POURQUOI UNE FEMME DOIT-ELLE AVOIR PLUSIEURS
MARIS ? — PARCE QUE, TEL QUE LA PLUPART DES MARIS COMPRENNENT LE DEVOIR CONJUGAL, UN SEUL EST SUFFISANT POUR LUI DONNER SA RATION D'AMOUR PHYSIQUE, POUR SATISFAIRE SON DROIT INDISCUTABLE AU BONHEUR SENSUEL.
« Quand la société moderne « bien convaincu une . : lemme, par le théâtre et par le livre, par la musi-
bas que dans l'amour, elle lui enjoint, par la voix d’un monsieur, ceint d’une écharpe, de sacrifier cet unique bonheur. à quoi? À la commodité dun homme qui a traîné quinze ans chez des drélesses ; aux hypocrisies d’une coterie de femmes dont quelqüues-unes ont rôti tous les balais et la plupart des autres regretté de n'avoir ni balai ni feu ; — le tout pour obéir aux injonctions d’une loi fabriquée, entre deux pots-de-vin, par des législateurs, qui représentent une majorité d’inconscients et dont neuf sur dix ont passé leur vie à renier leur pro-
gramme. » | (PaAuL BoURGET, de l’Académie française, commandeur de la Légion d'honneur.)
« 11 y a des maris qui, très prompts dans la satisfaction de leurs besoins génésiques, ont des femmes dont la sensibilité est lente à s’émouvoir. Il en résulte que celles-ci éprouvent un désappointement qui les porte à rechercher des hommes dont le tempérament soit plus en rapport avec le leur. »
(DOCTEUR BERGERET) pe dé. J 2
que et par la conversation, par les exemples et par : les conseils, qu’il n’y a, pour elle, de bonheur ici-
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4 dr Re AE tellement excitée par celte manœuvre qu'elle laisse échapper son urine ; le mari la prend alors et la féconde. »
Ces sauvages sont moins barbares pour la femme que Saint-Ammon qui, dès la première nuit de ses noces, persuada à son épouse de garder à son exemple une continence perpétuelle et vécut avec elle en tout innocence pendant dix-huit ans. | |
J'entends bien que ce phénomène était une M ton heureusement, mais nous allons voir que, pratiquement parlant, la facon dont se comportent avec les femmes la plupart des maris équivaut presque à l’abstinence chez la femme, du moins au point de vue de son plaisir charnel.
Ce n’est pas moi, c’est le docteur Debay qui écrit, dans sa Physiologie du mariage. « Sur cent coïts, particulièrement dans la classe vulgaire, il en est un à peine où la femme éprouve le spasme vénérien conjointement avec l’homme. D'abord parce que le spasme arrive plus vite chez l’homme que chez la femme, ensuite parce qu'en général, l’ardeur, l'égoïsme de celui-ci le poussent à satisfaire un besein, sans s'inquiéter si la femme éprouve, à ce moment, le même besoin. »
Trop peu d'hommes ont lu ou compris Balzac : re térêt d’un mari lui prescrit, au moins autant que l'honneur, de ne jamais se permettre un plaisir qu ‘il n ‘ait eu
le talent de faire désirer par sa femme. »
Maiss’iln "y avait encore que cela !
Jamais on ne saura trop déplorer, avec le docteur Jules Guyot (1) qu’on ait « jusqu'ici négligé, comme de parti pris, La question LA PLUS IMPORTANTE de la facon d'être dans le mariage, qui domine si bien toutes les autres qu'il semble qu’elle soit devenue maîtresse de toutes. »
‘Oui, indubitablement capitale, puisque le bonheur et la santé en dépendent ! Puisque, chez toutes, parlent les sens, et qu'il est inutile de vouloir se proclamer au-dessus de ces contingences. Que celles qui font leurs mijaurées
(1) Bréviaire de lamour expérimental, : { » 3
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relisent cette page courageuse du docteur Binet-Sanglé, professeur à l'Ecole de psychologie (1) : ;
« Combien de fois, entendant jeter l'anathème par des femmes réputées verlueuses, sur d'autres en puissance ‘d'amant (celle-ci trop pauvre pour trouver un “art, celle-là vendue par ses parents à un bandit ou à un imbécile, cette autre devenue veuve avant l'extinction des désirs sexuels, mais à jamais dégoûtée d'une union avilissante), combien ‘de fois n'ai-je pas élé tenté d'arracher les masques el de crier aux mijaurées : He
Vous n'avez pas d'amant, Angèle, mais chaque soir, sur un siège différent — ainsi le veut votre faniaisie — vous vous donnez à . vous même le plaisir, que donne un amant.
