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ies avant de leur permettre l'entrée du sanctuaire, le jeune homme ne voit qu'une chose, c'est qu'il a en son pouvoir ce qu'il n'a jamais eu jusqu'alors, une vierge, c'est-à-dire un êlre clos qui contient des trésors inconnus et qu'il a le droit d'ouvrir et d'explorer. Le jeune” homme éloquent, bien élevé, tendre, se transforme tout à coup. Là où la jeune fille rêvait un dieu rayonnant, elle voit sauter sur l'autel une sorte de bête velue et trépidante, balbutiant des sons rauques, affamé de sa chair, alléré de son sang. Ce n'est plus l'amour, c'est le viol légal et consacré, mais c'est le viol, aussi repoussant dans sa forme que celui que la loi condamne, pour ceile viclime que rien n'a préparé à cetie révolution des plus saintes pudeurs. » ‘
Ernest Legouvé se demande : & Est-ce ainsi que dans le monde s'approchera de la jeune femme l'homme qui tentera de lui plaire ? Est-ce sous cette forme qu'il lui représentera l'amour ? Il en est à qui celle sauvage prise de possession a inspiré une telle horreur qu'elles en sont restées frappées d’incurables souffrances, el que ce souvenir seul éloigne de leur mari. »
Un romancier — les travaux des psychologues ne sont pas à dédaigner ici — M. Jules Case, s'est emparé de cette situation et en a fait le point de départ ‘d'un livre : Un jeune ménage, où il présente deux êtres attirés l'un vers l'autre par l'amour et qui se trouvent à jamais séparés dès le premier instant d'amour. Pourquoi ? La réponse est dans la plainte, au lendemain de la première nuit, de l'épousée, déplorant l'égoïsme de son mari :
& Qu'aimais-iu ? Moi, qui devais te récompenser de ta passion? ou Sn toi seul, qui ne cherchais qu'un plaisir grossier et odieux?… J'ai été pour toi l'os, l'os quelconque, qu'une autre, n'importe qui eût été. J'ai senti cela et j'ai eu horreur. Certes, tu as rugi des mots. d'amour ; ils restaient dans mes oreilles sans descendre dans mon cœur... Ce n'élait plus ta femme que tu tenais dans tes bras, et d'où mon moi, le moi qui t'aime s'était enfui… Que cherchais-tu, insensé, puisque je n'élais plus là 2... Tu étais seul... tu m'a chassée de notre nuit de noces !... » - |
La suite du roman — dont les situations sont, non inventiées, mais prises dans la poignante réalité — montre, äprès ce mauvais départ, les deux époux restés étrangers l'un à l'autre, tirant chacun de son côlé et finissant par tomber dans l'adulière, |
Quelles qu'aient été les circonstances de la nuit de nozes, le mari doit bien se persuader que la durée et la solidité des liens conjugaux dépendent absolument du degré de perfection qu'atteint l'union sexuelle où — nous le répélons encore une fois, car c'est là comme le leitmotiv de ce livre — la femme doit avoir une part de satisfaction égale à celle de l'homme. Ainsi le commande la justice, el ses prescriptions ne sont jamais lransgressées en vain ; c'est ce qu'un moment d'examen va établir de la facon la plus positive,
Dans une étude sur le Nétebs hab le docteur Borel pose ce
principe : #
« L'homme pour être heureux sur la terre el se conserver en santé, a besoin du développement normal et de l'activité dre "de ses diverses fonctions. »
Pour que l'union sexuelle produise les effets salutaires qui viennent d'être énumérés, il est indisperisable qu elle: soit accomplie d'une manière normale el complète. Mais il s'en faut de beaucoup, par suite de l'égoismé et de l'ignorance de l'homme, que les choses se passent loujours ainsi du côté de la femme, laquelle est menacée de troubles physiquès ei moraux d'autant plus graves que moindre sera sa participation à cetle union,
Que l'homme aït terminé sa fonction avant la femme où qu'il se livre à des fraudes vénériennes, à ce qu'un spirituel avocat nom-\
mait des « réticences conjugales D les conséquences sont les mêmes
pour la femme.
