‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 62 sur 149 · LÉ DE · texte numérisé non relu

LÉ DE

corps, à la suite desquelles le vaincu doit céder sa femme au vainqueur. C’est dans la même idée que les anciens Grecs se livraient au combat pour cbtenir une femme, comme nous Je voyons pour les prétendants de Pénélope. En Irlande, des faits pareils se produisaient jusque dans les derniers siècles.

D'un autre côté, nous voyons souvent, chez les sauvages et chez les oiseaux, les faveurs de la femelle être obtenues par une cour assidue plutôt que par des combats. Chez certains peuples sauvages, on observe, au contraire, des luttes entre les femmes pour obtenir tel ou tel homme.

Chez divers peuples, la femme choidt librement parmi plusieurs hommes et l’inclination de son cœur fait loi, de sorte que les parents n’ont pas voix au chapitre ; c’est le cas des Minahasser de (Célèbes. Le jeune homme est cependant obligé de payer la dot exigée. Les choses se passent d’une façon analogue chez les Touaregs et chez d’autres peuplades encore.

Westermark en arrive à la conclusion qu'à |” état primitif de l’humanité les femmes eurent un choix beaucoup plus libre que par la suite. Le mariage par achat se développa plus tard et constitua une étape moyenne. Lorsque les premières civilisations devinrent plus compliquées et reccnnurent la valeur du travail de la femme, les pères commencèrent à vendre leurs filles, comme on voit aujourd’hui des tribus sauvages abandonner leurs ferment à la prostitution des blancs.

Le choix de la femme, dit le docteur Nystrom, Hi dait moins chez les anciens Germains de l’amour et des avantages personnels que de la fortune et de la considération dont jouissait sa famille. Il arrivait souvent qu’on ne demandait pas même le consentement de la fiancée, et c'était chez son père ou son tuteur que l’on sollicitait sa main. Bientôt après les fiançailles, le jeune homme venait la chercher pour la conduire chez lui, cérémonie qui rappelait toujours quelque peu «l'enlèvement » des

Sir temps primitifs, ainsi que le suggère le nom qu’ on Jui $ donnait : « Brautlauf, la course à la fiancée ».

En général la monogamie existait, quoique seulement par la forme. La véritable polygamie était pratiquée exceptionnellement pour raisons politiques : C’est ainsi que Âriovist avait deux femmes. À côté de la femme légitime, le mari pouvait avoir une maïtresse qui ne pouvait être ni achetée, ni fiancée ; cette liaison se faisait par convention réciproque et sans autre formalité.

Le mari avait le droit d'offrir sa femme à un hôte de passage chez lui et même de la donner ou de la vendre à qui que ce fût. -

Chez certains sauvages et barbares de plusieurs régions du monde, c’est une coutume reconnue par Havelock Ellis que la jeune fille prend l'initiative dans la cour, renversant ainsi la méthode plus ordinaire. Tel est surtout le cas en Nouvelle-Guinée, Ici les jeunes filles - prennent l'initiative presque sans exception, et, en même temps, elles occupent une position très indépendante. Toujours les femmes y sont regardées comme les séductrices : « Les femmes volent des hommes. » Un jeune homme qui ferait une proposition à une Jeune fille se rendrait ridicule, on le désignerait comme une femme et 1l serait la risée des filles. La méthode usuelle dont une jeune fille fait sa proposition est de lui envoyer un cadeau par l’intermédiaire d'une troisième personne ; ce cadeau est suivi par dons répétés de nourriture. Le jeune homme attend parfois un ou deux mois, recevant des cadeaux tout le temps, pour s'assurer de la constance de la jeune fille avant d'accepter ses avances.

Les femmes de la race, dite celtique, peuple bell queux vivant dans un état primitif de barbarie, ont joui en Irlande, au pays de Galles, etc., d’une grande liberté et considération, tant avant qu'après le mariage. La loi cymrique, par exemple, plaçait les femmes dans une condition bien meilleure que le font l’église et la loi commune anglaise : « Toute femme doit librement aller le chemin qu'il Rx plaît, » Les mêmes auteurs remarquent : « Les

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tent aux banguet avec leurs me che et frañfées pair eux. come leurs égales ; et parÉois Le fist est Ron Eu un certe Hilandiis comme cormensé par da fentae Ces auteurs rattachent ecite temdencé au matrice

Vovens memienant quelques conceptions de la. durée du Mariage.