Wous n'avez pas d'amant, Julie, aux pupilles dilalées, aux paupières éternellement battues, mais jusqu'à cinq fois par jour, vous chevauchez, dans le même but, l'accoudoir d'un petit fauteuil.
Vous n'avez pas d'amant, Hélène, mais à l'instar de Madame Roland, qui du moins l'avoua, vous demandez à votre ‘ traversin l'illusion d'une étreinte humaine.
Vous n'avez pas d'amant, Agnès, mais, un jour parlant à Madame de X. de voire amie Suzanne, qui porte un grand nom, vous avez, en riant, prononcé celte phrase : « Suzanne a de vilaines lèvres, mais elles collent st bien ! »
* Wous n'avez pas d'amant, Jeannette, mais si les chiens savaient parler, la langue de votre king-Charles nous en dirait long sur votre vertu. :
Vous n'avez pas d'amant, Elise, mais au cours d'une traversée, une dame, entrant dans votre cabine et soulevant le couvercle d’un coffret, fut suffoquée en constalant que vos dix-huit ans s'amusaient d'un phallus artificiel.
» Elise, qui n'a point d'amant, n'est ainsi plus vierge, mais Vous, = Vuonne, qui êtes intacle, vous avez pourtant un amanl. Vous vous lépuisez réciproquement à vous donner la ‘phtisie. Or ce n'est pas: un bacille qu'on trouva dans votre salive, Yvonne à la bouche si » petite qu'on la comparait à vos yeux !
\Tels sont les faits authentiques, continue Île D' Binet-Sanglé, qui me reviennent en mémoire chaque fois que les femmes répulces verlueuses, stigmatisent, devant moi, le libre amour.
Résumons-nous :. | |
Chez, toute femme jeune et normalement constituée, les ‘glandes génitales secrètent des toxines qui s'accumulent dans leur cavité. St ces toxines ne sont pas éjaculées, elles sont réabsorbées par les Vaisseaux qui lapiséent ces glandes, passent dans la circulation, viennent en contact des neurones et déterminent des désirs sexuels,
| () Le Haras humain. Albin Michel, éditeur.
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puis un malaise qui augmenie peu-à peu jusqu'à devenir insupportable. Pour faire cesser ce malaise, la femme se livre au coït e! si, pour une raison ou pour une autre, ce coït lui est interdit, elle pratique, à moins que des rêves voluptueux ne la soulagent, l'onanisme, le tribadisme, le saphisme et même le coût anal. : 1
Quant à la vertu, dans le sens complei du mot, elle ne se rencontre que chez les femmes dont le système nerveux génital ne s'est pas développé, c'est-à-dire chez les dégénérées.
Gardez donc, bambines et sadinettes, vos regards ingénus et vos mines effarauchées pour les jocrisses et les chauffe-la-couche qui vous conduiront au moëûtier et vous offriront le brouet de la mariée. Vos dévotions à Sainte-Nitouche ne font qu'amuser la philosophie des gens qui, par profession, sont tenus dé vous deviner. »
Et puisqu'il nous faut combattre la thèse générale, si fausse de la prétendue froideur de la femme, citons d’au-
tres autorités qui vont solidement établir au contraire que.
chez la femme, le cœur est dominé par les sens, que, selon
le joli mot d'Henri Bataille, son cœur est un bon bourgeois : ce sont ses sens qui le traînent à la noce, que,
comme l'écrivait enfin La Rochefoucauld : « Dans les premières passions, les femmes aiment l'amant ‘: dans les autres, elles aiment l'amour ! »
. Remarquez d’abord le nombre actuel de lesbiennes. : Jamais le saphisme n'eut tant d’adeptes. Pourquoi ?,
Parce que la tuerie de la guerre à condamné trois femmes
sur quatre au célibat. Or mêmes causes, mêmes effets. |
Ecoutez Nystrom :
€ Le célibat des prêtres et le manque d'hommes en état de se À marier, surtout pendant les croisades, fut la cause qu'un grand nom-. bre de femmes durent renoncer au mariage. Cct état de choses eut,
entre auires conséquences, la formation d'ordres féminins pour la
salisfaction du besoin sexuel. L'ordre de la Madeleine fut ainsi.
