TOR
Laissons l'amour s'épanouir en pleine liberté, sans objecter qu'il peut être volage ; car on nous répondrait, comme l'héroïne d’un roman féministe anglais, que l’inconstance est la manifestation du développement humain « dans sa plus riche diversité (1) ».
Mais le temps des mariages d'argent n’en finit pas plus ‘pour cela ; bien au contraire. Se marier, c’est, plus que jamais, pour la femme, se vendre, au moins, dans le meilleur des cas, contre la table et le logement (2). Et, pour beaucoup de penseurs contemporains, ce trafic est un avilissement. Les mariages d’inclination sont des contes bleus. De part et d’autre, on ne se recherche, on ne. s’unit que par intérêt et le mariage est un marché qui ne va point sans marchandage. Et voici la conclusion très grave qu'en tire Sébastien Faure : |
« Puisque, au lieu de se donner sans condition, sans calcul, sans arrière-bensée, suivant l'impulsion naturelle des affinités instinctives, chacun des deux conjoints com pare ce qu’il vend à ce qu’il achète el ne consent à donner qu'à la condition de recevoir, neuf fois sur dix, le mariage n'est, à proprement parler, qu’une forme spéciale et respectée de la prostitution. »
Et sur ce point, le socialisme ne pense ni ne parle autrement que l’anarchisme. Pour M. Gabriel Deville, « Le mariage n'est, dans son ensemble, que da prostitution par devant le maire », puisqu’au sens élémentaire du mot, la prostitution consiste « dans la subordination des rapports sexuels à des considérations financières ».
L'auteur lui-même du Féminisme français convient que le mariage est réduit, comme dit M. Sébastien Faure, à
ES
(1) Jude l’obscur, par Thomas Hardy.
(2) Lire à ce propos le curieux article « La crise allemande vue à travers les Petites annonces », paru dans le numéro d’Excelsior du 17 juillet 1923. L’auteur, M. Ambroise Got y reproduit quantité de petites annonces publiées dans les quotidiens de Berlin et faites par de jeunes Allemandes offrant tontes des dots mirifiques. et un . logement ! C’est qu’en Aïlemagne aussi la guerre a fait | du fiancé mâle nn objet rare, É
ns jee
« un contrat parcheminé dont les articles sont tout et le signaiaire à peu près rien: » Tel se marie pour faire une fin, tel autre pour redorer son blason ; celui-ci pour payer son étude, celui-là pour relever son At La dot est Ja grosse affaire du mariage.
« Une fille est jolie », Nat déjà Alphonse Esquiros dans les Vierges martyres, & elle a de l'esprit et de la jeunesse; ses parents qui sont à l'aise, n'ont cessé, depuis l'âge de quinze ans, de lui représenter le mariage comme une affaire d'intérêt. On lui ménage, un jour, la connaissance d'un homme tout à fait indiffé-' rent pour elle. La jeune fille, peu au fait des charges du mariage et n'en prévoyant que les bénéfites, c'est-à-dire une parure, un châle plus long, des plumes à son chapeau, des bagues au doigt, et le droit de s'appeler Madame devant ses compagnes curieuses, se soumet, les yeux bandés, à la volonté de ses parents. :
D'autres fois, c'est une orpheline qui a déjà un amour dans le cœur : elle a lutté pour cet amour; mais son courage est à bout, L'âge vient, les réflexions sérieuses la gagnent peu à peu. Un jour, après une longue résistance, l'occasion aidarit, elle cède au mariage, comme une autre, faute de pain, cèderait au déshonneur. La nuit de noces, elle aborde en victime soumise, le lit, tombeau de son innocence, et s'étend froidement sous le drap nuptial < comme sous un drap morluaire.
Quelle fidélité voulez-vous raisonnablement seb pour l'avenir, | de semblables unions .? La contrainte dans le mariage conduit inévilablement à l'adulière. ‘
Quelques femmes mariées à un homme qu'elles n'aiment point ssaient même, dans certains cas, de lui résister, mais c’est une lutte sourde et obscure qui finit souvent sous les coups de cravache et les talons de botte, derrière les rideaux de l'alcôve.
Quoi qu'il en soit, nous le disons ici: point de liberté pour la femme hors du mariage, de la famille, du toit conjugal: s'en écarler, ce serait vouloir pour elle recommencer l'esclavage. L'abolition: du mariage et de la famille serait, pour elle, le commencement d'une ëre rétrograde, Elle redeviendrait ce qu'elle fut avant la sociélé : un simple objet de convoitises, une créature’ quelconqu: destinée à subir, dans les temps de rut, l'impétuosité du mâle. »
C'est parce que je partage cette opinion de M. Esquiros que l'union libre serait néfaste à la femme, que je veux, pour elle, le mariage, mais un mariage élargi, harmonisé avec ses besoins sexuels. Car si M. Esquiros lui-meme, partisan, comme on le voit, du mariage, convient qu’aucune fidélité ne peut être exigée dans nos mariages mioder-
, { SPP = 68 rs * ?
