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devant Dieu, le mariage n'existe pas entre nous, permets que j'aie un mariage secret avec lon fret ou ton ami ,
le plus intime, »
. Le dévoir du mari, ajoute Luther, est de consentir,
et « s’il ne le veut pas, de ne pas s'irriter si sa femme le quitte (1).
Die westfälischen Weistimer, dit le D’ Nystrom (op. cit.) traitaient encore plus à fond ce même sujet et reconnäissaient d’abord
au voisin le droit de remplacer lé mari impuissant ét puis, après lui, toute autre pérsonne capable,
On peut lire dans Das Beu. ker Heidenrecht : & Je considère |
aussi comme jusie que si un mari ñe peut faire droit à sa femme et qu'elle s’en plaint, il la porte par-dessus sept barrières ét demande à son plus proche voisin de lui venir en aide; après cela il la rap-
portera à la maison, la posera doucement et mettra devant elle -
une poule rôlie ef une mesure de vin. »
On trouvait des prescriptions semblables en d'autres éndrélts encore, Bauer déclare que & si la femme était jolie, elle n'exigeait
pas de pareilles mesures de rigueur et trouvait facilement un amant parmi la jeunesse du village, et enfin, si celle-ci se montrait indifférente, il y avait toujours M. le éuré 1 5
Par suite des opinions en côürs et des lois sur l'indissolubilité dû mariage et sur son but principal de propager la famille, l’adultère de la femme aussi bien äüe l'impuissance du mari avaient depuis longtemps cessé .d'être des causes de divorce.
Aussi ne voyait-on aucuné mal à offrir sa femme à ün aütre
pour cause d'impuissance, C'est ainsi qu'un chevalier de Thuringe qui, par suite d'impuissäance, he pouvait avoir d'héritier avec sa femme, demande au landgrave Louis, l'époux de sainte Elisabeth, de « le remplacer auprès de sa femme »4
M”° Märie Carmichaël Stobes attiré notre attention .
sur lès mariages où le mati est si faiblement sexué qu'il ne peut avoir d'union ordinaire qu'à des intervalles très espacés, à moins d’un effet désastréux sur sa santé.
« Si, dit-elle, un homme de ce genre esl marié à une femme qui
a hérité d'un désir extraordinairement prononcé et fréquent, il peut
souffrir dé l'union avec elle ou il peut la faire souffrir en refusant d'accéder à ses désirs Je sais un homme qui, ie une vie sas rencontra une
(1) K. HAGEN, Détléshiünd litt. Dhd rel. Vérhaltn, in Beformations éeits
re 7
LS", Pa
femme qu'il adora. Il l'épousa, mais pour conserver sa & pureté » de Vierge, pour la différencier des autres, il ne consomma jamais son mariage avec elle. Elle fut étrangement malheureuse, car elle l'aimait passionnément et désirait ardemment des enfants. Et elle lui parut languir & capricieusement », lorsqu'elle devint amaïgrie et névrosée !
Cet homme aurait peut-être mieux compris sa propre conduite, s'il avait su que certains êtres meurent, tout simplement, lorsqu'ils n'ont pas de € compagnon ».
À cela je sais bien ce que vous allez me répondre : 1°) La femme pouvait demander le divorce ; 2°) Ce sont là des cas exceptionnels.
J e réponds :
#* {°). Le divorce n'est une solution Ale que pour les gens qui ne s’aiment pas, mais en dehors de la question sexuelle, qui est, je le reconnais, primordiale, des époux peuvent parfaitement s’accorder au point de vue intellectuel ou au point de vue soit d'une sympathie générale, soit des intérêts, etc. Ecoutez ce que dit Forel à ce propos : |
« La stérilité de l’un des époux ou son incapacité au
-cott pourrait dans beaucoup de cas être aussi mentionnée come raison de divorce, quoique dans certaines circons-
lances comme nous le verrons, une polyandrie ou polygvnie limitée soit bien plus humaine que le divorce.
