‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 111 sur 149 · REA · texte numérisé non relu

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Jui, mais voilà ! Georges-Anquetil cite, dans La Maie Légilime, un délicieux proverbe arabe : « Jouir, à la sagesse ; faire jouir, voilà la vertu ! » Combien maris savent faire jouir ? Combien de maris savent, : Etienne Rey, que « la volupté de l'homme s'achève ue celle de la femme commence dans l'étreinte 2 »(1) nbien d'hommes ont médité ces vérités de Camille

uclair dans L'Amour physique (op. ci.) :

Une maîtresse entrelenue, une amie adulière, si ce cas se pré- , hésiteront à parler, craignant de perdre un amant, à moins les ne soient absolument certaines de leur empire sur sa volonté, jé épouse novice n'osera rien dire, soit par imprudence et crainte. e trompée, soit par réelle ignorance de l'émotion sexuelle. Le: bre est immense des femmes mariées «qui, après une ou deux rnilés, en son encore à ne pas soupçonner ce que peut-être celle lion. Qu'une amie la leur dépeigne en termes plus nels que les ins, elles seront vite prêtes à penser qu'un autre homme que leur | pourra la faire naître en elles, et l'adultère hantera leur inalion. ,

est la porte ouverte à l'adulière futur. Le jour où, désabusée nari, elle rencontrera l'amant, si elle ne se fait point payer, elle usera par l'amour, c'est-à-dire par la salisfaction des besoins. els en compagnie d'un homme plus plaisant et mieux adapté à goûts, par la prostitution volontaire. »

Zembien d'hommes ont le souci du partage du plaisir, t je me suis complaisamment attardé à montrer l'imtance 2

Bemandons-le à M°° Marie Carmichaël Stopes, qui uatre ou cinq doctorats, et à qui son sexe à permis de voquer plus facilement les confidences des femmes. ici ce qu'elle écrit (op. cit.) : |

« Bien que; dans certains cas, la femme puisse avoir nou plusieurs crises avant que l’homme ait complété la ine, c'est, peut-être, | à. peine une exagération de dire 70 à 80 pour 100 de nos femmes mariées sont pris de la jouissance totale par suite de la rapidité exces-

1) « I] semble, ajoute-t-il, que l’un Ia transmette à dtre, comme les coureurs antiques se passaient les mbeaux Lot Ut EU DAME LL Bots APE ñ X

sive du mari et d'une disproportion quelconque entre formes et les positions relatives des organes. »

SOIXANTE-DIX A QUATRE-VINGT POUR CENT, c'e à-dire les quatre cinquièmes des femmes mariées privé sevrées par l'ignorance du mari de leur droit au plai sexuel, qui est peut-être la meilleure chose de la ter — je vous avoue que je trouve cette proportion effroyal et qu'elle me paraît justifier à mes yeux, au moins po les quatre cinquièmes des femmes mariées, l'AMANT LÉC TIME. . 1 \ Mais puisque nous venons de citer M"° Marie Carn chaël Stopes, voyons avec elle ce qu’elle pense ds: l’he monie des rapports sexuels dans le mariage contemp rain :

€ Quel est, dans la moyenne, le sort de l'homme qui, plein bonheur et d'espoir, épouse une jeune fille lui convenant parf ai ment? Îl désire du fond de son cœur une vie toute de bonhe mutuel. Il se marie avec l'intention de se rappeler tous 4 conseils que lui ont donnés son père, son docteur, ses amis. 11 : plein d'égards; il ne dit pas de mots blessants, lui et sa fem vont parloul ensemble, se promènent ‘ensemble, lisent ensemble 1 peut-être, s'ils sont assez avancés, travaillent même ensemble. Ma après quelques mois, ou qui sait ? quelques années de mariage, | semblent s'être séparés, et l'homme irouve sa femme souvent froi el incompréhensible. Peu d'hommes l'avoueront, même à leur mel leur ami, mais chaque cœur connaît sa peine. È 1

Il pourra rire parfois, et de la façon la plus amicale, taquiner 4 femme, au sujet de son « esprit contariant ». Pour tout le mon cela ne signifie autre chose qu’une dissimulation gaine d'un pr fond amour. Ce l'est même probablement. Mais, à la racine më de son amour, un affreux pelit ver commence à ronger, c'est le se timent que sa femme est contrariante, il sent que, d’autres d

ui !

alors qu'il « n'a rien fait », elle aura des larmes dans les ye des larmes déraisonnables qu'elle ne peut expliquer. Ki

Il remarquera qu'une semainie, à ses tendres amnabilités et à se avances amoureuses, sa femme répondra par des sourires et un cl senfement joyeux el que, quelques jours plus tard, la même ten dresse, plus passionnée même, de sa part, ne rencontrera qi froideur ou une apparence forcée de chaleur quiw parce qu'i peut se l'expliquer, le blessera énormément.