nes, parce que la contrainte conduit à l’adultère, de quel droit refuserez-vous l’amant légitime à la femme qui a acheté son mari ? Vous le lui accorderez, comme vous l'avez accordé à celle qu’on marie à un vieillard, parce que vous ne vous sentirez pas le courage de plaindre l'impuissant ou le maquereau cocus ! …
—— Mais, me direz-vous, tous les hommes, Dieu merci | ne rentrent pas forcément dans ces deux catégares !
ds C'est rigoureusement exact. Mais tous veulent épouser une jeune fille, bien élevée, donc ignorante non seulement de la pratique, mais même de la théorie de la vie sexuelle. Voyons donc ce qui va résulter de cette. union. Ft demandons-le à l'Histoire de très joyeux, tres illustre et très aimé seigneur le vingt et unième arrondissement, par Messire Arlequin (le livre a paru en 1865). Le, chapitre est intitulé : Histoire d’Edgard et d’Henriette :.
À vous, madame, qui êles une très digne femme, avec vos quarante-cinq ans, vos chapeaux à plumes, et le sirop de vos soirées fréquentes; à vous, mère d'Henricile, j'adresserai celte question :
Croyez-vous, oui ou non, une cerlaine dose de pudeur à votre fille ? Ne vous fâchez pas — vous ressemblez à une patte de homard cuit quand vous êles en colère, — et répondez-moi : oui, sans m'arracher les yeux.
Si vous n'avez jamais pensé à cela, vous êtes très coupable; c'est que votre grossesse n'a été pour vous qu’ une bouffissure désagréable, qui n'a rien fait tressaillir en vous; c'est que vous avez fai un enfant comme un furoncle jelle son germe, après l'avoir conçu sans autre sentiment que dix minutes de belle humeur, ce qui constilue pour la famille une origine passablement brutale et stupide.
Si, au contraire, vous avez réfléchi à celte pudeur de votre en>ant, grand tant pis pour votre noble dignité; car vous avez fait un vilain commerce en donnant Henrielie à un homme qu'elle n'aimail pas, puisqu'elle ne le connaissail pas.
Elle l'aimait, dites-vous?
Oh 1 Oh !
Savez-vous bien quelle énormité vous venez de dire ?
- S'il vous faut un axiome d'honnêteté, je vous dirai, excellente mère, que la jeune fille ignorante qui, après trcis semaines de !
29 — pi ‘0
a A Se "HT RE
huissdhees se frouve conjugalement déshabillée côte à côle avec
un homme, esi une \ Mais, passons, Donc, Henriette est une fille douée de beaucoup de pudeur. Très
bien ! | '
Honnêie maman, collez votre gros œil à cetie serrure et regardez: Voilà un homme et une jeune fille quine se connaissent pas. : L'homme embrasse la jeune fille, laquelle y est obligée;
L'homme arrache un fichu et découvre les épaules frissonnantes
dde honte, mais qui n'ont pas le droit de résister;
. L'homme écarte des broderies que la jeune fille ne peut retenir ; c'est signé ; / L'homme...
Mai j'ai recours à volre expérience pour suppléer à ce qui man:
que ici, el puis, du resle, on a soufflé la lumière.
Non, pardieu ! je m'étais irompé : le goujat a gardé la bougie P j P gouj g
allumée !
N'est-ce pas, belle maman, qu'elle doit être mourante de. honte, celle pauvre fille, et qu'elle est véritablement souillée 2 |
Qui 2? que dites-wous ? ah ! j'entends, vous me demandez pourquoi elle n ‘appelle ni se sauve ? |
Ah ! ah 1. mais, vieille folle, cette jeune fille est Henriette, el, comme vous l'avez mariée, elle appartient à Edgard qui l'a payée
de son nom, comme Mile Omnibus appartient pour six heures à un
wrogne qui l'a payée de ses cent sous !
Le prix change, la chose est la même !
NOui, celte fille est la vôtre que vous avez Dituée de ce magni-
fique faux-fuyant d'une sublime morale :
REMITIUNTUR ET PECCATA MULTA, QUONIAM DILEXIT MULTUM. Traduction exacte : Te L'AMOUR EST L'EXCUSE DU MARIAGE,
JH
Au bout de quelque temps, Henrielte qui s'est habituée, car on
s'habitue — demandez à Mlle Omnibus…. ou à votre fille (vous
les avez assimilées) — Henrietle, donc, commence à se dire : Ah ! çà, pourquoi suis-je la femme de ce bonhomme qui mange
mes renles, plulôt que celle du petit un tel dui a de si belles
moustaches ? Bah ! maintenant que le premier pas est fait 1...
Oui : un tel mari n'est, souvent, que le premier pas.
De commodes maris ‘ont cette charge étrange De nous tirer du feu les marrons. que l'on mange.
Îl est vrai qu "Edgard, de son côté, s'est livré à ce monologue à Ah l-enfir j'ai donc de l'argent, et je vais pouvoir être pt
LE
chèz Gredineile qui: interprète, dit-on, si bien, Se se de Rabelais !
