QUES, DONC DROITS IDENTIQUES
QUE m ‘importe alors qu’Alexandre Dumas fils, l’ pue du : Tue-la ! vienne me dire :
« La femme n'a pas une valeur égale, supérieure ou inférieure à l’homme ; elle est une nature d’un autre genre, comme elle est un être d’une autre forme et d’une autre fonction. ».
Je répondrai simplement : l'instinct sexuel de la femme a-t-il les mêmes désirs naturels que celui de l’homme ?
Met,
Oui ! Eh bien ! alors, il a les mêmes droits à à l’assouvissement de ces désirs.
C'est un truisme que je proclame, ei cependant il cho-
quera beaucoup de lecteurs. Pourquoi ? Le docteur
Mayoux va vous le dire : . 7
« Nulle part plus qu'en ce domaine n'a régné el ne règne encore le droit du plus fort. L'histoire des relations sexuelles se résume en deux chapitres :
1° Asservissement de l'une des moiliés du genre humain par l'autre moitié, de la femme par l'homme;
29-Libération lente et graduelle de la femme asservie dans le mariage el dans la société. Il est à peine besoin d'ajouter que, malgré les progrès déjà réalisés, le second chapitre est surtout composé de pages blanches qu'il appartiendra à l'avenir de remplir, de façon à réaliser la pensée de Weslermark, citée plus haut. »
C'est également contre le droit du plus fort et en faveur de l’émencipation complète de la femme que se prononce cette belle page du professeur Forel :
&« Une source d'anomalies sexuelles est due à l'inégalité des droits des deux sexes. Seule l'émancipation complète de la femme
pourra la tarir. Chez aucun animal la femelle n’est un objet possédé par le mâle. Nulle part dans la nature, nous ne trouvons de loi
esclavagiste qui subordorne de force l'un des sexes à l'autre. Même.
chez les fourmis, où le mâle, par suite de son immense infériorité psychique, est extrêmement dépendant des ouvrières, celles-ci ne lui imposent aucune contrainte, et il peut s'émanciper sitôt. qu'il
le veut, Nous avons, du reste, réfuté l'argument qui se base sur :
l'infériorité mentale de la femme relativement à l'homme.
L'émancipation des femmes ne veut pas les transformer en hommes, maik) veut simplement leur rendre leurs droits humains, ‘je dirais presque leurs droits animaux naturels. Elle ne veut nullement enlever le travail aux femmes ou les en déshabituer. ‘Il serait aussi absurde d'élever ces dernières en bébés gâtés qu'il a été cruel et injuste de les avoir brutalisées comme des bêtes de somme. Nous avons lé devoir de leur rendre la position indépendante, avec des droits, devoirs et responsabilités, qui correspondent à leurs attributions normales dans la société,
Leur rôle sexuel est tout particulièrement important et même si prépondérant qu'il leur donne droit aux plus hautes prétentions sociales dans ce domaine. Nous voulons simplement déclarer catégoriquement, en nous fondant sur les faits les plus évidents, que, dès que les femmes auront acquis dans la société des droits et des devoirs égaux à ceux des hommés (naturellement en rapport avec les dif-
CARET HS
férences sexuelles), c'est-à-dire. dès qu'elles pourront réagir. librement à leur façon, d'après leur génie féminin, d'une manière aussi décisive que les hommes sur les destinées de la communauté, une racine fondamentale des abus sexuels actuels aura été supprimée. En cela nous sommes en accord complet avec Westermarck, avec le philosophe Charles Secretan et avec bien d'autres personnalités éminentes. Heureusement que l'exigence (postulat) ci-dessus formulée déjà longtemps (1905) avant la guerre mondiale est aujourd'hui (N919) en train d'être rapidement exécutée dans le monde entier. ;