La passion physique, si vivement stimulée chez l'homme, a ter dance à lout supplanter et l'homme inexpert ne cherche qu'u chose, l'accomplissement de cc désir, La femme, car c'est dans |

n : LS re d'agir ainsi, pardonne la brutalité, mais 1ôt ou lard, son ur se révolte, probablement en secret; el pour toujours après, en { de la tendresse extérieure qu'elle peut s'imposer, elle na que ris el dégoût pour l'acte qui aurait dû être un charme perpélement renouvelé. à LU y a la figure tragique de la femme aïmanie dont la marée nour est à son plus haut point et dont le mari ne reconnaît pas signes délicais à son ardeur. De nos jours anémiques, artifi- , il arrive souvent que le désir de l'homme est un besoin super- 21, rapidement satisfait, incolore ét sans beauté, et qu'il n'a aucune naissance des riches complexités de l'amour, dont sail jouir un é aux myslères amoureux. À un tel homme, sa femme paraîtra vérité pétulante, capricieuse ou susceplible sans raison, Vest qu'en elle sourdent les merveilleuses marées, embaumées el chies, dépuis ses anciens jours de loisir et d'amour couronné de rs, marées mystérieuses qui l'engagent à des transports el à une ; complète possession d'un homme, prêt à faire le premier pas à reconnaître et à accueillir son initiative. Rarement une femme, + rarement encoré une épouse s'aventurera à offrir un charmant d'amour que l'homme repoussera. À l'initié elle pourra révéler la marée est haute par cent signes subtils, qu'il saisira avec ravisent, Mais si son mari y est aveugle, il n'y a plus pour elle que ilence, le sacrifice de soi-même el leur inévitable conséquence : mépris de soi, que suit un ressentiment contre l'homme qui, tout parlant de son « amour », l'a mise dans une position si humite, t l lani d'hommes modernes ignorent les éléments des réactions siclogiques de la femme que le cas de Mme G.. n'est pas excepnel. Son mari avait coutume de lui prodiguer ses caresses et voir fréquemment des relations chez elle, mais sans jamais ndre la peine d'éveiller en elle le sentiment préliminaire, presindispensable à l'union mutuelle. Elle s'élait mariée, jeune fille ignorante, mais souvent elle avait une vague impression que que chose manquait à l'amour de son mari. Son mari ne l'avait iais embrassée que sur les lèvres et les joues, maïs, une fois, plus haut de sa marée sexuelle (sans d'ailleurs savoir que ait cela), elle sentit le désir d'avoir sa têle, ses lèvres contre sa trine. Le rapport senasilif entre les seins d'une femme et le reste sa vie sexuelle n'est pas seulement un frisson corporel, mais j a fout un monde de beauté poétique, dans le désir d'une femme rante pour l'enfant inconçu, qui se fond en des voiles de tensse pour son amant, dont le daux toucher des lèvres peut ainsi üller sa joie mélangée, Parce qu'elle le lui demanda en rougissant, le mari de Mme G... donna un baiser rapide et unique sur la poitrine. Il était si lorant qu'il ne savail pas que les lèvres d'un mari sur les seins sa femme font naître des trésors de tendresse chez l'épouse et que

— 428 — AU NL c'est l'un des premiers el plus sûrs moyens d'un mari dé la # physiquement prête pour l'union complète. De cette: façon, ile le désir naturel de Mme G….. et comme il ne fit jamais rien pi réveiller, elle ne prit aucun plaisir physique dans leurs rapport tels maris, prudes ou insouciants, ne recherchent que leur @ satisfaction, connaissant peu la douleur amassée, ou même le sentiment qui peut ronger lé cœur d'une épouse et, par las ébranler toute sa santé, »

Eh bien ! permettra-t-on à cette ae euse femii et à toutes ses pareilles d’avoir un amant ? Sera-t1M time pour elle ? Le mari, d’arlleurs, est si souvent d que, ne sachant pas que la qualité de ses rapports sex est au moins aussi importante que leur quantité, il dissimule pas son embarras, qu’enregistre malicieuses M"° Marie Carmichaël Stopes : Ta

« Îl demande conseil indirectement à ses amis, @ être à son docteur, mais son docteur local .ou ses à peuvent-ils lui dire plus que les PHASAGES sommités péennes sur ce sujet? 4

Le fameux professeur Forel donne lé conseil suiva « Le réformateur Luther, qui est un homme prati posa la règle movenne de deux ou tfois rapports semaine dans le mariage, au moment de la puis sexuelle la plus haute. Je puis dire que mes nombrei observations comme médecin ont généralement confi cette règle qui me semble se conformer parfaitemen l’état normal auque l'HOMME s’est graduellement adi durant des milliers d’années.»