L'hommie, une fois qu'il eut compris que la nature le contraignait à la conservation de l'espèce par l'attrait irrésistible de l'union
sexuelle, voului se soustraire à cétie loi en se procurant des plaisirs
stériles. Il s’ingénia de mille manièrés à goûter les volupiés de la copulation, sans courir le risqué qu'une fécondation en résuliât.
Dans son Hygiène de l'amour, le professeur P. Mantegazza parle ainsi des fraudes génésiques: « Le retrait avant la catastrophe finale nuit également à l'homme et à la femme, Îl exige de la part de l'homme de grands efforts d'attenticn, détourne l'énergie nérveuse des centres naturels. Îl en résulte une secousse fatale pour le Cérveau et la moelle épinière. À ces moments suprêmes, la pensée, la volonté et l'attention devraient être pleinement inconscientes. Au lieu de cela, ces centres nerveux doivent décomposer leurs forces en un courant centrifuge et centripète. L'usure des forces est alors excessive, el épuise l'organisme. Ce procédé a, avec le temps, des conséquences nuisibles, surtout chez les personnes irritables, de tempérament dit nerveux.
« La femme souffre aussi quand, äu moment de l'excitation sexuelle suprême, le col de la matrice n'est pas mouillé par la bienfaisante rosée chaude du liquide fécondant. »
Cette remarque du savant italien s'applique à toutes les précautions =— el le nombre en est grand : capotes préservatrices, pessaires, elc, — prises par les fraudeurs, précisément pour s'opposer à ce que le col de la matrice éprouve le contact du sperme.
Cette terminaison anormale et répugnante. de l'acte vénérien — on ne peut plus l'appeler & génital » en ce cas — ne donnant aucune satisfaction phystologique à la femme, est une preuve à ajouter à tant d'autres que l'homme ne considère point la femme comme un être jouissant de la personnalité, mais ainsi qu'une chair à plaisir entièrement à sa discrétion,
La femme, contrainte à participer à des actes frauduleux hors
Sa
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e | x \ 4 RE & À nalure, se sent grandement atteinte dans sa dignité; ses instincts délicais se révollent, son âme est déprimée sous l'impression pénible que lui causent les étranges pratiques de celui en qui elle "avait mis
sa confiance. L'amour est tué par le dégoût et l'adullère est proche.
Il y a des femmes d'une extrême sensibilité, qui meurent de cette
profanalion de leur corps, de celte chule de leur idéal; quelques : ‘unes désertent la couche souillée pour se jeter bientôt dans les bras d'un amant supposé exempt de dépravation. Mais la démoralisation
accomplit son œuvre sur le plus grand nombre. El,.ici, il faut encore | mentionner le docteur Bergerei qui dit avec l'autorité d'un prati-
cien appelé souvent au secours de femmes, victimes de maris trop observateurs des préceptes de Malthus :
. & Un des plus graves inconvénients qui résultent, pour la fémille, des fraudes conjugales, c'est qu'elles deviennent pour la femme une école de démoralisation. La plupart des femmes que j'ai vues lomber dans l'adulière avaient des maris fraudeurs. Elles étaient primiivwement vertueuses. Mais leurs maris ayant eu l'imprudence de leur enseigner tous les raffinements honteux de la lubricité, ayant eu la maladresse encore plus grande, après avoir poussé avec elles ces jouissances jusqu'à la satiété, de courir les aventures pour varier leurs plaisirs, ces femmes dont les sens étaient surexcités, dont l'amour-propre élait profondément blessé, finissaient par meltre en pratique à leur tour avec d'autres hommes les leçons qu'elles avaient reçues de leurs maris. » ; Quant à ne point s ‘approcher de la femme pendant toute la dutéë de sa grossesse, il n'y faut pas ‘songer si l’on veut éviter que la fulure mère ne tombe en des idées noires au sujet de l'affection et de la fidélité de son mari. Et quel moment choisirait-on pour la délaisser ainsi ? Celui où elle a le plus besoin de soins attentifs et de distraction. Tandis qu'une douce élreinte de temps à autre lui rendra le calme et la gaieté en lui prouvant qu'elle n'est
pas dédaignée.