Chez les ciseaux, le mariage est sonvent can pour la a vie, chez les mammifères rarement pour plus d'em 2,

à l'exception des singes anthropomorphes et de Fhernme.

La durée du martège varie énormément chez l'homme. Chez les Andamanais, les Weddas, certains Papous, ie mariage ne peut étre rompu que par la mit. Chez. les Indiens de l'Amérique du Nord au contraire. il m'est conclu que pour un temps très lirmté. Chez les Wyandotés, il existe des rmarrages à l'essai pour quelques jours. Au Groënland, le divorce a souvent eu aw bout de six mois. Chez Îles Creckes, le mariage ne le les époux que pour un an, etc. C'est ainsi que se constitue une sotte de polygamie par succession où de morogamie à terme, qui fait que le père ne connaN pas ses enfants,

Chez Îles Botocudos, le mariage se concint sans cérémonies et ne dure que peu de temps, On peut le rompre sous le moindre prétexte, pour se donmer le plaisir de changer. Le divorce devient alors aussi héguent que le mariage. C'est aussr le cas ex Queensland, en Fasmame, aux Îles Szmoa. Chez les Diakes et les Singalas, &=, hommes et des femmes tout jeunes ont déià eu plseus femmes ou plusieurs maris. Souvent un homme épouse

et: répudie la même femme plusieurs fuis de suite, pour |”

em prendre d'autres dans Îes intervalles. Chez les. Manras, on trouve des hommes qui se sont mariés quarante et cinquante fois. Se ù En Perse, une femme peut se marier pour une période È comprise entre une heure et quatre-vingt-dix-neuf ans, En Egypte, on rencontre des faits anelogues ; : uñ changement mensuel y est admis, de sorte qu'un homme peutse marier. vingt à trente fois em deux ans. Chez les Maures du!

un les frames de sb comme ue de se marier le plas souvent ne ble, et une longue com nauté comugnle «est considérée par elles corme vulgaire. Les Abryssins, les nègres, etc., se marient à l'essai ouù pour un temps déterminé. Chez les Grecs, les R omains, les anciens Cermaïins! le divorce était très fréquent,

Chez presque toutes les peuplades eauvages et chez nombre de civilisées, l'homme possède un droit iHbmité de répudietion Les Hovas comparent le mariage à un

œud tès fatlement serré. Chez les anciens. Hébreux,

les Rornains, les Grecs et les Germains, le’ métontentement du mari était une raison suffisante de répudiation.

Par contre, chez rombre de peuples sauvages (Westermark en cine environ vingt-cinq}, la répudiation et le divorce sont sxirêmement rares et le mariese dure toute ls vie. re eut ur patt: D et lie rie. que le divorss est rare. Chez [a plupart des peuples, la stérilité de ja femme et Tad uitère constituent les ss es ordinaires et

ptincinales du. divorce légal. |

Chez des civilisés, le ma: es pmr toute da vie a béaucoup plus fréquent que chez les: souvares, Tel tai ls cas des. Aztèques, etc. Chez les Chinnis il existe sept raisons de divorce : 1° stérilité ; 2° impudioité ; 3° négh

‘rence envers les beaux-parents ;: 4° bavardage : 5° vol :

5° mauvahe humeur : 7° maladie chronique. Au Japon, ls lois sont aralooues. Maloré cela, le divorce est rare en Chine et au fapon. se À propos da ce dernier pays, de né puis résister au plaisir Fe citer la belle étude que M René Mouls envoya à M, Gustave Téry, pour son hvre Les divorcés peints par eux-rêmes, sur la femme au Japoz. On va

voir que le problème de ls population prime la morale

sexuelle.

