L'UNION LIBRE L'AMOUR LIBRE -— LE MARIAGE LIBRE
Fais-nous brûler de tes flammes, Amour ! C’est l'unique bien ui doit unir nos âmes !
4” Mais pour former ce lien,
| Tendres amants, pour notaire Ne prenez que le Plaisir, Pour témoin que le Mystère, Poux prêtre que le Désir.
JOSEPH Sins
Je suis partisan de l'union libre, entièrement libre. C’est la doi de la nature. Mais nous n'y arriverons que progressivement, par étapes.
« Quant aux enfants, il serait juste de leur assurer à tous un état-civil également honorable ; il serait encore logique de leur faire porter de nom de leur mère. »
OcTAve MirBrAU (Gil Blas, 16 octobre 1905.)
Je voulais intituler ce chapitre : De la hberté sexuelle de la femme libre. hu
J'ai été obligé de remplacer le mot : libre par ceux de non mariée, car il aurait paru paradoxal que j’eusse à démontrer la liberté d’une personne libre 1
- Mas c'est que jamais la fenine n'est libre, j'entends RTE hbre. Wa :
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Elle n’a le droit de satisfaire que dans les liens du mariage son besoin sexuel, (qui est cependant au moins aussi impérieux que celui de l’homme). Elle ne peut réguliérement aimer et être aimée que dans le mariage. Pour avoir le droit de faire l’amour ou d’enfanter, il lu faut se marier ! Son amant ne peut être que son mari. [ant pis pour elle si, pour mille raisons, elle préfère ne point s’enchaîner, ou si, mal mariée, elle a peur du divorce, qui est encbre un petit scandale de mœurs, ou si, veuve, ou divorcée, elle éprouve le besoin physiologique et naturel de satisfaire, même sans amour du cœur, son appétit sexuel ! On la traitera comme une irrégulière, ses enfants ne seront que des bâtards, désavantagés par le Code, et portant le nom de leur mère comme une tare. À peine commence-t-on à assimiler les vieilles liaisons aux ménages dits réguliers, quand il s’agit de donner des allocations aux pauvres femmes du peuple, trop malheureuses pour se. payer les frais d'une noce avec dîner au Palmarium et char à banc, fleuri ; mais, dans les salons, dans ces salons qu'il faudrait fermer, m'’écrivait Pierre Wolff, qui les connaît bien, si l’on voulait abolir la prostitution, dans ces sa- Jons où, trop souvent, ces grandes dames « à leurs laquais se sont prostituées, » avec quel dédain toisera-t-on « l'irrégulière ! » [a pensée qu’exprimait Alphonse Esquiros dans les vierges martyres est toujours vraie :
« Nous avouons préférer la femme qui garde les devoirs du mariage, sans en avoir contracté les liens, à celle qui en a formé les liens et qui en viole les devoirs. Or, si les femmes du monde sont justes, elles avoueront qu'entre elles et ces pauvres filles si méprisées, qui vivent avec un amant, il n'y a guère souvent que la différence du parjure. »
Je ne m'amuserai pourtant pas ici — il y faudrait un bien gros volume —— à rappeler les satires dont a été criblé le mariage, mais qu’on me permette, sans même citer les fameux jugements des Cours d’ Amour et de la comtesse de Champagne, qu’on a pu retrouver dans Z a Maîtresse Légitime, de prétendre que tout être a droit à l'amour,
j'entends à l’amour physique, et que’ cependant personne ne doit être contraint de se marier. Qu’au point de vue social des Etats, le mariage soit une institution utilitaire, c'est possible : elle ne saurait être obligatoire comme le service militaire! Et est-ce la faute des candidats éventuels si le mariage en épouvante tant à l'avance ? Est-ce la faute
des amants si le mariage semble à tant de gens incompa-
tible et irréconciliable avec l’amour ?
Je ne citerai que deux petites fables que Je trouve délicieuses, l’une de M°'"° de Scudéri, l’autre de Deville. Je ne vous les donne pas à méditer, car elles sont bien plus subversives qu'elles en ont l'air ; je ne vous les donne qu'à lire bien vite. Les voici :