Je n'oublierai jamais un cas dans lequel une femme avait divorcé, à cause d'une longue maladie mentale de son mari, après une apoplexie, pour épouser un autre
homme. Après son deuxième mariage, elle faisait des
visites régulières à son premier mari à l'asile des aliénés. Celui-ci élant devenu ensuite plus tranquille, elle le reprit
chez elle à côté du second, qui trouva la chose toute
naturelle. »
Il faut has bien, qu’on le aille ou non, envisager, däns certains cas, une autre solution que le divorce : c’est
celle de l'amant légitime !
2°) Peut-être, me dites-vous, mais ces cas sont exceptionnels. fs Pas tellement, mais admettons-le si vous voulez. Je
OU ah, vais donc me placer au point de vue ke plus général, celui où le mari est normal, mais égoïste et ne sait conduire sa femme — c'est, nous l’avons vu, le cas de quatre maris sur CiInq/— au spasme à laquelle elle a droit. Et d’abord demandons-nous pourquoi il en est ainsi. Car enfin tous les maris ne sont ni des serins ni des collégiens. Est-ce que, par hasard, il serait impossible qu'il en fût autrement ? Est-ce qu’il serait impossible à un seul homme de satisfaire pleinement une femme ? Est-ce que toutes ou presque toutes ne pourraient revendiquer l’amani légitime parce que nécessaire, parcequ'indispensable comme adjoint au mari ? Je suis en plein dans le cœur de mon sujet : souffrez que, comme toujours, je procède avec méthode. | | — Ce n’est qu'une question de tempérament, dit Michel Georges-Michel. ma — Je l’entends bien, mais alors, je relis le dlocteur
Virey :
« On doit considérer que les femmes du Midi de l'Europe sont . bien plus voluptueuses que celles du Nord. La femme Portugaise, courte el vive, passe pour l'être davantage que l'Espagnole ct l'Italienne Celles-ci le sont plus que nos Françaises, qu'on accuse d'être parfois plus coquettes que tendres. Au contraire, les Allemandes sont souvent froides et si les femmes, russes s'adonnent davantage aux voluptés, c'est autant par la corruption de ce peüple que par l'habitude de vivre à la chaleur continuelle des poêles et sous des vêtements de peaux, lesquels produisent en ROTIE l'effet d'un climat plus méridional.
De même, en été, la femme est plus amoureuse qu'en hiver. Suivant l'observation des anciens physiologistes, l'on a vu des femmes, stériles, par froideur, en Europe, devenir. fécondes en passant sous le tropiques. »
Et voilà, je crois, la question placée sur son véritable. terrain, parce que si la physiologie, qui est une science tandis que la psychologie n’est qu’un art, démontre que le tempérament de toute une race de femmes les pousse à la volupté, elles ne sauront être blâmées de réclamer, | comme un droit naturel, un amant à côté du mari. L' Ecri-
ture Sainte ellemême proclame : < ù
e Tria sunt insaturabilia.. infernus et os vulvæ et
ii » : il y a trois choses insatiables... les enfers, LA VULVE et la terre. |
Mais alors de quel droit condamner les exigences de cette vulve, même dans les débordernents de Cléopâtre ou de Messaline, puisque c'est Dieu ou la nature qui les ont faites insatiables ?. De quel droit refuserait-on à cette reine d'Aragon, dont nous parlions plus haut, ses six coits quotidiens, puisque tel était le chiffre qu'elle proclamait convenable dans le mariage. La laisserait-on « tuer loute une succession de maris » ou souffrir, plutôt que de lui accorder de légitimes amants ?