F'incgine aisément La joie profonde que def éprouver le Japonais

… à la lecture de nas poféfiques ot de nos discussions sur Ja ferme.

PANTIN ; Miartsge chiunios libre, £v troublent »r oblôme qui neus semble

a tt MPa

aussi insoluble que la quadrature du cercle, le « petit Jap » lui, l'a résolu, el à son eniière satisfaction.

Mariage et Union libre, {elle est l’ ingénieuse formule qui, depuis des siècles, contribue au bonheur conjugal des Japonais. Il y a mariage, puisqu'aussi bien il entre dans les préliminaires de l'union, l'impérieuse obligation d'adresser à l'autorité Municipale une notification verbale ou écrite des intentions des futurs époux.

Comme chez nous également, mais avec plus de rigueur peut-être, le mariage japonais est préparé par les deux familles. Les intéressés n'ont à s'occuper de rien : il leur suffit d'obéir. Du reste, leur individualité est assez méprisable : ils ne se marient pas, on les marie. Aux familles incombe également le soin de remplir l'office du prêtre et de l'officier municipal.

La cérémonie, et c'est ici que l'union libre reprend tous ses droits, ne compcrle, en effet, l'intervention d'aucun magistrat. À quoi bon? Quelques coupes de saké échangées en famille et tout est dit. Du prètre, pas davantage. Et pourtant, quel peuple est plus amplement fourni que les Japonais sous le rapport des religions : shintoisme, bouddhisme, confucianisme, même religion chrétienne ! Le trop grand choix l'embarrasse sans doute. Il préfère s'abstenir. C'est le propre du sage; mais quelle irreligiosité chez ce sage

Voici donc notre Japonais marié, on plus exactement uni : mais

celle union ne porte pas en elle l'élément destructeur qui se trouve à l'origine dans la plupart des unions libres, fondées d'ordinaire sur l'attirance d'un mutuel désir, puissant, mais passager. . Le Japonais ne peut pas, ne doit pas aimer sa femme d'amour, L'Amour est une gêne et une faiblesse. La doctrine de Confucius à cet égard est formelle. Un mariage d'amour “est, pour celui qui le fait, une sorte de déchéance, tout au moins l'aveu d'une faiblesse coupable.

Cette absence de sentiment amoureux à l'égard de sa femme conduit tout naturellement l'époux à chercher au dehors les satisfactons qui lui sont refusées au domicile conjugal. Un Japonais qui se respecte se doit de prodiguer ses faveurs à de nombreuses concubines ; si le code ne les reconnaît pas, l'opinion publique, indulgente, tolère ces fantaisies.

Mais il y a mieux : les enfants issus de ces passagères amours sont de droit adoptés par la femme légitime, qui accüeille toujours celte progéniture supplémentaire avec la meilleure bonne grâce.

Le Mikado, d'ailleurs, donne l'exemple, et ce n'est un mystère Pour personne au 13p2 que le prince héritier naquit de rapporis adultérins.

L'Union libre ainsi comprise présente donc un triple Hantaue : l'absence d'amour lui donne tout le sérieux convenable ; l'adoption des enfants illégitimes perpétue la famille; enfin le ie me car l'on divorce, au Japon — entretient l'harmonie la plus parfaite. JU n'est peut-être pas sans intérêt de remcrquer que la faculté pour

l'homme de renvoyer sa femme quand bon lui semble ne contribue pas peu à maintenir une aimosphère de ceordialilé entre époux, en supprimant en grande partie les scènes de ménage, qui rendent si souvent intolérable la vie conjugale.

Toutefois, la bonne entente qui devrait régir les ménages japonais ne suffil pas toujours à un mari exigeant et changeant. Veuit-il divorcer ? Confucius, le sublime précurseur de Naquet a tout préparé pour lui faciliter la tâche, Parmi les motifs de répudiation, le mari n'aura que l'embarras du choix, Sa femme est-elle impudique ou voleuse ? Est-elle incapable de donner le jour à des enfants ? Est-elle peu obéissante aux ordres de son beau-père, un crime encore plus abominable, ä sa belle-mère? Divorce.

