‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 12 sur 149 · LETTRE IV · texte numérisé non relu

LETTRE IV

M" Liowère, à. Salvagnac-Saint- Loup, par | Capdenac (Aveyron), à M. Gers Anne

Méaeites

J'ai lu avec intérêt voire ouvrage La Maîtresse Légi ‘une, d'autant plus que j'ai étudié la même question et onstaté les mêmes méfaits du mariage, que je dis être a plus criminelle invention de l'être humain, paisque, tous ses maux en découlent, Vous l'avez traitée ‘au point dé vue jouissance, moi au point de vue Santé: nous a Friv ons à des conclusions bien différentes, moi à l'affranchièe Rent de la femme, vous à la polygamie. Vous considérez notre sexe comme inférieur ; ñ'empêche qu'il y a des femmes qui vous sont supérieures et des hommes

ds

. qui sont bien inférieurs ; nous avons des. qualités qui

vous manquent à vous, comme vous en avez qui nous manquent à nous, et l'harmonie ne se fera que par la collaboration des sexes, qui se complètent l’un, l’autre. La femme serait en tout votre émule si elle avait eu la même éducation, son ignorance seule Ja différencie, Mira-

. beau ne s'est pas trompé, quard il a dit : la femme est

ce que nous la faisons. Elle n'est appréciée que comme

| pot-au-feu et poupée, elle ne fait effort que sur certains

points : si vous estimiez ses causeries, son discernement dans les affaires sociales, La politique, elle ferait effort pour s'instrulré, Mais Vous la préférez i ignorante, vous n "estimez l'instruction que dans les héraïres ; il y a à cela quelque rares exceptions ; Lamartine nous dit que son père hsait des livres instructifs à sa mère du temps qu'elle ravaudait Où soignait ses enfants et ils les commentaient ensemble : que de femmes j'ai rencontrées qui auraient été heureuses que leur mari leur lût le journal ou autres choses instructives, du temps, par exemple, qu'elles rapiéçaient le linge. : La femme ignorante fait souvent votre malheur, car vous

: subissez son influence, que vous le vouliez ou non ; VOUS ‘commandez, mais c'est son influence qui vous fait agir,

et comme elle n’a pas de responsabilité personnelle, qui la forcerait à réfléchir, elle vous fait faire toute espèce

: | de bourdes.

Vous vous trompez dns Je Rnadé que vous proposez

à la plaie que vous découvrez, la grande majorité de vos.

correspondants vous le dit, comme moi ; mais je ne vous en félicite pas moins d’avoir osé attaquer l'hypocrisie et le mensonge et d’avoir dit la vérité crue ;: que ceux à qui cela déplaît trouvent un autre moyen de guérir Je. mal que vous signalez puisqu ‘ils ne peuvent le hier ® C ‘est ce que je vais faire, moi. |

- Eh bien ! c’est l’affranchissement de la phone mis sur le pied d'égalité absolue de l’homme, quand elle

est libre, quand elle est mère : à la charge de la société :

elle appartient alors à l'être qu QUE a consenti à engendrer et doit Jui consacrer à peu près deux an$ de $a Hberté.