Etienne Rey reconnaissait l’irresponsabilité de la femme quand il écrivait :
« La femme est:gouvernée par d'obscurs instincls et éprouve à certains moments, un besoin d'aimer qui tombe, à l'aventure, sur le premier venu. Chez elle, tout désir sensuel, parvenu à un certain point de maturilé, se iransforme de lui-même en amour,'et de cet amour, le hasard fait profiter tantôt un sot, tantôt un homme d'esprit. Mais la femme n'est pas responsable de son. choix, et celui qu'elle a élu n'a pas à s'en glorifier : il se trompe bien, s'il attribue sa victoire à Ses mériles, voilà tout. »:
va citation de Michelet que fait Georges-Anquetil dans La Maîtresse Légitime est habilement tronquée d’une phrase finale extrêmement importante, et que voici : « Nulle peine ne serait assez grave, SI ELLE SAVAIT CE QU'ELLE FAIT. » Mais Michelet lui-même plaide pour la femme adultère la responsabilité atténuée, chère aux médecins légistes aliénistes, ou les circonstances atténuantes chères aux jurés. Ecoutez ses scrupules de conscience :
« La femme est-elle responsable ? Sans doute, elle est une personne; mais c'esi une personne malade,,ou, pour parler plus exactement encore, une personne blessée chaque mois, qui souffre presque constamment et de la blessure et de la cicatrisation. Voilà ce - que l'ovologie (Baër, Négrier, Pouchet, Coste) a admirablement établi. . ;
Quand il s'agit Das malade, si, la loi veut être juste, ci doit constamment. tenir comple, en tout acte punissable, de cette circonslance atténuante. Imposer, à la malade les mêmes peines qu'au bien
s Joe
portant (je veux dire à l'homme), ce n'est pas une égalité de justice, mais une inégalité el une injustice. » ”
Or ce qu’oublie de dire Michelet, c'est que la peine, en matière d’adultère, ne frappe, comme je l’ai dit ailleurs, que celle qui est quasi-irresponsable, le mari pouvant impunément tromper sa femme, sauf dans le seul cas où il entretient une concubine au domicile conjugal, et encore n'y risque-t-il qu’une amende, tandis que la femme. jou: deux ans de prison ! Mais Michelet a parfaitement compris que la physiologie dominait la volonté de la femme, Ne le dit-il pas expressément dans ce passage de son livre L'amour :
« Un sage magistrat disait qu'en toules causes de femmes et même en bien d'autres encore, pour l'éclaircissement du degré réel de volonté et de fatalité, les tribunaux auraient besoin de l'assistance permanente d'un jury. médical. Ce n'est rien d'appeler par hasard un expert pour une circonstance matérielle. On doit tou- . jours tirer au clair la question capitale et très obscure : le degré de volonté. .
Îl faut là tout le secours des sciences physiologiques. C'est quand les médecins auront dit ce qu’il y eut de physique, de matériel et de fatal, que le juge commencera son œuvre en conscience, le bläme, . le redressement et la correction de l'âme, la médication de pénitence et d'amélioration.
Au Moyen-âge, où toute science était théologique, le magistrat avait soin d'avoir près de lui le juge clerc, c'est-à-dire savani, pour éclairer sa conscience: Aujourd'hui, nous n'en doutons pas, nos tribunaux de plus en plus voudront voir près d'eux la lumière de science qui, louf au moins, montrerait la moitié des choses. J'entends par là le médecin, le physiologiste, qui, sans prétendre influer trop, aiderait cependant, et souvent prêterait le fil au juge pour pénétrer lui-même les ténèbres de la volonté. »
Mais c’est un véritabe plaidoyer — à peine déguisé — en faveur de l’irresponsabilité de la femme adultère. Aussi bien ce plaidoyer, que d'auteurs illustres l'ont
fait ! Relisez Stendhal :
« La fidélité des femmes dans le mariage, lorsqu'il n'y a pas
d'amour, est probablement une chose CONTRE NATURE : On a essayé” d'obtenir cette chose contre nalure par la peur de l'enfer et les senliments religieux; l' exemple de l'Espagne et de l'Italie montre jusqu'à quel point on a réussi !
