‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 59 sur 149 · TT · texte numérisé non relu

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. | Mr qu a

un abri de’ bonté, un havre de douceur contre l'amour. el, ses mauvais hasards.

Mais, dans voire salade bigamique, je ne vois plus bien Ar -

quelle épaule la femme ira pleurer l'aventure sans joie. L'épaule

du mari sera peul-être en mains. Et quelle défense alors la pau-.

vreite aura-t-elle contre l'amant ? »

d \ Commence-t-on à entrevoir que l'idée de plusieurs maris pour une femme peut se défendre ?

Je vais cependant, moi aussi, faire un aveu à : Peut-

être n'eussè-je pas osé cette justiffcation de la femme ”

adultère, si Georges-Anquetil n'avait poussé le cynisme

de l’égoïsme masculin jusqu’à oser revendiquer, lui, le.

droit de l’homme à avoir plusieurs femmes, tout en refu-. sant à la femme le droit réciproque. Alors j'ai vu avec :

joie J.-H. Rosny aîné s’écrier immédiatement : « Mais.

alors, bien entendu, vous accordez à la femme la même faculté ! » Alors j'ai vu avec joie Alexandre Mercereau faire entendre ce langage d'équité : |

Féministe convaincu, je n'admets aucune différence morale ou légale entre les deux sexes. Polygyne, je ne trouve rien à redire à la polyandrie. Constatant que l'une, et l'autre sont en fait, je suis pour leur légalisation, pour la polygamie réciproque. Non

pas que j'atlache au mariage la moindre valeur morale, mais, dans

notre société, il est nécessaire à la prolection des droils des con- :

joints et des enfants.

Je suis pour la polygamie réciproque, en outre, parce que je suis dé la disparition du mensonge, de l'hypocrisie, d'une fausse

morale dont tout le monde fait étalage, que personne, ou prete !

n'observe. »

J'ai vu avec plaisir M.-C. Poinsot lui déclarer :

HÉUT( DA mal, c'est seulement l'hypocrisie des amours extra- -conjugales, qui vient de l'importance absurde accordée au geste génésique, au point de Due moral. »

Et enfin nt j'ai eu la joie de voir le LÉ PRalt

FH RaeE de La Maîtresse Légitime, l'illustre Victor:

Marguéritte, qui sort si grand de l’odieuse cabale de. cabots et de crapauds montée contre lui, ne pouvoir

s'empêcher de dire élégamment son fait à mon aimable mais trop sectaire éditeur. Ecoutez £es accents :

Len VA ENCS « Georges-Anquetil, avec ses airs de démolisseur, est en fin de comple, lui-même, un simple tyran. Îl décrète la polygamie, mais

sous la seule forme de la polygamie. Il voit avec les yeux du Wieil

Homme.

Soyons, aussi sincère que lui. Mais‘ essayons d'être plus équi-

table. Au problème tel qu il le pose, uns corollaire s'impose : la polyandrie. Mêmes droits à la femme qu'à l'homme ! Egalité des

proue humains, dans l'égalité des sexes, » Mais voilà une discussion qui risquerait de nous mener loin. Sujet

d'un autre livre, et d'une* autre préface. C'est sur quelques affir-

mations aussi peu fondées, à mon sentiment, en science nalurelle qu'en réalité ui A que Georges-Anquetil établit sa conception rigoureuse : polygamie légalement réservée à l'homme en tout temps el dans A les cas; polyandrie accordée à la seule célibataire, la femme mariée devant subir une servitude comparable à

celle du harem barbare. L'épouse volage, au lieu et place du.

«bigame, punie des travaux forcés prévus par l'article 340 1!

L'auteur va un peu foft, ne vous semble-t-il, dans ce renversement

\ des rôles 2

Non, mille fois non ! Liberté réciproque. Répudiation, à volonté, pour l’un comme pour tas le seul crime étant de tromper, et la seule sanction étant celle-ci : la porte.

