L'HOMME
Totus homo semen est, tota mulier in utero\ |
F Les poètes, seuls, ont compris l’importance capitale de l'amour chez les femmes. Musset a écrit :
« La pensée D' un bone est de plaisir el d’ennuis traversée‘; Une femme ne vit el ne meurt que d'amour. :
Elle pense une année à quoi lui pense un jour. »
Et, parlant d’une femme qui n’avait point aimé, il a ditis | | Qi « Elle est morte et n’a point vécu :
Elle faisait semblant de vivre !
De ses mains est tombé le livre Dans lequel elle n’a rien lu. »
Bien avant lui — c'était au début dü XVH° siècle, un anonyme dédiait AUX DAMES ces trois questions, qui
datent de 1609 : ‘ à
Mignonnes, j'ai voulu, excusant votre amour, :. À visages masqués jouer vos personnages ;
Ce serait allumer la chandelle en plein jour : Aux pèlerins connus il ne faut pont d'images.
Le poèle qui a découvert vos abus
À senti la rigueur de votre âme irritée ; Mais ne le faites plus, il n'en parlera plus : L'effet cesse à l'instant que la cause est ôtéc.
+ S'ilyous est malaisé de quitter ce plaisir, Îl nous est entor plus malaisé de nous taire ; Vous avez trop d'amour et nous trop de loisir : Nous aimons d’en parler, vous aimez de le faire.
Et, plus loip encore dans le temps — au siècle précé-
dent — Remi Belleau avait, dans ce sonnet, montré que
toutes les femmes ne sont pas froides, puisque c'en est une Qui s'exprime par sa plume en cette forme chaleureuse :
Embrasse-moi, mon cœur, baise-moi, je l'en prie, \ Presse-moi, serre-moi ! À ce coup je me meurs ! Maïs ne me laisse pas en ces douces chaleurs :
Car c'est à celle fois que je te perds, ma vie.
Mon ami, je me meurs el mon âme assouvie RE
D'amour, de passions, de plaisirs, de douceurs, * S'enfuit, se perd, s'écoule et va loger ailleurs,
Car ce baiser larron me l’a vraiment NS
MID yr
Le
Je pâme ! Mon ami ! mon ami, je suis morte !
Hé ! ne me baisez plus, au moins de: cetle sorte. C’est ia bouche, mon cœur, qui m'avance la mort.
Oie- la donc, m'amour, sets je me pâme !
Ole-la, mon ami, ôte-la, ma chère âme, Ou me laisse mourir en ce plaisant effort, !
Enfin, pour en finir avec la poésie, rappelez-vous comment André Chénier a parlé de Messaline :
« Tandis que l'Empereur stupidement sommeille,
L'œil ardent, près de lui, l’Impérairice veille ;
Par de faux cheveux blonds son front est ombragé
Et, quand dans le repos tout l Empire est plongé,
Elle court de Vénus ‘célébrer les mystères.
Là, de honteux plaisirs s’enivrant à son gré,
Du nom de Luycisca voilant son front sacré,
Lasse de voluptés, mais jamais assauvie, Celle, 6 Britannicus, qui t'a donné la vie,
Seule, et de crime en crime errant en liberté
Prostitue aux Romains le flanc qui Fa porté ! »
[1 faut croire que, dans le domaine de la psycho-physiologie sexuelle comme en beaucoup d’autres, les Anciens étaient moins naïfs que la plupart des hommes contemporains, car non seulement ils ne se demandaient même pas si la femme était froide en amour, mais ils récherchaient qui, de l'homme ou d'elle, ressentait le plus de plaisir pendant le coit. On rapporte même qu'une discussion’s’était élevée à ce propos dans le ciel païen, au sommet de l’Olympe, entre les Immortels. Junon affirmait que c'était l'homme : Jupiter prétendait que c'était la femme. Et dieux et déesse se rangeaient à l’un ou l’autre avis sans arriver à se mettre d'accord. La question restant donc indécise, la seule façon de la résoudre était de prendre pour arbitre un hermaphrodite, ce pourquoi on interrogea Tyrésias qui, comme on saif, possédait les deux sexes et devait par conséquent être le mieux ‘documenté sur les deux aspects :
— 395 — tx
u problème. Tyrésias prit son temps, coula du côté de unon un regard malicieux et déclara :
—— Je plaisir à dix degrés ; la femme en éprouve
euf. ; Junon, dans sa colère, punit l'indiscret en le rendant veugle, et en prouvant, uñe fois de plus, qu'il n'y a ue la vérité qui offense. Car la réponse sensée de T yrésias aisait allusion à la fois à la force et à la durée de la ensètion, beaucoup plus longue chez la femme que chez homme.
Une interprétation de sa réponse prétend même qu'il oulait dire par là que, chez la femme, là durée de la neuième sensation l’empêchait d’avoir conscience de la fxième. C'était, en tout cas, proclamer la supériorité de à sensation de la fetime, caf, si elle ne sent pas Île lernier dégré du bonheur, c’est que l’avant-dernier est, hez elle, plus absolu, plus complet, plus vif, plus absorant, plus engourdissant que chez l'homme. è : D'ailleurs, sauf Junon, toutes les déesses cachèrent eur visage dans leurs mains, avouant ainsi qu'elles perlaient connaissance au moinent suprême où elles jousëjent. he AU
Aujourd'hui la science vient confirmér les données de a mythologie. Dans son livre : De la purelé rationnelle, é docteur Goy affirme que « la femme, en raison de sa #ande sensibilité, est soumise, le cas échéant, à des impulons sexuelles PLUS IMPÉRIEUSES ENCORE QUE CELLES DE L'HOMME ». é Re er
Dans son remarquable petit Bréviaire de l'amour expéimental, le docteur Jules Guyot félicite Emile Zola Y’avoir décrit, dans Une page d'amour, « la luité orgaiique qui s'établit chez la femme devenue prémalurénent veuve et dont le sens génésique n’est plus normalement el prémalurément satisfait el l'éveil des appétits ensoriaux chez une fillette qui tombe victime du non >xercice d’une fonction naturelle qui s'atrophie, »
‘Le professeur Forel, qui est incantestablement le grand
ae
maître moderne de l'étude de la question sexuelle s'exprime ainsi en parlant de l'appétit sexuel de la femme
« Dans l'acte sexuel, le rôle de la femme diffère de celui d l'homme non seulement par sa passivité, mais encore par l'absenc d'éjaculation séminale. Malgré cela, les analogies restent considé rables. L'érection du clitoris et ses sensations voluptueuses, | sécrétion des glandes de Bartholin, qui rappelle l'éjaculation ma: culine, l'orgasme vénérien lui-même enfin, qui dès qu'il a eu lie: ne le cède pas en intensité à celui de l'homme et le dépasse mêm souvent, sont autant de phénomènes qui établissent l'harmonie dar la volupté commune.
Quoique le phénomène organique de l'accumulation du sperm dans les vésicules séminales fasse défaut à la femme, il se produi en cas d’abstinence prolongée, dans ses centres nerveux une accu mulation d'appétits libidineux correspondant à celle de l'homm Une femme mariée, grossière il est vrai, me déclara sans ambage. un jour que je lui reprochais ses infidélités envers son mar qu’elle avait besoin du coït au moins ious les quinze jours, etqw si son époux n'était pas là, elle prenait tout bonnemënt le premie venu, Sans doule, les sentiments de cetie femme étaient peu féminin mais son appétit sexuel était relativement normal.