C’est moi, dit M”° Marie Carmichaël Stopes, qui : ligue le mot homme : Cette déclaration d'ur pens pourtant avancé et large d’ esprit, sert à montrer com peu d'attention a été jusqu’ ici apportée au |

naturels. »

M”° Marie Carmichaël Stopes, elle au contraire, S » > À

tiative de demander à un grand nombre de femi quelle était la périodicité de leurs désirs sexuels les £ impérieux, et l’on va voir que cette pÉriogieite ne se 1

st

D an

duit pas, ne revient pas du tout deux ou Hois: es par

semaine, régulièrement, comme les jours de consultation d’un médecin ! Voici ce qu ’écrit notre auteur :

« Celles auxquelles j'ai demandé de prendre note Fi dates. m'ont dit, avec une remarquable unanimité, que ces époques, se produisaient plus spécialement juste avant

“et environ une semaine après la fin de la menstruation, c'est-à-dire environ toutes les quinzaines. C’est par ces.

femmes que j'ai obienu les premières indications qui m'ont amené à découvrir ce. que j'appele la Loi de la périodité du Retour du désir chez la fémme.

En iermes. généraux, mon opinion peut ‘se formuler

ainsi : la meilleure réglementation des rapports dans le

mariage, c'est d’avoir trois où quatre jours d'unions répé-

fées suivies d'environ dix jours sans union, à moins qu'un

fort stimulus externe n'ait éveillé un désir mutuel. » Je ne saurais trop souligner cette conclusion d’une femme, doublée d'une savante, car je l4 trouve grosse de conséquences qui ont échappé à à celle-là même qui a posé la loi.

D'abord remarquez la coïncidence de la période des

sept jours suivant les règles, et pendant laquelle Ja femme éprouve le plus de désir, qui coïncide (à leur insu) avec celle que la médecine moderne désigne comme étant la meilleure pour june bonne génération. Ce qui prouve que chez la femme, comme chez la femelle de tous les animaux, 1l y a une époque de rut, voulue par la nature.

Ft puis, autre conséquence particulièrement intéressante

pour ma: thèse : il y a des moments dans la Vie de la femme, dans ses époques de calme, où un homme à subir, ce sert presque trop ; et il y a d’autres moments (période de rut) où un homme n’est manifestement pas suffisant pour son appétit sexuel. Vous avez bien lu : à ce moment là, unions répétées.

C’est facile pour la femme ; ce peut l'être moins pour l'homme. Et alors, en tout cas, troisième conséquence : cette véritable découverte physiologique montre toute l’horreur de la polygamie ee prêchée par Georges-

Anquetil, car si je viens. de prouver qu’un homme ne pouvait déjà pas contenter une seule femme, à certaines époques, comment fera le malheureux, quand il aura dans son harem deux ou trois femmes en état de rut ? Ou plutôt comment feront les malheureuses, si elles n'ont pas à: leur secours l'amant légitime ? Tel était le sens de la malicieuse réponse de M°° Rachilde :

« ÎNe craignez-vous pas que l'abondance des matières oblige, souvent, le rédacteur en chef de ce harem légitime, à remettre son... article “de fond au prochain numéro ? » . On serait cependant injuste pour le moyen âge en ne reconnaissant point que le plus illustre de ses écrivains s'était préoccupé de la question de la jouissance sexuelle de la femme mariée. C’est en effet notre éternel Montaigne qui écrit :

« La libéralité des dames est irop profuse au mariage, et stone la poincte de l'affection et du désir,

Les femmes n'ont pas tort du tout, quand elles refusent les CA de la vie qui sont iniroduites au monde; d'autant que ce sont les hommes qui les ont ‘faictes sans elles.

Une femme se plaignant des efforts trop assiduels de son mary, non tant, à mon advis, qu'elle en feust incommodée, comme pour retrancher, soubs ce prétexte, et brider, en ce mesme qui est l'action fondamentale du mariage, l'autorité des maris envers leurs femmes; à laquelle plaincte le mary respondoit, homme vrayment brutal et desnaluré, qu'aux iours mesme de jeusne, il ne s'ensçauroit passer, à moins de dix; intervint ce nolable arrest de la-royne d'Aragon, par lequel, aprez meure délibération de conseil, cette bonne royne, pour donner règle et exemple, à tout lemps, de la modération et modestie requise en un juste mariage, ordonna, pour bornes légitimes el nécessaires, le nombre de six par jour, relaschant et quittant beaucoup du besoing et désir de son sexe, @& pour establir, disoit-elle, une forme aysée, el par conséquent, permanente et immuable. »y En quoy s'écrient les docteurs: « Quel doibt estre l'appétit gi la concupiscence féminine, puisque leur raison, leur reformation et leur vertu se taille à ce prix ! » ù

Solon, patron de l'eschole légiste, ne taxe qu'à trois fois par mois, pour ne faillir point, celle hantise conjugale. Aprez avoir creu, dis-je, et presché cela, nous sommes allez leur donner la continence particulièrement en partage, el sur peines dernières et extrêmes.

Nous les voulons saines, vigoureuses en bon poinet, bien nourries, et chastes, ensemble: c'est-à-dire, et chauldes ‘et froides: car le

DS

mariage, que nous disons avoir charge de les empeche de brusler,

Veur apporte peu de ‘refreschissement, selon nos mœurs. Si elles en prennent un à qui la vigueur de l'aage boult encores, il fera gloire à

* de l'espandre ailleurs; le philosophe Felemon feut iustement appelé

en iuslice par sa femme, de ce qu'il alloit semant en un champ stérile le fruict deu au champ génital. Si c'est de ces aultres cassez, les voylà, én plein mariage, de pire condition que vierges et veufves.