Late

Chaque commune devra avoir sa maternité où les mères et les enfants seront soignés, comme ils ne peuvent l'être aujourd'hui, avec tous les secours de la science ; on profitera de cette occasion pour les instruire et leur rendre leur séjour en communauté aussi agréable que possible. La société actuelle n'est pas organisée pour répondre à ce besoin ; mais j'ai tout de suite compris que le communisme y répondait. Les humains devant se grouper pour le travail, on formera un groupe éducatif se composant de l'élite de la commune, lequel occupera à peu près le ‘tiers des habitants ; il sera chargé de la jeunesse jusqu'à 20 ans comme aujourd'hui les parents. À côté de la maternité, qu’on placera dans le lieu le mieux situé de la commune, on mettra l’école-famille qui recevra les enfants et qui, tout en les soignant et les amusant, les initiera aux premières connaissances ; autour de l’école devront se ranger des ateliers de tous les travaux : bois, fer, cuir, couture, etc., où tous les enfants passeront ; on pratiquera l'élevage, on produira le jardinage du groupe, il y aura des champs d'expérience : 1l faut qu'à 20 ans quand libres, ils iront dans le monde, ils n’ignorent rien des divers travaux qu’ils peuvent avoir à faire. Tout petits, les enfants passeront dans ces ateliers’ pour les leçons de choses pour voir nommer ce qu'il y a : vers 10 ané, ils commenceront à y faire quelques petits travaux, à 12 ans, ils joindront le travail écrit au travail manuel. À 15 ans, ils auront une idée générale de tous les travaux et pourront se spécialiser en connaissance de cause. Alors commencera l'apprentissage sérieux, approfondi, pour être complet à 20 ans. Les enfants en qui on aura remarqué des dispositions pour les sciences et les arts seront envoyés dans les écoles spéciales, après décision de l’ensemble du personnel du groupe :; d’ailleurs toutes les décisions concernant les enfants devrant se faire par vote de ceux qui sont responsables d'eux.

A l'âge de puberté, on leur permettra des rapports sexuels rares, dès le début, mais réguliers, par exemple, une fois par mois comme semble l'indiquer la nature

L'pTras

par les menstrues ; on les espacera moins à mesure qu'ils deviendront plus vigoureux, mais pas plus d'une fois par semaine, le jour du repos hebdomadaire : chacun se choisit son partenaire, comme pour le bal, les couples passent ensemble la journée et le lendemain chacun reprend sa tâche, heureux et content, en attendant que la fête revienne. On peut comparer la fonction sexuelle à un ruisseau : si à sa source on endigue ses eaux, elles s’écoulent lentement en fertilisant ses bords, si au contraire on les arrêtait, elles acquerraient une telle force en s’accumulant qu’il arriverait un moment où elles s’échapperaient de tous les côtés, ravageant tout sur leur passage. C’est le non exercice de cette fonction qui est cause de toute les maladies, morts, folies et crimes de la jeunesse ; on pourrait même aire de tous les humains ; la privation crée l'excès : celui qui mange selon sa faim n'est pas sujet aux indigestions ; si sur les navires 1l y avait des femmes affranchies èt instruites, on ne verrait pas les excès auxquels se livrent les marins en débarquant. Si on réglait cette fonction, elle ne serait pas tyrannique comme elle l’est pour quelques-uns. Quant aux jeunes gens, on devra les initier et les surveiller, de manière que les rapports n'aient pas lieu sans qu'on le sache. Pour cela il faudra un personnel spécial, qu’on pourra appeler hygiéniste, se composant de médecin, sage-femme ou autres personnes instruites présentant les qualités requises.

Ce système d'éducation supprimera la maladie et par conséquent le médecin, les méchants qui créent les gendarmes, les malheureux et les souffrants qui créent les sentiments religieux, le prêtre et la prostitution qui a fait verser tant de flots d'encre. Avec la santé tout s’harmonisera ; pour s’en convaincre on n'a qu'à observer des animaux bien soignés. On ne voit pas des poulains, veaux, agneaux, mort-nés, borgnes, bossus, boîteux, infirmes, souffreteux ; on les voit croître tous les Jours en sautant autour de leur mère. L’humain étant soumis aux mêmes lois physiologiques, la différence ne peut venir que des rapports sexuels contre nature qu’il pratique pendant la