…Chez la femme, la particularité la plus saillante de l'amour ec: le rôle dominant qu'il joue dans le cerveau: Bien plus encore qu chez l'homme, il constitue chez elle même de la vie. Sans amour, I femme renie sa nature et cesse d'être normale.
…La zone d'excitation sexuelle est moins spécialement limitée au organes sexuels chez la feñime que chez l'homme. Les bouts de seins constituent chez elle une zone érogène; leur friction excile | volupté. Tout son corps a besoin de caresses.
…Les différences individuelles de l'appétit sexuel sont encore plu fortes chez la femme que chez l'homme. Il existe des femmes extrê mement excitables, qui, dès leur première jeunesse, ressentent de désirs sexuels violents, se mettent à se masturber, ou se jettent a cou des hommes, De pareilles femmes sont d'ordinaire naturelle ment polyandres.
+C est une vraie pilié de voir aujourd'hui tant de filles bie: portanies, actives, gentilles, intelligentes et travailleuses, rester vieil les filles uniquement parce qu'elles n'ont pas d'argent et ne veu lent pas se jeter dans les bras du premier chenapan venu. Per mettre un peu de polygamie libre, avec l'égalité complète des deu: sxes el certaines précautions légales, vaudräit vraiment bien mieu que de laisser perdre tant de bonne graine et proliférer tant d mauvaise herbe. »
On retiendra cette EUX de Forel, en faveur d la polygamie libre, avec égalité des deux sexes ! Mai
ne DR ie EUR
continuons à examiner physiologiquement Limpusen sexuelle chez la femme.
__ « En comparant, dit le docteur Can P'abtiie ne
la surface muqueuse du vagin avec celle du gland, et
le nombre des pupilles nerveuses qui-s’y trouvent, en jugeant surtout de la compression énergique qu'elle subit, ainsi que le clitoris, le professeur d'anatomie Kobelt, … de Fribourg, conclut, eu égard à l'extrême sensibilité générale de la femme, qu’elle doit éprouver une jouissance plus vive que l’homme. » On trouvera cette opinion expri- mée dans son livre: « De l'appareil génital des deux sexes », traduit de l’Allemand par M. Kaula pe bourg 1851).
Le docteur Bourgas confirme en ces termes ces conclusions :
« Chez la femme, les organes génitaux ont une étendue et une importance beaucoup plus grande que chez l'homme. Cette prédominance du système sexuel avive son imagination et augmente sa sensibilité. Il en résulte que les phénomènes qui précèdent immédiatement ou accompagnent les rapports sexuels sont bien plus complexes chez la femme, et il importe dès lors qu'ils soient bien connus de l'homme, pour qu'il aide au développement de ces phéno-
mènes, loin de les entraver, ainsi qu'il n'arrive que lrop souvent, »
Le célèbre Havelock Ellis, membre de la société de Médecine légale de New-York, qui a consacré quatre volumes monumentaux à la périodicité sexuelle, à l’impulsion sexuelle, à la sélection sexuelle et à l’inversion sexuelle (1), rapporte que comme un magistrat français. reprochait à une femme de vivre avec un voleur, elle s’exclama :
— Moi, si je ne fais pas l’amour, je suis une chiffe.
. Et Havelock Ellis de commenter ainsi cette réponse :
« 11 y a beaucoup de femmes qui pourraient, en toule ! vérité, dire la même chose, mais peu d'hommes pourraient en dire autant : chez la femme, la sexualité TIENT PLUS DE PLACE QUE CHEZ L'HOMME. »
(1) Editions du Mercure de France.
Voyez ce que dit le bon docteur Venette :
«En matière d'amour, les hommes ne sont que des 1 enfants comparés aux femmes. Dans ces choses, les femmes ont une imagination plus vive, el généralement élles ont plus de loisirs pour penser à l'amour. Les femmes sont beaucoup plus lascives ei amoureuses que les hommes. Quant au plaisir, celui de l'homme est plus grand (?), mais celui de la femme est plus prolongé. »
‘On se rappelle le mot de M"° de Staël': « L'amour, c’est toute la vie de la femme. » Et si Balzac a écrit : « La veriu des femmes est peut-être’ une question de tempérament », c’est qu’il reconnaissait la force, chez elles irrésistible, de l’impulsion sexuelle. |
Le docteur Michel Bourgas écrit avec raison :
«L'amour, destiné à embellir la vie de l'homme, n'en est ‘pas pour lui, comme pour la femme, le. but. Malgré l'attraction puissante qui le porte vers l'autre sexe, les difficultés de la lutte pour . la vie, l'habitude aussi qui engendre la satiélé, peuvent endormir ses sens. Et pourtant il ne devrait jamais oublier que la femme a des appétits physiologiques plus impérieux peut-être que ceux del'homme et auxquels il serait lâche ou siupide de ne point donner satisfaction. » . :
.M°"°:A. PAPPRITZ rappelle, de son côté, les femmes qui, malgré les humiliations et les rdilleries, se donnent à l’homme et en ont des enfants iliégitimes, quoiqu'elles ne se livrent pas pour l’amour de l'enfant, et élle raïlle ceux qui prétendent que le besoin sexuel de l’homme exige l'union avec la femme « mais que celle-ci ne connait nullement ce besoin (! l !) qui ne serait que le désir de la maternité ». « Ainsi, ajoute-t-elle ironiquemént, ce sont les hommes seuls qui savent ce qué nous, femmes, nous senfons ; nous n’en avons nous-mêmes pas la moindre idée, c’est clar ! »
Le docteur Max Marcuse, de Berlin, va jusqu'à conclure dans son ouvrage intitulé : « Le médecin doit-il conseiller les relations sexuelles en dehors du mariage 2 » dans le même sens que Schrenk-Notzing, à savoir que, « quand la continence sexuelle menace la santé, 1 faut,
chez certains lempéraments, conseillér les relations Sd
les en dehors du mariage. D
Dartigues écrit :
« Le célibat la est une anomalie plus con-
lraire éncore à Va santé DE LA FEMME qu'à celle de
l’homme. Voyez, en effet, ces filles chloratiques, lan- ) goureuses, semblables à ces fleurs pâles qui attendent les ravons fécondants de l’asire qui les anime. Elles cou- , lent de tristes journées loin des feux de l'amour. Aussi
l’aménorrhée et les irrégularités du flux menstruel, l’iner-
tie générale de toutes leurs fonctions, les accidents innombrables de l’hystérie, le dégoût de l'existence ou d’étranges désirs de lascivité, alièrent leur santé et abrègent leurs jours.
Telles étaient jadis les vestales chez les Romairs ; telles furent les vierges du Soleil dans les temples de Cusco ; lelles sont encore, hélas ! pami nous, ces pauvres filles qui se consacrent, dans l'ombre des cloîtres, à de puérils devoirs par des vœux éternels.
Le célibat est contraire aux usages des nations policées non seulement parce qu’il est l'ennemi des mœurs el de la santé publique, mais surtout parce qu’il le devient aussi nécessairement de la population. »
Brierre de Boismont nous exhorte à nous tourner vers l'histoire. | | À chaque page, dit-il, « vous reconnaîtrez la prédomi-
nance des idées érotiques chez les femmes. Et il en est de même de nos jours ! »
Les lois de Manou attribuent aux femmes la CONCU-
PISCENCE et la colère, L'AMOUR DU LIT et des parures.
