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qui ne s'applique, comme la psychologie du roman sentimental, qu'aux êtres investis d’un patrimoine. |
Le jour où les accords d'intérêts seront précisés par des contrats absolument indépendants des accords sexuels, où le mariage sera une affaire et l'union un acte de foi, parallèles mais distincts, où loute association sexuelle des êtres sera réglée PAR LEUR SEULE LIBERTE, honorée et protégée par des arrangements sociaux, ce jour-là, cessera un des plus violents ANTAGONISMES qui rendent IRRÉCONCILIABLES la société et l'individualisme farouche de l'Amour, :» (a -
Qu'il me suffise donc de constater, dans cette dernière portée de mon étude où je me suis placée au point de vue social, que si de violents antagonismes rendent irréconciliables la société et l’individualisme farouche de l'amour, il n’est’ pas besoin de chercher ailleurs pourquoi nous en sommes à quarante mille divorces par an et pourquoi nos époux ont si peu de cœur à faire des enfants. | | pes
Enfin, toujours au point de vue social, il est un dernier argument qui milite en faveur de la polyandrie. Une femme, même normalement amoureuse, est mariée à un époux frigorifique ou frigoriñé. Elle prendrait certes volontiers un amant, mais elle sait que le farouche article 324 du Code pénal français du XX° siècle donne, en ce cas, à son mari le droit de la tuer. Simplement. Il y a bien le divorce. Mais il n’en veut pas : les Tenailles ! Il y # bien l’abandon, mais elle a peur des représailles. Alors, que faire ? Un jour, une idée de folie, suggérée par l'instinct sexuel inassouvi, vient à l’esprit de cette malheureuse : supprimer le gêneur, se débarrasser de ce parasite terrestre, qui entend commettre, le Code en. main, ce crime social de garder à lui, pour lui seul, une femme qu’il n’ensemencera jamais et qui sera perdue + pour les recrues nécessaires de la maternité. Mon Dieu ! :
je n'excuse pas cette femme, et le Parquet vigilant ne 4
saurait prétendre que je fais l’apologie de faits qualifiés crimes ! Car je considère odieux tous les crimes, qu'ils soient passionnels ou autres : personne n’a le droit de tuer, hors le cas de légitime défense, Mais je trouverais
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* Je crime de cette femme moins barbare que celui du jaloux, assassinant avec l'impunité légale assurée, celle que sa propre maladresse a jetée dans les bras d’un. autre. Car, en dernière analyse, cette femme était en état de légitime défense ! Le mari qui refuse à sa femme à la fois le divorce et la satisfaction de son droit à l'amour physique attente aux jours et à la santé de cette femme ; si elle le tue, c’est qu’elle le traite, presque à bon droit, en malfaiteur. Au point de vue social, elle supprime un parasite, qui voulait faire, d'elle aussi, un autre parasite, un terrain à Jamais perdu pour les semailles de l’hu- * manité. Eh bien ! le droit à l’amant rendra inutile le geste de cette femme.
Or —-/ détail curieux et piquant — c'est on ent La Maîtresse Légitime, si injustement défavorable à la femme mariée, que J'ai trouvé ce sérieux argument. Voici en effet ce que je lis dans le livre de Georges- . Anquetil : ,
« Les procès en divorce et leurs enquêtes apportent à cel égard une documentation nombreuse et-une ‘argumentation sans réplique. Et à tous les âges de l'histoire, nous verrons des femmes chercher à se débarrasser de leurs maris par le poison ou par le meurtre. Notons, en passant, que le poison est l'arme préférée de la femme. Il fut surlout employé par les Romaines et les Grecques. Le célè- . bre historien .Tite-Live rapporte, dans un texte qu'on ne donne'pas à traduire aux examens du bacalauréat, que le nombre des décès de maris devint un moment si élevé qu'on atiribuait cette mortalité à une épidémie. Chez tous, les maladie était en effet semblable, ‘présentait les mêmes symplômes, et les Diafoirus de l'époque se désespéraient, quand soudain une esclave vint révéler le mystère lavville était décimée par la perfidie des femmes: La justice. fit arrêler cenf soixante-dix matrones, des patriciennes qui élatenti deveriues des’ praticiennes de lempoisonnement et administraient habilement des drogues radicales à leurs époux génanis,
a niement, encore fréquent en dtalie au XVI siècle, se répandit en France au XVII, à l'époque où nous venons de voir précisément les romanciers nous montrereles femmes jalouses de leur liberté. On se mit à débiter les poudres dites d'amour et de . succession. Louis XIV dut prendre, en 1682, un-édit sévère à la fois contre les empoisonneuses et les fournisseurs de poisons.
Mais comme cependant le roi voulait faire grâce à quelques « dames » coupables de ce crime, l'archevêque de Paris s'y opposa,
objectant que les curés el confesseurs de Paris étaient las d'en- tendre les confessions de femmes s’accusant d'avoir atienté à la vie de leur époux. Trait effroyable à noter, surtout pour l'époque si religieuse et si auslère du règne, puisque nous sommes vers l'an 1700. Mais c'est que le lien de la monogamie pèse trop sur le cœur épanoui des jolies comtesses de ce temps. Et elles s'en délient, coûte que coûle, pour avoir plusieurs amants ou, fout au moins, celui qu'elles aiment, et dont la polyandrie seule leur permettrait de faire leur second mari. Les motifs de ces crimes résident donc dans la monogamie, d'autant plus pénible pour la femme que souvent, je le reconnais, ellé a été — à cette époque surtout — mariée contre son gré. Et c'est pourquoi elle était bien excusable d'exiger un amant à son goût, puisqu'elle n'avait pu épouser un mari de son choix. »
Georges-Anquetil lui-même défendant ou tout au moins excusant la polyandrie jusqu’au crime, que vouliez-vous que j'espérasse de plus beau pour conclure, puisque c'est l'aveu que les adversaires les plus farouches de mon système reconnaissent ‘a souveraineté de ses droits, faisant craquer les porte: d’ailleurs vermoulues de. la prison monogamique. |