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* | à Fa AA id !
« Cela revient, dit-il, à prendre les vœux et la vie du cloître, à
® élouffer lout sentiment d'amour, à s'interdire la lecture de la poé-
sie et de loute littérature «qui traite de l'amour, à fuir les musées et les expositions d'art, et avant tout à éviter la’ société des femmes, afin de se soustraire à lout mouvement du cœur, au moindre souffle d'un sentiment passionnel. C'est se condamner à repousser toute pensée ayant trait aux phénomènes de l'organisme, et cela en
dépit des érections et des pollutions, qui sont justement si fréquentes chez les continents absolus, à réfouler les jeux de l'imagination et
| les rêves qui léur succèdent, c'est prétendre à être des saints ou des
philosophes accomplis, à se dessécher complètement, en renonçant à toutes les joies de la vie, à désirer que l'amour n'existe pas, »
Plus que jamais, après la guerre qui a massacré des millions de mâles, choisis parmi les meilleurs générateurs, méditons les sages paro oles que prononçait à un congrès
| scientifique, tenu à Berlin, M'* Lischnewska :
«€ On'ne peut exiger la continence sexuelle de la grande masse.
Certains individus peuvent certainement vivre dans la continence
pendant quelque temps. Mais les misérables circonstances sociales de notre époque ne rendent le mariage possible pour, l'homme instruit
. que de trente à frente-cinq ans. Exiger la conlinence reviendrait
donc à vouloir, pour cetle classe de la société, tuer le plus puissant
besoin naturel pour une durée de dix à quinze ans. C’est là une chose que nous ne saurions désirer, attendu que la satisfaction du
besoin sexuel n'équivaut pas seulement à la santé du corps, mais
aussi à la force ei au bien-être de l'âme. Dernièrement encore, un homme instruit disait aux ouvriers dans une de nos assemblées populaires : & Nous vous envions quand nous vous voyons en compagnie de votre fiancée ou de votre femme. Nous en sommes réduits à la prostitution. C'EST LA QU'EST NOTRE QUESTION SOCIALE. » Les femmes des classes supérieures ne sont pas mieux partagées. Un grand nombre de femmes non mariées, vivant de leur travail ou indépendantes, ônt beaucoup à souffrir, parce qu'il leur est impossible de satisfaire leur besoin sexuel. Les perturbations de la vie mentale vont quelquefois si loin qu'on peut parler d'une véritable « atrophie » de la personnalité, car, en effet, la femme en souffre doublement par son désir d'être mère.
€ Or c'est justement parce “que nous savons tout cela que nous considérons les recommandations et les prédications sur la continence comme nuisibles, car c’est fermer les yeux du public sur un mal qu'il s'agit de combattre. Il faut créer un terrain nouveau sur lequel il serait possible de rendre le mariage plus facile et plus
précoce. » À
Le mariage plus facile et plus précoce ! Quelle ironis
de rèlire après. la guerre ces paroles de sagesse prononcées en 1904 ! À
‘Comment voulez-vous que nos pauvres Françaises y puissent même prétendre au mariage plus facile et plus précoce, quand elles sont quatre candidates pour un seul homme, quatre appelées pour une élue 1 Voilà le drame pour la femme, qui a les mêmes besoins que nous, je lai démontré, et on vous le démontrera mieux encore plus loin. Car les trois malheureuses dont le numéro n’est pas sorti à la loterie matriméniale, qu’allez-vous en faire ? J'ai proposé qu'on en fit des épouses de renfort, mais le Code continue à menacer les bigames des travaux forcés. |
Alors double rémdent À
a) Au point de vue social et patriotique, cle constituent le terrain perdu, gâché, qui ne peut être légitimement | ensemencé, quelque soit leur désir de l'être ;
. b) Au point de vue individuel, leur droit souverain à Jamour sensuel est sacrifié, même aux dépens de leur santé.
Que si elles veulent passer outre, enfreindre ces lois conventionnelles atroces qui, elles, violent sans cesse la grande loi de nature, elles sont méprisées et flétries qusqu'en la personne innocente de leur enfant ! |
Ce scandale, que la situation née de la guerre a poussé à son paroxysme n’a<-l pas assez duré ? C'est pour tendre à le faire cesser que j'ai écrit cette première partie de l'Amant Légifime, dans l'espoir qu’une génération plus aveïrtie et plus affranchie reconnaîtra que même le ventre de la fille-mère peut être le premier berceau des nécessaires Français de demain.
Non pas pour en faire de la chair à canon, selon l’expression désormais consacrée, qui n’a été hélas ! que trop souvent vérifiée, mais pour ôter au contraire à l'Allemagne, comme Je l'indiquais dans ma préface, da tentation trop forte de prendre une revanche trop facile sur une nation trop dépeuplée. Regardez l’effroyable tableau que pubhe ‘tn première page, le numére d'Excelsier du 10 août 1923
“WT
et notez qu’en un demi-siècle, l’accroissement fu la population a été de 21 millions pour l'Allemagne, contre à peine 3 millions pour la France. Ne cherchez pas is la cause de la dernière guerre !
Nous assistons actuellement à la course de la France à. la mort, au suicide de notre race. F
C’est parce que j'ai le vif sentiment qu’on ne veut
|pas — par hypocrisie — aller chercher les seuls remèdes sérieux à ce fléau dans la libre discussion de la prunor-
diale question sexuelle, que je propose au public qui pense et qui réfléchit, d’autres solutions que des primes ridicules de 100 francs par enfant.
C’est parce que je veux que tous les terrains soient ensemencés —— légitimement ou non —— que je termine cette étude en demandant qu’au lieu de la mépriser on honore la fille-mère, QUI EST AUJOURD'HUI LA SEULE A POUVOIR SAUVER LE PAYS, vérité que je crois n'avoir été proclamée jusqu'ici par personne.
Et c'est parce que des maris aussi sont indignes de leur mission que je prête cette tribune à M°° Jane de Magny pour y défendre le droit de la femme mariée ellemême à l'amant.
Car ce qu'il faut aujourd’ hui à la France affaibli, c'est un sang nouveau, c’est de la! force, c’est de la vie, et la vie peut naître, m’assure-t-on, tout aussi bien de l’amant fort et valide que du mari trop usé avant la noce par celle qu'il a faite. “ =
Puissent tous les amants légitimes et ut les fillesmères sauver ni plus ni moins la Patrie, que nos respectables époux modernes conduisent eux-mêmes si rapidement au suicide ! \
Peut-être alors reconnaîtra-t-on que, sous l'apparence moins rébarbative d’une boutade alléchante, L’Amant Légitime peut amener dans l’opinion d’utiles revirements.
Ÿ parvenir serait ma, suprême ambition, car tel était mon but.