‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 137 sur 149 · TS · texte numérisé non relu

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. (1) 14, rue de l'Armorique, Paris xv°.

Ja devise. Un bureau de centralisation déterminera, dans chaque collectivité, les désirs et les besoins de chacun, assurera les liaisons el sera garant des contrais. Ce sera Fembryon de la cité Standard. L'enfance sera protégée, son éducation étant assurée par la collee-” divité. La femme deviendra l'égale de l'homme; celles qui vivent en marge de la vie trouveront un mari social, les indisponibilités de la femme compensant largement le manque d'hommes.

GEorces F Ov».

L'enquête de Georges-Anquetil avait PE 4 inspiré “à l’un de nos plus talentueux chroniqueurs, M. André Ibels, cet article (paru dans la /usfice, puis reproduit, seulement dans une récente édition de la Maîtresse Légitime, mais non dans l'édition originale) qui est un Ro | ‘plaidoyer en faveur de la paylandrie :

& Un de nos plus virulents pamphlétaires fait, actuellement, une -enquêle sur la polygamie : un homme doit avoir plusieurs femmes. Il affirme donc. Certes, liltérateurs et &« littérateuses » A im La plupart ne s'en tirent qu'avec esprit.

Esprit ou indifférence 2 La queston vaut pourtant d'être examinée avec soin, non pour des besoins de repopulation, trouvant personnellement, comme Urbain Gohier — et en m'appuyant probablement comme lui sur les scientifiques théories de Malthus — que, sur le milliard huit cent millions d'individus qui peuplent la terre, il y en a au moins, un milliard de trop, mais pour fs raisons supé- ‘rieures.

La question, à man sens, est plus haute. J'aserai même écrire que d'elle seule, de sa résolution polugamique, et même polyandrique, doit sortir le monde nouveau. La question sociale n'est, en effet, qu'une question de ventre ei de bas-ventre, la question du ventre, qui cest à l’ordre du jour, ge neliement le problème du Cgpita- Bisme devant le Travail et, tous les jours, le: Travail. arrachant quel à que chose ax Capitalisme. ‘4

Celie question du ventre, avec le AR, se résaudra prabablement fouie seule. Jamais époque re fut plus propice à sa réalisation immédiate, élant donnée la faillile générale existante, qt'on:s ‘efforce 1 en vain de cacher, et qu'on ne veut pas avouer. É

La question du bas-ventre es! plus complexe.

Basée sur l'idée religieuse en général et sur l'idée chrétienne em particulier — ne vivons-nous pas toujours sur le système de Kant — elle restera à l'état stagnant tant que l'individu ne se sera pas dégagé de lenlisement dans lequel le tient plongé la morale chrétienne, antihumaine et antisociale, mais qui règne malheureusement. Seulement la question, biologiquement va plus loin que la 4 golygamie : elle s'étend neitement jusqu'à é polyandrie.

Pouriant, cette complexité n'est qu'apparente. | - Enlevons à l'Etat ce powvoir absolu qu'il s'est octroyé, prine : cipalement en ce qui concerne le mariage ; réduisons celui-ci à un contrat pur el simple fait entre le mari et la femme; que, dans ce: - contral, on consigne la façon dont on entend vivre ; que, dorénavant: les enfants portent le nom de la mère — ce qui est bien plus légitime et ce qui supprime la bâtardise etgautres sornèlles — et voilà non seulement la polygamie et la polyandrie avouées, car : ces deux états existent dans la société et sont même très tolérés, mais. * hypocritement !

…. C'est donc à l'Etai à se retirer, à retirer surlout son cérémonial plagié sur le cérémonial de l'Eglise. Le mariage n'est donc plus. qu'en engagement mutuel dont les clauses, préalablement débaïlues,. devront être tenues, puisque acceptées par les parties contractantes (1). S'il me plaît de glisser dans mon contrat que l'association avec Mlle B..…. ne m'empêche pas de contracter une autre asso- Nciation avec Mlle C.. et que j'accepte que Mlle B.… puisse agir pareillement, ni l'Etat, ni la morale, ni le voisin surtout, n'auront. rien à y voir. C’ est mon droit humain. | … Ça marchera ou ça ne marchera pas. mais celte question ne* regarde. que les contractants. Les tribunaux n'auront, eux, qu’à fuger sur l'exécution ou la non-exéculion des contrats. Lorsque J.-/. Rousseau écrit: € Le mariage, tel qu'il est institué, n'est pas nécessaire au maintien des sociéiés et il est, le plus souvent, contraire * cu bonheur des individus », il entend par là que la collaboration, ft même la présence, et de l'Etat, et de l'Eglise est néfaste à l'insfitution elle-même. Et c'est bien mon avis, et c'est aussi l'avis de “ous ces malheureux el ces malheureuses qui hantent les salles des Pas-Perdus dens tous les Palais de fustice de France et qui sont la proie, el des avoués, et des avocals, el des notaires, el tutti quanti. Ces Proies suis non, ou aux mains de toutes ces re de

Sammire

D'aucuns craignent qu "avec la polygamie le sort de la femme ne Soil ramené au sort de la femelle que Haraucourt et Rosny, par le roman, ont PE vivre dans nos cerveaux.

mu Quelle erreur ! La femme est sur le point de conquérir les mêmes droits que l'homme, et ces droits, qui lui sont acquis, lui resteront acauis.… Et c'esl pourquoi, en poussant plus avant la Question, nous pouvons envisager non seulement le règne de la Drimemie. mais encore le règne de la polyandrie.