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Les juifs attribuaient aux femmes un désir sexuel plus grand qu’ aux hommes.
D'après Knobel (cité par Dilhmann), ceci est illustré dans la Genèse (III, 16). |
Du texte même de la phrase de Galien : « Les chréliens pratiquent le célibat, et même plusieurs de leurs femmes font de même », il semble bien résulter que, pour
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le grand médecin des Anciens; la chasteté. était encore |
plus difficile pour la femme que pour l’homme. Les premiers Pères de l'Eglise chrétienne montrent
clairement qu'ils considèrent les femmes comme plus inclinées à la jouissance sexuelle que les hommes. Telle était
par exemple l'opinion de Tertullien, et la même idée est nettement impliquée dans certaines épîtres de saint Jérôme. Malgré l'influence du christianisme, l'existence de l'appé-
tit sexuel chez la femme n’était pas, parmi les races vigou- . reuses ét barbares de l’Europe du moyen âge, considérée
comme une chose à voiler et à nier, comme ce fut le cas plus tard. Ainsi en 1068, l'historien ecclésiastique : Ordérie Vital raconte que les femmes des chévalers Normands qui avaient accompagné Guillaume le Conquérant en Angleterre avaient envoyé en 1066, des mes-
sagers à leurs maris, pour dire qu'elles étaient consumées par les flammes impétueuses du désir (sæva libidinis face
urebantur) et que si leurs maris ne retoutnaient point dans peu de temps, elles prendraient d’autres maris. On
ajoute que cette menace fit retourner quelques’ maris.
auprès de leurs dames lascives (lascivis dominabus suis).
: Dans son beau livre : De l’amour et du Mariage, qui est le bréviaire des féministes, Ellen Key, étudiant la psychologie de” l'amour, constate que les désirs érotiques de la femme, quoique moins manifestes que ceux de l’homme, sont plus forts. Nan | .
Michaël Ryan considérait que la jouissance sexuelle est plus délicieuse, et plus prolongée chez les femmes, et il attribuait cela à un système nerveux plus fin, une peau plus délicate, des sensations aiguës, et au fait que, chez les femmes, les seins sont le siège d'une sensibilité vive en relation avec l'utérus.
Busch tendaït à penser que les femmes ont un plaisir sexuel plus grand que les hommes. Kobelt croyait que la conformation anatomique des organes sexuels de la femme amenait à la conclusion que tel devait être en effet le cas.
Guttceit, en parlant de ses trente ans d'expérience médi-
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cale en Russils di : « En Rii en a cds, une jeune fille, comme plusieurs me l’ont attesté, ne peut résister
aux impulsions sexuelles qui deviennent de plus en plus fortes jusqu'à l’âge de 22 à 23 ans. Si elle ne peut trouver une satisfaction naturelle, elle adopte des moyens artificiels. L'affirmation que le sexe féminin ressente moins que le sexe mâle le stimulus du sexe est tout ä fait erronce. »
En Scandinavie, les émotions sexuelles des femmes sont, d’après Vedeler, au moins aussi fortes que celles des hommes. En Suède, le docteur Eklund, de Stockholm, -n remarquant que 29 à 353 pour cent des naissances sont illégitimes, ajoute : « Rarement nous entendons quelqu'un parler d’une femme qui a été séduite, simplement parce que le désir est plus fort chez les femmes, pes en général, jouent un rôle de séductrices. »
‘De l’autre côté de la Baltique, dans le district 4 Koœnigsberg, a été faite la même observation. Les rappoïts avant le mariage sont la règle dans la plupart des. avec -ou sans intention de Te subséquent : « Souvent les jeunes filles sont les séductrices, ou au moins, elles sont très complaisantes : elles cherchent à s’attacher leurs amants et elles les obligent au mariage. » Dans le district de Kôslin, en Poméranie, où les rapports, entre les jeunes gene des deux sexes sont communs, les jeunes filles se rendent plus souvent dans les chambres des jeunes hommes que ces derniers ne viennent dans les chambres des jeunes filles, dit Havelock Ellis. Dans certains districts de Dantzig, les jeunes filles se donnent aux jeunes hom- mes et même elles les séduisent, parfois, mais pas “toujours avec intention de mariage.
Le professeur et sénateur Mantegazza a porté son attention sur ce sujet dans plusieurs des ouvrages qu’il a publiés depuis un demi-siècle, et il est décidément d’avis que les émotions sexuelles sont plus fortes chez les femmes que chez les hommes et que les femmes tirent une plus . grande jouissance du DE sexuel. Dans sa Physio-
al |.
logie du plaisir, 1l soutient cette opinion*et y parle de la nature plus complexe de l'appareil génital chez la femme (ainsi que de sa surface plus grande et de sa position : plus protégée). Mantegazza cite les cas de femmes qu'il | connaît et qui sont si violemment excitées par le paradis de l’amour physique qu'après l'étreinte, sexuelle, elles s’évanouissent ou tombent dans un état cataleptique qui dure plusieurs heures.
« Dans la vie de la femme, écrit le docteur Elizabeth Blackwel, le sexe physique est un facteur PLUS GRAND... Si cela est vrai pour l'élément physique, cela est également vrai pour l'élément mental. » |
« Chez le sexe féminin, dit Clouston, la reproduction est une fonction plus dominante de l'organisme que chez l’homme, et a des rapports beaucoup plus grands sinon plus intenses, avec le sentiment, le jugement et la volonté. »
« On peut dire, affirme le docteur Marro, que, chez la femme, le système viscéral réagit, sinon avec une intensité plus grande, certainement d’une manière plus générale, à toutés les impressions à base sexuelle qui dominent la vié de la femme, sinon comme des émotions sexuelles proprement dites, au moins comme des émotions alliées qui dépendent étroitement de l'instinct = reproduction. »
Le gynécologiste Kisch Te qu'il croit que « l'impulsion sexuelle, est si puissante chez les femmes qw'à certaines périodes de la vie, la force primitive de cette émotion domine la nature entière de la femme, et qu'il ne reste place pour aucun raisonnement concernant la reproduction ; au contraire, l'union est désirée, même malgré la crainte de la reproduction. »
Il regarde l'absence du sentiment sexuél chez les fermmes comme un cas pathologique.
FEulenburg est de la même opinion que Kisch, et il critique fortement l’assertion non fondée de ceux qui se sont prononcés dans un sens contraire
Plazzonus, le docteur Ferrand, le OR C Zacchia, le docteur Sinabaldus concluent que la femme est. plus
passionnée que l’homme et éprouvé plu de plaisir que ka dans le coit. \
Horrius eroÿait qie les femmes ont un n plus grand plais sir sexuc! que les homines, et il fappelait que c'était eea lement l'opinion dés poètes classiques.
Nenter décrit ée que nous pouvohs hommet mäinténant
l’affectabilité des femmes, et il considère que cette affectabilité amène les fernmes à être plus inclinéés aux émotions séxuelles que les hommes, cé qui ést démontré par lé fait que, malgré jeur pudeur, elles font parfois lés premières avances. Îl femarque que cette inclinätion plus grahdé des femmes vers l'impulsion sexuelle est éntièrémént naturellé ét juste, car l’œuvre de la générätion est surtout accomplie pat les férmiries et l'amour en est la base ; & generationis fundaïmentum est arior. »
Kossmann constate que l'opinion sur l'éxistence très répandue de la frigidité chez les femmes est une fable.