Georges-Anquetil incoque à son actif l'opinion d'un trio inattendu : Napoléon, Michelet et Jules Lemaître, adversaires (pour

* des D Duran) de la polyandrie. Soit ! On est féministe ou

on ne l'est pas, Georges-Anquetil, Napoléon et Jules Lemaître ne

le' sont pas. Îls ont tort. Michelet, lui, l'était, mais ne voyait, dans ;

la Femme, que l'éternelle blessée, une tendre et fatale victime...

Ange du foyer, dont mille démons, depuis, ont saccagé, renversé

l'âtre ! :

(Elle travaille, el de Plus en plus travaillera, comme un annee

Qu'elle jouisse des mêmes prérogatives ! Elle les. exercera bien

vile avec plus de mesure et de discernement. Je compile sur l'élève pour en remontrer au maître, en tout ce

qui est hygiène el morale, dans la société de. demain, que façonne+

ront à leur tour, inévitablement, les femmes. Société meilleure.

Pourquoi ; Parce que le cœur les guide.

Donnons dorénavant à l'enfant le nom de la mère, voilà la révo-

lulion faite. Et la justice instaurée. »

oilà qui est parler !

Voilà qui est rétablir la vérité, faussée par l'esprit

de jouissance égoïste du mâle, dont Georges-Anquetil ‘

nous a ingénument donné le plus bel et le plus odieux

exemple.

Je discuterai plus Fe sa théorie de l’inconséquence de

SR

l’adultère de l’homme, mais, posant, dans cette espèce |

de préface, presque tous les points de ma discussion, je rappellerai' d’ores et déjà l'opinion des docteurs ef et Saldo (1) :

« La morale mondaine courante admet que la faute de l'homme soit d'une conséquence moindre que celle de la femme au point de vue général. C'est on ne peut plus faux, et au point de vue Por: ticulier du mariage, c'est absolument inexact.

En, effet, si l'on examine les devoirs des époux ainsi que les règles du mariage actuel, on verra ceci

La femme adullère risque, il est vrai, d'apporter dans la famille légitime un enfant d'un aulire sang, que le père légal est obligé d'élever à l'égal de ses enfants; mais l'homme adulière mandue tout aussi gravement aux devoirs qui lui incombent. Aux termes du mariage, il doit à sa femme et aux enfants issus de leur union toules ses forces, tout ce que moralement, et matériellement il produit, de même que la femme livre dans la algue loules ses facultés” mentales el physiques.

Or toute liaison illégitime compo soit des risques de santé, soit des détournements d'énergie, d'argent, d'influences. L'homme

gui risque d'apporter la syphilis dans la famille, qui se distrait au!

dehors et emploie ses fonds — ne füi-ce qué-son superflu — «en dehors des siens commet un manquement envers ses engagements malrimoniaux, leul aussi grave que celui de la femme adulière. »

Et Georges-Anquetil, qui cite tant d'opinions à l'appui de sa thèse, même je crois, celle de Voltaire, a oublié que ce dernier rapporte certains propos, plus ou moins authentiques, d'un, Musulman reprochant à un Allemand de n’avoir qu’une épouse, et voici la réponse de l’Allemand :

« Chien de Musulman, pour qui je conserve une vénération profonde, sache que qui possède quatre femmes possède quatre harpies toujours prêtes à se calomnier, à se‘nuire, à se battre : le logis est l'antre de la discorde. Aucunecd'elles ne peut l'aimer ‘: chacune n'a qu'un quart de a personne ei ne pourrait tout au plus te donner que le quart de son cœur. Aucune ne peut te rendre la vie agréable : ce sont des prisonnières qui, n'ayant jamais rien vu, n'ont rien à te dire. Elles ne connaissent que toi ; par conséquent tu les ennuies. Tu es leur maître absolu : par conséquent elles te haïssent. »