S'abaisse-t-elle à être jaloëse ? Divorce. Esl-elle bavarde ou sotte 2 Pour ces odieux forfaits, divorce encore, divorce toujours.

Ce qui rend chez nous les suites du divorce parfeis angoissantes, c'est la situation toujours délicate, souvent douloureuse de l'enfant dont le foyer est détruit. Au Japon, le problème ne se pose même pas.

L'existence de l'enfant est toute tracée. Le mari étant le maître absola pendant l'union, reste le maître absolu après la séparation. Peu importe que les torts soient ou non de son côté; on ne s'arrête pas à de pareilles véltilles.

Les enfants demeurent invariablement la propriété du père, qui les élève ou les fait élever — ce qui est plus simple —— par une aulre épouse.

Nous avons raison de le dire : le monde ortenial nous réservait quelques surprises. C'en est une, en effel, et non des moindres, que de constater chez un peule civilisé l'application d'un régime qui. fonctionne admirablement depuis des siècles et qui ne semble pas devoir êlre modifié avant longtemps par ses adeples, tout fidèles imitafeurs qu'ils soient de nos institutions.

Ce régime trouve sa raison d'être dans son adaplction parfaite aux idées morales des Japonais. Sachons le reconnaître, son fonctionnement est profitable au pays. Il assure la descendance, réduit - le célibat à des proportions infimes, assure la vitalité de la race c{ par suile la puissance de la nation.

Les conséquences du divorce ne sont pas préjudiciables à dla eo puisque l'enfant reste toujours à la garde du père ei que celui-ci a charge de veiller à son éducation.

Comme le disait un écrivain japonais : «@ Union libre, ou mariage, répudiation ou divorce, ce sont pour nous des mots vides de sens. Il y a un fait : la réunion de deux êtres. Une conséquence : les enfants. Un but : la gloire du plus grand Japon ! »

D'après la statistique officielle du Japon, il fut célébré, en 1903, 346.500 mariages, dont pas un seul des mariés n'avait plus que vingt-deux ans, la plupart ayant de dix-

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neuf à Viet deux ans, Un petit Le ombre de dirchuit à à seize et au-dessous.

La vie conjugale doit être parfois bien EH pour la

a jeune japonaise, à en juger par les snicles de journaux

qui ne mentonnent que frop souvent | j e suicide de. jeunes iles, mortes « pour échapper aux chagrins du mariage », nt que. ja victime le déclaré d'ordinaire par un écrit l'elle laisse après elle. Ce triste état de choses ne pou- . que provoquer d'amères réflexions de le part des femrés mariées et des pensées sérieuses ; aussi un mouvement ce réforme en ce qui concerne le mariage at-il commencé à se faire jour ces derniers temps, éveillant des-idées d'indépendance chez la femme, qui comprend de ples en plus qu'elle a certains droits à l'amour. :

Ïl est curieux de constater que la femme Siamoise est considérée de la même façon que la Japonaise, comme l’attestent les observations faites par M. Francis Mury, commissaire de la marine et publiées dans la Revue des. Revues. Toutefois ces mœurs “comportent quelques variétés dans la vie coutumière.

Mais revenons à l'étude de la durée du mariage et de : son indissolubilité, d’après Forel : | Dans les pays chrétiens, le divorce était autrefois perrs et il n’a été interdit que par le concile de [rente. . Le catholique moderne dit : « L'homme ne doit pas

séparer ce que Dieu a uni. » Chez beaucoup de sauvages, |

au contraire, le divorce est laissé à la volonté absolument libre des deux époux. Aülleurs, c’est tantôt l’homme, tantôt les deux époux, qui ont le droit d'exiger le divorce pour diverses raisons, telles que l'ivrognerie, l'adultère.. ja procligalité, ete. En Europe, comme âilleurs, c'est le désir du changement qui est la raison la plus ordinaire | au divorce. x

Comme la durée du mariage dépend beaucoup dé sa forme, on pourrait croire que la monogamie est plus durable que la polygamie. Mais 1] n'en est nullement ainsi. La monogamie est souvent due au manque d'argent, et les