Bloch conclut que « dans la plupart des cas, la froi-
leur sexuelle des femmes n’est qu'apparente, el est dûé à la dissimulation dé la séxualité ardente sous le ÿoile d'une réticence exiérieure, Prescrile par la morale conven- Horinélle, où au mari qui n'a pas féussi à éveiller les ensations érotiques, qui sont compliquées et difficilement sxcitées. La sensibilité sexuelle dé la ferime est, dit-il, ertainemént différente de celle de l’homme, mais dans on action, elle est AU MOINS aussi grande. »
- Les médecins les plus distingués du XVIH* siêclé ont liscuté la question de la relativité du plaisir séxtel de "homme ét de Ia femme ét ont éonclu à l’ünanimité que lésir et plaisir étaient plus grands chez les femmes que hez. les hommes.
Là même ôpinion est très répandue parmi les auteurs irabés, ét il y à un prôverbe arabe qui dit que « le lésir de la fémrie pour le péñis ést de grand que le lésir de l'homme pour la vulve. ÿ
Une preuve qué la féime à bésoin d’ amour physique, est que lhystérie est généralement guérié par un born tétioge, comme l'attértent Hermann ét Léwenfteld:
Une autre preuve, c’est que la femme privée de mâle. a cherché des phallus artificiels et Garnier dit que Mosné inventa, au XVili* siècle, un pessaire spécial pour mettre à la place du pénis et destiné à provoquer l’expulsion du « sperme féminin » ! Ces ingénieux appareils ont été aujourd’hui perfectionnés ; on les remplit d'un liquide (de lait généralement) porté à une température appropriée et projeté en appuyant sur un ressort ; ils pérmettent à plus de femmes qu’on ne croit de DAS l'organe de l’homme par cet ensemble postiche.
La plupart des hommes re s’en doutent pas, ou si peu !. Ils en sont restés, comme dit Camille Mauclair, aux serments légaux « sur lesquels ils se reposent béatement, comme sur l'ignorance de la créature qu'ils ont « initiée », et c’est ainsi que s’élabore toute une catégorie d’adultères. L’ignorance de la physiologie féminine est incroyable chez la majorité des hommes. L’adultère, par insatisfaction de la femme, les maladies vénériennes sont des résul- lats directs de cette fameuse théorie de la sainte igno-
‘rance. Ce sont assurément des résultats magnifiques, puisqu'ils sont conformes à la morale. »
Le docteur Bourgas confirme cette observation en ces termes :
« Les statistiques annuelles, publiées en France par le ministère de la Justice, établissent, péremptoirement que le divorce est demandé suriout dans les cas qui reconnaissent pour motif déterminant une cause physiologique. De ce nombre sont l'adulière — sur lequel se fonde le cinquième des requêtes — et une bonne partie des (€ injures graves », la loi admettant comme telles le refus de consommer le mariage, la négligence prolongée, ainsi que les propo-
sions révoltantes et hors nature qu'un mari dépravé ferait à l'épouse. »
Et la preuve que c'est la femme qui sont le plus, dans le mariage, du désaccord sexuel, c'est que sur 100. requêtes en divorce, 62 sont présentées par la femme contre seulement 38 par le mari, soit près du double !
Alors, à nous aussi, il nous vint la pensée qu'il fallait crier aux hommes : « C’est vous qui ruinez la santé de vos femmes par ignorance des véritables conditions que
Du a05
doit réunir l’acte génital pour qu'il réalise les bons effets
que la nature s’en propose. Mais sachez, ajouterons-nous, que nous sommes disposées à faire maintenant valoir nos droits à l’amour charnel et que si ce n’est pas vous, nos maris, qui pouvez satisfaire le besoin naturel de nos sens,
ce sera nos amants, que vous devrez officiellement sup-
porter, parce qu'ils seront nos amants légitimes. »
Le Docteur Anton Nystrom constate que, chez les femmes, le:
besoin sexuel est si impérieux & qu'il peut se manifester dans un âge avancé et longtemps après la cessation des règles; il ne dépend donc pas absolument de la sécrétion des ovules ou de la fonction même de la génération. Bien des femmes éprouvent encore de l'ap-
pétit sexuel de soixante à soixante-dix ans, atteignant à l'orgasme :
complet dans le coït et ayant même des pollutions avec rêves érotiques et éjaculation. J'ai connaissance de plusieurs cas de ce genre.
Brantôme cite dans son ouvrage : Vies des dames galantes, de la fin du xvi siècle, une veuve qui se remaria à l'âge de solxahles seize ans, atteignit la centaine et conserva loujours sa beauté.
La duchesse de Valentinois était encore, à l'âge de soixantedix ans, dit Brantôme, aussi belle, aussi fraîche et' aussi aimable / qu'à frente ans, aussi fut-elle aimée et courtisée d'un grand roi. Il la vit peu avant sa mort el certifie que sa beauté et ses charmes ne s'altérèrent jamais.
« Quel dommage que la terre doive cacher un aussi beau corps! » s'écrie Braritôme.
Ce même auteur parle entore de plusieurs autres femmes qui furent belles et jeunes dans un âge aancé,
La célèbre Ninon de Lenclos: qui, sans soucis d’ te préféra ne pas se marier el eut de nombreux amants, était hautement estimée pour son éducation et recevait chez elle les personnages les plus marquants de son temps, s'entendit toujours à conserver son niveau intellectuel, sa joie de vivre et ses charmes physiques. Dans sa quatre-vinglième année, elle. était encore si belle et si attrayante qu'elle ne manquait pas d'amants et qu'elle les rendait heureux. »
Constatant, comme nous, que notre époque favorise et
multiplie les « DON JUANES » —- ne disons pas les garçconnes : le mot est proscrit ! —— Henri d’Alméras leur con-
sacre (op. cit.) ces souvenirs et ces réflexions, par quoi nous terminerons cette première partie de notre étude sur la sensualité chez la femme :
Elles étaient très 'x a SN sous la Régence et pendant le règne
de Louis XW et même de Louis XVI. Laclos les a dépeintes et
LS aÿ6 ie
bien plus finement qu'on ne pense. Son roman —— cemposé pen: dünt un congé passé à Paris (il était officier d'artillerie), de Juillet 1780 à Septembre 1781 — parut en 1782, et souleva, comme on devait # aitendre, les protestations indignées de beaucoup de femmes. (Toules les fefnmes le lisaient et aucune n'abouait l'avoir lu. L'exémplaire de Marie Antoinelte, qui est à la Bibliothèque Nationale, ñne porte au dos ni nom d'auteur, ni titre).