Et voilà, mère prudente, le gâchis à quatre que vous avez autorisé,
Et Henriette aura des enfants maudits avant leur naissance.
Et voilà la parabole du péché originel : Eve a élé condamnée parce qu’elle a mordu sans faim à la pomme de gourmandise.
Le Prince de Ligne, dans Mes écarts ou une tête en liberté, avait déjà dénoncé l’mdécence de nos mariages.
« C'est, dit-il, à force d'aimer la décence que je déteste celle qu'on appelle ainsi. Voici comment on l'arrange. On apprend à une fille à ne pas regarder un homme en face, à ne pas lui répondre, à ne jamais demander comment elle est venue au monde. Arri-. vent deux hommes noirs, avec un homme brodé sur toutes les tailles. On lui dit : Passez la nuit avec Monsieur. Ce monsieur, tout en feu, brutalement, fait valoir ses droits, ne demande rieñ mais exige beaucoup : elle se lève en pleurs, tout au moins, et lui tout en eau. S'ils se sont dit un mot, c'est pour quereller. Ils ont mauvais visage ious les deux, et sont déjà portés à se prendre en guignon. Le mariage commence teujours ainsi sous d'heureux auspices. Toute la pudeur est déjà partie : est-ce la pudeur qui peut alors empécher ceitle jolie femme d'accorder par goût à celui qu'elle aime ce qu'elle a accordé par devoir à celui qu'elle n'aime pas ? Et voilà l'engagement le plus sacré des cœurs profané par des parents à un nofaire. »
Je parlais, 1l y a un instant, de la situation invraisemblable des jeunes fiancées Egyptiennes, maïs voici un extrait de dialogue de la comédie célèbre « Le” cœur et la dot », que Félicien Malleñille pouvait écrire en 1852. (La scène se passe entre M”° -Desperriers et sa nièce
Adèle) : T
M°° DESsPERRIERS. — Pelite, j'ai à vous annoñcer une excellente nouvelle. Je vous marie.
ADÈLE. — Déjà !
M”° DEsPERRIERS, — Vous ne me demandez pas le nom de votre futur ? ;
ADÈLE. — N'aimant personne, je ne désire rien savoir.
M°° DEsPiERRIERS. — Mais vous allez sauier de joie quand je vous aurai dit son nom. (Une pause). M. Chavarot.
ADÈLE. — M. Chavarot 2 Mais, grand'maman, jé n'aime pas M. Chavarot.
M°° DESPIERRIERS. — V ous l'aimerez plus tard,
ADÈLE. — Jamais,
CR NT IE M”°* DÉS et qi nand même } on ne, se marie pas pour s'aimer. | À : & ADÈLE., — Pourquoi faire alors ? à M'° DESPERRIERS. — Pourquoi faire 2? Pour vivre ensemble, donc !
Pensez comme ces jeunes gens (et surtout cette jeune femme) pourront être heureux. Devinez, si la première nuit est déjà épouvantable pour celle qui aime, ce qu “elle aura d’atroce pour celle-là qui n'aime pas |
« Le soir venu, dit M. Legouvé, quelle impression ne doit pas. produire sur l'esprit d'une jeune fille, tremblante, délicate, nerveuse, celle grossière atlaque ? Quelle image de l'amour va se graver dans son esprit ? Îl en est à qui cette sauvage prise de possession a inspiré une telle horreur qu'elles en sont restées frappées d’incurables souffrances et que ce souvenir seul éloigne de leur mari. Est-ce ainsi que dans le monde s'approchera de la jeune femme l'homme qui tentera de lui plaire ? Est-ce sous cette forme qu'il lui représentera l'amour ? COMMENT POURRA-T-ELLE RÉSISTER, quand, au lieu d’une agression nocturne et soldatesque, elle rencontrera des regards pleins de respect, qu'elle entendra des paroles suppliantes et prononcées tout bas, qu'elle verra des transports de joie et des larmes de rèconnaïssance pour une fleur donnée ou pour un serrement de main ? Alors, étonnée, enivrée, vaincue par la surprise même, elle se trouve sans défense contre ce sentiment qu'elle calomniait, c'est le mari qui aura préparé LE TRIOM- PHE DE L’AMANT. 3 PRE
Eh oui ! le triomphe de l amant ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Legouvé ! Et comment en pourrait-il être autrement ? |
« La seule issue que nous permettions à l'instinct de la femme, dit Léon Blum, est le mariage, et par là même les filles sont en demeure de trouver cumulées en un seul homme les séductions de l’amant avec les qualités d’un mari. L'obligation où l’on met les jeunes filles de renoncer ou à l'amour qui lente ou au mariage, les entraîne presque fatalement à épouser le premier homme qui les désire. » | :
George Sand avait déjà parlé en femme de raison, en ve
‘ Quand une fille chaste se dits au mariage, elle
(rare MR nu à
ne sait ve du tout en quoi consiste le mariage, ét peut
prendre pour l'amour tout ce qui n'est pas l'amour. » … C’est pourquoi Forel écrit : Re
:« La femme a certainement le droit —1\et on le lui doit — d’être entièrement mise, au courant des rapports sexuels et de leurs suites avant dersè fiancer. Plus encore. Avant de s'engager dans une union pour la vie, un homme et une femme devraient s'expliquer mutucllement à fond sur leurs besoins sexuels et sur, leurs sentiments, afin d'éviter pour plus tard de cruelles déceptions et des incom- “patbilités irréductibles. » |
Et c’est pourquoi nous voyons ici-même Georges- Anquetil préconiser le mariage d'essai ou tout au moins le rétablissement des nuits d'épreuves, sans doute afin d'éviter l'épreuve de la première nuit.