Or il est à remarquer que la plupart des objections

(1) Physiologie secrète de l’homme et de la femme. Librairie HTuQue 474

ES

4 L Pos US. | qu’ on peut AUTéSeer à à la polygamie ne peuvent S "opposer à la polyandrie, Nous les examinerons toutes au Cours de cette étude, mais nous pouvons dès maintenant les pas- . ser rapidement eh révue :

: Question physique : la femme h’étant que passive, peut satisfaire plus d'hommes qu'un honime ne peut satisfaire de femmes. | \ Question économique : la cherté de la vie, qui apéchie déjà certains hommes de fonder ün foÿer, les empêchera bien plus sûrement d’en fonder deux ou trois, tandis qu’au contraire deux budgets médiocres de maris peuvent S’unir pour en, faire un convenable, avec une ue femme. .

Question psychologique : M°° Aurel écrivait à Georges-Anquetil :

La loi peut autoriser deux épouses : elle ne fera que légitimer, bien entendu, la seconde union, celle qui rend la première indestructible. Car l'homme a loujours besoin de s'abriter d'un bonheur près: d'un autre. Et chacune des deux épouses n'aura plus qu'à

rivaliser de grâce el d'esprit el qu'à bien se lenir pour tirer l'homme à soi : c'est l'école dés ämantes que vous ouvrirez là. +

Eh bien ! deux hommes émpressés auprès d’une même femme rivaliseront également de grâce et d'esprit pour tirer chacun la femme à soi ou tout au moins l’empécher de se détacher au profit exclusif de l’autre : ce sera l’école des amants, qui interdira aux maris mufles de sé moquer de leur femme, dès le lendémain du mariage.

Reste une seule objection : l’enfant. |

Deux réponses : aujourd’hui en a qui veut, car chacun

et chacune connaissent l’art d'éviter la conception, et*

bien qu’une loi intéfdise aux auteurs d’en indiquer les moyens, je connais, pour ma part, pas mal de livres où sont décrits tous les procédés, même par ceux qui en combattent l'usage. Or voici, à propos de ces systèmes anti-conceptionnels, l'opinion autorisée je docteur Nystrom : \

« Îl m'a été impossible dé trouver que l'emploi des moyens pré:

ventifs puiséé avoir aprlqu Influéñice fäâcheurs auf les velations

EE 0 entre le mari et la femme, comme PS l'ont prélendu en soutenant que celle prelique engendre un cerlain « mécontentement contre une épouse qui s'occupe- de la technique sexuelle d'une façon qui paraît au mari contraire à l'idée qu'il se fait de la chasteté et de la pureté qu'il exige d'une femme légitime » (Ribbing). Je ne ‘puis naturellement pas nier qu'on a pu entendre un raisonnement pareil de la part de,ceux qui vivent dans des conditions économiques satisfaisantes et auxquels la santé de la femme ne rendait pas l'emploi des moyens préventifs nécessaires. Mais ce que jé ne puis admettre, c’est qu'un mari qui aime sa femme et qui a convenu avec elle de limiter le nombre de leurs enfants, puisse éprouver du mauvais vouloir ou de l'aversion pour elle parce qu'elle fait usage de moyens préventifs, et qu'il puisse considérer que celte pratique porte atteinte à la chasteté et à la pureté. Je n'admets pas ceci à cause de la connaissance que j'ai acquise du éontraire, par une quantité de cas. »

D'autre part, la loi qui reconnaîtrait le nom de la mère à l'enfant aplanirait toute difficulté relative à la pate:

nité. a De Alors qu'est-ce que les catholiques eux-mêmes pourront m'opposer, quand je leur aurai rappelé, après Corné- :

lius Agrippa, que Sainte-Anne, la mère de la Sainte- Vierge, fut elle-même polyandre et n'eut pas moins de

trois maris : Joachim, Cléophas et Salomas, dont elle eut

trois filles ? L'auteur de l’Eloge de la femme soutenait d’ailleurs que la femme, (qui est une réine) a droit à plusieurs maris à la fois à cause de sa grandeur et parce qu'elle est mère de la vie, et que comme une reme a plusieurs sujets, une femme doit avoir Re 0 maris sur qui régner. | ?