LS NE ue

hommes se dédommagenrt alors en changeant d' auta nt plus souvent. “ee Ho Îl est extrêmement probable que, chez le primitif, le mariage ne durait que jusqu'à la naissance d'un enfant, ou tout au plus queiques années, Avec la civilisation, la durée du mariage s'est prolongée, des motifs de nature plus élevée étant venus s’aïouter à ceux de la beauté corporelle, de l'appétit sexuel et de l'instinct de la procrétaion, et pousser à des unions plus durables. Des raisons morales ont fait naître des lois de protection du mariage ; mais la manie qu pousse l’homme à dogmatiser eur tout a fait bien souvent dégénérer ces lois en abus ou en absurdités religieuses, C'est amSi que la forme moderne de notre monogamie chrétienne a été im posée par un dogme ivrannique de l'Eglise romaine, dogme parh sans donte d'un point de vue idéal, mais tombé en désuétude dans la pratique par le fait qu'il ne tient pas assez compte des-cenditions naturelles ni des besoms sexuels de la race. ÆAüinsi s'explique la tendance actuelle à une plus grande liberté Le mariage temporaire (dans la secte des Schites) ne peut se contracter que par consentement mutuel et en fixant à l'amiable le temps de sa durée et le nombre des ; visites sexuelles. Au bout du temps convenu, la femme a le droit de quitter le mat sans aucune formalité. Le confrat peut se renouvelst à n'importe quelle époque.

Dans l’ancien Pérou, l’Inca réghant faisait venir à certaines époques fxes tous les jeunes gens pubères et Î2s jeunes filles nubiles de toutes les castes ou classes, et les mariait les uns avec les autre sans égard pour ieurs penchants personnels, Les femmes qui étaient ainsi attribuéez aux hommes devenaient leurs épouses [égitimes, . mais à côté de celles-ci, Îes maris pouvaient prendre autant

de concubines qu'ils le désiraient, |

Les Arabes Hassamich, en Afrique, ont ce qu'on peut appeler le matiage de trois quarts, mul consiste en ce que | Ja femme set légalement mosiée avec 208 époux trois jours

ie Haies

sur quatre, étant absolument libre le quatrième jour et autorisée à accorder ses faveurs à qui elle veut,

Notons enfin une coutume, curieuse chez les Hottentots.

fs ont droit à une nuit d'essai. La polygamie existe chez eux, mais il est rare qu’on y ait plus de trois femmes. ls peuvent divorcer, mais une veuve ou une divorcé qui passe à de secondes noces est obligée de se couper la phalange du petit doigt et doit répéter la même opération sur un de ses doigts, chaque fois qu’elle se remarie.

Le mariage de l’ Ancien Testament n'était pas, comme le rappelle le docteur Nystrom, une institution d'ure grande solidité et se dissolvait facilement : « Quand quelqu'un aura pris une femme et se sera marié avec elle, s’il arrive qu'elle ne trouve pas grâce à ses Veux, parce qu'il aura constaté chez elle quelque chose de désagréable, il lui donnera par écrit la lettre de divorce, et la ka avant remise entre les mains, il la renverra hors de sa

maison. » (Deut., ch. XXIV). La femme légitime pouvait, si elle le désirait, se séparer avec la même facilité de son mari.

La facilité avec laquelle les nœuds du mariage se dé solvaient doit avoir été pour beaucoup un stimulant pour s'efforcer de conserver l'attachement de son conjoint. Encore de nos jours le divorce s'obtient chez les Juifs à la simple demande de l’un ou l’autre des époux.

La polygamie disparut d'elle-même parmi les Juifs et le nombre des mariages heureux a toujours été conrable parmi eux. out musulman doit se marier, s’il ne veut pas s'exposer au mépris, et ceux-là surtout y sont astreints, Gui peuvent être exposés à des aberrations sexuelles. Le mariäge mahométan est : 1° permanent ; 2° temporaire ; 39 avec une esclave. Le premier peut se contracter avec plusieurs femmes, au plus avec quatre ; d'ordinaire ceper dant il est monogame. Le mari doit avoir des re sexuelles à époques régulières avec ses femmes.