Car il faut être ou aveugle ou de mauvaise foi pour ne point admettre le calvaire de la plupart des jeunes mariées. Alfred de Musset l’a esquissé dans La confession d’un enfant du siècle :
€ La nature, qui pense à tout, a fait la vierge pour être amante.*
La civilisation fait le contraire de la nature. Dans nos villes, et selon nos mœurs, la vierge, faile pour courir au soleil, pour admirer les lutleurs nus, comme à Lacédémone, pour choisir, pour aimer, on l'enferme, on la verrouille; cependant, elle cache un roman sous son crucifix. Pâle et oisive, elle se corrompt devant son miroir, elle flétrit, dans le silence des nuits, cette beauté vèrte et luxuriante qui l'élouffe et qui a besoin du grand air. Puis, tout à coup, on la tire de là, ne sachant rien, n'aimant rien, désirant tout; une vieille l'endoctrine, on lui chuchote un mot obscène à l'oreille, et on la jette dans le lit d'un inconnu qui la viole. Voilà le mariage, c'est-à-dire lo famille civilisée. À ;
Et mainienant, voilà cette ‘pauvre fille qui fait un NES voilà À
qu'elle a perdu la beauté des amantes, et elle n'a point aîmé 1 Voilà qu'elle a conçu, voilà qu'elle a enfanté, et elle se démande pourquoi: on lui apporte un enfant et on lui dit : & Vous êtes mère ». Elle répond : @ Je ne suis pas mère ; qu'on donne cet enfant à une femme qui ait du lait. Il n'y en a pas dans mes mamelles. Ce n'est pas aïnsi que le lail vient aux femmes. »
Ou du moins ce n’est pas ainsi qu'il devrait venir, mais’
c’est ainsi que. trop souvent, il vient ! Ce n’est qu'une
Pa MB en (OMS LES ORAN ARE DAT À 4 121 à CE : n'Q 2 Pin LE M i
fois mariées que les ARE À vériient la triste justesse de la boutade de Turenne : ds
G Les jeunes filles croient que les Hommes rnariés caressenl sans cesse leurs femmes et les moines s'imaginent que les gens de guerre ont toujours l'épée à la nain. \
Cependant, on fait quelquefois dix campagnes:sans tirer l'épée. »
dé
Ou, quand ils la A à ils le font si égoistement, si maladroitement que c’est, pour leur partenaire, comme s ‘ils ne
Ja tiraient pas.
Etonnez-vous dès lors que aie mariage ait connu tant de
détracteurs, qui souvent, eurent le tort de ne pas comprendre qu’une institution faussée pouvait être améliorée, perfectionnée, élargie, harmonisée avec la nature, sans qu'il fût pour cela nécessaire de la condamner complètement et de l’abandonner, pour des systèmes. peut-être
plus mauvais encore.
« Tel est le cas de George Sand, quand elle écrivait,
dans /acques :
‘€ Je ne suis pas réconciliée avec la société, et le mariage est toujours, selon moi, une des plus barbares institutions qu'elle’ ait ébauchées. Je ne doute pas qu'il ne soit aboli, si l'espèce humaine fait queiques progrès vers la justice et la raison; un lien plus humain, el non moins sacré, remplacera celui-là et saura assurer existeñce des enfants qui naîtront d'un homme et d'une femme, sans enchaîner à jamais la liberté de l'un et de l'autre. Mais les hommes, sont trop grossiers et les femmes Érop lâches, pour demander une loi plus noble que celle qui les régit; à des êtres sans conscience et sans vertu, il faut de lourdes chaînes. »
Plus sage était la prudente réserve du docteur Thulié, ancien président de la Société d’ anthropologie, ancien président du Conseil municipal de Paris, quand, dans son livre La femme, il s'écriait :
« Sous le régime des lois acluelles, le mariagë-est un abaïissement pour. la femme, En prenant un époux, elle, croit arriver au port; elle s'aventure au contraire sur l'océan des misères et des noirs chagrins. C'est du jour où elle remplit les plus hautes fonctions de la naïure en se conformant aux lois sociales, et parce qu'elle s'y conforme, qu'elle perd la possession de soi, C'est précisément ce qui, devrait grandir et l'élever qui l'infériorise -et la fait déchoir.