Molière n'a donc point été un novâteur, quand il a fait dire par quelqu'une de ses héroïnes : |

Voilà de nos maris le procédé commun:

Ce qui leur est permis leur devient importun. | Dans les commencements ce sont toutes merveilles ;

Ils témoignent pour nous des ardeurs non pareilles : Mais les traîtres, bientôt, se lassent de nos feux,

. Et portent autre part ce qu'ils doivent chez, eux. : 1 !. que j'ai de dépit que la loi n'autorise

À changer de mari comme on fait de chemise. ! * *

Cela serait commode ; el j'en sais telle ici. LA

. Qui, comme moi, ma foi, le voudrait bie= aussi,

Ar dv

Ft Ninon de Lenclos, la jolie femme d'esprit dont Boutot et l'abbé de Châteauneuf nous ont fait aimer la grâce et la loyauté, ne s’est laissé aller qu'à un peu d'exagération quand elle disait : ï

& Les hommes se sont arrogé le droit d'assouvir leur: instinct charnel et d'égayer leurs loisirs en des aventures brèves el répélées. Personne ne leur reproche d’avoir des maîtresses : il est au

contraire élégant et glorieux d'en avoir beaucoup. Pourquoi

l'opinion publique appellerait-elle toutes ses rigueurs sur les femmes qui répuient l'amour pour un jeu sans importance ? Elles ne font que se conformer à l'exemple propagé par les hommes. Quoi! la femme n'aurait pas le droit de regarder l'amour comme une bagatelle, de changer à sa guise et serait condamnée jusqu'à la fin des temps à demeurer le jouet et la proie de l'homme. Elle se donnerait foute : on la prendrait, on la briserait comme on voudrait !.

Je trouve qu'il est préférable que les deux sexes soient traités sur un

même pied d'égalité. Quand l'amour ne sera plus la grande affaire des femmes, qüand elles l'envisageront simplement comme une manière de passer le temps, ainsi quielles font le tric-trac, elles pourront enfin se conduire en honnête homme ! »

— Mais, me direz-vous, Ninon n'était point une

femme mariée. | | —— Non, certes, mais c'était une femme, qui parlait et

sentait si intensément en femme qu'elle exerça au suprême

degré la séduction sur tous ses plus illustres contemporains,

et elle proclame.en substance que leur instinct charnel est la grande affaire des femmes. Un anonyme l’a également

dit, dans une forme bien spirituelle :

Sur leurs saniés, un bourgeois el sa femme

Interrogeaient l'opérateur Barri,

Lequel leur dit : « Poôur vous guérir, madame,

Baume pläs sûr n'est que votre mari. »

Puis, se tournant vers l'époux amaigri ::

« Pour vous, dit-il, femme vous est mortelle.

— Las ! dit alors l'époux à sa femelle,

Puisqu'autrement ne pouvons nous guérir,

Que faire donc ? — Je n'en sais rien, dit-elle;

Mais, par saint Jean, je ne veux point mourir. » Fr Combien de maris sont capables de comprendre le cri

du cœur de cette femme, qui oppese excellemment son

égoïsme à celui de l’homme ? Ce petit poème, sous

sa Été de dilemme, pose datée la dééélion de l’émant légitime pour la femme mariée.

Aussi bien faut-il être aveugle pour ne point voir à quelle vitesse nous sommes entraînés vers son aVènement. Dans l'indiscibline des mœurs (1), Paul Bureau écrivait, l'an dernier : :