On a voulu l'obtenir en France par l'opinion : c'élait la seule digue capable de résister: mais on l'a mal construite. Il est absurde de dire à une jeune fille : & Vous serez fidèle à l'époux de votre choix el ensuite de la marier par force à un vieillard ennuyeux. »
Relisez Voltaire :
« Pour juger valablement un procès d’ Autre, il faudrait que douze hommes et douze femmes fussent les juges, avec un hermaphrodite qui eñt la voix prépondérante en cas de partage »
Voltaire admettait donc qu’il pouvait se présenter le cas où l’adultère était légitime. Notre Code pénal ne l’admet jamais pour la femme. Cependant nous employons fréquefnment à dessein les expressions d’instincts sexuels, de besoin sexuel, d'APPÉTIT sexuel. Or, comme écrit Mhalthus :
L'amour est comme tous les appéltits, sujet à changer. Chercher à le fixer dans un lit invariable, c’est essayer de modifier les lois de sa nature. »
Léon Blum devait reprendre ce leit-motiv de logique :
« Dans le choix d'un mari, l'idéalisme seul maintiendra fermement ses exigences. Est-il nécessaire d'ajouter què l'instinct prendra sa revanche et qu'on demandera à l'amant, avant peu d'années, | ce qu'on avait jugé superflu de trouver chez l'époux. La plus grave de’ loutes les désharmonies, c’est la désharmonie physique, c'esl-à-dire la mauvaise adaptation des corps, , le mauvais aménagement du plaisir, »
Or voici la preuve que, d'une part, tant qu'on ne pra- -hquera pas les mariages à l'essai préconisés par Georges- Anquetil, on s’exposera à de graves mécomptes sexuels et que, d'autre part la même femme ‘peut être froide avec l’un et voluptueuse avec l’autre. Le docteur Engelmann, célèbre gynécologiste de Boston, écrivait à Havelock
Ellis :
« Je me rappelle deux cas très frappanis de jeunes femmes mariées très attrayantes (l'une avait eu un enfant et l’autre avait fait une fausse couehe), qui étaient toutes deux absolument froides pour leurs maris, comme me l'attesièrent les maris aussi bien que les femmes. Elles ne comprenaient rien au désir et à la passion ei ne voulaient même pas croire que le désir existât. Pourtant ces deux
femmes ont éprouvé depuis une passion ardenle pour d'autres 4 hommes, et la passion fut peut-être d'autant plus forte qu'elle avait « été longtemps latente. » Hp
Rappelez-vous cette constatation de Duclos :
« Ce n'est pas la raison qui dr Île ho des femmes À ce n'est pas l'amour ; ce n'est même pas le plaisir, c'est la folie # qui. leur échauffe l'imagination pour un homme qui devient suc- \ cessivement l'objet, le. complice et la victime d'un caprice. Un amant leur plait sans autre raison que de s'être présenté le pre- ! mier et il est. bientôt quitté pour un second qui n'a d'autres mérites que d'être venu le dernier. »
Comme cependant je ne crois pas au caprice, maïs à des lois, je suis portée à penser que cette mobilité de la 4
femme obéit aux desseins ténébreux de la Nature, qui,
elle, sait bien ce qu’elle veut. Le célèbre docteur Roux # écrivait, l’an dernier : |
& Depuis des siècles, les religions et les moralistes im- & posent et conseillent la continence : cependant, les mala- « dies vénériennes ne diminuent pas et menacent les nations * dans leur vitalité. Comment s'étonner d'un tel résultat, n car. la nature est forte et la chair est faible L y»
Or regardons la Nature et les autres animaux. Je dis les autres animaux, parce que je répète, avec Rémy de Gourmont, que « l’homme n’est pas au sommet de la * ‘nature. Îl est dans la nature, l’une des unités de la vie, et # rien de plus. Quand nous faisons l'amour, c’est bien, « sélon l'expression des Sr more bestiarum.
L'amour est purement animal. » \ À
Eh bien ! malgré la fidélité NE des pigeons, si .
lé pigeon va parfois jusqu’à pratiquer la polygamiée, la |
pigeonne lui rend la pareille et va, elle aussi, se livrer quelquefois au prémier venu. | Ne me reprochez pas cette observation : je me place, dans la prernière partie de cette huitième étude, au point ” de vue physiologique, or, étymologiquement parlant, Ja‘ physiologie c’est l'analyse de tous les phénomènes naturels, de tous les instincts, de toutes les lois qui gouver- M nent males et femelles de tout ce qui vit dans la naiure.
