demain.
A ce moment, Genevifeve et Philippe, qui s'^taient fatigues de leurs livres, passaieot en couraot sur le sable jaune de I'all^e au-dessous lie la terrasse.
— Genevifeve ! appela le marquis.
EUegravit les marcheset arriva tout essouffl^e.
— Genevifeve, dit son pfere, n'aimerais-tu pas a prendre tes lemons avec M. Forest pendant que nous sommes kla campagne?
— Oh! fit I'enfant, je le veux bien. Philippe m'a dit qu'il est si interessant!
Les deux hommes sourirent.
— C'est que Philippe aime bien I'^tude, dit M. Forest serieusement.
Le joli front de Genevifeve s'assombrit. Mais, tout Ji coup, frapp^e d'une idee merveilleuse :
— Eh bien, moi aussi, d^clara-t-elle, j'aimerai r^tude, si Philippe travaille avec moi-
— Philippe ne pent pas travailler avec toi, r^pondit le marquis, dont toute la froideur reparut dans la voix et sur le visage. Philippe sait tout ce qu'il a besoin d'apprendre. Maintenant son grand-pfere veut le conserver auprfes de lui pour en faire un bon garde-chasse.
M. Forest n'intervint pas, mais son regard chercha, plein d'anxi^t^ soudaine, T^lfeve pr^ fer6 qu'il allait perdre. Philippe jouait avec un chien; il arrondissait les bras en joignant les mains, et sifflait la petite bdte qui, dress^e k le faire, sautait dans ce cerceau naturel.
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— Ah ! reprit Genevieve, dont les Ifeyres tremblaieat comme sielle allaitpleurar, son grandp^re est ignorant ; il ne peut pas juger. Maman le disait souvent. G'est elle qui per&uadait
I ', au vieux Sauval qu'on ne doit pas rester dans
\m bois, sans rien apprendre, ainsi qu'ua loup. . . Elle 6tait bien contente que Philippe fit des progr^. Oh ! si elle ^taitici, comme elle serait heureuse qu'il ait eu la m^aille, et le prix d'excellence, et tousles prix! Et bien s6r, bien sir, eile lui permettrait d'6tudier avec moi.
N'obtcnant pas de r^ponse, elle continua de supplier, avec sa petite voix touchante. Quand elle avail pronoac^le nom de sa m^re, leslarmes s'^tateut tehapp^s de ses yeux; elle ne les essuyait pas, sachantleur force. M. de Peyralte L'tait devenu pensif.
— Sott, dttril enfin; je le permets pour cet otd. Uais U faut encore que M. Forest n'; vote pas d'obetacle et que le p^re Sauval y consento. Puis, tu m'entends bien, Genevieve: le jour oil jene serai pas satisfait de tes [ffOgrte, je te retirerai ton compagnon.
11 u'eut pas le temps d'achever ton discoun.
Genevifive s'^tait jet^ dans &es bras et le
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remerciait avec transport. Elle Tembrassait, lui faisait mille caresses, et le prenait a t^moin de r^olutions telles que, si elle eAt dA les tenir, elle eut ^puis6 avant deux mois le bagage scientifique, point k d^daigner pourtant, de M. Forest.
— Philippe, Philippe, 6coute. Nous allons ^tudier ensemble... tout T^te! Papa Ta dit.
G'est M. Forest qui nous donnera des lemons.
Tu es content, n'est-ce pas? Viens dire k papa que tu es content.
Le petit gargon cessa de jouer, et releva la t6te en devenant trfes rouge. II regarda Genevieve, puis M. de Peyralfes et M. Forest. Sur un signe du marquis, ilmonta lesdegr^sdepierre; il allait doucement, ^cartant le chien qui sautait aprfes lui; son embarras ^tait visible.
Mais quand il sut que ce n'^tait pas une plaisanterie de la petite fille, qu'on lui laissait encore ses chers livres d'etude, et qu'il travaillerait tousles jours au chateau, entre ce maltre qu'il admirait et cette ravissante compagne, sa joie fut si intense qu'il en devint tout pale. II s'appuy a sur le dossier d'une chaise et porta une main a sa poitrine comme s'il soufifrait.
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l'aMANT DE 6EN£YI£VE
M . de Peyral6s et le maitre d'^cole ^changferent un coup d'oeil.
— Tu ne tiens pas a devenir garde-chasse, n'est-ce pas ? demanda presque brusquement le marquis.
Philippe, dont Tcimotioii s'apaisait, Msita un instant. II semblait surpris de la question comme s'il ne se la filt jamais adiess^e k luim^me.
— Mon grand-pfere, dit-il enfin, m'a appris hi que le premier devoir des Sauval avait loujours I' et6 de bienservir les marquis de Peyral6s.
L'enfant prononga ces mots avec une certaine dignity ; on aurait dit qu'il affirmait la noblesse de sa familie, I'appuyant sur un devouement h^r^ditaire.
— Et toi? insista le marquis.