LA
\ = 27a te
€ $ loi matrimoniale dégrade la a. sous prétexte fs la protéger et de garantir le sort des enfants. En croyant prendre un associé, un compagnon dans la lulte pour l'existence, elle Éd un maître qui la dépouille légalement de tous ses droits.
« Si les jeunes filles connaissaient la déchéance que leur inflige |
le mariage, beaucoup d'entre elles reculeraient au grand détriment \
de la vitalité et de la prospérité de la nation, mais au grand avanlage de leur propre personne. » !
Mais c’est le docteur Max Noïdaë qui a peut-être porté à notre mariage le coup le plus rude, quand il a écrit (1)
« Le mariage est devenu un arrangement matériel où il reste aussi peu de place pour l'amour que dans le contrat de deux capita-
- listes entreprenant ensemble une affaire. On se marie pour se créer
une nouvelle situation de fortune, pour s'assurer un chez soi plus agréable, pour pouvoir prendre et soutenir un rang social, pour satisfaire une vanilé, pour jouir des privilèges et des libertés que la société refuse aux femmes célibataires et \accorde à celles qui sont mariées. En se mariant, on songe à tout : au salon et à la cuisine, à la promenade et aux bains de mer, à la salle de bal et à la salle à manger; il n'y a qu'une chose à laquelle on ne songe pas, la seule essentielle; la chambre à coucher, ce sanctuaire d'où doit sortir l'avenir de la famille, du peuple, de l'humanité. La décadence et la ruine ne doivent-elles pas être la loi des peuples dans les mariages desquels triomphe l'égoïsme des époux et où l'enfant est un hasard non désiré, au meilleur cas indifférent, une conséquence difficile à éviter, mais complètement accessoire?
«La créature dépravée, qui, la nuit, dans les rues d'une grande ville, s'offre pour une pièce de monnaie à un passant dont elle ne peut distinguer les traits dans l'obscurité, cette créature se prostitue; le drôle qui courtise une vieille folle et se fait payer comptant ses hommages se prostitue; il n'y a qu'un mot pour les deux cas. Mais je demande : Où est la différence entre un homme entretenu par sa maîtresse el un homme qui fait la cour, à l'hérilière, ou à la fille d’un homme influent pour laquelle il n'éprouve pas le moindre amour, uniquement afin d'obtenir avec sa main la richesse ou la position ? Où est la différence entre la drôlesse qui se vend à un inconnu pour un peu d'argent et la chaste fiancée qui va à l'autel avec un individu qu'elle n'aime pas, mais qui, er échange de ses étreintes, lui offre un rang social, des toilettes, des parures, des domestiques, ou simplement le pain quotidien ? Les mobiles sont, dans les deux cas, les mêmes, le procédé :s1 le
(1) Les mensonges conventionnels de notre sivilisation. M pe dr
même ; la désignation aussi doit être la même d'après la vérité et la justice. | - « Üne mère que lout le monde-tient pour très honorable, qui ellemême, se croit rès sévère pour les mœurs, présente à sa fille un prétendant riche et s'efforce de triompher de l'indifférence naturelle de sa fille par d'habiles exhortations et par des préceptes: de ce genre : & Îl y a folie à repousser un sort convenable; il serait imprudent au plus haut degré d'atiendre une seconde occasion qui probablement ne se présenterait pas; une jeune fille doit penser à des buis pratiques et se débarrasser la cervelle de toutes Les sottes histoires romanesques », celte mère modèle est une entremelieuse, ni plus, ni moins que la vieille et hideuse proxénèle qui, sur un banc d'une promenade publique, murmure à l'oreille des cotlurières sans ouvrage des propositions infâmes ‘et s'expose par là à des poursuites judiciaires.
« L'élégant prétendant accueilli avec distinction dans tous les salons, qui fait, dans les figures du cotillon, la chasse à un riche parti, parle à l'héritière avec des yeux noyés ét des inflexions mielleuses de la voix, ajourne ses créanciers sur la dot reçue, cet élégant est un coquin tout comme le souteneur que l'agent de police luimême ne louche qu'avec répugnance. ï |
« Une: fille qui se vend pour nourrir une vieille mère ou un
petil enfant esi moralement au-dessus de la vierge rougissante qui monte dans le lit conjugal vers un sac d’écus pour satisfaire son avidité frivole de bals et d'excursions aux eaux; l'homme qui paie chaque fois comptant sa compagne d'une minute et qui lui tourne le dos est moins trompé, plus logique, plus raisonnable que l’homme qui s'achète, par un mariage légal et pour la vie, une concubine qui, lout comme l'autre, à eu l'argent pour but ! Toute alliance entre
. homme et femmie coniractée en vue d'une situation matérielle ou d'autres avantages égoïsles est de la prostitution; peu imporie que celle alliance soit conclue avec le concours d'un employé de l'état civil, d'un prêtre ou seulement d'un ouvreuse de loges au théâtre.