C'est d’ailleurs la seule planche de salut de ceux qui cherchent une base un peu solide à leurs travaux ;
ainsi la psychologie n’en a point de semblable et elle
n'a commencé à pouvoir prétendre devenir scientifique que le jour où les Anglo-Saxons ont créé Ja psycho-
physiologie, montrant non seulement les liens qui unissaient le physique au moral, mais prouvant la prédomi-
nance de celui-là sur celui-ci. C’est pourquoi, tant de fois, dans ce livre, j'ai cité des médecins, au moins aussi souvent que des penseurs, des moralistes ou des
. . . Û « D: è L] d romanciers imaginatifs, parce qu'à leurs hypothèses, à
leurs: théories, à leur fictions, j'ai préféré les constatations positives des savants, leurs logiques déductions, leur méthode expérimentale, dont les lois, pressenties par Bacon, ont été si lumineusement posées par Claude Bernard. Et c’est encore pourquoi je veux vous donner l'opinion de Forel sur la polyandrie, qu’il ne préconise pourtant pas, mais vous allez: voir ce que j'ai glané à travers son gros livre et tout ce qui lui a, échappé de favorable à la polyandrie, parce qu’il est d’abord honnête, sans parti pris, et avant tout physiologiste. Il commence par citer et commenter ainsi Luther (avec une variante) : |
LUTHER : « Si une femme capable obtenait comme époux un homme impuissant et ne pouvait publiquement en prendre un . autre, sans vouloir pour cela faillir à son honneur, elle pourrait dire à son mari : — Wois, cher époux, tu ne peux pas le rendre coupable envers moi + tu as trompé moi el mon jeune corps, meltant en danger mon honneur et mon salut. Devant Dieu il n'existe pas de mariage entre nous deux; permets-moi donc d'avoir une union secrèle avec lon frère ou avec un de tes bons amis, union dont tu porteras le nom. afin que ton bien ne passe pas à, un étranger, et laisse-toi ainsi volontairement à ton côté tromper ainsi par . moi, comme lu m'as trompée sans le vouloir, ! » -
« Apprends que le mariage est uh acle extérieur, comme les
autres actions temporelles. Qu'il soit donc permis à -un des époux de satisfaire son appétit sexuel hors du mariage, lors même que ce dernier existe encore, afin qu'il soit fail droit à la nature, si l'on ne peut plus lui résister ».
Malgré cela, l’une des tâches principales de la morale nituclle
D'UN HOMME sera toujours de réprimer d’une façon pEnETae ses
MTV
désirs polygames érotiques par la simple raison qu'ils sont tout spécialement aptes à léser les droits et le bonheur d'autrui. Nous faisons exception, je le répète, pour certains cas spéciaux, dans lesquels personne n'est lésé, et dont nous trouvons des exemples assez fréquents dans la vie.
Signalons ici le cri naturel d'un cœur de femme, cri bien carattéristique pour la monogamie factice de nos pays civilisés. Une femme du peuple était atteinte d'un mal utérin lui interdisant toute ‘relation sexuelle avec son mari, qui se consolail avec une autre femme. Une voisine s'élant mise à insulter le mari à.ce propos sur l'escalier, l'épouse entendit ces insultes de l'étage supérieur; elle entra en fureur contre ld voisine et lui cria : « Qu'est-ce que cela te regarde, gueuse 1 C'est moi qui le lui ai permis ; il ne peut pas se servir de moi. » (1)
Inversement, des raisons physiologiques font qu'une femme très érotique et exigeante au point de vue sexuel ne peut obtenir satisfaction, l'homme étant incapable de commander ses éreclions à volonté. Elle ne peut qu'intenter une action en divorce, si elle arrive à prouver que son mari esl complètement impuissant.
Il suffi de réfléchir à ces faits pour voir à quel point le règlement par la loi des rapports sexuels est “épineux, pour ne pas dire , plus. Le droit qui légifère sur les détails devient nécessairement dans ce domaine une injustice.