« Nous assistons à un relour offensif des instincts polygamiques qui sommeillent toujours dans les profondeurs de notré arimalité et que rien n'autorise à considérer comme abolis. On riait naguère lorsque quelques moralisies clairvoyants signalèrent la patenté qu relie la polygamie successive autorisée par le divorce à la polygamie concomitanie, el les initiateurs de la réforme de 1874 se déclaraient fidèlement attachés à l'idéal du mariage monogamique. Mais le rire n'est plus possible, depuis que les réclamations polygamiques onl réussi à se faire accueillir par lé législateur luimême. Non seulement la pratique du doublé ménage s'est étendue, non seulement la loi du 15 déceinbre 1904 a supprimé l'interdiction porlée contre l'époux adulière d'épouser son complice après le divorce, mais encore il est aujourd’hui possible à un homme et à une femme mariés de conférer les avantages de la filiation légitime à des enfants légalement considérés comme adultérins. Aussi bien la loi du 30 décembre 1915, votée à la faveur de la guerre ét avec uñe incroyable légèreté, dit expressément qu'elle autorise dans trois cas la légitimation, par Mariage subséquent, des enfants aduliérins, et le troisième cas est aussi accueillant qu'on pouvait le souhaiter, puisqu'il aulorise la légilimation des « enfants nés du commerce adultérin du mari, dans tous Îles autrés cas, s'il n'existe pas, au moment üu niariagé suübséquént, d'enfants ou de descendants légitimes, issus du mariage au cours duquel l'enfant adultérin est né : ou a été conçu. » Ainsi plusieurs étapes importantes ont été franchies sur le chemin qui conduit à la répudiation ouverte de l'idéal monogamique et on se prépare à nous eñ fairé franchir d'autres. »

Cette ère nouvelle de franchise mutuelle faisait le désespoir de Paul Bureau, qui était un rigide protestant ; moi, elle me réjouit pour la raison qu’indique Léon Blum quand il écrit :

€ Împuissants à prévenir l'infidélité, ne poukriahes ñous préserver les époux, du mensonge qui, presque toujours, l'accompagne él, si je puis dire, la conditionne ? On a déjà vu, on observe*de

(1j Bloud et Gay, éditèurs,

le

: rite

plus en nr #réaiemment des époux qui, dès le début du mariage, se promettent sur ious leurs actes une franchise absolue. »

J'avoue een cent fois cette loyauté à l’odieuse

‘dissimulation, à la hideuse duperie de l’adultère. :. Je ne sais plus qui a dit :

Si l’on veut lapider une femme adulière, Qu'un homme sans péché lui jette alors la pierre !

J'espère que de plus en plus d'intelligence, donc de plus en plus d’indulgence présidera aux échanges sexuels et que mon livre aura, entre autres conséquences, une diminution des stupides crimes passionnels, chaque jour plus nombreux. Car je m’associe aux Judicieuses réflexions du professeur Auguste Forel :

« S'il est vrai que la monogamie constitue la forme la plus normale et la plus naturelle de la famille, et qu'elle fournisse ou du moins qu’elle puisse offrir les meilleures conditions d’un bonheur. durable, tant pour les conjoints que pour leurs enfants, il faut avoir un part pris allant jusqu’à l’aveuglement pour ne pas voir qu’on commet une faute contre la nature en la considérant comme la seule ancre de salut des rapports sexuels, comme la seule forme légale adinissible du mariage, et pour en faire une camisole de force. »

Conclusion d’un grand penseur, d’un grand savant et d'un grand psychologue, qu’il faut méditer ! La polyandrie “peut et doit être la soupape de sûreté du mariage : à cette seule condition il vivra et produira les enfants que vous attendez et dont vous avez un si impérieux besoin ! Alors ne sera plus vraie l’amère critique

de P.-J. Stahl :

. « La vie d'une femme mariée qui a un amant est coupée en deux parts fort égales, apparienant, toutes deux au parjure. Le jour, elle trompe son mari : la nuit, elle trompe son amant. » | “