« Comment, remarqua Grimm, un homme qui les connaissait si bien et qui gardait si mal leurs secrets, n'aurait-il pas été un monstre 2 >» :
Et cependant, de iout ce que racontait Laclos, rien ou presque rien n'élait inventé, Dans ses mémoires, publiés en 1828, le marquis de Tilly — dont j'aurai à reparler = rapporte les révélations que lui fit cet écrivain. que l'on jugeait scandaleux, et qui n'était que véridiqüe :
« Un de mes camarades (Laclos élait alors en garnison à l'Ile dé Ré), qui porte un nom célèbre dans les sciences, avait eu plusièurs aventures d'un grand éclat, auxquelles il ne manquait qu'un autré théâtre. C'était un homme né spécialement pour les femmes et pour les perfidies dans lesquelles elles sont passées maîtresses : en un mot, si c'eül été un hommé de cour, il aurait eu la réputation de Lovelace ét aurait été de meilleure compagñie que lui. Il m'avait pris pour son confident : je riais de ses espiègleries et l'aidais quelque fois de mes conseils. Je lui avais connu une mattresse qui valait bien Mme de Merieuil, mais c'est à Grenoble que je vis l'original, dont la mienne n'est qu'une faible copie; une marquise de L. T. D. P. M. dont toute la ville racontait des traits dignes des jours des Impératrices romaines les plus insatiables. Je pris des notes et je me promis bien de les réaliser en temps
et lieu. L'histoire de Frévan était arrivée, il: y a loñgtemps, à M. de Rochech…, officier supérieur des Mousquetaires; il en fui déshonoré : on en rirait à présent. J'avais bien par devers moi quelques pélites historiettes de ma jeunesse qui étaient assez piquanles : je fondis ensemble toute ‘ces parties hétérogènes ; j'inventai le reste, le caracière de Mme de Tourvel surtout, qui n'est pas commun... »
Dans ces mêmes Mémoires, d'où j'extrais ce passage, et qui présentent länt d'intérêt pour l'histoire des mœurs au dix-huitième siècle, Tilly donne le récit d'une aventure qui lui arriva = à l'âge ou à peu pres de Chérubin et du Petit Duc, à dix-sept ans — et qui ne fut pas, j'imagine, la moins curieuse de cette existence consacrée à l'amour, et ierininée par lé suicide.
Tillyÿ avait soupé au Juste, un des principaux hôtels de Versail: les, et il rentrait chez lui, lorsque deux fémmies, qui essayaient de cacher leur visage, l'accostent. L'uñe se retire presque aussitôt. L'atitre, « enveloppée déns ses coiffes 5 l'engege « d'une voix mél érsurée »; à la suivre, Gheñnin féieant, elle lui aparend qu'elle
DAUADT
a élé mariée en Franche-Comté et qu'elle occupe une place au château de Versailles. C'était, en réalité, une femme de la Cour.
Ils arrivent rue de l'Orangerie, dans une maison de rendez-vous. Alors elle découvre son visage « d'un charme exquis » et elle découvre même plus que son visage,
Tilly l'avait prise pour une courtisane. Elles ont leurs caprices comme. les grandes dames.
Quelques jours après, dînant chez le prince de Montbarrez, ministre de la guerre, il y renconire cette femme et éprouve une surprise el une émotion qu'il ne parvient pas à cacher. Elle, au contraire, reste imperturbable, feint de ne pas le reconnaître, montre la plus parfaite aisance et trouve le moyen de fixer un autre rendez-vous pour le lendemain, au même endroit.
Et c'est ce jour-là qu'au moment de se séparer, ce dialogue s'échange entre eux :
— & Permettez-moi (c'est Tilly qui parle) de vous faire une question : la première fois que je vous ai rencontrée, vous ne pouviez 4 deviner que j'étais là... Me cherchiez-vous 2
— Je cherchais le plaisir.
— À qui en vouliez-vous ?
— Au premier qui me plairait. 7
— Grands dieux | m'écriai-je, ne pouvant dissimuler une espèce d'effroi,
Îl était tout jeune. Il débutait. Mais quelle opinion pourra avoir des femmes un homme qui débute par cette aventure et qui en aura beaucoup d'autres du même genre !
& — Il est fort plaisant, reprit-elle sans se déconcerter, que vous autres hommes veuilliez que tout vous soit permis, après nous. avoir presque tout défendu. Nous n'avons qu'un moyen de reconquérir nos droits, c'est de faire en secret ce que vous vous enorgueillissez de faire en public.
— Mais vous vous perdrez !
— Oh que non ! Les demi-fauies perdent, mais presque jamais les extrémités, car on n'y croit pas ! Pensez-vous, d'ailleurs, que je sois comme vous, el que je manque tout à fait d'adresse ? Allons, n'ayez pas cet air contrit el ce maintien d'une pensiannaire ! Vous seriez, sans Vos grands principes, un amant très désirable. Mais à présent que vous me connaissez, je ne suis plus digne de vous : si nous nous rencontrons dans le monde, je vous admirerai comme une jolie fille timide, vêlue en homme, et vous aurez pour moi la considération que vous devez à une femme forle, qui s'est un peu faite de votre sexe, mais qui ne renoncera jamais, én public, a la décence, qui est le premier ornement du sien. »
Ne la trouvez-vous pas réussie, cette femme forie, avec sa: décence ? Ne vous y trompez pas : elle a fait école...
Il y a déjà, à Paris et ailleurs — j'en connais — entre jeunes femmes, amies el complices, des petites associations de chasse en
commun el d'amour collectif. Chacune de ces associées a son amant, et celles s'aident entre elles à les trouver, à les conserver . quelque temps ei à les lâcher. La jalousie fait place à l'intérêt. Ces femmes veuves, divorcées ou même mariées sont aussi libres que des hommes. Elles n'admettent et n'acceptent d'autre règle et d'autre loi que leur fantaisie, Ni la pudeur, ni les scrupules ne les gênent. Elles pensent que le meilleur moyen de se débarrasser d'une tentation ‘est d'y succomber el elles ont beaucoup de tentations, tou- | jours du même genre. Elles ne font pas payer le plaisir qu'elles donnent et il leur suffit de le partager. Elles ont des amants comme un homme a des maîtresses, et avec aussi peu de fidélité et peulêtre moins. On les connaît, on connaît les exigences de leur sensibilité et le peu de résistance qu'elles sont capables d'opposer à ceux qui leur plaisent. Et qui ne leur plairait pas ? Elles préferent tous les hommes. Elles ont des passions impérieuses, rapides ct simultanées.
« Celles-là sont véritablement des Don Juanes », conclut Henri
d'Alméras.
— Peut-être simplement des femmes, des femmes intégrales, comme le seront toutes celles de demain, rectiñieronsnous doucement, et en tout cas plus intègres que nos hypocrites mijaurées d'aujourd'hui, qui baissent chästement les yeux, qui jurent pudiquement fidélité à leur mari et le trompent férocement à l'heure du thé. |
B) UN MARI NORMAL PEUT-IL, A LUI SEUL, SATISFAIRE L'APPÉTIT SEXUEL, LE BESOIN NATUREL DES SENS DE SA FEMME ?
« Après un-an de vie commune, elle m'avoua qu’elle n'avait jamais connu le plaisir. Je me dégoûtai de ce duel inégal, et cette fille incOMpaTable se maria. J’eus plus tard la fantaisie de la revoir, et elle me dit, eh me montrant six beaux enfants : « ER bien ! mon cher ami, l'épouse est encore aussi vierge que l’élait votre maîtresse ! »
(CHARLES RCD
Cette femme qu parle ph eût Me Proudhon, qui écrivait : « D'où vient la grandeur et la süblimüté du mariage 1
C’est qu'il est tout sacrifice et dévouement. On ne se. marie pas pour faire l’amour.
L'amour pour l'amour, l'amour pour le plaisir, touie femme qui l entend ainsi est une calin, Phi A ON
: Une catin ! Pauvre Proudhon, quelle naïveté, quelle candeur ! Toutes les femmes, presque, seraient aujourd’hui des catins, car combien en reste-t-1l à faire l'amour par devoir ?