Nous avons appris à connaître la variabilité individuelle énorme de l'appétit sexuel. Quand on veut le régler à l'aide des paragraphes d’un code matrimonial monogame, on n'arrive qu'à des torfures aussi absurdes qu'impraticables.
Il y a des cas où la polyandrie se justifie. Il existe des femmes dont l'appétit sexuel, à la vérité plus ou moins pathologique, est si insaliable qu'un ns normal ne peut les satisfaire. Il vaut donc mieux qu'en vertu d'un contrat libre quelques don Juan se chargent de les satisfaire, que de les voir se livrer par désespoir à la prostitution (il existe certaines prostituées par nymphomanie), encore que de voir les don Juan en question séduire systématiquement de braves jeunes filles normales.
Les femmes très lubriques, dont l'appétit sexuel va jusqu'à la nymphomanie, ont par:suite fort souvent des instincts polyandres. Elles deviennent alors plus insatiables que les hommes. Les journaux ont étalé divers cas de ce genre dans leurs colonnes pendant le cours de ces dernières années, et les exemples de femmes pareilles ne sont pas rares dans l'histoire.
Si une femme mariée, amoureuse d'un autre que de son mari, es! polyandre, comme beaucoup d'hystériques ou de femmes tendant à l'hystérie, elle est fort capable de prodiguer ses
(1) Voir aussi : La Graine, par A. Couvreur.
caresses el son amour à son mari aussi bien qu'à son amani, et de se donner à tous deux en même temps avec la volupté sensuelle la plus complète.
Voici enfin quelques exemples d’anesthésie sexuelle masculine, cités par Forel et dans lesquels on ne pourra, je crois, refuser à la femme l'amant légitime : .
&« 1. — Un homme très normalement bâti, fort, de haute: culture, très doué, au sens moral développé, est atieint dès sa naissance d'’anesthésie sexuelle complète. Dans son sommeil il a parfois des pollutions dont il ne s'aperçoit qu'à son réveil par les traces qu'elles ont laissées. Il a aussi des érections malinales, mais sans trace d'images érotiques. L'appétit sexuel n'est jamais apparu chez lui. Après avoir terminé ses hautes études et être parvenu à l'âge mûr, il n'a aucune idée quelconque des rapports sexuels. Son indifférence pour tout ce qui concerné la sexualité, tant dans ses lectures que dans ses conversations, est phénoménale. Il n'a rien compris à fout ce qui s'y rapporte. Ses réponses me rappellent mes conversalions avec les daltonistes sur la distinction entre le rouge et le vert! Pour lui, le mariage est une union intellectuelle et sentimentale dans laquelle les enfants arrivent tout seuls.
Il a fini ainsi par épouser une jeune fille bien élevée, pas très sensée, mais extrêmement prude. On se représente les découvertes qui s'ensuivirent ! La femme, qui désirait ardemment des enfants, s'aperçoit bientôt de la cécité sexuelle de son mari. Elle en est horriblement malheureuse et lui fait les reproches les plus amers. Ce . dernier finit par deviner que dans le mariage il doit exister quelque chose dont il ne se rendait pas compile; mais les explications du médecin sur le coït ne servent naturellement de rien, et la suggeslion hypnotique est même absolument incapable de produire chez lui la moindre sensation sexuelle.
Malgré tout, il est plein d'égards et d'affection pour sa femme; mais dans sa droilure et son honnêteté, il est incapable, avec la meilleure volonté du monde, de simuler pour elle le moindre appétit sexuel. Quant à elle, ce qui lui manque, ce n'est pas le coït, qui n'eût élé qu'un moyen, mais ce sont les enfants, la chaleur de l'amour et ses caresses. Cependant sa pruderie lui fait préférer cet état de choses à un divorce: qui ferait scandale.
Remarquons encore qu'en pareil cas les érections ne se produisent que mécaniquement, pendant le sommeil, ce qui rend tout accouplement impossible, l'approche du corps féminin ne les amenant pas, et le réveil les faisant cesser.