« La situation d'un homme et la doi d'une femme n'étant en aucune façon représentatives de leur valeur, on conçoit que le mariage dit de raison soit une des principales causes de l'avilissement de la race. »
Et voilà le double intérêt de la question : c’est qu’au bonheur des individus sont liées la prospérité, la vigueur et l'intelligence des générations de demain. C'est à ce point de vue surtout Que se plaçait le docteur Binet-Sanglé “quand, commentant son confrère Max Nordau, il écrivait :
, @& L'Etat aggrave la situation, en pcitronani ces änions désas-
è NSE
Li — 26 —- A on à
tréuses. Tout esi absurde dans les lois qu ‘il a on EEE relali-
vement. à l'acte générateur. Il exige jusqu'à 25 ans pour l'homme, jusqu'à 21 ans pour la femme, le consentement de la famille, dont le rôle consiste à réprimer les impulsions salutaires de l'instinct. Il s'oppose au mariage entre parents proches, alors que les unions consanguines permettent de conserver Îles types supérieurs. En cas
de dissolution d'un premier mariage? il défend d'en contracter un.
second avant un certain lemps, ce qui voue les intéressés à des coïts hasardeux ou à l'onanisme. ll oblige la femme à obéir à son
mari, à habiter avec lui, à le suivre partout où il juge utile de
résider, il lui interdit de contracter, de s’obliger envers des tiers,
de donner, d'aliéner, d'hypothéquer, d'acquérir à titre gratuit où onéreux sans le consentement du mari, dont le despotisme légal n'est
pas loujours justifié par la, supériorité intellectuelle. .
Ces unions sans amour et sans attrait enlraînent l'avilissement de la race. Quand les parents ont de l'aversion l’un pour l'autre. écrit Karl Burdach, ils produisent, des formes désagréables : leurs enfants sont moins vifs el moins dispos. ir
C'est ainsi que les Grands d'Espagne sont devenus des avortons
stupides et les nobles français des & plantes sèches et pourries », selon l'expression de l'un d'eux, le marquis de Mirabeau, »
On ne dénoncera jamais en termes assez forts les méfaits causés par cette notion archaïque de la puissance maritale qui va en effet jus qu’à empêcher la femme mariée
dat hériter, même de ses parents, sans l'autorisation de son
mari. Survivance des temps vraiment barbares où Caton l’ancien disposait : « Le mari est juge dé, sa femme ;
son pouvoir n'a pas de limite, il peut ce qu'il veut. Si: elle a commis quelque faute, il la punit. Si elle a bu
du vin, il la condamne ; si elle a eu commerce avec un autre homme, il la tue. » €
Aujourd’hui, sans doute, il n’a plus sur elle de de
* vie et de mort, sauf dans le cas d’adultère prévu par
l’article 324 du Code Pénal, mais il a conservé assez de
pouvoirs légaux pour effrayer et dissuader beaucoup de femmes, car l'Etat prône le maâriage, mais ne fait rien de ce qu’il faut pour le rendre attrayant. Nous savons
par des inspecteurs de l’Assistance publique, écrit M°° Paul de Lauribar, que, dans la classe ouvrière, c’est
surtout la femme qui devient de plus en plus réfractaire |
au mariage, ‘par peur du pouvoir absolu qu al confère à *
DT er
; CL ARE - ot er)
brie « Pl c comme une. bête de somme et être « l'esclave d’un homme qui sera peut-être une brute, non. » C'est leur refrain.
Je n’ai pas encore lu L' épousée, le nouveau roman de M° Charlotte Chabrier que publie M. Albin Michel dans sa collection Le roman littéraire, mais il l'annonce ainsi : « Confidences douloureuses d’une jeune femme qui n'a trouvé dans l'union qu'amertume et désillusions. Œuvre de sensibilité qui est assurée de toute la clientèle féminine. »
Je le crois bien, parbleu !
M°° Marie Carmichaël Stopes écrit :
« Dans Îe mariage, le mari a employé son « droit marital » d'exiger des rapports lorsqu'il lui a plu. La loi et la coutume lui ont confirmé qu'il a le droit d'embrasser ‘sa femme chaque fois qu'il le désire et qu'elle, de son côté, n'a, dans celle affaire, ni désir ni besoins fondamentaux.
« Que la jemme ail une marée sexuelle rythmique qui, st l'on obéissait à ses indications, assurerait non seulement sa jouissance, mais détruirait la légende de son & caprice », cela ne semble même pas être soupçonné. On a étudié les ondes de l’eau, de la lumière; ‘mais quand les fils et les filles de l'homme étudieront-ils la marée sexuelle de la femme et apprendront-ils les lois de sa pério- :dicité au retour du désir ? »
- C’est pour combler cette lacune que nous avons écrit l'étude très complète qu’on lira plus loin, sur l'amour Hhysique chez la femme. Nous n'aurons pas de peine à y pero la fausseté de cette absurdité d'Emille Faguet :
« Une foule de femmes sont profondément immorales. JPA sensualité est égale à la nôtre, je crois, c’est-à-dire nulle chez beaucoup, médiocre chez la plupart, impérieuse et lyrannique chez un certain nombre. »
Nous verrons en effet que la femme a un appétit sen-
suel qui exige satisfaction, et c’est parce que trop de maris
considèrent sincèrement su. feignent de considérer leur femme’ comme froide qu’il y a tant de cocus.