De Sénancour avait d'avance, répondu à cette ineptie,
quand il avait écrit : « Mais si l’on dit qu’une femme qui jouit autrement que par devoir est dépravée, je soutiens que c'est une assertion fausse, une morale insensée ! »
Peut-être cependant reste-t-il encore quelques malheureuses, condamnées à subir la corvée répugnante de l'amour. Voici (ce que je savais) un détail que Je trouve dans l'excellent livre trop peu connu de M°*° Jane Deflou : Le sexualisme (op. cit.)
« Je tiens d'une fabricante de lingerie que plusieurs familles du faubourg Saint-Germain ont conservé l'usage de faire confectionner pour le irousseau des fiancées, des chemises de nuit d'un genre spécial. Ce sont de longs sacs, fermés et coulissés dans le bas, el pourvus, vers le milieu, d'une ouverture ad hoc, qui permettent d'éviter Le plus possible les contacts charnels sans empêcher dla conception.
Voilà comment l'on prétend concilier les commandement prolifiques de*l'Eglise avec les lois d'une soi-disant décence. »
Malheureuses, ai-je dit, car je les plains autant que
celles dont j'ai précédemment parlé et qu’on marie à un
vieillard ! Et quelle ne doit pas être leur souffrance de
réfréner cette indignation à laquelle fait allusion Clément Marot dans ce délicieux rondeau :
\ En languissant et en griève tristesse Vit mon las Cœur, jadis plein de liesse, Puisque l'on m'a donné mari vieillard.
Hélas ! pourquoi ? Rien ne sais du vieil dri Qu'apprend Vénus, l'amoureuse déesse.
Par un désiride montrer ma prouesse Ÿ Souvent l’assaulx, mais il demande : « Où est-ce ? » Ou dort peut-être, et mon cœur veille à part. En languissant. |
Puis, quand je veux lui montrer ma finesse, Honte me dit : « Cesse, ma fille, cesse ; Garde t'en bien, à l'honneur prends égards !
Lors, je réponds : « Honte, ailez à l'écart, Je ne veux pas perdre ds ma jeunesse En languissant. )
En tout cas nous avons esquissé, au cours de la première partie de cette étude, la conséquence fatale à laquelle aboutissait la méconnaissance par le mari du droit de sa femme au:plaisir : le mari brutal, ignorant ou égoïste prépare le triomphe de l’arnant délicat, savant et intelligent.
C’est M”° Fllen Key qui étrit ces opportunes vérités, dont la dis pourra être utilement méditée par beaucoup de maris : /
« La jeunes filles sont dégoëtées du mariage quand elles voient ce que devient l'amour. Elles veulent l'amour tel qu’elles t'ont rêvé ou elles n'en veulent pas. Elles dédaignent une réalité inférieure à leurs rêves el préfèrent leur indépendance et le libre épanouissement de leur personnalité. L'homme qui cherche les lèvres d'une femme, mais ne sait pas écouter ses paroles, qui aspire à ses embrassements, mais la raille ou se rembrunit quand elle lui dévoile son âme, n’est pas digne d'elle, Elle met toutes les forces et ioute la sève de son hirnanité dans son amour ; toute la grandeur de son âme de femme demande à se livrer et ‘elle réclame une âme recueillie poür recevoir ce sacrement:
« Le temps où nous vivons voit s’accombplir une évolution psychologique d’une singulière importance. Peur peu qu'un homme ait de.l’âme, il est de plus en plus frappé des mystérieuses influences au’exercent les affinités électives, les courants de sympathie et d'antipathie,
à ver
ei ces puissances occulles qui se manifestent surlout dans le domaine de l'amour.
« Le caractère démoniaque de l'amour n'est pas une révélation nouvelle. Mais ce caractère élait bafoué autrefois autant qu “1 est respecté de nos jours, Une sensibilité excessive, des nerfs à fleur de peau, une extrême mobilité d'humeur, une singulière acuité des impressions, voilà en quoi la femme et l'homme modernes diffèrent des générations du passé. Celle supériorité est un acquis de la civilisation.
« Mais cette richesse entraîne de nombreux conflits sa suite. Les sens vont où les attire ce qui ne dit rien à l'âme : ils restent indifférents là où le cœur est rempli de tendresse. Tant que nous n’aurons pas une physiologie el une psychologie du dégoût, nous n'aurens guère avancé la solution du problème de l'amour.
€ Son influence multiple, consciente ou inconsciente, entre en jeu jour et nuit pour megifier les sentiments des époux et des amants.
« Et bien que notre époque en prenne de mieux en mieux conscience, elle ne sait ni lutter contre l’action dangereuse de ces mille faits insignifiants si significatifs, ni exploiter leur bienfaisante influence.
« Seules les femmes qui ont le génie de l’amour, ont. conquis ce lact qui leur rend impossible d'aimer ou d'être aimées sans que l'äme y ait sa part.
« Toutes les femmes cultivées veulent aujourd'hui qu'on les aime « non en mâle, mais en artiste ». Seul l’homme qui témoigne une foie d'artiste dans son amour el qui met la même pudeur et la même délicatesse à traiter son âme que son corps, saura garder aujourd’hui l'amour d'uñe femme. Ælle ne veut appartenir qu’à un homme qui la désire, même quand il la tient dans ses bras. Et si cette femme lui dit : « Tu me désires, mais lu ne, sais pas aimer ! » cet homme est jugé. »
Il nous reste à rechercher ici, pour la première fois dans: un livre, si, physiologiquement parlant, un seul ‘homme, surtout son mari, peut suffire à satisfaire précisé-
ment le droit de sa femme au plaisir. Pour cela, voyons
d’abord, sans hypoctisie comme sans pornographie — en médecin — le mécanisme du coït. Et, pour que les bons esprits ne nous puissent accuser de coupables pensées, -empruntons-en au professeur Forel la description rigoureusement scientifique : |
« L'accouplement a lieu comme suit, Après qu'urle certaine excitation génésique à la fois mentale et sensorielle s'est produile
chez l'homme et que-la femme, si elle a d'abord résisté, a fini par se donner, ou désire elle-même le coït, le premier introduit dans le
vagin sa vérge érigée et devenue sufffisamment raide. Lorsque la .
femme est petite ou faible, l'homme aura l'attention de se placer à cet effet sous elle pendant le coït, et, dans le cas d'une grossesse un peu avancée, il fera bien de se placer derrière, afin d'éviter toute lésion de l'enfant. Des mouvements rythmiques des deux individus, surtout de l'homme, développent et augmentent peu à peu l'excitation agréable des parties sensibles des muqueuses ou de la
peau des organes génitaux de chacune des deux parties, jusqu'à ce
que les. sensations volupiueuses, partant d'abord des points indiqués plus haut, tout particulièrement du gland ét du clitoris, s'étendent à tout le système nerveux et au corps entier, se généralisant de plus en plus en une volupté intense de tout l'être, volupté appelée
F AVR LJ L2 4 orgasme vénérien, et se terminant’ chez l'homme par le phénomene
de l'éjaculation du sperme.
Les localisations d'irritabilité chez la femme sont multiples. Au clitoris il faut adjoindre le bout des seins, la vuldé, même parfois, dit-on, le museau de tanche. Chez l'homme, les environs de l'anus peuvent aussi, outre le gland, constituer une région excitable. Au moment le plus fort de l'érection, le gland surtout est fortement dilaté, et il se trouve directement contigu au museau de tan-
che et à la matrice. De cette façon, le sperme est éjaculé directe-
ment contre le museau de tanche. Après l'éjaculation, l'homme se relâche el s'assoupit fréquemment dans une douce volupté.