Nous les tenons pour bien fournies parce qu'elles ont un homme

auprès d'elles ! » )

À propos du quoties, auquel fait ici allusion Montaigne, rappelons que Pierre Bayle écrivait, dès 1682 : « Les Rabbins des Juifs étaient plaisants lorsqu'ils se mêlaient de

réduire en taxe le devoir conjugal. Ils prélendaient qu'un Païsan, pour. s'acquitter de ce qu'il devaft à sa femme, n’est obligé qu'à lui

donner une nuit par semaine. Îls taxèrent la femme d'un voiturier,

d'un marchand, à une nuit par mois, et celle d’un matelot à deux nuits par an; mais il n’y avait pas de plus mal traitées que celles qui avaient pour mari un homme d'étude, car s’il acquérait une extrême connaissance de la Loi, ou s'il tâchait de l'acquérir, il acquéroit le droit d'être deux ou trois ans sans voir sa femme. »

Nous retrouvons cette précision dans le livre du chirur-

gien de L.. « De l'homme et de la femme considérés

physiquement dans l’état du mariage », publié en I 772, et où nous lisons :

…€ Aussi est-ce à tort que quelques législateurs ont voulu statuer par les Loix une action qui n'est soumise qu'à la Nature. Solon, cet oracie de la Grèce, la connaissoit-il bien lorsqu'il prescrivit à ses concitoyens qu'il ne falloit approcher de leurs femmes que trois fois par mois. Les Rabbins qui n'avaient en vue que la conservation du peuple Juif laxoient le devoir qu'un paysan devait rendre à sa femme, à une nuit par semaine; celui d'un marchand ou voiturier à un mois; celui d'un matelot, à deux nuïts par an; et celui d'un homme d'étude, à une nuit en deux ans, On s'aperçoit qu'il y auroit plusieurs réflexions à. faire sur ce sujet; si ce tarif éloit suivi à la rigueur ; mais il s'en faut de beaucoup que les hommes, pour lequel il fut fait, s'y soient exactement conformés : l'âge, le tempérament, le climat parlent aux hommes avec plus de force que toutes les

: lois humaines. »

Le docteur Raymond rappelle que Clément avait posé

cette règle :

« De vingi à trente ans, l'homme marié peut accomplis le dessis

Mais on remarquera que tou otes on néahes la femme :

corugal de deux à | quatre fois par semaine, en laistont un jour : d'intervalle ; 4 De frenie à quarante ans deux fois; ‘De quarante à cinquante ans, une fois ; LE Far De cinquante à soixante ans, le moins souvent possible. »

on ne s'occupe nullement de son besoin, dé ses désirs, |

de sa volonté, de son consentement même !

Elle est la machine qui doit être toujours prête et se contenter, en tout cas, des baisers parçimonieux que daigne lui octroyer son seigneur et maître, sans en partager le plaisir : et nul ne s’avise que cependant la femme a

des capacités amoureuses autrement illimitées que celles …

des hommes, assez vite épuisés.

Îl est curieux que ce soit une Anglaise, Mr Marie

Carmichaël Stopes, et ün Américain, Havelock Ellis, qui aient, les premiers, mais dans des ouvrages trop peu

connus, posé franchement le problème que devait aborder,

le premier, en France, le docteur Michel Bourgas. C’est incontéstablement en effet Havelock Ellis membre de la Société de médecine légale de

New-York, qui a passé le plus complètement en

revue, dans les ouvrages ‘que nous avons indiqués plus haut, tous les usages et toutes les théories ayant trait à Ja satisfaction du besoin sexuel de la femme, À son droit au plaisir et à sa capacité amoureuse, si ] "ose ainsi m'exprimer. On verra, par les quelques citations qui”suivent,

et qui terineront cette étude, que l'étendue précisément de cette capacité est un argument de plus — et de poids

— en faveur de la polyandrie et il constituera donc la plus élégante des transitions avec l'étude suivante, où nous nous proposons de ramasser les raisons de tout ordre qui militent en faveur de la polyandrie. Maïs n’anticipons pas et revenons à Havelock Ellis. Voici quelques utiles ou curieuses observations que je lui emprunte :

« Îl existe une superstition suivant laquelle des suites *

néfastes peuvent résulter de ce que l'orgasme mâle n ‘ait |

pas lieu aussi rapidement que possible.