. Le docteur du Queyras, qui publia, ‘en 1866. un livre
intitulé : « MVouvelle physiologie du mariage ou de l'igno-
| rance du mari ei des déceptions de l'épouse », mettait sagement en garde son lecteur mâle contre cette faute
grossière. Il disait : î
Contrairement à la doctrine régnante,'le devoir capital d'an mari
intelligent et sage consiste à chercher son bonheur dans celui de sa femme. Or sa femme ne sera réellement heureuse que par l'amour... Si le contrat donne la dot, l'amour doit donner la femme. Voulez-vous être sûrement son maître, soyez son amant. De l'amour, de ses charmants mystères ne lui laissez rien ignorer. Donnez l'essor à tout ce que sa jeunesse renferme d'abandon, de gaieté,
cd
de ravissante folie. Qu'elle sache bien que vous l'initiez à tout, que.
vous la voulez heureuse, non seulement comme épouse mais comme femme. Qu'elle n'ait ou croie n'avoir rien à enviér aux autres. Tout bas, dans le secret de son cœur, elle sera si fière de votre confiance, si heureuse ei si reconnaissante d'être épouse aimée, caressée comme une maîtresse adulée que n'eussiez-vous pris ce rôle que par politique de cour, vous l'acéepleriez alors, tout de bon, rien que pour les charmes délicieux qu'il vous offrirait. Cette instruction intime de la femme est la meilleure sauvegarde dessa fidélité.
Je ne connais pas d'opinion plus fausse el plus funeste que celle.
qui consiste à dire : & Ma femme est froide et ignorante; elle a été élevée dans des principes sévères, Dieu soit loué ! laissons-la
dans cette placide et rassurante réserve, n'allons pas lui donner des. idées et des goûts qui plus tard deviendraient dangereux pour notre
repos. »
Raisonner ainsi, en faire preuve d'un profond égoïsme, c'est absolument ignorer la nature féminine.
D'où vient que cette antique leçon est si mal comprise, si mal interprétée 2 qu'elle n'excite que de ridicules allusions au fruit défendu ? Le fruit défendu, ce n'est point le plaisir illégitime, le changement, les caresses coupables, ainsi que le suppose, si volon- “fiers notre soilise; c'est la connaissance entière de l'amour dans son essence complète, avec toute sa floraison et sa radieuse splendeur. Par dédain, ineptie ou tout autre motif, il.vous est loisible de la refuser à voire femme, mais alors ne soyez pas étonné que négligeant dans votre Eden une fleur mystérieuse et défendue, le démon de la curiosité, d’une part, celui de la teniation, de l’autre, se coalisent pour vous la dérober.
Ft c'est probablement après la lecture de cette page que le cœur simple d’une naïve la faisait s’écrier avec candeur : UN
— Ah F comme j'aimerais mon mari, si j'étais mariée avec “on amant !
en ai
Ce ne sera pas à celle-là qu on rettiote le droit à
Mais d'où vient cette profonde et funeste méconnaissance que l’homme a de la femme ? D'où vient le désaccord sensuel ? De l'ignorance de l’une et du dévergondage de l’autre. Le système aëtuel, dit Léon Blum, inter- . dit aux filles d'acquérir, avant le mariage, une expérience
même théorique de l’amour. Et d’autre part, par un effet détourné, il empêche la plupart des hommes de se procurer dans des conditions converables, cette expérience qu'il faut bien, pourtant, qu’un des deux époux possède.
Ce point a été excellement mis en lumière par André Lorulot dans .sa brochure : « Morale et éducation sexuelles {1)
« C'est la prostituée qui achève l'initiation du jeune homme. Comment ce malheureux pourrait-il apporter dans sa future union, dans son fulur foyer, une conception idéaïliste de l'amour. Où l’aurai!-il trouvée ? Sur les bancs du collège 2 Dans les histoires graveleuses de ses condisciples ? Ou dans la ruelle qui mène au lupanar ? La prostituée — sachons la plaindre ! — se comporte en grofessionnelle, en commerçante plus ou moins habile. Dans les bräs du gamin ou de l’homme qui la possède en une étreinte rapide el écœurante, afin de mieux & mériter » les quelques francs du salaire octroyé, elle va feindre la volupté. Et le jeune homme (beaucoup d'hommes mûrs, du reste, sont également dupes) s’imaginera presque foujours, autant par vanité que par ignorance, qu'il a su effeclivement faire vibrer les sens blasés de la courtisane. Ce qui n'élait, de celle-ci, qu'un vulgaire calcul, va devenir l'origine d'une des plus graves erreurs — erreurs qui faussenl complètement la vie sexuelle normale 1. Une fois marié, notre jobard conservera trop souvent sa conception dérisoire du mécanisme sexuel féminin., {! continuera à croire que la femme peut arriver à la volupté d'une façon très rapide au cours d'une courle étreinte ainsi qu'il a pu le constater chez la ccurtisane, qui simule la pâmoison, pour flatler son & client », dès que le rapprochement sexuel est commencé. + L'époux, alors, sera surpris de trouver sa femme « froide ». Loin de supposer que celle froideur est son œuvre, qu'elle résulte de son inexpérience, de la rapidité avec laquelle l'acte est consommé, du manque d'harmonie et de délicatesse dans la conjonction des orga-
(4) Edition du Fauconnier, Paris,
hou ri RE es
nes, elc., elc., il conclera que sa femme esi insensible et ne cherchera pas davantage à éveiller et à satisfaire ses sens. Îl se-conten- {era, très égoïstement, de se satisfaire’ lui-même de la façon la moins amoureuse qui se puisse concevoir ! »
Eh bien ! la femme qui épousera cet homme là —= et l'échantillon n’en est pas «rare ! —— lui refuserez-vous l’amant légitime, inoins jobard ou moins égoïste que son mari, ou la condamnerez-vous, elle, à payer de la privation de ses jouissances sa bêtise, à lui ?