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grossesse et |’ EE ae ce que ne fait aucun ‘animal. fre ce n'est pas seulement enfant que l'être humain souffre de cette anomalie, c'est toute sa vie. Pour se développer normalement, l'enfant a besoin de toute la vitalité dla mère, or l'acte sexuel étant une perte de vitalité, le mâle PUR commet un vrai vol de suc nutritif au préjudice del enfant: AC UE quelques-uns de ses organes en souffriront : si c'est Le poumon qui est faible, il deviendra poitrmaire, tuberculeux, de même pour le foie, le cœur, le ren, la vué, ete” Ïl faut convenir que les besoins séxuels de l’homme sont Sa les mêmes pendant la gestation, il faudrait qu 1 pût. aller ailleurs ; 1l est fort probable que tel a été le but des maisons publiques, mais le plus souvent c'est la femme qui. ne veut pas, dans l'ignorance des maux qu ‘elle : se crée. Ce n'est peut-être pas sans raison ; LE maladies qu'il pourrait lui rapporter.

Vous voulez supprimer la prostitution, mais moi, je A la trouve moins immorale que le mariage ; : là deux personnes libres se donnent à des excès, mais ils ne font. tort 148 qu’à eux, tandis que, dans l’alcôve, ily a un tiers, qui est victime : il n’y a pas de lieu où il se commette plus . méfaits pour né pas dire de crimes ; on punit une pauvre fille qui pratique l'avortement, souvent, par : force, mais l’on a toute liberté, : se Dr

Je ne säis pas si Vous me <omprendoese nous n° appartenons pas à la même classe ; vous êtes bourgeois, je suis |: prolétaire ; “nous avons des ais, bien différentes, mais nous nous fencontrons sur beaucoup de points. Comme vos, jé hais AR et le mensonge, votre amour de: A là vérité me plaît je trouve votre égoïsme généreux: 4," mais le milieu où os avons vécu nous. a formés si différents ! Nous représentons chacun notre classe et notre te séxé, pourrions-nous nous entendre à Si vous. Youlee die fe cuter mon travail, je répondrai volontiers. | "Veuillez agréer, MÉTEE mes plus cordiles salutes cn

15% FRE Dr

HS à “: LA 4 LIQUIÈRE 43

Sans-Souci, Saint-Raphaël {V/ar)

des mariages polygamiques, je sais ‘ que si vous donnez plusieurs femmes fui donnerez pas, «lu même coup, les reins d’un Hercule,

(27 Fe

HANBETIRE. V,

Monsieur,

Tous mes mercis, mon éminent Confrère, et toutes mes félicitations, pour votre effort patriotique, que j'admire, sans partager aucunement vos illusions sur la polygamie.

Certes, vous avez traité le sujet avec Une ampleur ie magistrale, et l'immense talent qui vous distingue... mais...

ce n'est pas “a corrompant les mœurs qu'on arrive à avoir un peuple sain, physiquement et moralement, Etant Orientale, par ma naisance, Nord-Africaine, d’autre bart,. des études médicales m ayant Fait. percer les tares

à un homme, vous ne

ou d'un Lauzun, /\lors 7... Alors ce sera un double, un

‘triple ou un quadruple cocu, point magnifique | Au rest

"le féminisme, qui a égalisé les sexes, se chargera de meître Îa paillardise masculine au pas en revendiquant . plusieurs maris pour une seule femme : à Mormons, ‘Saint- + Simoniens ! |

Non ! je propose d' imiter les fourmis, peuple minus-

cule, mais immense, qui a résolu le problème, depuis bel

âge : 1 y aura dei villages, où on fera le grand élévage de l'enfant, comme on fait celui des poules, et du chep-

tel. Voyez que, déjà, en Amérique, on propose, Sérieuse-

ment de sfériliser, de force, tous lés tarés, hommes et

femmes, l'eugénique commence à entrer en lice ce 'est

un autre point de vue, qui entre dans la manière de voir

de Voltaire : c’est le mien. Pour les vices honteux, c'est.

l'enfance tarée qui en est le plus alteinte ; progéniture de turberculeux, d’alcooliques, de nerveux épileptiques et le

reste. S) le Père Charcot vivait, E ses fait. de mon AVIS 2.

quoi n'en tenir, et

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