1 An

A fs,

« Que cela n'est pas vrai nous est prouvé par les expériences de : ldcommunauté d'Oncida en Amérique, qui, dans son système des ire oris sexuels, menail à l'extrême les rapports prolongés sans éjawlation. Il n'y a aucun doule que des rapports très prolongés donkent à la femme le.maximum de plaisir et de soulagement. Cela n'est pas seulement l'opinion absolué des femmes qui .ont de l'exp: ience, mais est encore prouvé par' le fait bien connu qu'une femmà qui recommence l'acte sexuel PLUSIEURS FOIS DE SUITE éprouvÀ souvent à chaque répétition un orgasme et un plaisir plus

Cela à mieux été compris en Orient qu'en Occident. La prolongation de\'excitation de Fhomme pour donner à la femme le temps d'arriver à l'orgasme est recommandée par les Musulmans, remarque sir Richarà Burton. Les Indous font la même chose et s'efforcent à cet effet d'éviter, pendant l'orgasme, la tension trop grande des muscles’ en VCherchant à occuper en même temps leur cerveau. Pendant le cit, ils boivent du sorbet; ils mâchent des noix de bétel et même il fiment. Les Européens ne s'occupent pas de cela: et les femmes inlous, qui requièrent à peu près vingt-minules pour compléter l'acte les désignent avec mépris, sous le nom de « coqs de village ». Les correspondants médicaux aux Indes m'ont confirmé les faits rdportés par Burton.

Tandis que l' tropéen désire exécuter autant de fois que possible le coït dans une huit, Breitenstein nous informe que le Malais, et plus encore le die cherche non pas à répéter l'acte beaucoup de fois, mais à le prolonger. Son but est de rester dans le vagin

pendant à peu Brè un quart d'heure. Contrairement à l'Européen aussi, il se vante du plaisir qu'il a donné à sa compagne, beaucoup plus que de son propre plaisir.

Jäger (cité par Moll), explique la préférence de certaines femmes pour des hommes cast-és, non seulement par l'absence du risque de fécondation, mais par l'érection prolongée de ces individus. Aly- Belfadel remarque qu'il connaît des femmes qui préfèrent pour le coït des hommes âgés, uniquement à cause de leur longueur à éjaculer, qui donne à la femme plus de temps pour jouir de son excitation.

Un correspondant russe, vivant en Îtalie, m'informe qu'une jeune

fille napolitaine de 17 ans, qui avait perdu sa virginité depuis peu

de temps, lui expliqua qu'elle préférait coïtus in ore vulvæ aux rapports véritables, parce que, dans le dernier cas, tout était fini avant qu'elle eût le temps d'obienir l'orgasme, ou, comme elle disait : « Le grand oiseau s'est envolé de la cage et moi je reste en

panne ! » Tandis que, de l'autre manière, elle pouvait éprouver

l'orgasme deux fois avant que son amant n'arrivât au climax. « Cela ma rapelle, écrit mon correspondant, qu’une cocoite milanise me raconta un jour qu'elle aimait beaucoup coucher avec des Juifs, qui, à cause de la circoncision, sont moins sensibles aux contacts el éjaculent plus lentement que les autres, avec lesquels

celle femme demeurait constamment sans satisfaction, parce qu'il: éjaculaient avant elle; mais, dans le coït avec des Juifs, elle éje culait parfois deux fois avant que l'homme n'arrivêt à l'orgasme, où plutôt elle réprimait le second orgasme jusqu'au moment où on compagnon élait prêt. » ue | « Cela est confirmé, ajoute mon correspondant, par un fait qui m'a été raconté par un Juif russe, étudiant à Zurich. Il avat un camarade russe qui vivait avec sa maîtresse, une étudiante russe . aussi, ou une pseudo-étudiante: Un jour, le juif arriva de bonne heure chez son ami et une voix de femme l'invita à entrer Alors il trouva la maîtresse de son ami seule, en chemise, debout, à côté du lit, Il voulut se retirer, mais la jeune fémme le pria de rester et, quelques minutes plus lard, il était avec elle dans le lit Elle lui raconta que son ami venait de partir et qu'elle n'éprourait jamais de soulagement sexuel avec lui, parce qu'il éjaculait tcujours trop vite. Ce matin-là, il l'avait laissée dans un tel état d'exritation et si » peu salisfaite qu'elle voulut se masturber, ce qu'elle faisait rarement, parce qu'elle y gagnaît des maux de tête, lorsqu'elle entendit la voix du Juif, el, connaissant le fait que les Juifs ‘ont plus lenis dans le coït, elle avait pris soudain la résolution de soffrir à lui. » C'est donc un résuliat de la complexité du mécanisme sexuel chez les femmes, que toute l'attitude d'une femme vis-à-vis des relations sexuelles est susceptible d'être désastrensement dffectée par l'absence d'intelligence ou de connaissances du mari, dans l'initiation de sa femme à ce mystère intime. Normalement, l'état de répulsion et de passivité apparente, souvent associé avec une grande sensibilité physique et morale, passe dans un état de par- ficipation active et d'aide dans la consommation de l'acte sexuel. Lorsque nous découvrons qu'une femme fait preuve d'un certain degré d'indifférence pour les rapporis sexuels, et d'une absence de satisfaction complète, nous devons reconnaître que peutêtre la faute n'en est pas à elle, mais à l'habileté défectueuse d'un mari qui n'a pas su mettre en mouvement abec succès le jeu complexe et subtil du flirt. La froideur sexuelle consécutive à la secousse et à la souffrance de la nuit de noces est un phénomène beaucoup trop fréquent. 4 Plusieurs femmes n'éprouvent jamais de satisfaction ni de soulagement sexuels, non par insuffisance de leur part, mais par l'impuissance du mari à comprendre son rôle. C'est une analogie fausse de comparer la cour des animaux exclusivement avec notre propre flirt avant le mariage. Le flirt bien compris est le processus par lequel le mâle, aussi bien que la femelle, sont amenés à l'état de tumescence sexuelle, qui constitue une condition plus ow moins nécessaire pour les rapports sexuels. On ne peut donc pas considérer le jeu du flirt comme définitivement terminé avee la céré+ . monie du mariages il ent plus juste ds régarder ce few comme le préliminaire neturel dans le coît: He