‘Alors, en définitive, comme je vous ai conduit à accorder le droit à l’amant :
à celle qui était mariée à un vieillard ; à celle qui était mariée à un impuissant ou à un fou ; à celle qui n'avait été épousée que pour sa dot ou ses relations : :
à celle qui était mariée à un imbécile, un égoïste ou un maladroit,
croyez-vous qu'il reste oaes de femmes: n'entrant : point dans une de ces catégories ? | J
Toutes ces femmes-là, toutes ces mal mariées, c’est la liberté seule qui peut les sauver : pour elles l'amant légitime est la soupape de sûreté du mariage, qui n'est trop souvent qu'un enfer. \
Si encore, disait Emile Bergerat dans l'Amour en. République, « la société, plus humaine que la loi, plus consciente des faiblesses du cœur, consentait à considérer celle union libre comme une expérience amoureuse conduisant directement au mariage et v aboutissant, la société, elle au moins, serait logique. Mais point du tout. Il est mal vu d’épouser une maîtresse.
Lorsque, à ma queslion : & Que fais-tu de nolre puissance
/ d'aimer, à l'âge nubile 3 » le Code répond par le mot MARIAGE 1
il me répond par une absurdité et-un coq-à-l'âne. Il n'y a aucun rapport entre aimer el se marier. Toutes les jeunes filles riches vous le diront. Appliquer le mariage moderne à l'amour, c'est appliquer un caulère à une jambe de bois. | j AXE
Quant aux jeunes filles pauvres, on en fait des maîtresss :
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c'est-à-dire qu'on les jelte au coin d uñe pop avec un pelit sur les: bras, dans la boue et la honte ! »
. Eh bien, alors, miséricorde de Dieu, qu eslce que vous note que
je vous dise, devant cetie grosse buse de Code qui mâchonne son
‘slupide cog-à-l'êne du mariage à tout faire, et devant celle sociélé
abominable qui ne: sait pas ce qu'elle veut, demande des enfants à grands cris, les égorge, et perd jusqu'à lc nolion exacte de son but !
Eh quoi ! ni courtisane, ni maîtresse, ni épouse ? La femme perd toute fonction avec toute destinée, On ne comprend plus à quoi elle sert.
ci, c'est la prostitution dans le mariage; là, c "est le mariage dans là prostitution,
La passion vraie est sans excuse. La spéculation dans l'amour est universellement respectée. Celle qu'on salue est la gourgandine ; célle qu’on chasse est l’honnêle femme. Qui débrouillera ce chaos? »
Luë Gnsbtution bien simple : la liberté sexuelle, même dans le mariage ! RS Henri d'Alméras y songeait peut-être quand il écrivait :
« Elargir en droit, comme elle l’est en fait, la morale sexuelle, et débarrasser de toutes ses entraves, de toutes ses hvpocrisies, ce mariage démodé, impossible, dans lequel lutient perpétuellement la sournoise sensualité de la femme et l'autorité aussi tracassière qu'intermittente de l’homme, l'un voué au ridicule, l’autre condamné au mensonge et.à la lâcheté. Passe pour la femme, que sa per-. fidie” amuse, mais que des hommes s’accommodent de
ce rôle ingral, je n'arrive pas à le comprendre! ! »
Je crois donc que ce chapitre a largement contribué à ma démonstration, que si le mariage est et demeure l’umon idéale, le mariage monogamique actuel est impossible. Un. proverbe chinois définit le mariage une forteresse. assiégée, où veulent entrer ceux qui sont dehors et d’où veulent sortir ceux qui sont dedans. Et voilà que cependant une information publiée en première page du Matin du 24 juillet 1923 nous apprend qu’il va être encore plus
difficile d'en sortir, si nous en croyons ce qui suit :
La Chine vient d'être gratifiée d'une nouvelle loi sur le divorce. L'ancienne, connue sous le nom de Yi-Li, est devenue démodée, : ‘même pour les Chinois les plus réfractaires au progrès. Songez donc, elle donnait comme raisons suffisantes pour la dissolution
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