Mentionnons aussi en passant l’opinion de A. MULLER qui a étudié l'Orient à fond et qui déclare qu'il y a

chez les Orientaux beaucoup moins d'immoralité que chez les peuples de l'Occident.

Chez plusieurs peuples Slaves il n’y avait autrefois, d’après NESTOR, nul mariage proprement dit : « On instituait des réunions dans les villages, où l’on s’assemblait pour la danse, le chant et les jeux, après lesquels chacun emmenait la femme avec laquelle il s'était uni ».

Quant aux conditions qui existaient entre les deux sexes chez les Slaves du moyen âge, le géographe arabe Al- Bekri (xx siècle) raconte ce qui suit : « Les femmes slaves ne rompent pas le mariage, une fois qu'il est conclu, mais si une jeune fille aime quelqu'un, elle va le trouver et lui déclare sa passion. Et quand l’homme se marie et qu’il s'aperçoit que sa femme est vierge, il lui dit: « S'il y avait quelque chose de bon en toi, les hommes t’auraient aimée et tu aurais choisi quelqu'un qui t’aurait débarrassée de ta virginité, et après cela, il la chasse et renonce à elle. » Chez les Slaves la polygamie sans aucune loi restrictive a existé jusqu'à l'introduction du christianisme.

Ïl convient d’ailleurs de marquer que si Forel ne croit pas à la promiscuité primitive, elle ne fait aucun doute pour Nvystrom, qui écrit :

Cn a tout lieu de croire que l'homme primitif ne contractait aucune espèce d'union conjugale, mais qu'il régnait une complète communauté tant en ce qui concerne Îles femmes que les enfants et la propriété. Dans les temps historiques les plus reculés, nous trouvons encore des peuples, comme les Etrusques, les premiers Spartiates, les Messagètes et autres chez lesquels les femmes éiaient également élevées en commun, quoiqu'on les abandonnât souvent, la première jeunesse passée, aux hommes avec lesquels ils avaient quelque ressemblance. Fn Grèce, la communauté de la femme régnait du temps de Cékrops, le fondateur d'Athènes (environ 1.600 ans av. J.-C.), et en Chine, du temps du législateur Jo-Hi (environ 2.850 ans av. J.-C.). En Californie et dans le Pérou, autrefois, la communauté de la femme existait également.

Hérodote raconte que chez certains peuples africains, hommes et femmes s’accouplaient indistinctement comme les animaux et que, lorsqu'un enfant avait atteint toute sa croissance, on le donnait à celui à qui il ressemblait le plus.

y a encore des peuples sauvages chez lesquels la LES est eh commun, comme les Ansariens, les nègres du Loanda, ete,

faux iles Hawaï, chaque enfant appartient à un groupe de Femillez tout entier, et 1l a aifsi plusieurs pères et mères.

Farm les Toda de l'induestan, ume fille qui se matie devient éloeent fa femine des frères de son mari, au fur et à mesure gai aticigecut l'âge de la puberté, ceux-ci devenant également de droit les maris de ses sœurs à mesure qu'elles ätieionént l'âve de sc marier. Chez les Toïtijar de l'Inde, les frères, lestoneles et les roveux ont également leurs fermes en commun:

Îans Les îles Pelau (Micronésie), il existe certains chars où uns soc de communauié règne dans le mariage, les hommes vivant tn corsmun avec leurs fermes,

Feu à peu le mariage par communauté 8 fait place

ru rrariege individuel, qui doit avoir eu son origine. dans Periivement de femmes.