. L'homme, qui aura le droit de jouir de plusieurs femmes, fera que la femme aura celui de jouir de plusieurs hommes.

CL) Il est iatépéssant de savoir que l’empereur d’Autriche,, Joseph IF, avait institué le mariage basé sur simple contrat.

— Mais alors, que devient la société? | re

— La société actuelle 2. mais elle fait faillite, c'est PE < mais la société attend sa failiis depuis si longtemps, qu ‘elle a dû s'y préparer 4

A présent, vous savez, la société a le temps. Elle se contente de sauver la mise, voilà tout; car, depuis que l'homme existe, non seulement la polyganäte exisle, mais la polyandrie fut, esi et sera toujours en honneur; seulement, il y ‘a un voile hypocrite à jeter el la sociélé est un peu là pour faire ce gesle cher à Tartuffe. 1} . ne s'agil donc que de rendre officiel ce qui est officieux.

Dans le fond, toute la question est là. ,

Il est tout de même agréable de constater qu'à notre époque, on puisse poser ouvertement ces problèmes. On peut toujours chercher à les résoudre par des enquêtes, n'est-ce pas?

Par les faits, la vie les à résolus depuis qu'il y a eu sur l terre

deux hommes el deux femmes.

: ANDRÉ IBELSs.

Encore un écrivain, par conséquent, qui proclame que: la polyandrie fut, est et sera toujours en honneur, et qu'il ne s’agit que de la régulariser, en légitimant l amant. On sait que tel était le but de ce livre. PAU Il est déjà cpnsidérable et 1l y avait encofe beaucoup à dire. Sachant qu'il n'a plus que quelques instants à parler, l’auteur cherche ses derniers arguments, susCep tibles de vous convaincre, si ce n’est déjà fait. : Vous convenez, n'est-ce pas, que notre mariage mono gamique à fait faillite et que l'hypocrisie voile l’adultère généralisé > Vous convenez que l'Etat a d'autant moins le droit d'interdire la polyandrie qu’il la permet quan elle lui rapporte ? Vous approuvez John Grand-Carteret (1) quand il'écrit : !

« Une fois l'institution du mariage définitivement établie, l'Etal a bien voulu songer aux pauvres femmes qui ne pouvaient pas. payer un mari pour elles seules, aux pauvres hommes qui, san nullement tenir à prendre une épouse, voulaient, cépendan, av des femmes. |

ÆEt alors, idée lumineuse, géniale, il a songé à instiluer une sortel de Parc- -au-Cerfs national, couvents de filles d'amour, maison

(1) Mariage, collage, chiennerie. Albert Méricant, teur,

hr

closes publiques, à l'usage de er ceux qui entendent pouvoir chienner, leur vie durant, si tel est leur bon plaisir. Femmes communes pour. hommes communs, en atiendani sans

. doute que, suivant l'usage de la Rome antique, des maisons closes

masculines s'ouvrent au libre choix des femmes de l'avenir, sexuel-

jé lement émancipées.

Ainsi donc, ici le Mariage; la femme donnée, de par la Loi, à

‘ homme pour soi seul; l'Etat venant à la rescousse, lui prêlant aide, … appui, prolection quand il s'agit de défendre sa propriété contre les

entreprises des chienneurs; — là, la Communauté officielle des filles, réglementée, surveillée par l'Etat, estimant par ainsi qu'il doit, à la fois, sauvegarder la morale el satisfaire aux nécessités des sens en tenant école publique de débauche.

Ici, l'union sexuelle, avec l'idéal de la famitle à créer; — là, cn sexuel, au goût et à la fantaisie du visiteur. Ici, une dualité bien définie; là, la polygamie et la polyandrie. Ici, la femme unique, sur laquelle l'homme a toutes espèces de droits; là, la femme

Ta plurale qui, de par la loi également, doit se prêter de ‘bonne grâce

à loules les fantaisies du client de passage. Îci, la femme soumise à l'homme par la Loi; là, les femmes maintenues en servage par l'Etat. Le « Jardin d'acclimatation » de

la sensualité humaine !

En attendant, certainement, le Jardin sexuel des Bêtes à quatre pattes | »

L'Etat pourrait répondre à Grand-Carteret par cette citation de Rémy de Gourmont : & Nous sommes, des ani- . maux; nous vivons des animaux et des animaux vivent dé

nous. Nous sommes parasités et nous sommes parasites. Nous sommes prédateurs el nous sommes la proie vivante

des prédateurs. Et quand nous faisons l'amour, c’est bien,

, selon l'expression des théologiens « More bestiarum (à

la façon des animaux}. L'amour est profondément ani-

ÿ mal : c'est sa beauté ! »

ER SE Re

Mais Grand-Carteret pourrait riposter à l'Etat avec

‘cette autre citation du même écrivain : & Pourquoi l'Etat impose-t-il la monogamie 2 Pourquoi la morale de l'Etat n'admet-elle que la monogamie : Celui-ci est monogame ;

son frère est polygame. Cette femme n'a connu qu’un seul

homme et sa mère appartenait à tous. On peut constater

l'usage universel du mariage et en conclure à la monogamie. Cela sera vrai ou cela sera faux, selon l’époque, le milieu, la race, les tendances morales du moment. La

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