o— 435 — La tumence n'est pas uniquement une condition plus ou moins sentielle des rapports sexuels adéquais. Elle a probablement une

ihportance plus profonde comme l'une des conditions favorables pdur la fécondation, il y a longtemps déjà qu'on a reconnu ce fail.

Losque Van Swieten fui consulté par l'impérairice Marie-T hé-

ré sont des aides très importantes ou des causes de prédis-

position à la fécondité parce qu'ils mettent en action le processus compliquh de la fécondation. » Hirst'cile le cas d'une femme

mariée sahs enfants, qui, pendant six ans, n'eut jamais d'orgasme pendant le rapports; puis, un jour, l'orgasme vint au moment du coït et alo seulement une grossesse en résulta,

Kisch est \très neitement de la même opinion, el considère que la croyance \populaire sur ce point est pleinement justifiée : © « C'est un fat, dit-il, qu'une femme infidèle est plus susceptible de concevoir ayec son amant qu'avec son mari, et il conclut que, quelque soit le\mécanisme précis, l'excitation sexuelle de la part de la femme esl un chaînon nécessaire dans la chaîne des conditons qui produisènt la fécondation ». Le même auléur croit que, chez la majorité les femmes, le plaisir sexuel n'apparaît que graduellement, après la première cohabitation, et. que ce plaisir se développe alors progressivement, landis que la première conception coïncide ordinairement avec son éveil complet. Dans 556 cas qu'il a observés, Kisch trouva que l'époque la plus fréquente de la première fécondation iombe entre dix el quinze mois après le mariage !

L'appareil de l'excitation sexuelle n'est donc pas seulement plus complexe chez les femmes que chez les hommes, mais encore il requiert plus fréquemment d'être activement éveillé, et cela en partie ‘probablement en raison de ceïte plus grande complexité, Chez les hommes, c'est la règle générale que l'excilation sexuelle se produit spontanément, mais ce cas est loin d'avoir lieu avec une fréquence aussi, grande que chez les hommes, La rareté comparative des rêves sexuels chez les femmes qui jamais n'ont eu de rapporls sexuels suffil déjà pour indiquer cette différence. Chez un grand nombre de femmes, l'impulsion sexuelle demeure latente jusqu'au moment

où elle est. éveillée par les caresses d'un amant. Le jeune homme.

devient spontanément un homme: mais comme on l'a dit, la vierge « doit être embrassée pour devenir femme. »

Lorsque Héloïse écrivit à Abélard la première des lettres qui sont parvenues jusqu'à nous, elle avait au moins 32 ans. Mile de Lespinasse avait 43 ans, lorsqu'elle commença à écrire ses lettres à M. de Guilbert, Dans certains cas, l'impulsion sexuelle peut rester

| + 40 latente jusqu'à la période de la ménopause, Sous l'empire Romain, :Ovide remarquait déjà qu'une jeune femme ne connaît pas l'arle d'aimer avant d’avoir atléint 35 ans. Je F&;:

Burdach considérait que les femmes n ‘acquièrent la pleine jouis- 1 ‘sance de leur force générale qu'après le mariage et la, grosiesse,Ml tandis que les hommes ont plus de vigueur avant le mariage. W Schopenhauer dit aussi que l'amour d'un homme diminue ec la . jouissance, tandis que l'amour d'une ‘femme augmente! (D'où nécessité de deux hommes pour une femme.) Le

À propos du fait que les femmes font prèuve d’une augmentation h de l'ardeur sexuelle après que des relations sexuelles ort été éta blies, il faut mentionner le fait, sans doute allié, que Ls rapporis « sexuels sont évidemment moins nuisibles aux femmes qu'aux hom-. mes. C'est-à-dire que si les autres conditions sont égales, les bornes“ de l'excès sont dépassées plus vite par un homme que par une femme. Il y a longtemps que cela a déjà été remarqué par Montaigne. L'ancien dicton : omne animal post coïtum triste est tout au plus d'une application limglée; mais certainement il ne s'applique que irès peu aux femmes, Plazzonus a fait la même remarque au XVW° siècle. : Après le coït, une femme éprouvé plutôt de l'allégresse que de las langueur, comme Robin l'a observé avec justesse. Mais, avec une. satisfaction des deux côtés, il reste vrai qu'après un seul coit, l'hom-. me peut ressentir une lassitude non désagréable avec une inclination # au sommeil, tandis que cela est rarement le.cas de sa compagne: pour elle un seul coït n'est souvent qu'un stimulus agréable, et 1 climax de la satisfaction n'est atteint que la seconde ou la troisième fois, Les excès sexuels, qui, à tort ou à raison, sont considérés comme la cause de tant de maux pour les hommes, n'en causent que rare" ment aux femmes, quoique la femme ait participé à fous les actes. (Ce qui revient à dire que ce qui constituerait pour l'homme un excès est pour la femme la normale : :l lui faut donc deux hom-. mes.) US