Car alors le mari et l'amant se connaîtront et s’estimeront. , ne

de * tu Mn +

dite 184 st &

Déjà si l’on savait sur ae échelle cela se pratique ! Si l'on connaissait le nombre de maris qui choisissent presque l’amant de leur femme, Et si l’on se doutait du nombre de ménages qui font couramment aujourd hui le ménage à trois et aussi le ménage à quatre. Lisez les petites annonces de Froufrou, Paris-Flrt, de Paris-Galant, de l’Humour, de Gens qui rient, de Cupidon, etc... Voyez tous ces ménages qui cherchent à entrer en relation avec d’autres ménages pour distractions mon- | daines. Consultez Madame X.…. qui a installé, rue de Florence, un somptueux hôtel particulier pour y oïganiser des bals et soirées à eent francs par tête, d'où sont, prétend-elle, exclues les professionnelles et où ne se rencontrent que les couples les plus légitimes désireux de changer loyalement de partenaires. Elle recoit une centaine de lettres par jour ! Et quelles lettres ! En voici une entre des milliers de semblables :

et, {

Madame,

* Je vois votre annonce : Ma femme a du tempérament. Or, moi, je suis un peu fatigué pour l'instant. Aussi serais-je content de trouver pour elle un beau garçon de 30 à 35 ans, vigoureux, pouvant lui procurer du plaisir. Il faut un brun de préférence, bien musclé, de physique agréable (photo si possible). | Si vous avez quelqu'un, veuillez me le faire savoir, de façon à ce que je puisse lui donner rendez-vous pour le lundi 23-ou le

mardi 24.

Recevez, Madame, mes sincères salutations.

(Signature el adresse).

Si Saint-Just revenait sur la terre d’après-guerre, il serait heureux de voir, dans une certaine mesuré, réalisée sa célèbre théorie : « Sont époux ceux qui s'aiment ! » tandis qu’ au contraire Jean-Baptiste Say ne pourrait plus écrire : « Les sens, la curiosité, la paresse et la. vanité sont les quatre colonnes du temple de la galanlerie. La galanterie est un jeu où tout le monde. triche, les hommes v jouent la sincérité et les femmes, la pudeur. » . Non ! certaines femmes de la meilleure société commencent à laisser leur pudeur au vestiaire du temple et

Mo San à jeter bas le masque ; certains maris commencent à n’attacher à l’exclusive possession de leur femme que l'importance qu'il convient.

De même que moi, ‘j'ai id At Ho ti pudeur d auteur puritaine. :

‘Le maître Forel dit : « Checur aujourd'hui finit par , avouer, dès qu’on le met au pied du mur, que nôtre

vie sexuelle laisse énormément à désirer. Mais on a peur

de toucher à cet édifice vermoulu qui s'écroule. »

Eh bien ! moi, femme, j y touche !

Je le fais en physiologiste, c’est-à-dire comme le docteur Toulouse, qui précise sa méthode : « En étudiant ces faits sociaux et quelques problèmes de l'éducation, du travail et de l'hygiène, j'ai employé la méthode du! biologiste, du médecin qui voit surtout des entités fhysiologiques. Il me semble par exemple que les causes de la dépopulation ne peuvent être recherchées en dehors de ce. point de vue, si l’on veut éviter de faire une œuvre forcément utile. »

Je le fais en savante Érfale qui dit, comme Etienne Rey : « Parler délicatement de l’amour, ce n’est pas parler de l'amour. »

Je Je fais en logicienne, comme Georges-Anquetil, qui n'avance qu'au fur et à mesure qu'il a étayé ses conclusions d' arguments et de citations prouvant que des auto-» ‘rités partagent son avis.

\' Je le fais en A ountoliste. comme dus BEA qui écrit :

« Îl y a Fos, que le métaphysicien par ns lence, notre père Descartes, disait que la médecine était le tronc de l'arbre de la philosophie (le tronc, non pas les racines), et, par médecine, il entendait la physiologie. »

Je le fais avant tout en esprit indépendant, libre et vraiment affranchi de tous préjugés, comme Forel, quand il dit : |

« Ce qui démontre le mieux à quel point le droit coutumier est en grande partie absurde et injuste, c’est la différence, on peut même dire souvent le centraste

absolu, des A De corri: spondantes du droit chez

les divers peuples.