2. — Un original très timide, quoique assez vaniteux, vivant très reliré, tout à fait froid au point de vue sexuel, n'avait jamais eu que de rares pollutions nocturnes, exceptionnellement accompagnées de rêves un peu érotiques. Quoique mieux renseigné ‘que le
on À AE
précédent sur les rapports des sexes, l'appétit sexuel lui faisait à
peu près complètement défaut, et il se représentait aussi le mariage -
comme une alliance purement intellectuelle. Il n'était cependant guère capable des sentiments élevés du mari précédent, Il épousa
une jeune fille à la fois intelligente et passionnée, dont les appétits
sexuels étaient fort développés, et dès l'abord il se mit à traiter sa femme avec une froideur incroyable, commme une sorte de domestique. Prude et timide comme une jeune fille, il exaspéra les sentiments les plus profonds de sa jeune femme et la rendit fort malheureuse.
Celle-ci me consulta. Sa famille lui conseillait le divorce, mais ayant pitié de son mari, elle, hésitait et finit par l'envoyer me consulier. Je lui fournis les explications les plus complètes, tout en lui donnant une leçon méritée sur sa conduite inqualifiable, lui faisant comprendre que les lorts élaient entièrement de son côté, qu'il n'avait pas à jouer au seigneur troublé dans sa dignité, et que son premier devoir élait de témoigner a sa femme de l'affection ou de l'amour, sinon qu'il n'avait qu'à accepier le divorce. L'effet fut purement psychique; dès ce moment il se montra aimable et affecfueux envers sa femme. Celà suffit pour enlever à celle-ci toute
envie de divorce. Jé.dis alors à la femme qu'étant données la timi-
dité et l'anomalie de son mari, il ne lui restait plus qu'à iniervertir les rôles et à jouer celui qui est d'ordinaire réservé à l'homme, c'est-à-dire les avances sexuelles. Je n'ai plus eu de nouvelles de ce singulier couple. »
J'ai réservé, en lisant et en citant Forel, une certaine phrase, que M°° Marie Carmichaël Stopes n'eût pas manqué de monter en épingle si elle La remarquée, c'est celle-ci :
« Une particularité des D ebcts sexuels. de. l'homme est son désir de changement. Ce désir n’est pas seulement une des causes principales de la polygamie, mais aussi de la prostitution et d’autres organisations analogues. 1l tient en particulier au manque d'attrait sexuel de ce à quoi l’on est habitué et à l'excitation d'autant plus forte produite par tout ce qui est nouveau. »
Mais croyez-vous vraiment, mon cher maître, que, comme pour certains théorèmes de géométrie, la réciproque n'est pas vraie ? Croyez-vous que le brave homme de mari gros, gras, poussif, asthmatique, emphysémateux, toussant, crachant, à quoi (je ne dis pas à qui) elle est
habituée (je puis bien parler de l’homme comme vous
parlez de la'femme) ne manque pas, lui aussi, d’attrait : sexuel ? Quand. Balzac vient nous dire : « Si un homme ne sait pas distinguer la différence des plaisirs de deux nuits consécutives, il s’est marié trop tôt », moi, ‘femme, je souris, car tous les hommes alors se marient trop tôt, même à soixante ans. « Changer le menu », ah | laissez-moi rire encore ! À la trente-deuxième position on recommence ! Mais non, ce n’est pas le repas qui peut être changé : il est hélas, à très peu de variantes près, toujours le même. C'est le partenaire, c'est le convive avec lequel on est obligée de le partager. Là seulement peut résider, pour parler le langage de Forel, l'excitation de ce qui est nouveau. [Il n’y a, là-dedans, ni morale ni immoralité. C’est la nature qui est ainsi, et je vous ai dit qu'engce moment je parlais physiologie.
« Le changement de mets réjouit l'homme :
. 0 » | , « Quand je dis l’homme, entendez qu'en cecy « La femme doit estre comprise aussi :
« El je ne sais pas comme il ne vient de Rome « Permission de troquer en Himen.… & .… Peut-être un jour nous l’obtiendrons, en »
Qui parlait ainsi il y a déjà trois siècles >? LA Fon-