Cabanis et d'autres auteurs anciens ont noté le fait que les fem- à mes supporient mieux que les hommes les excès sexuels: Les aliénistes rappellent fréquemment le fait que les femmes soni moins. susceplibles d'être affectées par l'aliénation mentale par nie : d'excès. Trousseau fit observation que les femmes ne sont pas” exténuées par, des coïts répétés dans une courle période, quoique l'excitation nerveuse soit aussi grande, sinon plus grande que chez. les hommes; et il crut que cela démontraiït que la perte de sémen est la cause de l'épuisement chez les hommes. Lôwenfeld affirme même qu'il ne peut en être question, si le système nerveux des femmes est moins influencé par les suites du coït que: le système nerveux des. hommes. VE (441

J'ai vu maint jeune couple, où le mari fut réduit à une condition lamentable de prostration nerveuse et de malaise général par le zèle “quec lequel il avait rempli ses devoirs conjusaux, landis que la.

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femme eñ bar bénéficié el continua sans LA re de jouir d'une santé parfaite, Cette expérience n'est pas rare.

Un correspondant m'écrit : & Il est bien vrai que la bite de l'excès esi mains cisément atleinte par les femmes que par les hommes. J'ai trouvé que les femmes peuvent sans inconvénients arriver à l'orgasme beaucoup plus fréquemment que les hommes. Prenons un cas ordinaire : Je passe. deux heures avec X.…. j'ai l'orgasme trois fois avec difficulté ; elle 6, ou 8, ou peut-être 10 ou 12 fois! - Des femmes peuvent ‘aussi l’éprouver une seconde ou une troisième fois de suite, sans intervalle. Parfois le seul fait de savoir que : l'homme en est à l'orgasme fait que la femme l'a aussi. Mais il est Vrai que, pour atteindre l'orgasme, LA FEMME EXIGE AUTANT DE MINUTES QUE L'HOMME DE SECONDES... » Îci fe dois encore rappeler le cas où une épouse éprouve l'orgasme vingt-six fois, pendant que son mari l'éprouvait deux fois seulement.

Comme dans le coït, je puis citer le cas d'une jeune fille de campagne, âgée de 17 ans, vivant dans un district rural de la Caroline du Nord, où la prostitution était inconnue, et qui se donnait aux hommes presque ouvertement. Un dimanche, elle laissa trois ou quatre hommes s’épuiser sur elle. Une autre ‘fois, elle permit, une nuit, dans un champ, l'acte sexuel à quiconque le désirait. Cetle nit-là, 25 hommes et garçons eurent des rapports avec elle.

Lawson donna une « attestation » de ce qu'il avait observé chez les femmes des Iles Marquises. Il affirme qu'une fois il entendit un groupe de garçons compter et nommer 103 hommes qui, pendant la nuit, avaient eu des rapports avec une seule femme. » <

Mais si Lawson et Havelock Ellis avaient connu les &« performances » accomplies par les malheureuses prostituées qu'on parquait pendant la dernière guerre, dans les bordels du front et des villes du nord, ils n'auraient pas du tout trouvé ce chiffre extraordinaire. On se rappelle’ que, dans La Maîtresse légitime, Georges-Anquetil a reproduit l’inénarrable ordre du jour du général Brissaud-Desmaillet imvitant les tirailleurs sénégalais à opérer en vitesse au cours de leurs ébats amoureux, afin que chaque femme pâût satisfaire, chaque jour, le plus grand nombre d'hommes possible !

Et j'entends déjà les spirituels idiots qui ne comprendront pas la véritable portée de mon livre, dire qu’on y recommande à chaque épouse d’avoir 103 maris, ce qui ferait déjà un zéro de moins que le chiffre des épouses de don Juan. Je ferai simplement remarquer qu’entre un et

cent trois, il y a dela marge ! Et il me suffit d’avoir établi, par des citations de sommités mondiales :

1°) Que de 70 à 80 % des femmes mariées sont privées de la jouissance du spasme ;

2°) que, deux fois par mois, notamment après les menstrues, les femmes ont besoin d'unions répétées ;

3°) que la femme a besoin, pour éprouver l'orgasme, de faire l'amour plusieurs fois de suite ;

4°) que cet orgasme, sans lequel il n'y à, pour Ja femme qu'un énervement säns plaisir, est utile à sa santé ; |

5°) qu’il est également utile à la conception et indis- pensable à la génération de beaux enfants ;

6°) que le mariage accroît l'appétit sexuel de la femme et diminue celui de l’homme ;

7°) que la capacité d'amour physique de la femme est infiniment supérieure à celle de l’homme, vite épuisé.