formé à Marseille au xu° siècle et‘fut consacré par le pape Nicoles
If et par le roi saint Louis sous le nom de fiiæ Dei (les filles -
de Dieu). »
Les couvenis d'hommes et de femmes témoignaient Partout de l'activité du besoin sexuel et cela souvent d’une manière très frappante. Il s'y trouvait des enfants en grand nombre, et l'on y a découvert par la suite de nombreux squelettes d'enfants dans les chambres ou souterrains secrets. Dans certaines localités balnéaires comme à Aargan et à Wiesbaden, moines et religieuses élaient en relation intime et se baignaient même ensemble, comme les
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\ se jutres baigneurs. Plusieurs couvents de femmes n'élaient en somme jen d'autre que des maisons de prostitution que fréquenfaient les jeunes nobles qui s'y livrgient avec les nonnes à la débauche la plus effrénée. Tels étaient par exemple les couvenis de Kirchkeim, Séflingen, Oberndorf, etc. >: Ù
HI] semble done bien certain que le besoin sexuel est le même chez les deux sexes ; mais, avant d'examiner à fond la question, soulignons l'intérêt immédiat qu'elle présente au point de vue social, indépendamment de son incontestable importance au point de vue individuel.
Le fait en effet que les hommes vivent dans l'ignosance la plus profonde de tout ce qui touche la génération, qui devrait cependant les préoccuper le plus, à des conséquences sociales certaines. Non seulement ils se reproduisent aveuglément, sans sélection, mais ils le font souvent, quand ils accomplissent « le devoir conjugal »,
comme une sorte de corvée. Or Burdach n'hésite pas à
déclarer, dans sa Physiologie, que « le cüractère de beauté ou de laïideur des enfants dépend moins jusqu'à un certain point de la correction ou de l'incorrection des formes des parents, que de l'amour ou de l’aversion qu'ils s'inspirent. De là le proverbe : Les enfants de l'amour sont toujours beaux. » | |
" Et le docteur Michel Bourgas écrit (1) :
« L'utilité d'un travail apprenant à l'homme à se rendre heureux au foyer domestique n'est pas bornée à l'individu. Elle s'étend à la société entière, qui a iniérêt à voir disparaître, ou tout au moins diminuer dans une large proportion, les maux sans nombre qui résulient des unions troublées ou détruites; maux qui s'attaquent à ce qu'il y a de plus respectable : l'honneur des familles,
la vié des personnes, l'avenir des enfants, maux dont le sinistre
cortège comprend la jalousie, l'adultère, le meurtre, la prostitution, la dépopalation, les vices les plus abjects, plus de crimes que la cupidité, la paresse et la débauche ensemble n'en sauraient accumuler.
L'arrêt de l'accroissement de là population provient aussi de ces rapprochements maussades où la femme est contrainte ou indiffé-
, r e . ° rente. Lorsqu'il y a procréation — ce qui arrive malheureusement
102) Le droit à l'amour pour ia femme. Vigot frères, éditeurs,
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— entre époux sans amour, il n'en peut résuller qu'un rejéton chétif
de corps el pauvre d'esprit. Seuls, les êtres qui vivent heureux dans une affection réciproque engendrent des" enfants sains, rabusris
tes et intelligents.
: AInstruire l'homme des Dalles conditions dans lesquelles la
nature veut qu'il soit procédé aux rapports conjugaux, c'est contri-
buer non seulement à augmenter la population, mais encore à l'amé-
liorer.
C'est le désaccord sexuel qui engendre les tricheries et les frau-
des de tout ordre. Or, par là, le préjudice causé à la société n’est.
que trop évident, puisque les fraudes génésiques, ayant pour but de stériliser les rapports sexuels, aboutissent à la dépopulation.. Il ne
faut pas chercher d'autre cause à l'arrêt d'accroissement de la popu-
lation constaté depuis longtemps en France, pays qui présente cette contradiction qu'il compte proportionnellement le plus de femmes mariées el le moins de naissances. » À
Cela vaut donc la peine que nous examinlions suCcessivement ces deux points :
al ol appétit sexuel de‘la femme est non DT cer-
tain, mais il est plus exigeant que celui de l’homme :
| b) Ce n’est pas son mari seul qui puisse prétendre à le satisfaire, avec sa facon égoïste de comprendre le devoir conjugal.