Chez la femme, il se produit un phénomène analogue, en ce sens que le clitoris devient turgide, et que la friction douce et répétée des muqueuses‘ produit sur lui, comme les attouchements sur les
Fe
autres parties sensibles, une sensation voluptueuse comme chez l'hom-. me. Par association nerveuse, l'excitation répétée détermine la
sécrélion de certaines glandes du vagin (glandes de Bartholin), sécrétion qui lubrifie la vulve. Au moment de la volupté portée à son maximum, la femme ressent quelque chose de tout à fait analogue à l'orgasme vénérien de l'homme. Cette sensation pénètre ainsi tout son être. Il se manifesle ainsi chez les deux sexes un désir intense et réciproque de pénétration l’un par l'autre, désir qui favorise puissamment la fécondation. Chez la femme comme chez
Sp: {
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l'homme, la fin de Done esl suivie du relâchement général agréable qui invite au sommeil. |
Les automatismes nerveux héréditaires ou instinclifs produisent après le coït un effet de contraste profond. Lorsque l'appétit sexuel commence à se produire, les odeurs, surtout celles des organes sexuels, les altouchements, les mouvements, la vue de l'individu de l'autre sexe, en un mot tout ce qui a trail à son corps, attire puissamment et augmente le désir, en produisant une excitation voluplueuse plus forte que tout sentiment contraire, el qui donne souvent l'illusion de conduire au but final de la vie. A peine l'acte sexuel «est-il consommé que tout s'évanouit comme un rêve, Ce qui était l'instant d'avant l'objet du désir le plus violent devient imporlun ou indifférent, et excile parfois même-un léger sentiment
de dégoût, du moins en ce qui concerne certaines sensations d’odo-
ral, parfois même de. toucher et de vue. On nomme appétit sexuel ! (libido sexualis) le désir passionné et purement sexuel des deux sexes l'un pour: l'autre. [l'varie énormément suivant les individus.
D'après Ferdy et d'autres auteurs, le museau de tanche exécute, pendant l'orgasme vénérien de la femme, des mouvements de succion du côté du gland. Je ne sais si le fait esl exact, mais ce qui est certain, c'est que l'orgasme féminin est inutile à la conception.
.Lès femmes absolument froides, incapables de la moindre sen-
sation voluplueuse, sont aussi fécondes que celles qui ont des orgasmes vénériens prononcés. Il s'ensuit que les spermatozoïdes arrivent à leur but, alors même que la matrice demeure entièrement passive,
Les’ caresses et les attouchements de toutes les parties du corps, ainsi que les sensations et perceptions de l'odorat et de la vue, augmentent, la volupté du coït. La grande inégalité du sens sexuel
seion les individus, rend l'adaptation mutuelle souvent fort difficile chez l'homme. L'orgasme vénérien se déroule plus rapidement . tantôt chez l'homme, tantôt chez la femme (plus rarement chez celte dernière). Cette inégalité se produit plutôt au détriment de la
femme, car l'Homme peut encore se satisfaire lorsque l'orgasme de la femme est terminé, st celle-ci n'y oppose pas de résistance active, tandis que le contraire n'est pas possible sans manipulations artificielles. En outre, la fréquence et l'intensité des appétits sexuels sont souvent bien plus grands chez l'un des individus que chez l'autre, ce qui les fait souffrir tous deux. [ci encore, c'est la femme qui pâtit le plus, car l'homme peut toujours se satisfaire sans que la femme ait de sensations voluplueuses. Ce qu'on est convenu d'ap-
peler les bonnes mœurs empêche d'ordinaire les conjoints de parler.
de leurs besoins sexuels avant le mariage. De là résultent bien souwent de graves déceptions, des dissensions, souvent même le divorce.
Les sensations voluplueuses ne représentent que le moyen employé par la nature pour rapprocher el accoupler les sexes dans le but de reproduire L'espèce. On peut féconder une femme ct
AH
produire, un enfant à l'aide de sperme injecté dans l'utérus avec une seringue. En outre, il est plutôt exceptionnel que l'orgasme vénérien se produise chez les deux sexes au même instant du coït. Le principal pour la fécondation est que la semence ou sperme puisse entrer dans la matrice. Une fois parvenus aux environs du museau de tanche, les spermatozoïdes grimpent ou nagent, à l'aide de leurs mouvements propres, non seulement dans toute la cavité ulérine, mais jusque dans les trompes de Fallope et même dans la cavité abdominale, de sorte que la force directe de l'éjaculation a peu d'importance. »
Nous savions déjà — ne serait-ce que par l'exemple que cite Baudelaire — que la jouissance de la femme . est inutife à la conception. Adler donne un cas où l'orgasme de la femme ne fit son apparition qu'après la naiïssance du troisième enfant. De même qu'il est évident que le but du coit n’est pas uniquement d’engendrer, S'il en était amsi, dans notre marrage monogame, en supposant que la femme procrée un enfant par an, le rapport sexuel ne se justifierait qu'une fois par an. Et les époux qui ne voudraient pas ou ne voudraient plus d'enfants ne feraient plus jamais l’amour.
Mais, comme le dit justement le docteur N hate, « la réciprocité dans la joie sexuelle du coït est ne condition d’une haute importance, el l'on peut même admettre qu'il V a pour ainsi dire une électricité sexuelle qui agit d’un individu sur l'autre. Le moment suprême de. l'orgasme chez l'un des amants est d'ailleurs aussi destiné à le provoquer chez l'autre. » |
Et les observations que nous avons consignées des Ho teurs Binet-Sanglé et autres montrent l'influence de la jouissance partagée sur la beauté des enfants à naître.
Mais, négligeant même un instant ce point de vue, cependant si important pour la société et l’humanté, re nous occupons plus que de la femme : c’est à elle qu'a sans cesse songé le docteur Michel Bourgàas quand il a | écrit (1} :
Si, dans l'acte génital, l'homme el la femme n'éprouvent pas ; (1) Le droit à l’amour peur la femme, Viget frères, édieurs. ,
ne 0e 1
une égale satisfaction, les mésinteligences les plus insignifiantes prennent d'énormes proportions, el la vie commune ne larde. pas à devenir un enfer. ‘
En résumé, les travaux enbpioute el biologiques modernes,
corroborés par les données positives fournies par la siatistique, éta-
blissent de la manière la plus incontestable que tous les motifs de désunion conjugale peuvent, en dernière analyse, se rainener à des imperfections dans les rapports sexuels.
Les médecins qui se sont plus spécialement occupés des maladies des femmes sont unanimes à reconnaître que la perfection ou la défectuosité de la copulation exerce une influence bonne ou mauvaise sur la santé de la femme et la durée du bonheur conjugal.
Si, par l'ignorance, l'égoisme, ou — il faut bien l'avouer, — la brutalité de l’homme, la femme reste passive dans l'acte génital, le désappointement de la nature — selon l'expression si juste du
docteur Barnes — ruinera l'affection qu'elle aurait pour son mari, laquelle ferait bientôt place à l’aversion et à la haine.