Chez l’un, la polygamie as un droit ei même üune institution divine ; chez l’autre, elle est qualifiéeerime. »

Je n’en veux pour preuve qu: cette page où Nystrom se plaît à résumer et à souligner des notions bien différentes des nôtres sur la conduite des femmes” mariées :

« Signalons, dit-il, la coutume qui régnait chez certains peuples, comme les Parthes, que, lorsqu'un mari avait eu deux ou trois enfants avec une femme, il l'abandonnaïit afin qu'elle pât se remarier avec un autre. Îl semble que les anciens Romains ont eu un coutume analogue, dont nous avons ün exemple dans Caton, quand il rémit son Épouse à son ami Hortensius, |

La cottuüme de prêter sa femme existait, selon Plutarque, éhez les. Grecs et chez les Romoins, et beaucoup de peuplades sauvages ou barbarés ont l'habitude dé céder leurs femmes à leurs hôtes ou de leur procurer des épouses temporaires empruntées aux autres membres de la famille. Dans certaines tribus arabes, l'usage la aussi éxislé de préler sa femme ou sa fille, et on le trouve encore à l'heure qu'il est parmi les VWotjäâk, les Tsuks, les Kabaoucks et d'autres peuplades finnoises et mongoles.

Îl semble qu'il est resté comme un souvenir de la femme cèmmune à lous des temps primitifs, dans le singulier culte de la pres: titution, qui était en honneur chez certains peuples anciens de l'Orient, les Babyloniens, et dans certaines contrées comme l'Arménie, à Chypre, à Carthage, dans quelques. Elais grecs, l'Indoustan, ! elc., qu'on célébrait en l'honneur de la déesse de l'amour, la Milithe des VBabyloniens, l'Anaïtis des Arméniens et qui exigeait que les fem. . mes fissent leur service dans le temple. de ia déesse en se prostituant avec les étrangers. Chez les Babyloniens chaque femme devait ser- Vir ainsi dans le temple au moins une fois dans sa vie. Chez les Arméniens, les hommes aussi bien que les femmes faisaient ce service, les jeunes filles des premières familles y élaient ainsi dédiées

à la déesse, ce qui ne les empêchail souvent pas de faire de bons gas après. ».

Il ÿ à cent ans déjà que le bôn sens de Sénancour. avait noté ces contradictions, prouvant que notre morale. n’a aucune base solide, n’a aucun idéal absolu, et que tout, dans le domaine sexuel, ne se règle que par con-

ventions : ;

« Les Picards, écrivait-il, ne furent pas de parfaits et Ceux-ci avaient été nus dans les places publiques, ceux-là se contien-

tèrent de l'être dans leurs assemblées ; mais il admirent la. communauté des femmes et l'entière liberté des es ; écarts habituels aussi insensés peut-être qu'une continence absolue.

ÎL n'est pas inutile de mettre sous les yeux celle vé” >, que les choses que la multitude jugerait les plus romanesque: ont été réalisées. Elle en conclura peut-être enfin que ce qui fut fait en mal pourrait être fait en bien. » ET

Aussi en déduisait-il logiquement :

« Celui qui n'ose pas lutter quelauefois contre l'habitude présente des esprits, ne fera jamais servir à des desseins utiles la puissance lente et irrésistible de l'Opinion. »

J'oserai ici lutter contre l'habitude présente des esprits, parce que je la crois néfaste et funeste, et si je le fais dans un livre et par le livie, c’est que j'ai encoxe souvenance de cette dernière phrase de Sénancour:

« Les livres ne mènent point le monde, a dit Voltaire ? cela peut être vrai; mais ailleurs il dit que tous les peuples obéissent à des livres et cela est plus juste. Les livres ne remuent pas le monde, mais ils le conduisent secrètement. »

: Puisse l’Amant Légitime conduire secrètement vers la Vie notre mariage qui-se meurt et vers le Bonheur notfe monde étiolé par l'hypocrisie de la pseudo-fidélité !

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