DEVANT LES TRIBUNAUX
« Jeune épouse, fais attention à ce que le fit conjugal ne conserve, pendant le jour, aucune trace de ce qui s’y est passé la nuit. »
(Lois DE PYTHAGORE)
« Naturellement, le mécanisme le plus complexe est le plus facilement dérangé. C’est, grossièrement parlant, la différence entre une serrure et une clef. . Mais cette analogie est loin d'indiquer toutes les
difficultés qui se présentent. Il faut nous imaginer une serrure qui n'exige pas seulement une clef qui va, mais il faut encore n'y entrer qu'au moment propice ; et, sous les meilleures conditions, la serrure ne peut s'adapter à la clef que par un usage considérable. Ces difficultés sont encore aggravées par le fait que l’homme joue le rôle plus actif dans le coït ; la femme a trop souvent appris à croire que cette fonction est basse et impure, qu’il ne faut s’y soumettre qu’à la volonté du mari et pour son pläisir ; l'homme manque d’une connaissance exacte du mécanisme et de la meilleure manière de s’en servir. Ainsi la plus grande brutalité peut être exercée en toute innocence par un mari ignorant, qui croit simplement qu'il exerce son « DEVOIR CON-
JUGAL. » : % (HAvVELGcK ELLIS)
« En somme, selon les tribunaux, tout ce qui touche à la vie privée des époux, aux conditions les plus intintes et seerètes de leur existence, y compris ce qu’on appelait autrefois « les secrets de l'alcôve » dont les conflits ont en général des causes morales profondes, qu'une grande pénétration psychologique peut seule arriver à expliquer, tout cela se règle moyennant finances !.….
Da moment que l'époux lésé empoche, de quoi se plaindrait-il ?
Et l’on accuse les Français de ne savoir faire que de la sentimentalité à propos de tout. »
(PAUL DE LAURIBAR)
Prison monogamique, ai-je dit en terminant l'étude précédente. . VAE Prison dont il faut, pour la femine. pour l'impérieux et
irrésistible besoin de son instinct sexuel, coûte que coûte, :
sortir, comme nous venons de le voir. Heureusement pour les hommes, elle n’a pas toujours été jusqu'à l’empoison-
nement et, parmi les moyens employés par les femmes
pour se débarrasser des maris génants, voici un usage qui ne remonte qu’à trois cents ans, qui subsista pendant plusieurs siècles, qui fit trembler bien des maris et qui donna la liberté à bien des femmes.
Aujourd’hui, messieurs les impuissants, vous n'avez
presque plus rien à redouter de la loi civile ; dormez tran-
quilles, sauf que le pape peut vous faire examiner par des experts et des médecins et déclarer nul votre mariage.
Nos ancêtres étaient plus raisonnables que nous le som-
mes, relativement au BUT du mariage. Comme le fit le pape Saint-Grégoire IT, qui déclara nul tout mariage où l'impuissance à le consommer était constatée, mais en recommandant aux époux d’avoir pitié l’un de l’autre et de s’entr'aider, et sans pour cela autoriser, comme l’affirme ce menteur de Voltaire, la pluralité des femmes, nos ancêtres ordonnaient le divorce toutes les fois que le but du mariage ne pouvait être atteint, c'est-à-dire lorsque l’un des conjoints était frappé d’impuissance physique ou de stérilité. C’est qu'on se mariait alors pour avoir des enfants, et même beaucoup d'enfants !
Aussi vérifiait-on, le cas échéant, la capacité physique des conjoints. Les moyens employés pour constater l’inap-
titude à la procréation n'étaient pas exempts de manœu-
vres originales et brutales. L'épreuve génitale qu'on exigeait des deux époux en cette circonstance, se nommait Congrès : elle se faisait tantôt en présence de plusieurs
matrones, tantôt derrière un rideau ; mais un conseil de médecins, de juges et praticiens en cours d'église, réunis
dans une pièce attenante à celle où se faisait l'épreuve,
était de rigueur. On conçoit qu’une telle épreuve devait