Dans les conditions les plus favorables, le spasme final, la crise qui couronne l'union sexuelle se produit simultanément, ou à très peu près dans le même iemps chez les deux êtres embrassés. Ce terminus est le seul juste, partant le seul moral; c'est en vue de sa production que la nature a déployé ses ressources les plus variées. Îl a pour conséquence infaillible le resserrement du lien qui unit les deux époux, et l'accroissement de l'affection, de la confiance et de l'estime qu'ils ressentent mutuellement. Dans l'instant suprême, les jouissances de l'homme semblent s'augmenter de celles que témoigne la femme. Loin d’être diminué par la possession, l'amour dans lequel l'vresse saisit les deux êtres dans le même moment et les confond dans le’ même spasme, s'accroît en raison des joies éprouvées l'an par l'autre. - \
Par malheur, cette conclusion, qui devrait être la ‘règle, ne qu'une exceplion, el même elle est complètement inconnue dans nombre de ménages.
De son côté, la femme la plus ingénue n'est pas sans comprendre que les transports de l'amour doivent être partagés ; le moindre effort de réflexion lui fera deviner qu'il y a & autre chose »
| dans le mariage; qu'il est impossible que ce spasme de voluplé qui
secoue l'homme entre ses bras, soit l'apanage exclusif du sexe mas-
culin. Lorsque la femme a fait ce raisonnement, elle est la victime
désignée de l'homme à bonnes fortunes.
Di de surprenant à ce qu'une femme, abandonnée au moment
où elle commençait à éprouver le spasme génésique, manifesle une
impatience bien légitime, ce semble 2? Que dirait l'homme si c'était la femme qui se dérobait ainsi au moment où il est le plus monté? Le docteur Debay, paraphrasant les conseils d'Ambroise Paré, recommande dans sa Physiologie du mariage :
« Soyez loujours aimables auprès de vos femmes; provoquez avec
douceur et tendresse l'éveil de leurs sens endormis; charmez d'abord leurs oreilles par les notes harmonieuses du langage d'amour; employez simultanément les excitants de l'âme et du corps, et quand vos caresses el vos délicieux préludes auront dissipé l'indifférence et allumé leurs désirs, oh ! alors, vous n'aurez plus à à vous plaindre de leur froideur. »
Mais, dans ce fait que l'homme est plus prompt à nat que la femme, l'époux ignorant peut rencontrer un écueil sur lequel risquera fort de se briser le bonheur conjugal. Si, après quelque temps de mariage et alors que la femme commence à s'éveiller aux sensalions érotiques, l'homme procède avec elle sans préambule, ex abrupto, et avec impéluosité, il s'expose à éleindre ces velléités d'éveil ou, ce qui serait plus désastreux encore, à avoir accompli sa fonclion si rapidement que celle de la femme resterait en suspens, incomplétée.
Ce cas où les rapports sexuels sont complets du côté de l'homme, mais où la femme est délaissée au moment où elle commence à éprouver le spasme génésique, lequel reste sans conclusion, est celui qui détermine le plus grand nombre de brouilles conjugales. Dans les relations génitales imparfaites réside pour la femme une source de souffrances morale et physique ; sans compter qu'elles sont une cause importante de stérilité.
Un éminent spécialiste anglais, le docteur F. Churchill, dans son Traité des maladies des femmes, est des plus concluants à cet égard
« La copulation incomplète, lit-on dans cel ouvrage, peut être considérée comme une’ cause de maladie. Elle doit forcément amener une perturbation dans tout le système nerveux. J'ai observé des cas d'irrilabilité morale qui dégénéraient plus. tard en mépris et en aversion réciproque-des deux époux.
— € Je puis affirmer que, dans plus d'un cas de séparation pour cause d'incompatibilité de caractère, le pomt de départ des troubles intérieurs et de la séparation était le fail que nous étudions en ce moment, »
En matière génésique le savoir de l'époux doit-il être moindre que celui du confesseur ? Ne faut-il pas que ce dérnier, confident de toutes les Passions, encore qu'il lui soit interdit d'en éprouver aucune, possède à fond la connaissance de toutes les particularités — même hors nalure — qui se ratlachent aux rapprochements sexuels ? Ne le veui-on pas docteur ès sciences conjugales pour qu'au tribunal de la pénitence, juge impartial des déduits amoureux, il puisse décider perlinemment si tel baiser est permis, si telle caresse n'a rien de coupable ?
Qui donc oscrait s'enquérir du degré d'instruction sur ce chapitre, de celui qu'on admet à prendre épouse ? Toute investigation à cet égard serait considérée comme de la dernière inconvenance. Cependant, s'il s'agissait d'une machine quelconque, on s'assurerait
An EN a 0 Pr j Ur :
si l'ouvrier qui s'offre ‘pour la conduire connaît le jeu de chacune de ses pièces, ainsi que les principes de sa construction.
Mais la prudence, le soin jaloux qu’ on apporle à la conservalion
* d'un organisme de bois et de métal, on s'en départit indifféremment “quand il s'agit d'un organisme vivant, d'une créature en d et en os, pouvant penser, aimer et souffrir! LEMEN
Un usage, au moins singulier, bout que ce soit à la. femme qu'il soit fait des recommandations au moment où elle va passer dans les bras d'un époux. Le bon sens indique que celie leçon ferail bien plus besoin au jeune marié qui, n'ayant connu que les amours. légères, n'a pas loujours le sentiment des égards et des ménagements dus à la créature confiante ei ingénue dont il devient le guide et non le maître.
Voici la déclaration da docteur Marc Colombat : « Les premières approches exigent des soins el des précautions dont l'oubli peut avoir les résullats les plus funestes, lorsque la consommation du mariage éprouve trop de résistance. L'’époux ferme, plein de vigueur, mais parfois sans expérience, doit chercher à lriompher des obstacles que rencontre un premier rapprochement, avec beaucoup ‘de ménagement et de circonspection. En présence d'une trop grande résistance, loin de faire des efforts violents et furieux qui peuvent compromettre la vie de la femme, il faut soupçonner une conformation anormale des organes el demander des secours à la’ chirurgie. D
Qu'il prenne en considération aussi celte page éloquente du docleur Seraine : « La consommation du mariage faite dans les premiers instants de la réunion des époux avec unevimpétuosité brutale, par un homme que, pour ainsi dire, elle ne connaît pas, sur une Jeune fille pure et innocente, est un véritable viol légal. Aussi arrive-l-il souvent que la jeune épouse puise dans une pareille façon
: d'agir (que sa pudeur repousse et qu'elle ne subit qu'avec effroi el
dégoût), l'aversion plutôt que l'amour de son mari; elle sent que pour la traiter ainsi il faut un manque profond de délicatesse el de noblesse d'âme, et éprouve dès ce moment de l'éloignement pour celui qu'elle devrait aimer. »
Après la leçon du philosophe et du médecin, voici celle du moraliste ; elle est d'Alexandre Dumas fils : & Une jeune fille de bonne maison, innocente et sentimentale comme il convient à june jeuné fille chrét&nnement élevée, s'est mariée par amour, si le mot
€ amour » peut s'appliquer au sentiment mêlé de sympathie, de À curiosité, d'idéal et d'instincts charnels qui poussent une jeune fille de dix-huit ans vers un beau jeune homme, robuste, sain, que la conlinence momentanée a rendu éloquent ; on signe le contrat, on va à la matrie, à l'église ; on pleure, on s'embrasse et on livre ceile jeune-fille ignorante à un jeune homme impatient. «Au lieu d'initier l'épouse progressivement à ces mystères moi= |
lié célestes, moitié grossiers que le dieu Hymen impose aux néophy-
‘& | PU LEE bete 14