Il est bon d'ajouter que la gestdtion, par l'état d'irritation où
se trouve l'appareil génital, n'est pas sans provoquer parfois des désirs érotiques, qu'il est très légitime de satisfaire. Qu'on prenne, par hypothèse, un couple formé d'un June
homme de vingt-cinq ans et d'unè jeune femme de vingt ans. Les *
deux époux sont sains, bien constitués, pleins de santé et de vie. Ils s'aiment à l'adoration, aussi leurs embrassements passionnés ne
tardent pas à porter leur fruit. Après quelques mois de mariage, les
symplômes précurseurs de la grossesse se produisent. Est-ce qu'il
est possible de désunir ces heureux amants, de leur faire défense
d'être aux bras l'un de l'autre jusqu’ à ce que la gestation el L'allaitement aient pris fin?
A peine sont-ils mariés, à peine ont-ils goûté aux joies Enielss
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légitimes, qu'en pleine lune de miel il faut décrêter la séparation
de corps ! : Da AS
l'acte génital n'a d'autre raison d'être que la reproduction, fois la femme fécondée, le. mari a accompli sa fonction de ur; son rôle esi terminé pour un lemps. Au nom de la morale ldi est plus permis de pratiquer des rapports sexuels devenus es. Eh bien ! tout cela est faux. Si cele interdiction cruelle ail être respectée, les conséquences en seraient désastreuses pour orale, la vraie, celle qui découle des lois de la nature. \ effel, dans l'exemple choisi, la jeune femme qui se verrail” udainement délaissée prendrait un fond de chagrin qui ne querait pas d'être nuisible à sa santé ainsi qu'à celle de l'être le porie en son sein.
e son côté, le jeune homme ne tarderait cerlainement pas à ber au dehors, dans des amours illicites, la satisfaction de ses que la femme qu'il aime serait tenue de lui refuser. Et cette lion fausse devrait se prolonger des mois el des mois ! Et qui que le mari éconduit n'aura pas contracté une liaison pendant exil 2 Est-on sûr qu'il reviendra à sa femme, du jour où elle
jpprendra que Q bébé » lui permet de revenir? w'est-ce.que la morale peut gagner à tout cela? { puis ne sait-on pas le côlé profondément humiliant qu'il y a . l’homme, dans cette conception de l'époux-taureau, admis à illir » sa femme tous les dix-huit mois ou deux ans ? Et la ne, croit-on qu'elle s'aliache à un mari qui ne devra s'approcher
e que pour la rendre grosse?
y a plus : c'est que si l'on impose au jeune homme l'obligation éloigner de sa femme aussitôt qu'elle sera enceinte, il prendra mesures pour qu'elle ne le devienne pas; non par égoïsme pour ler le souci de la famille, mais par amour pour sa femme dont entend pas être séparé. Et voilà les ordres de la nature enfreinls
a débauche introduite au lit conjugal!
)n voit à quels désordres conduiraït l'application du principe, veut que les caresses amoureuses ne soient permises qu'en Vue la reproduction de l'espèce et doivent cesser dès que celle-ci est rés. Cefte constatation en démontre péremploirement la fausseté. lexiste pourtant une sociélé où la religion interdit rigoureusement Mrapprochement charnel du premier jour de la grossesse jusqu'au nent du sevrage; mais cette défense a pour correctif la poly- | es Il cst connu que le lien de la famille est bien plus faible z les mahométans que chez les peuples monogames. Au surplus, souci de conserver intacte la vertu de leurs multiples épouses, rdîne les musulmans à leur faire subir, parquées dans le harem, esclavage odieux et avilissant.
a polygamie trouve sa condamnation dans le fait qu'il naîl siblement autant de filles que de garçons, preuve incontestable > l'homme est destiné à n'avoir qu'une femme. Pour un pacha en possède cinquanie, landis que chacune d'elles ne participera
à un cinquantième de mari, il y aura guarante-neuf hommes