LArsque les tribus furent devenues plus grandes et plus citée

sève, Ces entévements devinrent moins faciles à excenter et finaieont impossibles, Peu à peu l'ussge devint un simulatre, et xl a

survécu comme tel pendant longtemps, et on peut dire chez tous

les peuples, C'est de là que provient la coutume, observée encore duts beaucoup d'endroits, de porter la fiancée au-dessus du seuil de la maison,

Le mariase individuel s'irnplanta aussi granduellement, par suite |

da développ-ment des seutiments, de l'affection, de l'estime réci- à :

“proque, etc,

D'ordinaire, les négociations se faisaient entre les pères de familles sans que la jeure fille n'eût ren à dire, Dans Îles premières époques du mariage, ceite cérémonie était une affaire de famille et non pes de snent, et Ïa révolte ou la résistance, —

souvent les dents et les ongles jouaient un grand rôle dans la”

lutte —— ne caractérisait que trop souvent l'entrée de la jeune fille dans la vie conjugale, [l arrivait trop souvent aussi, comme encore de ncs jours chez les Galla et les Bautu, tribus africames, one la jeune femme préférât se donner la mort que de devenir l'épouse d'un Bomme pour lequel elle n'avait pas de sympathie,

ner AO Cle ; < L'achat de la fiancée précédait le mariage chez presquu tous + TE Le & 1 « * L lee anciens peuples indo-européenf des temps historiques les plus reculés,

Les avantages de la civilisation ne se voient nulle part. do manière aussi frappante que dans les améliorations qu'elle à appor-

tées dans les rapports entre les deùx sexes, > Chez les peuples qui occupent les degrés Îles plus inférieurs de l'échelle sociale, l'arnour wi 52 ie

A et He 8 GT RTS SP : # ‘+ verr L s . x

rai inoonnÿ et le mariage

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dans sa (orme priaitive n'est rio secins qu ‘une nifaire e gens | ments, il équivaut en général à un viol, ; ÿ

Avec les progrès de la civilisation on en est venu peu à pa ñ prendre en considération les sentiments et es inclinations üvs enfan:s, quand il s'agit de contracter mariage, ce -qui l'a conmuésas blement relevé.

La femme cessa donc de se voir contrainte par la ds à BE relations sexuelles: elle devint une personne à laquelle il fut seconvu le droit de décider d'elle-même. Une fois en possession de £e droit.

l'homune fut chligé de gagner ses bonnes grâces et au sentiment de

pur besoin sexuel se joignirent des sentiments de bonié et de déveuxs ment où nous voyons le commencement du développement ne ug des relations sexuelles,

Ainsi donc, que d’ sages étranges et divers avons nous enregistrés au cours de notre excursion à travers ics différentes formes d'unions des humains, qui peuvent cependant être ramenées à cinq types, ainsi classés par

Forel :

1° La monogamie temporaire ou perpéluelle, c'est-à-dire a mariage entre un individu d'un séxe et un de l'autre sexe. Tel #1 le cas de la plupart des oiseaux, de plusieurs mammifères et de beaucoup de races humaines;

2° La polygunie. ou pelugamie proprement dite, c'est-à-dire le

mariage d'un mâle avec plusieurs femelles, Elle existe chez le ruminants, les cerfs, les gailinacés et diverses autres espèces animales, ainsi que chez uné partie des hommes, par exemaule chez les Islamites, les nègres, les Indiens d'Amérique, les Mormans, st:

3°: La onde ou mariage d'une femelle avec sluseusrs | mêûles. Parmi les animaux on la rencontre en particulier chez les fourmis chez lesquelles chaque femelle est en général fécendia successivement par plusieurs môêles. Chez la plupart des sax supérieurs, la jalousie des mÂles rend la polyandrie jar ble. Chez l'homme elle est rare, mais elle existe chez cent: peuples ;

4° Le mariage par groupe, où mariage de plusieurs mâles He minés avec plusieurs femelles déterminées. Cette singulière ir:1. tution est très rare ; elle existe surtout chez un peuple sauvage, les Todas. Je ne sais si quoi que ce soit de pareil existe chez qu:t2:2 espèce animale;

5? La promiseuité, cu l'accouplement indifférent de tous 5 mâles avec les premières femelles venues de leur espèce, et ins sement. Elle existe chez beaucoup d'animaux, mais surtout £hez à animaux inférieurs, chez lesquels l'instinct sexuel du mâle n'es !: . à aucun souci, ni de sa femelle, ni de sa progéniture. La promiscuié

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