De ces lois, dont je crois être la première à présenter ainsi le résumé synoptique et synthétique, une seule con-. clusion logique, un seul corollaire ne se dégagent-ils et ne découlent-ils pas ? C’est que si, physiologiquement parlant, le mari est incontestablement insuffisant, l’amant est légitime, en attendant de devenir légal ? C’est la thèse de mon livre. Je crois l’avoir déjà aux trois quarts démontrée, et non par des arguments spécieux de psychologie plus ou moins fantaisiste, mais par des preuves irréfragables !

Or ça, personne ne l’a vu ou n’a voulu le voir !

Même Pierre Bonardi, qui, cependant, dans son Rituel de la volupté (1} a dit tant d’excellentes vérités sur l’inexpérience masculine, me semble s’être fourvoé quand il a écrit :

St dearest pas le dun de toi que ta maîtresse attend dans votre geste : si ce n’est bas vers celte conjonction et cet apaisement qu'elle va, si son plaisir n’est que dans celle course qui n'a ni rvthme, ni sunchranisme, ni but...

(1) Editions Georges Crès.

vovons… réfléchis. el avoue qu’un eunuque aux érections faciles ou un appareil spécial ferait infimiment mieux, plus régulièrement et plus solidement que toi I! »

Je n'ai pas, Monsieur Pierre Bonardi, le plaisir de vous connaître : on me dit que vous êtes ardent et beau, mais que vous êtes jeune. Ça se voit, laissez une femme pas encore trop vieille et qui connaît bien l'amour, croyezmoi, vous le dire en toute franchise. Vous méconnaissez, en idéaliste abusé, la puissance des sens chez la femme. Ce qu'elle veut avant tout, c'est un mâle qui sache la faire jouir, c’est le mâle. Elle préfère mille fois celui qui ne fait pas le don de soi, voire l’eunuque/ aux érections faciles, à celui chez qui l'acte est trop bref ou dénué des préludes nécessaires. Vous avez confondu l’exigence de l’homme et celle de la femme. Oui, l’homme, lui, veut que la femme se donne. Autrement, c’est simple : c’est un viol. Mais l'homme n'est pas obligé de se donner : il n’4 qu’à donner une jouissance mécanique. Sans doute, parbleu, il vaut cent fois mieux que l’orgasme des deux partenaires soit partagé, surtout quand on veut une bonne et belle conception, mais je tenais à insister sur le caractère purement physiologique et nullement sentimental de la jouissance chez la femme. Et je rappelle la vérité de La Rochefoucauld : La femme cherche d’abord l'amant, puis, quand elle en a eu un, elle cherche chez les autres l’amour, lisez le plaisir, QUEL QUE SOIT CELUI QUI LE LUI PROCURE |! Fete

Enfant terrible, j'ai souvent pris, je l’avoue, un malin plaisir à citer M. Paul Bourget, parce qu’il est de l’Académie française et qu’il vient d’être promu commandeur - de la Légion d'honneur. Eh bien ! c’est à lui que je demanderai la conclusion de ce chapitre. Je la prends à la page 75 de sa Physiologie de l’amour moderne où il écrit : |

« J'ai une théorie, voyez-vous, c’est qu’une femme

mariée qui prend un amant ne cherche pas dans cet amant * un second mari. Elle veut quelqu'un qui lui donre ce que son mari ne lui donne pas, non plus la nopote du

PSP PRIE COTE ne re rèa <. À 4 5 ; Hi j ( ace 440 te 6 Ut ja à Un

cœur et dessens, mais de la cuisine dà restaurant, du relevé, de l’épicé, du poire en diable. »

Mon Dieu, faut-il être académicien et cravaté pour

définir d’une facon si compliquée et alambiquée ce qu'une femme adultère demande à son amant, et ce que son mari

-ne lui donne pas : elle lui demande de la faire jouir,

parbleu !

Tout bêtement, dans les. deux sens du mot « béton », qui n'est peut-être pas très académique, mais que l’académie ellemême a pourtant admis, à son dictionnaire,

comme nos petits enfants le verront un jour, si jamais il.

paraît ! ie Et puis enfin jen demande "humblement pardon à

M. Paul Bourget, mais il me semble avoir déjà lu quel-

que part, « qu'un amant apprend à une tone tout ce qu'un mari lui a caché. )

: C'était même, si je ne m'abuse, signé Balzac. le même qui proclamait « qu un amant a toules les qualités el tous les défauis qu’un mari n’a pas l »

Et c'était, ma foi, presque aussi bien que du Paul Bourget, bien que Balzac n'ait jamais été promu commandeur.…

Mt Le que Poe n’ait jamais osé la définition du mariage qu'en donnait M. Paul Bourget dans Le Journal en 1890 : « Un échange de mauvais procédés pendant le jour et de mauvaises odeurs pendant la nuit. »

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