La différence qui existe entre les deux sexes ne fournit aucun motif raisonnable à l'homme pour accaparer à lui seul tous les droïts. sociaux el politiques. Le monde extérieur. et nos semblables, desquels. et pour lesquels nous vivons de corps et d'âme, sont les mêmes pour la femme et pour l'homme, de sorte que, même là où la mentalité d'un des sexes esi en moyenne un peu plus élevée que celle de l'auire, le premier n'en peut déduire le droit de refuser au second la liberté de vivre et d'agir au point de vue social selon son propre génie,
Les deux sexes sont différents l'un de l'autre à beaucoup d'égards, cela est certain. Par contre, loute contrainte légale, et par conséquent artificielle, de l'un par l'autre a pour effet d'entraver l: libre développement de tous deux. Chacun possède de par la sainte nature le droit d'envisager le monde ei de se l'assimiler selon son esprit. Il pourra développer ainsi sa personnalité de façon à ce qu'elle ne s’étiole ni ne s'atrophie comme celle d'un animal domestique à l'écurie. Seul le droit du plus fort, dressé et cultivé par.un préjugé inconscient et borné, peut nier ou méconnaître ces faits. »
C'est pour faire sentir au mâle l’odieux de l’exploita- tion de sa force et la puissance de la tentation de la femme de faire la même chose que lui qu’a été écrit ce scénario Hi que rappelle M°° Zanta : 6
« Îl quitte son foyer, se désintéresse de sa femme et son enfant : ellé fera de même. Pas à pas, comme l’esclave suit son maître, elle suivra son époux, endossera comme lui un habit de mascarade, se fera courtiser en cabinet particulier par un inconnu, tout près de l'infidèle ; elle poussera le raffinement de la vengeance jusqu'à commander le même menu, qu'elle paiera magnifiquement comme une grande dame. Puis, de retour chez elle, devant son époux, bien en face, elle criera sa faute, pour que l'homme se réveille avec son instinct de mâle, qu'ont con-
6 # on,
sacré, comme un droit, de longs siècles de TS me il souffrira par vanilé, aussi par orgueil, et la femme sera vengée. Et voilà comment les Francine, et il y en a beau-
coup, reviennent aux principes mêmes du féminisme : l'unité de morale pour les deux moitiés du genre humain. » -
Je ne puis donc me rallier, parce que je la crois Ph à à cette assertion de Jousky: « Quand une femme demande plus de liberté que celle qui lui est accordée par les lois et l'usage, regardez bien au fond de sa demande, et vous
v direz : « Je veux, comme l'homme, avoir le droit de
choisir et de changer. » Puis, regardez plus au fond encore, et vous lirez : « Je veux avoir le droit d'être libertine ». Li
Je m’entends en disant que cette boutade est fausse,
non pas parce que la-revendication de la liberté sexuelle
de la femme ne tend point au changement, comme celle, de l’homme, mais parce que je n’admets pas qu’ on appelle ce changement du libertinage. Ou alors, puisqu il est naturel, c’est que c’est la nature qui est libertine (8 Et dans ce cas, nul ne saurait rougir d'être libertin, puisque l’anormal serait au contraire l'être qui ne revendiquerait pas le droit d'être hibertin !
La vérité, c'est qu'en effet -— appelez la chose : nu nom que vous voudrez : droit, tolérance, indulgence, liberté, peu m'importe ! — les mêmes mœurs permises , a l'homme doivent l'être à la femme, son égale. Et j'aime
assez l'ironie d'Henri d’Alméras, quand il écrit, en par- +
lant des maris pendant la guerre :
.« Les confiants ont été, je crois, par une grâce d élat,
les. plus nombreux. Ils sont restés imperméables à toute.
idée de défiance. Îls ont trompé, à l’occasion, leurs fem-
mes, sans éprouver la moindre appréhension d’être trompés ê
par elles, sans se douter qu'elles poUVAlEEs avoir. les.
mêmes raisons de les tromper. »
Plus encore, nous le verrons plus loin, mais n ‘anticipons pas. Contentons-nous de rappeler, après Balzac, qu'un homme n’a jamais pu élever sa maîtresse jusqu’ à lui ; ;
"ŒIVNOOVUJ 2148 P LHAANODAIA ALLAHOVO VI